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Les fileteados de Buenos Aires

Milonga porteña de DJ BYC.
Fileteado de Gustavo Ferrari de 2011.

« El fileteado es un estilo artístico de pintar y dibujar típicamente porteño, que se caracteriza por líneas que se convierten en espirales, colores fuertes, el uso recurrente de la simetría, efectos tridimensionales mediante sombras y perspectivas, y un uso sobrecargado de la superficie.

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Zamba vs Chacarera

Ceux qui viennent régulièrement à Buenos Aires ont sans doute remarqué un « essor » de la Zamba dans les milongas. 

Quand on connaît l’esprit traditionaliste des Argentins, on peut s’étonner de cela. La raison en est en fait tout simple, j’en parlerai, quelque part dans cet article (ami lecteur, quel suspens !).

La Zamba, une danse provinciale

Tout d’abord, la Zamba, comme la Chacarera n’est pas une danse typique de Buenos Aires. C’est absolument logique, car c’est une danse de la campagne comme en témoignent de nombreux thèmes de chansons.

Cependant, il existe une vivante communauté de danseurs à la Capitale fédérale. Dans des penas, on peut trouver plusieurs centaines de danseurs qui enchaînent les danses selon la fantaisie des orchestres. C’est d’ailleurs assez amusant (stressant) en cours de danse de devoir passer du gato à la chacarera ou tout autre rythme.

Pourtant, les danseurs y arrivent parfaitement et m’alertent du changement, pour moi quasi (voire totalement) imperceptible.

La tenue est décontractée, on danse en sandale, tennis, avec des habits du quotidien. La nourriture est consommée en famille et entre amis, rien à voir avec l’ordre immuable des milongas traditionnelles. C’est un peu une ambiance de fête foraine, mais où les manèges sont remplacés par la danse et les orchestres. En gros, il ne reste que les stands de nourriture.

Pena à Los Vaqueros (Nord de Jujuy)

Pena à Los Vaqueros (Nord de Jujuy)

Hors de Buenos Aires, c’est un peu plus chic. On est à la campagne, alors on s’endimanche pour aller à la pena.

C’est vraiment là que l’on vit ce type de danse, même si à Buenos Aires, il y a de l’énergie dans le domaine.

Je ferai un peu la distinction, bals traditionnels, ceux pratiqués par les gens d’un village comme fête de village et les bals folkloriques où on danse sur des danses apprises, voire des danses d’autres provinces, avec souvent un cours pour apprendre des nouveautés au début de la soirée.

Dans les milongas huppées de la Capitale Fédérale, on danse aussi le folklore, mais comme on y danse le rock, le tropical, voire le paso-doble (façon marche). Les danseurs sont alors dans leur tenue de tangueros et cela donne donc un tout autre look à l’événement, plus organisé, bien en ligne. Donc, trois ambiances. Pour comparer à la France, bal musette pour la fête votive du village, bal « trad » et bal du préfet…

Le folklore dans les bals de Buenos Aires

Il est rare de ne pas avoir de tanda de folklore dans les bals de Buenos Aires. Normalement, c’est deux chacareras avec parfois une zamba pour terminer, mais pas toujours.

De nos jours, on voit de plus en plus de milongas avec deux zambas mais sans chacarera.

Certains observateurs étrangers ont donc pensé que c’était un effet de mode et que la chacarera a été mise au placard au profit d’une nouvelle danse. Ce n’est pas cela (cf l’esprit de tradition du portègne évoqué dans l’introduction).

Une histoire au ras-du-sol

Bon, je vous ai assez tenu en haleine, je vais vous donner la véritable raison pour laquelle dans certaines milongas on danse la Zamba et plus la chacarera…

RRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrRRRRRRRRRR (c’est un roulement de tambour).

C’est juste une histoire de plancher.

Par exemple, à Gricel, il y a des dépendances sous la piste de bal et lorsque l’on tape du pied sur le plancher, cela fait tomber toutes les poussières, sans compter le passage de la commission de sécurité (cela existe même en Argentine maintenant, même si c’est loin d’être flagrant) qui a par exemple interdit l’utilisation de la belle loge DJ située au dessus de l’entrée et qui permettait d’avoir une vision globale de la piste, tout en étant caché (oui, ici, les DJs étaient souvent cachés, même si maintenant les rideaux tombent). 
À Obelisco, ils ont été obligé de fermer la milonga un mois pour refaire le plancher. Ils ne souhaitent pas que cela se renouvelle, alors, tapage du pied interdit, donc chacarera, dehors. Quand on voit l’état du plancher refait, on se dit que cela ne va pas tarder à ce qu’ils interdisent de danser dessus…

Le bilan de cette histoire ?

Il y a maintenant un cours de Zamba avant beaucoup de milongas et les danseurs apportent un pañuelito. J’ai toujours le mien avec moi car danser le folklore et le tropical est un excellent moyen de s’intégrer dans une milonga.

Cette mode argentine arrive en France, au fur-et-à-mesure que débarquent les danseurs revenant de Buenos Aires.

Cela fait 12 ans que je propose (pas impose) des chacareras dans les bals que j’anime, cette année, à Toulouse, j’ai passé mes premières zambas. Il faut dire qu’avant les danseurs les dansaient en tango…

Donc, peut être pour les mêmes raisons (respect des planchers) ou par mimétisme, la Zamba, cette merveilleuse danse a peut-être un avenir en Europe.

À suivre…


Buenos Aires – Y vivre comme un roi ?

Billet de 2 pesos à l’effigie du général Bartolomé Mitre

Il y a 10 ans, on prenait le taxi pour moins de 10 pesos, exceptionnellement le double pour des courses vraiment longues. Le bus coutait quelques centavos et obligeait à faire la course à la petite monnaie et le métro était encore moins cher.

Billet de 10 pesos à l’effigie de Juan Manuel de Rosas

On pouvait donc se déplacer dans Buenos Aires pour un coút négligeable. À titre de comparaison, un long trajet en taxi revenait moins cher qu’un ticket de métro parisien. 

Le billet de 2 pesos servait de pourboire, alors qu’aujourd’hui on passe pour un pingre à moins de 10 pesos.

Expliquons donc pourquoi on peut avoir l’impression de vivre comme un roi. Tout d’abord, dans les années 2000. L’apparition de l’Euro nous avait un peu traumatisé. Par exemple, l’entrée dans les bals était entre 5 et 10 francs. Avec l’arrivée de l’Euro, en quelques semaines, tout à été « arrondi ». Et aujourd’hui, on paye en Euro ce que l’on payait en francs.
Se retrouver en Argentine donnait l’impression d’avoir retrouvé le pouvoir d’achat car ce qui coutait 1 euro en France, coutait 1 pesos en Argentine. C’est un peu comme si on payait avec des francs au lieu d’euros.  On mangeait donc pour rien, y compris dans les milongas où on pouvait faire un vrai repas pour le prix d’un MacDo en France. En 15 jours, on remboursait son billet d’avion en vivant beaucoup mieux qu’en France où on hésite à faire tous ses déplacements en taxi et à prendre tous ses repas au restaurant…

Lorsque l’on sortait un billet de cent euros, il fallait voir la méfiance (il est vrai qu’il y avait beaucoup de faux). Beaucoup de commerces les refusaient tout simplement et quand un taxi acceptait, c’était souvent pour vous faire le coup du faux billet ; il vous prenait votre billet, échangeait discrètement et vous affirmait que votre billet était faux. Pour se prévenir de cela, on marquait toujours ses billets. Ainsi, on pouvait prouver la manoeuvre, mais le simple fait de remettre un billet signé évitait le problème.

Hormis ces petits inconvénients, on pouvait mener la grande vie pour un budget dérisoire.

Aujourd’hui les prix ont augmenté pour ne pas dire explosé. Les entrées de milonga sont passé de cinq pesos à plus de 100.

Il est maintenant beaucoup plus rare de voir des gens manger dans les milongas, ou en tout cas juste des empanadas, pizzas et autres grignotages. Il n’est plus questions de biftecks ou de plats élaborés. C’est le mode snack qui a pris la place.

Mais alors, l’époque où on vivait comme un roi pour quelques euros est-elle révolue ?

Si on se fie aux prix, on a l’impression que tout est beaucoup plus cher. Pour aller en milonga, il faut avoir au moins sur soi 150 à 300 pesos, sans compter le transport. On a l’impression que ce sont des sommes énormes. Comme si on « claquait » 300 euros pour aller à la milonga.

En fait, il y a une dizaine d’années, on obtenait un peu moins de 5 pesos pour un Euro. Aujourd’hui, on en obtient plus de 20. C’est à dire que le pesos nous revient quatre fois moins cher.

Les prix ont été multipliés par 10 à 20, exprimés en pesos, mais, si on  seulement de 2 à 5 fois pour ceux qui ont la chance de pouvoir changer des Euros.

Donc, si on a surtout l’impression d’etre riche car on a besoin de beaucoup de billets, en réalité on l’est beaucoup moins qu’il y a 10 ans. Cependant, avec l’effondrement du cours du pesos, les choses s’arrangent pour les Européens, puisque une entrée en milonga à 100 Pesos équivaut à simplement 5 euros, soit la moitié, voir parfois le quart de ce que l’on trouve en France.
La nourriture locale est beaucoup moins chère et les produits importés ne sont pas hors de prix. Les restaurants restent aussi très abordables. Le budget est donc bien moindre que l’on pourrait le supposer, sans que l’on puisse désormais se qualifier de rois. Le billet d’avion n’est plus rentabilisé en deux semaines, mais le bonheur d’etre ici vaut tout l’or du monde et au final, cette destination ne revient pas plus chère que de rester en France… 


A C M T H = T A N G O

Aoniken Quiroga

Aoniken Quiroga

Il ne s’agit pas d’un message chiffré, mais de la présentation par Éric S et Marie-Pierre G d’un écrit de Aoniken Quiroga qui, à la manière de Tete et autres, s’étonne des dérives du tango et essaye de redonner la bonne direction. Voir traduction ci-dessous…

 Este no es un mensaje cifrado, es la presentación realisada por Éric S y Marie-Pierre G de un escrito de Aoniken Quiroga, como Tete y otros es sorprendió por las derivas del tango y trata de dar dirección justa.

This is not an encrypted message, but the presentation (realised by Éric S and Marie-Pierre G) of a writing by Aoniken Quiroga, like Tete and others he is surprised by the drifts of tango and tries to give fair direction. Translation…

En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es vá…

Publié par Aoniken Quiroga sur samedi 22 juillet 2017


A C M T H :

A como Abrazo,
C como Conexión,
M como Música
T como Tierra, y
H como Historia

« En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es válido, desde elegir otras músicas para bailarlas como tango hasta tocar despacito con un bandoneón para promocionar el festival y mundial de Buenos Aires, donde se sigue vendiendo capacidad acrobática y trucos aéreos como tango Argentino, donde la confusión marchita hasta las mas internas fibras del tango social, donde con la excusa del « arte » algunos bailarines destrozan mas de 100 años de historia, yo me pregunto, por qué?

Por qué si no les gusta el TANGO lo bailan? Por qué si no les gusta bailar a tierra y no disfrutan de la década de oro del tango, lo manipulan lo contaminan y lo destruyen?

Quizás la respuesta es que dentro del mundo del tango pueden hacer eso y ganar plata, mucha plata pero fuera de éste mundo son solo un gran NADIE, proyectos de bailarines de otras danzas frustrados y que encuentran en el tango la posibilidad negada en otros mundos artísticos.

Si no existe el abrazo, ni la conexión, ni la música, ni la tierra, ni la historia del TANGO ENTONCES NO ES TANGO.

En ésta época de confusión y comercio YO sigo ELIGIENDO AL TANGO, ése improvisado, que habla de la historia cultural de Buenos Aires, ése Tango de abrazo y complicidad, ése que se CAMINA, ése ése mismo que Mame desde chiquito, ése que me hizo hombre.

GRACIAS TANGO YO NO TE CAMBIO »


A C M T H :

A comme Abrazo (câlin),
C comme Connexion,
M comme Musique
T comme Terre, et
H comme Histoire

« En cette période de grande confusion Tanguera, où les limites du tango semblent souffrir d’astigmatisme, où tout est valide, où se choisissent d’autres musiques pour représenter le tango en jouant Despacito (un reggaetón, ndt) au bandonéon pour la promotion du festival mondial de Buenos Aires, où se vendent aussi des compétences acrobatiques et des figures aériennes comme étant du tango argentin, où la confusion se fond dans les fibres les plus intimes du tango social, où, sous le couvert de “l’art”, des danseurs détruisent plus de 100 ans d’histoire, je me demande pourquoi ?

Si vous n’aimez pas la danse du tango, pourquoi la dansez-vous ? Pourquoi si vous n’aimez pas danser dans le sol et n’appréciez pas la décennie d’or du tango, le polluez-vous et le manipulez-vous à le détruire ?

Peut-être que la réponse est que dans le tango mondial on peut faire cela et faire de l’argent, beaucoup d’argent avec, mais hors de ce monde, c’est juste un grand RIEN, des danseurs d’autres horizons frustrés et qui dansent le tango car ils y trouvent des possibilités refusées dans leur domaine artistiques.

S’il n’y a pas d’Abrazo, pas de connexion, pas de musique, pas de terre, ni d’histoire du tango, ce n’est pas du tango.

En cette période de confusion et de commerce, JE CONTINUE DE CHOISIR LE TANGO, celui qui s’improvise, celui qui parle de l’histoire culturelle de Buenos Aires, ce Tango fait d’étreintes et complicités, Celui qui MARCHE qui est celui que j’ai tété depuis l’enfance, celui qui m’a fait homme.

MERCI TANGO, JE NE TE CHANGE PAS »


A C M T H :

A like Abrazo (hug),
C like Conexion,
M like Music
T like earTh (ground), and
H like History

“In this time of great tango confusion, where the limits of tango seem to suffer from astigmatism, where everything is valid, from choosing other music to tango dance to playing Despacito (a reggaetón, translator’s note) with a bandoneon to promote the festival Mundial de Buenos Aires, where continues to sell acrobatic ability and aerial tricks as Argentinean tango, where confusion fades to the innermost fibers of social tango, where with the excuse of ‘art’ some dancers destroy more than 100 years of history, I wonder, why?

What if they do not like TANGO they dance it? Why if they do not like to dance to earth and they do not enjoy the golden decade of the tango, they manipulate it they contaminate it and until they destroy it?

Perhaps the answer is that within the global tango they can make. That and to win money, a lot of money but out of this world are just a big NOTHING, projects of dancers of other dances frustrated and who find in the tango the possibility denied in other worlds.

If there is no embrace, no connection, no music, no ground, no history of TANGO THEN IT IS NOT TANGO.

In this time of confusion and trade I continue to CHOOSE THE TANGO, that improvised one that speaks of the cultural history of Buenos Aires, that Tango of embrace and complicity, that one WALKS, the one I’ve been sucking since I was a little one, that made me man.

THANK YOU TANGO I DO NOT CHANGE YOU”


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Remerciements : 

  • Aoniken Quiroga, pour l’autorisation de reproduire et traduire cet article.
  • Éric S et Marie-Pierre G, pour avoir validé la traduction et pour le génial résumé : A C M T H
  • Marie S, pour m’avoir appris que Despacito était en fait un morceau de zouk et plus précisément un reggaetón. J’avais initialement traduit Despacito par « lentement », ce qui était logique quand on ne connait pas le morceau. Pour ceux qui étaient ignorant comme moi, voici « Despacito » par son auteur, Luis Fonsi.

 


Carlos Gardel, enfant de France

Même si la polémique semble éteinte, il reste quelques foyers de résistance refusant encore d’attribuer la naissance de Carlos Gardel à Toulouse.
Plusieurs documents irréfutables existent cependant. Ils sont plus solides que les documents Uruguayens qui sont des déclarations très largement postérieures à la naissance de Gardel et qui avaient probablement des buts du genre, se faire oublier pendant la première guerre mondiale où il était considéré comme déserteur car né français et pour éviter (en 1920) certaines poursuites en se rendant blanc comme… plâtre (escayola) en s’inventant une filiation comme  » Carlos Escayola » fils de Carlos Escayola et María Gardel, ce Carlos Escayola étant rapproché d’un fils d’un second mariage d’un Colonel Carlos Escayola né en 1876 (soir 14 ans plus vieux que l’âge français de Gardel). À noter que les deux « parents » sont morts à la date de l’établissement de ces documents, ce qui semble pratique et peut convaincre qu’ils n’avaient pas connaissance de ce rejeton encombrant…

« En 1920 la compañía de Rosas lo convocó para viajar a España por una temporada teatral. Él estaba indocumentado, porque el hecho de no concurrir a la embajada para registrarse como ciudadano francés le impidió recibir la cartilla militar y el registro en gendarmería. Entonces, él decidió en 1920 inscribirse en el consulado uruguayo amparándose en una legislación muy particular para súbditos uruguayos residentes en otros países. Se registró como uruguayo nacido en Tacuarembó tres años antes de su verdadero nacimiento: se anotó como nacido el 11 de diciembre pero de 1887. En vez de poner Gardes, se inscribió como Gardel, su nombre artístico.«  En 1920, la compagnie de Rosas l’invite à voyager en Espagne pour une tournée théâtrale. Il était sans papier car il n’était pas allé se faire enregistrer à l’ambassade comme citoyen français et n’a donc pas reçu ses papiers (sinon, il aurait du partir faire la guerre en 1918 et aurait été arrêté comme déserteur s’il l’avait fait par la suite). Ainsi, décida-t-il de s’inscrire au consulat uruguayen en vertu d’une législation spéciale pour les sujets uruguayens résidant dans d’autres pays. Il a été inscrit comme étant né à Tacuarembó, trois ans avant sa date de naissance réelle, le 11 décembre de 1887. Au lieu de choisir Gardes, il pris son nom d’artiste, Gardel.

On attribue souvent à ce manquement à ses obligations militaires en France, la composition de silencio
« Dice la « leyenda », que Carlos Gardel y Alfredo Le Pera visitaron en Francia la tumba de 5 hermanos y su madre, que habrían muerto durante la Gran Guerra de 1914-18. Y que quedaron tan impresionados por lo visto, que esa misma noche compusieron la canción.«  La légende prétend que Carlos Gardel et Alfredo La Pera visitèrent en France la tombe de cinq frères et leur mère, tués pendant la grande guerre 14-18 et qu’ils ont été tellement impressionnés par cette visite qu’ils écrivirent la chanson la nuit même.

Vous trouverez en bas de page, des liens vers divers documents, comme des cartes postales écrites à sa famille française, cartes difficiles à expliquer s’il était effectivement uruguayen…

Revenons donc aux documents originaux, établis au noms de Charles Gardes :

L’acte de naissance de Carlos Gardel

Acte de naissance de Charles Romuald Gardes à l'hôpital de la Grave à Toulouse

Acte de naissance de Charles Romuald Gardes à l’hôpital de la Grave à Toulouse

Cet acte indique que le 11 décembre 1890, Charles Romuald est né à deux heures du matin à l’hôpital de la Grave.

Acte de Baptême de Carlos Gardel

Acte de baptême de Carlos Gardel, le 11 décembre, lendemain de sa naissance.

Acte de baptême de Carlos Gardel, le 11 décembre, lendemain de sa naissance.

Le document témoignant de son entrée en Argentine

Ce titre est émis par la Direction Générale de l’immigration de la République Argentine sous le numéro 122 (sa mère est sous le numéro 121).

Récipissé d'inscription dans les registres de l'immigration argentine en date du 11 mars 1893 établi au nom de Charles Gardes, âgé de 2 ans, en provenance de Bordeaux sur le vapeur Don Pedro.

Récipissé d’inscription dans les registres de l’immigration argentine en date du 11 mars 1893 établi au nom de Charles Gardes, âgé de 2 ans, en provenance de Bordeaux sur le vapeur Don Pedro.

Dans ce document Gardel, s’appelle encore Gardes et son prénom est Charles.
Le 11 mars 1893, Gardel est mentionné dans ce document comme ayant 2 ans, ce qui correspond, à trois mois près à son âge exact.
La bateau est le Don Pedro, un vapeur qui devait partir du Havre le 8 février 1893 (à destination de La Plata).
On trouve trace de ce voyage, le 10 février, départ effectif du Havre avec comme capitaine Vincent Marie Crecquer.
Le 14, ce bateau partait de Pauillac (où auraient embarqué Berthe et Charles) à destination de Santa Cruz de Tenerife où il arrive et repart le 20 février pour se lancer dans la traversée de l’Atlantique jusqu’en Uruguay.
Il arrive le 9 mars à Montevideo et en repart le 10 pour Buenos Aires où il arrive probablement le 11 mars si on tient compte de la durée de la traversée du Rio de la Plata et des dates des certificats d’immigration de Berthe et Charles.
Il y a un petit doute sur la date d’arrivée, les documents maritimes évoquant le 12 mars pour le débarquement. On peut très bien imaginer que les autorités d’immigration sont montés à bord le 11, à l’arrivée, mais que le désembarquement ne s’est effectué que le lendemain pour tenir compte des délais de quarantaine de 48 heures.
Le bateau est ensuite reparti pour le Havre, chargé de viande congelée…
Reste que certains documents manquent, comme les registres de l’immigration confiés au CEMLA et évaporés pour les années 1882-1925… Pour cette raison, on ne peut pas retrouver l’écriture correspondant au certificat 122 de l’immigration. Certains en profitent pour diminuer la force de l’origine française, s’appuyant aussi sur l’absence du registre de création des passeports français pour les années entourant le départ supposés des Gardes.

Courriers et interactions avec sa famille française

Carte postale de Carlos Gardel à ses grands-parents en France

Carte postale de Carlos Gardel à ses grands-parents en France

Famille française de Gardel à Albi en 1934

Famille française de Gardel à Albi en 1934

Une des photos prises à Albi en 1934 avec à la gauche de Gardel (à droite sur la photo), son oncle Jean Marie Gardes et sa tante Charlotte Laurence, seconde femme de Jean et belle-sœur de Berthe.

Arbre généalogique de Carlos Gardel réalisé par Georges Galopa en 2013 d'après celui d'Henri Brune.

Arbre généalogique de Carlos Gardel réalisé par Georges Galopa en 2013 d’après celui d’Henri Brune.

Pourquoi Gardel changea d’identités à plusieurs reprises…

Raúl Torre et Juan José Fenoglio  réalisèrent une enquête judiciaire, relevant notamment les empreintes de Carlos Gardel dans les documents judiciaires de l’époque, ce qui permet de confirmer que le Carlos Gardel chanteur du tango et le Carlos Gardez(s) né en France en 1890, sont bien le même.

Différentes empreintes de Carlos Gardel permettant de confirmer que l’on parle toujours du même.

Dans un article paru dans Pagina 12 en 2012, on retrouve les principales raisons qui ont fait que Gardel, escroc, se devait de changer régulièrement d’identité, y compris avec l’aide d’un président argentin (Marcelo T. de Alvear)…

L’article paru dans Pagina 12 se trouve ici : 
https://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-207654-2012-11-12.html 
Copie de cet article au cas où ce lien se verrait à disparaître…
Un article de 2010 de la Dépêche évoque aussi cette étude.
Copie de cet article au cas où le lien se verrait à disparaître.

Empreintes de Carlos Gardel âgé de 13 ans et 6 mois, lors de sa fugue.

Empreintes de Carlos Gardel âgé de 13 ans et 6 mois, lors de sa fugue.

La thèse uruguayenne :

La thèse française :

Documents divers


Buenos Aires / Paris – Différences culturelles

Parfois, on me demande la différence entre l’Argentine et la France
La comparaison de ces deux vidéos pourrait apporter une réponse…

© Bernard-Yves Cochain 2014

Choisir son équipement pour le mate

Ça y est. Vous êtes fan de mate pour l’avoir goûté chez des amis Argentins ou Uruguayens, dans une milonga ou autre.
Chaque buveur de mate a ses propres habitudes, ses manies, ses goûts. Pour vous permettre de faire vos premiers pas, voici quelques conseils pour le choix de l’équipement…
Si vous n’avez pas pris la peine de vous équiper en Amérique du sud, vous devrez pouvoir trouver votre bonheur par correspondance, par exemple sur ce site (que j’avoue ne pas avoir testé).
L’équipement se compose des éléments suivants :
Un mate (pot pour y mettre la yerba et la bombilla).
La bombilla (chalumeau, paille), pouvant être en métal ou en canne.
La Yerba mate (la plante préparée pour la boisson).
Il vous faudra aussi une bouteille thermo, idéalement avec un bec ou un système verseur et une bouilloire (la dinde, comme on la surnomme en Argentine).

Choix du mate

Traditionnellement, le mate se boit dans une calebasse. C’est à mon avis la meilleure solution car c’est à la fois léger et relativement solide.
Il y a aussi des mates en bois. Je déteste car cela donne un goût au mate différent de celui donné par la calebasse. Je n’aime pas non plus les mates en métal ou en céramique, qui ne donnent pas de goût et qui sont plus lourds, voire fragile pour les seconds.

La question à voir est aussi la taille du mate. Plus il est grand et plus il pourra contenir de yerba. C’est donc intéressant pour les gros consommateurs (vous pourrez garder votre mate prêt toute une journée et le partager avec vos amis). Pour les petits consommateurs, un petit pot présentera l’avantage de consommer moins de yerba et donc d’être mieux adapté à cet usage.

Ces deux calebasses sont les plus simples. Elles sont très légères et solides. Après quelques temps d’usage, elles peuvent devenir poreuses mais resteront un bel objet de décoration.

Les calebasses utilisées présentent une partie plate, ce qui leur assure une relative stabilité. On prendra garde de les utiliser avec des bombillas courtes et légères a peine de les voir se renverser…

Elles sont agréables à tenir en main. Elles seront donc bienvenues pour un usage détendu avec un petit groupe d’ami.

Ces calebasses sont dotées d’un pied, soit fixe (à gauche), soit amovible (à droite). L’avantage premier de ce dispositif est de leur assurer une meilleure stabilité ce qui permet de les utiliser avec des bombillas plus lourdes et plus longues. Le pied de celle de droite étant amovible, on pourra aussi la tenir facilement en main si elle n’est pas trop grosse.

Pour terminer ce point sur les calebasses, en voici une que l’on m’a offerte en Uruguay. Elle est recouverte de cuir. Je l’adore. Elle est à la fois stable et légère. Peut-être tenue agréablement en main et est de grande capacité. C’est donc un de mes mate habituels.

À noter qu’il est fréquent de recevoir un mate en cadeau dans ces pays. C’est un plaisir encore plus important car chaque utilisation rappelle cette amitié, la cérémonie du mate étant en soit un hymne à l’amitié.

ATTENTION : Il est très important de préparer son mate en calebasse avant la première utilisation. Pour cela, remplir de yerba mate et verser de l’eau chaude. Laisser infuser quelques heures (la nuit, par exemple), vider le mate et curer-le de façon à éliminer les irrégularités, les petites peaux et autres. Renouveler plusieurs fois l’opération sur environ deux jours. Bien le sécher lorsqu’il a été bien raclé. Au terme de ces opérations, vous pourrez enfin utiliser le mate pour boire.

Attention en grattant de ne pas perforer la calebasse, ce qui provoquerait une fuite et la rendrait inutilisable.

Mate en bois sur /www.yerba-mate.fr

Pot à maté en verre

Mate en verre sur /www.yerba-mate.fr

Choix de la bombilla

Différents styles de bombillas, en métal ou en cane, courbes ou droites, à choisir selon son goût, comme un fumeur de pipe peut préférer une pipe droite ou courbe 😉 Pour ma part, je préfère les modèles un peu plus longs et courbes. J’adore les modèles en cane, même s’ils ont tendance à se boucher… Ma préférée est celle de gauche; utilisée dans un pot de dimension respectable.
Bombilla vient d’ampoule car le chalumeau le plus fréquent a une base bombée, comme une ampoule.

Ce modèle ordinaire en métal argenté peut se démonter. L’ampoule se sépare en deux quand on dévisse la collerette, ce qui permet un bon nettoyage et un débouchage éventuel.

Voici d’autres modèles :

Bombilla uruguayenne en argent massif. Ces modèles sont assez coûteux, mais d’un confort parfait. À recommander pour un usage quotidien.

Très important, l’embout de cette bombilla en argent est plaqué or. C’est à mon avis ce qu’il y a de mieux pour être au contact des lèvres. La décoration ciselée mêle or et argent. C’est un bel objet qui se range dans sa housse en cuir dès qu’elle est bien sèche…

La décoration spectaculaire de cette bombilla est en fait du toc. On trouve ce genre d’article dans n’importe quel supermarché argentin, pour quelques pesos et bien plus cher dans les boutiques de souvenirs… C’est un ustensile de décoration pour ceux qui ne sont pas trop regardant. On peut aussi l’utiliser pour boire le mate si le métal est de bonne qualité, ce qui est rarement le cas dans les magasins de souvenir, ces articles n’étant pas destinés à la boisson.

Ce chalumeau est tout droit. Il est percé de fentes à sa base. C’est un modèle moderne et assez design. Il est en acier inox, ce qui me semble plus sain que les modèles ordinaires en maillechort ou autre.

J’adore aussi les bombillas de cana. Elles ont tendance à se boucher facilement. Elle conviennent donc plutôt à de petits mates que l’on renouvellera plus fréquemment. En effet, il ne faut surtout pas bouger la bombilla une fois que l’eau a été versée sous peine de faire de la boue et de boucher à coup sûr les orifices.

Une bombilla à ressort. L’avantage est qu’elle est très facile à nettoyer. Il suffit de déclipser le ressort pour libérer le tube du chalumeau. http://www.yerba-mate.fr.

Et puis quoi encore ?

Il faut une thermo. Vous trouverez un vaste choix dans n’importe quelle boutique. Une contenance d’un litre est un bon compromis pour avoir de l’eau chaude en quantité suffisante sans être trop encombrant. En Argentine et en Uruguay,il est assez facile de se réapprovisionner. Par exemple, les distributeurs d’eau proposent de l’eau froide, de l’eau à température ambiante et de l’eau chaude, ce qui n’existe pas chez nous bien que cela pourrait rendre de grands services aux amateurs d’infusions.
Il y a aussi les traditionnels porteurs d’eau qui vous permettront de remplir votre thermo lorsque vous aurez épuisé votre réserve.
Il vous faut aussi une dinde, une pava. C’est une bouilloire à col long et fin, ce qui permet de remplir facilement le mate.
Le point le plus important est sans doute maintenant le choix de la yerba mate, mais là, c’est difficile à faire via Internet. Il faut goûter. Il existe des centaines de modèles, avec des résidus de branche ou sans (palo), aromatisé ou pas. Certains sont plus forts, plus amers. Pour un premier choix, prenez peut-être des paquets de petite taille de différents modèles pour vous permettre de tester.
Pour ma part, je bois principalement du Cachamate (avec le petit âne), étiquette dorée.
Le mate est séché naturellement plusieurs mois et est additionné d’herbes aromatiques. Je ne l’ai jamais trouvé en France et ce mate n’est pas si courant à Buenos Aires. J’en rapporte plusieurs paquets à chaque fois pour tenir le coup…
Les herbes additionnelles peuvent aussi se trouver à part, mais là, c’est à mon avis seulement en Amérique du sud et même plus certainement en province (Cordoba, Jujuy…).
Il est assez pratique d’utiliser une boîte avec bec verseur pour préparer le mate. Il en existe en métal, mais j’imagine aussi en divers plastiques.
Il se vend aussi des écouvillons à bombillas et des cuillères pour curer le mate. En effet, le mate doit être soigneusement nettoyé et séché entre chaque utilisation s’il est en calebasse ou en bois car sinon, il risque de pourrir.
Pour ma part, j’utilise une bête cuillère à entremet ; parfois la bombilla si c’est un modèle résistant, mais je ne recommande pas cette pratique…

Un conseil pour terminer. Le yerba a tendance à tacher. Faîtes donc attention, en vidant votre mate. Rincez bien aussi votre évier sinon, il risque de prendre la coloration.

Pour terminer, cette magnifique photo montrant la terre en mate. Quel plus joli symbole d’amitié pourrait exister ?


Lo de Ribera (Juan Carlos Camardella)

« Una noche sobre la ribera del tango de Buenos Aires del 1900 »

Court Métrage d’animation réalisé par Juan Carlos Camardella avec le programme d’animation libre Blender. Musique originale de Julián Graciano y voces de Liliana Torres Calívar y Oscar del Priore. Inspiré du livre ¨A mí se me hace cuento¨ de Oscar del Priore et Irene Amuchástegui.

Cortometraje de animación realizado por Juan Carlos Camardella con el programa de acceso libre Blender. Música original de Julián Graciano y voces de Liliana Torres Calívar y Oscar del Priore. Inspirado en los mitos y leyendas tangueros del libro ¨A mí se me hace cuento¨ de Oscar del Priore e Irene Amuchástegui.


Licencia Creative Commons
« Lo de Ribera » por Juan Carlos Camardella se encuentra bajo una Licencia Creative Commons Atribución-NoComercial.

CC-BY-NC Creative Commons Attribution icon Creative Commons Noncommercial icon

Mate, la boisson d’Uruguay et Argentine

Conseils pour la fabrication du mate

Le mate est la boisson nationale Uruguayenne (et Argentine).
C’est à la fois une boisson de consommation (très) courante, mais aussi l’occasion d’une cérémonie entre amis.

Mate- « Tomar el mate » est une tradition qui vaut à elle seule que l’on s’intéresse un peu à la fabrication de cette boisson…

Vous aurez besoin de :

  • Une bouilloire (et une source de chaleur ou une bouilloire électrique)
  • Une bouteille thermo (le mate se déguste a petite gorgées et il faut tout le temps renouveler l’eau). Jusqu’à il y a peu les Urugayens se déplaçaient tout le temps avec une bouteille thermo sous le bras. Ils ont adopté maintenant un sac en bandoulière, plus pratique pour porter le nécessaire à mate.
  • Un mate, récipient pour la yerba (calebasse, tasse, verre…).
  • Une bombilla (il en existe de nombreuses sortes, de la tige de roseau perforée aux modèles en argent et or les plus travaillés.
  • Et surtout la Yerba, sorte d’herbe coupée, broyée et séchée (idéalement de façon naturelle, mais c’est moins facile à se procurer).
Bombillas

A gauche des bombillas (nommées ainsi car les traditionnelles ont une forme d’ampoule en métal (acier ou argent et or), à droite, en canne. On aspire d’un côté et l’autre « trempe » dans la yerba mouillée, ce qui permet d’aspirer l’eau sans les petits morceaux d’herbe, retenus par les trous, ou autres astuces des différents modèles de bombillas.

Exemples de récipients (mate). S’il en existe en métal, en bois ou en porcelaine, voire en verre, je préfère la calebasse. Ma préférée est celle de droite, revêtue de cuir., mais j’aime bien aussi la petite à sa gauche, idéale avec une bombilla de canne.

Ma yerba préférée : Cachamate (étiquette dorée), mais il en existe des dizaines d’autres marques. Dans les supermarchés d’Uruguay et d’Argentine, c’est équivalent à nos rayons « café ».

matesachet

On peut aussi trouver de la yerba en sachet… Plus pratique, mais peu intéressante car le goût n’est pas exactement le même et il manque la sensation et surtout la convivialité.

La recette…

Mate001d-

1) Verser de l’eau du robinet chaude dans la bouteille thermo. C’est pour préparer l’ampoule à mieux maintenir la chaleur lorsque l’on versera l’eau à conserver…

Mate002d-

2) Verser de l’eau dans la bouilloire et la faire chauffer jusqu’à ce qu’elle siffle ou se déconnecte si c’est une bouilloire électrique

Mate003d-

3) Pendant ce temps, verser la yerba dans le mate

Mate005d-4a) Au besoin, tapoter le mate renversé contre votre main…
Mate006d-

4b) cela enlèvera la fine poussière qui peut sinon entrer dans les trous de la bombilla

Mate007d-5) Planter la bombilla en biais dans la yerba qui ne doit pas occuper tout l’espace disponible mais entre la moitié et les 2/3
 

6a) Lorsque l’eau est à température, jeter l’eau chaude de la bouteille thermo…

Mate011d-6b) pour la remplacer par l’eau bien chaude de la bouilloire
Mate013d-7) Fermer la thermo
 

Mate014d-8) Verser le restant de la bouilloire dans le mate… À noter que certains démarrent le mate en versant d’abord de l’eau froide.

Mate015d-8b) ATTENTION, l’eau ne doit pas monter au-delà de la surface de la yerba. Vous devez donc verser peu d’eau à la fois. A partir du moment où vous avez versé l’eau, vous ne devez plus bouger la bombilla.
 

mate9) Déguster votre mate en aspirant toute l’eau contenue (jusqu’au SLURP !!!)

10) verser ensuite de l’eau à fleur de yerba et prenez une autre aspiration. Il est d’usage de faire circuler de main en main le mate, chaque utilisateur épuisant l’eau disponible.

Conseils :

Lors de la première prise, on peut trouver le mate amer « (mate amargo » comme disent plusieurs chansons et quelques tangos).

Pour limiter cela, trois possibilités

  1. Ne pas laisser infuser
  2. Rajouter du sucre ou d’autres ingrédients allant du jus d’orange au lait (berk pour moi, mais tous les goûts sont dans la nature).
  3. Boire régulièrement du mate. Je trouve que l’effet le plus surprenant de cette boisson, c’est l’impression de frais qu’elle laisse.

Je ne connais pas les vertus médicinales du mate. Je le bois pour le goût, mais il me semble qu’il donne un peu d’énergie et qu’il défatigue.

On peut cependant le boire le soir sans d’autre inconvénient que la quantité d’eau ingurgitée 😉

Un dernier point, orthographique :
On prononce « maté », mais cela s’écrit « mate ». En effet, maté signifie « je tuai » en espagnol…

© Bernard-Yves Cochain 2008

Interview de Chicho Frumboli

Category : Chicho , Frumboli , Portègne , Tango , Tradition

Mariano Chicho Frumboli Slo-Silvija (CC BY-SA 3.0)

On pouvait penser que Chicho était loin du tango de tradition portègne. Cette interview par Milena Plebs montre qu’il a retrouvé le sens du tango.
Espérons que ceux qui l’ont suivi comprendront son nouveau message, mieux que l’ancien…
Version originale ici… (par sécurité, je copie en fin d’article les versions originales parues en 2009 dans El Tangauta).


Se podría pensar que Chicho estaba lejos del tango porteño. Esta entrevista por Milena Plebs muestra que ha encontrado el significado del tango.
Esperamos que los que le siguieron entender su nuevo posicion, mejor que la anterior…
Versión originale acá… (por seguridad, copio al final de este artículo, las versiones originales de 2009 en El Tangauta).


You might think that Chicho was far from Buenos Aires tango. This interview by Milena Plebs shows that he has found the meaning of tango.
We hope that those who followed him understand his new position, better than the previous…
Original version here… (for safety, copy the end of this article, the original versions of 2009 in El Tangauta).


Mariano ‘Chicho’ Frumboli
Essence et enseignement

Milena Plebs: Je voudrais vous parler du partage que les danseurs et les enseignants peuvent faire de leur expérience à ceux qui apprennent.
Chicho: Chaque jour, nous allons à une milonga, pour effectuer une démonstration ou un spectacle, faisant ainsi l’histoire du tango, ce qui est une contribution. Un grand nombre de jeunes ont rejoint le tango, nous vivons le début d’une ère puissante. Ce genre est installé et il n’y a aucun moyen de le dissimuler ou de le marginaliser. Il est en constante évolution.

M: Mais souvent les gens se sentent perdus devant la multiplicité des options.
CH: Ils sont totalement perdus! Je me suis entraîné avec les derniers grands milongueros, j’ai pris directement auprès d’eux des informations. Ceux qui commencent la danse ne possèdent pas cette expérience, mais apprennent d’une génération intermédiaire dont je fais partie, nous sommes un lien entre ces anciens et les jeunes danseurs. Le problème est qu’il y a quelque chose que nous avons manqué dans l’enseignement, je m’en rends totalement compte, et j’endosse cette responsabilité avec d’autres collègues. Je ne pourrais pas transmettre ce que j’appris. J’étais obnubilé par la création, parce que je voyais une nouvelle veine de l’évolution en mouvement. Je me suis voué totalement à cela, et j’ai perdu le fil à transmettre ce Tanguero que j’ai profondément en moi. Je pense donc qu’il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas ou ne savent ce qui est vraiment l’essence de cette danse.

M: Il y a quinze ans que tu danses. Quels changements as-tu observés dans l’évolution de la danse?
CH: Avant, on travaillait avec une précision et une esthétique particulière, d’une façon fonctionnelle et mécanique, ce qui donne un genre et un style. Faire un mouvement ou un pas engageait une mobilisation de tout le corps. À l’heure actuelle, non seulement la substance, mais aussi le poids de cette danse, sa densité et son importance ont été perdues. Pour moi, ce nouveau tango, a perdu un peu de respect pour ce qu’était le tango lui-même.

M: La connaissance que nous avait transmise intuitivement les milongueros, une saveur indescriptible dans la façon de se mouvoir a été perdue.
CH: Oui, il m’a fallu cinq mois pour entrer dans l’arène de la milonga d’Almagro, sans danser, je suis allé tous les dimanches juste pour regarder. Il s’exhalait une atmosphère de respect qui ne s’y rencontre plus. Peut-être, cependant, certains peuvent la sentir dans quelques milongas comme « Glorias Argentinas », « La Baldosa » ou dans des endroits éloignés du circuit tango plus jeune. Cette essence, je l’ai également prise de vous et de votre génération de danseurs. Je pense que les gens d’aujourd’hui ne sont pas motivés, ils ne veulent pas travailler ou rechercher. Ils ne veulent pas aller au fond des choses, ils restent dans le superficiel. Cela a aussi à voir avec ce que les nouveaux mouvements et la dynamique qui sont utilisés, bien que réalisés avec une certaine puissance, sont froids.

M: Le discours interne au mouvement est aussi important que les aspects extérieurs.
CH: Il y a dix ans, quand j’allais en milongas, je pouvais regarder fixement un couple dansant ensemble sur la piste car il y avait quelque chose qui m’avait attiré, m’avait fait garder les yeux sur eux. Aujourd’hui, je ne regarde pas plus de vingt secondes, car ils sont tous les mêmes. Vous voyez un couple passer et celui qui suit fait la même chose, et le suivant aussi. Je n’ai plus rien qui m’attire, qui me passionne. Sauf si je vais à quelques endroits traditionnels restants.

M: Penses-tu que les gens qui dansent automatiquement ou qui reproduisent des chorégraphies pourraient le faire d’une manière plus intériorisée ?
CH: Ceci exige une multitude de choses ! Vous savez, parce que vous êtes aussi enseignant, qu’actuellement, la pédagogie de la danse tango est beaucoup moins codé qu’il y a dix ans, il est disponible, et est donc plus facile à apprendre. Aujourd’hui, faire un volcada ou une colgada, c’est la même chose parce qu’ils sont, commercialement parlant, dans le même package. Donc, entre faire un sandwichito ou faire une volcada… les gens font une volcada ! Parce que c’est plus spectaculaire. Et dans ce tango il y a beaucoup d’égocentrisme et d’individualisme. Ils ne vont pas faire un sandwichito pour profiter de ce moment, mais parce que le spectacle est plus fort. Dans le domaine musical Astor Piazzolla a rompu avec la tradition, mais vous l’écoutez et cela reste du tango. Et aujourd’hui, dans la danse beaucoup se prennent pour Piazzolla et ne le sont pas. Je vois des hommes et des femmes qui ne se soucient que de la façon dont on les voit. C’est est une situation très compliquée qui a à voir avec une personnalité et une identification très portègne.

M: Mais les milongueros d’autrefois étaient également des Portègnes !
CH: Oui, mais ces milongueros avaient du respect, de la délicatesse et de la sensibilité, C’était totalement différent. Je sais que mon rôle est contradictoire, parce que j’ai également collaboré à la création de ce mouvement jeune. À l’époque j’étais fatigué de ces codes strictes milongueros qui ne correspondent pas à mon époque et par rébellion j’ai essayé de tracer mon chemin. Aujourd’hui, je suis devenu plus milonguero (rires), je suis contre les gens qui ne pratiquent pas le cabeceo, qui n’ont ni codes ni respect. La danse Tango a une valeur qui s’est évaporée. Donc, je soutiens que beaucoup sont perdus, ils font leur show en dansant et se déplacent deux heures comme des seigneurs. C’est très triste.

M: Parfois on observe une lutte entre les nouveaux courants qui demandent des mouvements plus larges, où les danseurs utilisent plus d’espace, et ceux qui défendent le tango traditionnel en abrazo serré.
CH: Il y a quelque chose qui interpelle ici. Il y a d’un côté les traditionalistes qui défendent les racines jusqu’à la mort et de l’autre côté moderne ou alternatif, à savoir, le nouveau tango (tango nuevo). Mais si vous pensez à ce sujet, vous observez qu’il n’y a rien au milieu. Les traditionalistes se plaignent de la danse de tango moderne faisant valoir que c’est faire de la gymnastique, et  les modernes se plaignent que les autres sont restés figés dans le passé. Mais il n’y a pas de fusion, ils sont un groupe face à l’autre, et cela me rend triste parce qu’en réalité, nous sommes tous dans le même tango.

M: Avez-vous un désir par rapport au tango ? Un sujet en attente ?
CH: Je vais faire un peu d’histoire. Je fus un rocker, j’avais les cheveux longs et je faisais de la batterie. Je détestais le tango, ça ne me plaisait en rien, je ne pouvais pas l’entendre. Mais quand je suis allé suivre un cours avec Ricardo Barrios et Victoria Vieyra, j’ai enlacé pour la première fois une partenaire et j’ai ressenti un frisson. Je me suis dit : «Voici quelque chose … » Je ne pouvais plus arrêter. Ce moment magique fut mon début. D’autre part, il y a quelques années, je suis allé à la milonga « La Trastienda » organisée par Horacio Godoy. Je suis entré et je t’ai vue (Milena Plebs). Je voulais danser avec vous, mais j’ai hésité. J’ai attendu beaucoup de tandas avant de t’inviter. Je me souviens que nous parlions, et lorsque nous nous sommes enlacés, j’ai senti quarante ans de tango me dominer. Dès l’abrazo, vous comprenez ? Nous n’avions pas encore fait un seul pas! C’était juste la façon dont tu m’as pris. Pour moi, ce fut le moment le plus fort de la tanda. Ensuite, nous avons dansé beaucoup. C’était super, nous avons fait certaines choses, je me suis beaucoup amusé. Mais le moment de cette étreinte, comme celui de mon premier cours et quelques autres, m’ont marqué pour ma relation avec la danse. Je parle de l’intimité de l’abrazo. Avec très peu de gens j’ai pu le revivre, beaucoup a été perdu. Mon souhait pour danser le tango, fut alors un retour à l’intensité partagée, plus dans l’âme. Ne plus rester à la surface, mais aller à l’intérieur. Le genre évolue à partir de cette intimité. L’essence du tango est l’étreinte et l’autre.

M: Que puis-je dire? Je te remercie!

Improvisation et musique

M: Tu es un grand improvisateur et cela me fascine de vous voir créer. Les lignes directrices peuvent-elles se transmettre pour améliorer la créativité dans les démonstrations improvisées ?
CH: Peut-être suis-je un «kamikaze». Ce qui me provoque des sensations ou de l’émotion me fait bouger. Chaque tango est un moment différent et fort. J’ai conçu des chorégraphies, pas beaucoup, parce que, après les avoir répétées je n’y rencontrait plus aucun risque, et quand je n’en ai plus, tout semble trop facile. Ce qui me motive est d’être sur le fil du rasoir, sur le point de tomber, de décrocher. Et l’improvisation, c’est cela. Chaque fois que je vais danser, je choisis la musique et le nombre de musiques sur l’instant. Je tente de me connecter avec Juana Sepulveda, ma partenaire et de créer un moment artistique, de transmission ou d’expression, là, en temps réel. Je ne le prépare et n’y pense pas avant. Parfois, ça me vient et d’autres fois, pas.

M: Il n’y a pas de préconception ou de planification ?
CH: Non, je ne l’ai jamais fait. Par ci par là, j’ai quelques pas que j’ai expérimenté dans la milonga, qui est mon lieu de pratique. Si elle ne vient pas, je n’insiste pas, parce que je peux perdre la connexion que j’ai avec moi, avec mon partenaire et avec le public. J’ai dansé avec des orchestres prestigieux dans des théâtres à travers le monde, sans chorégraphie préconçue. Selon les cas peut-être ais-je préparé l’entrée et la sortie, mais la danse elle-même, non.

M: Parfois, quand je vous vois danser il me semble que la structure de votre danse a été conçue de par son harmonie et sa musicalité.
CH: Comme je fus musicien pendant de nombreuses années, je comprends la structure, que ce soit Osvaldo Pugliese, Anibal Troilo, Piazzolla ou de l’électrotango. La seule chose que je prévois est le choix de tangos que je connais bien, pour pouvoir jouer à des moments précis. Je cherche toujours à donner ce que je sens devoir être.

M: Mais tout ceci se passe en direct ? Des fois, tu fais une séquence ayant une certaine durée, qui est faite de manière si juste avec un phrasé adapté, qui plus est en improvisant et en guidant votre partenaire…
CH: Je connais le phrasé et sa durée, je sais quand finir, et je prépare le mouvement à la volée, ainsi on reste juste avec la musique.

M: Donc, la connaissance de la structure musicale est importante.
CH: C’est la base. Beaucoup de danseurs professionnels connaissent les tangos, mais pas en profondeur. Il devrait y avoir une recherche plus approfondie de la musique. Je ne veux pas dire des rythmes, le phrasé ou la durée, mais à la structure, aux nuances et aux couleurs. Il y a beaucoup de richesse à apprendre en relation avec la musique. C’est infini !

M: En outre, la chose intéressante est que la l’interprétation musicale ne soit pas littérale. Vous vous avez une marque et beaucoup de gens suivent votre façon d’interpréter la musique, mais je vois un manque de compréhension. Il n’y a pas à marquer tous les petits accents ! (Rires). La merveille dans la danse de tango est la possibilité d’utiliser la musique de façon aléatoire et personnelle. En quelle situation places-tu le courant nuevo par rapport à la danse d’exhibition ?
CH: Il y a beaucoup de professionnels qui ont capté cette nouvelle information et qui souhaitent l’inclure dans leurs chorégraphies. Mais c’est un matériau qui n’a pas encore été affiné, il a besoin d’un temps de maturation, jusqu’à ce qu’il prenne de l’assurance et qu’il puisse être utilisé comme un élément d’expression.

M: Mais ils se préoccupent plus des pas que d’une expression fluide.
CH: Je pense qu’il faut leur donner du temps.

(Traduction DJ Bernardo BYC 2016)


Mariano ‘Chicho’ Frumboli
Esencia y enseñanza

Milena Plebs: Me gustaría hablar con vos sobre el aporte que bailarines y maestros podemos dar desde nuestra experiencia a quienes están aprendiendo.
Chicho: Cada día que vamos a una milonga, a realizar una exhibición o un espectáculo estamos haciendo historia con el tango, y eso es un aporte. Se ha incorporado muchísima gente joven, vivimos el comienzo de una era potente. El género está instalado y no hay manera que se vuelva a esconder o marginar. Está en constante evolución.

M: Pero a veces quienes están empezando se pierden en la multiplicidad de opciones.
CH: ¡Están totalmente perdidos! Yo me formé con los últimos grandes milongueros, tomé directamente de ellos la información. Quienes empiezan a bailar no tienen esa experiencia, sino que aprenden de una generación intermedia de la que formo parte, somos un nexo entre esos viejos bailarines y los más jóvenes. El problema es que algo se nos pasó en la enseñanza, me hago cargo absolutamente, y también tendrían que tomar esa responsabilidad otros colegas. No pude transmitir lo que aprendí. Estaba enloquecido por la creación, porque vi una nueva veta de evolución en el movimiento. Me volqué absolutamente a eso, y perdí el hilo para poder transmitir lo tanguero que tengo muy adentro. Por eso siento que actualmente hay mucha gente que no entiende o no sabe cuál es realmente la esencia de esta danza.

M: Hace quince años que estás bailando. ¿Qué cambios has observado en el devenir del baile?
CH: Antes se trabajaba con precisión y una estética particular, de una manera funcional y mecánica, que daba una forma, un estilo. Hacer un movimiento o un paso implicaba una expresión de todo el cuerpo. En la actualidad no sólo se perdió la esencia sino también el peso que tiene esta danza, su densidad e importancia. Para mí este nuevo tango le perdió un poco el respeto a lo que era el tango en sí.

M: Se perdió el conocimiento que nos han traspasado los milongueros en forma intuitiva, un sabor indescriptible en su manera de moverse.
CH: Sí, yo tardé cinco meses en entrar a la pista de la milonga de Almagro, no me animaba, iba todos los domingos sólo a mirar. Se respiraba un aire de respeto que ahora no se encuentra. Quizás aún lo siento en algunas milongas como “Glorias Argentinas”, “La Baldosa” o en lugares que son lejanos al circuito de tango más joven. Esa esencia también la tomé de vos y de bailarines de tu generación. Siento que la gente de hoy está sin ganas, no quieren trabajar ni investigar. No quieren ir al fondo de la situación, se quedan en lo superficial. Esto también tiene que ver con los nuevos movimientos y dinámicas que se utilizan, si no se logran con una cierta potencia resultan fríos.

M: El discurso interno en el movimiento es tan importante como la forma externa.
CH: Hace diez años, cuando iba a las milongas, podía quedarme mirando a una pareja bailar toda una vuelta en la pista porque había algo que me atraía, me hacía mantener la mirada en ellos. Hoy no observo más de veinte segundos porque son todas iguales. Ves una pareja circular y la que viene atrás está haciendo lo mismo, y la de más atrás también. No hay ninguna que me atraiga, que me emocione. Salvo si voy a los pocos lugares tradicionales que quedan.

M: ¿Crees que la gente que baila automáticamente o repitiendo fórmulas podría hacerlo de una manera más interna?
CH: ¡Eso demanda un montón de cosas! Vos sabés, porque sos docente también, que en la actualidad está disponible una pedagogía del baile del tango mucho más decodificada que hace diez años, y por lo tanto es más fácil aprender. Hoy se hace una volcada y una colgada y es todo lo mismo porque están, comercialmente hablando, dentro del mismo paquete. Entonces, entre hacer un sandwichito o hacer una volcada… ¡la gente hace una volcada! Porque es más vistosa. Y en el tango hay mucho egocentrismo e individualismo. No van a hacer un sandwichito para disfrutar ese momento, sino aquello que los muestre más y mejor. En el ámbito musical Ástor Piazzolla rompió con todo pero vos lo escuchás y es tango. Y hoy en la danza muchos se piensan que son Piazzolla y no lo son. Veo hombres y mujeres que sólo se preocupan por cómo los ven de afuera. Es una situación bastante complicada que tiene que ver con una personalidad y una identificación muy porteña.

M: ¡Pero los milongueros de otras épocas también eran porteños!
CH: Sí, pero aquellos milongueros tenían respeto, delicadeza y sensibilidad, era totalmente diferente. Sé que mi rol es contradictorio, porque yo también colaboré en generar esta movida joven. En su momento me cansé de los estrictos códigos milongueros que no correspondían con mi tiempo y por rebeldía traté de hacer mi camino. Hoy me volví más milonguero (risas), estoy en contra de la gente que no cabecea, que no tiene códigos ni respeto. El baile del tango tiene un valor que se disipó. Por eso sostengo que muchos están perdidos, se agarran elementalmente para bailar y se mueven dos horas como entes. Es muy triste.

M: A veces noto una puja entre las nuevas corrientes que permiten movimientos más amplios, donde los bailarines usan más espacio, y los que defienden el tango tradicional con abrazo cerrado
CH: Hay algo llamativo en eso. Están los tradicionalistas que defienden las raíces a muerte y por otro lado los modernos o alternativos, es decir, el tango nuevo. Pero si te ponés a pensar no hay nada en el medio. Los tradicionalistas se quejan de los modernos sosteniendo que no bailan tango sino que hacen gimnasia, y los modernos se quejan de que los otros se quedaron en el tiempo. Pero no hay una fusión, son un grupo en contra del otro, y me da tristeza porque en realidad todos estamos en lo mismo.

M: ¿Tenés algún deseo en relación al tango? ¿Alguna asignatura pendiente?
CH: Voy a hacer un poco de historia. Fui rockero, tenía el pelo largo y tocaba la batería. Odiaba el tango, no me gustaba para nada, no lo podía escuchar. Pero, cuando fui a tomar una clase con Ricardo Barrios y Victoria Vieyra, abracé por primera vez a una compañera y me vino un escalofrío. Me dije “Acá pasa algo…” No pude parar más. Ese momento mágico fue mi comienzo. Por otro lado, hace unos años fui a la milonga de “La Trastienda” que organizaba Horacio Godoy. Entré y te vi. Tenía ganas de bailar con vos pero dudé. Di un montón de vueltas hasta que te invité. Me acuerdo que estábamos hablando, luego nos acercamos y en el momento en que me abrazaste sentí que se me vinieron cuarenta años de tango encima. En un abrazo ¿entendés? ¡No habíamos hecho un sólo paso! Simplemente fue la manera en que me tomaste. Para mí ese fue el momento más fuerte de la tanda. Luego bailamos un montón. Estuvo buenísimo, hicimos cualquier cosa, me divertí mucho. Pero el momento de ese abrazo, como el de mi primera clase y algunos otros, me marcaron en cuanto a mi relación con el baile. Hablo de la intimidad del abrazo. Con muy poca gente pude volverla a vivir, se perdió muchísimo. Mi deseo para el baile del tango, entonces, es que se vuelva a esa intensidad compartida, muy en el alma. No quedarse en lo superficial, sino ir hacia dentro. Que el género evolucione a partir de esa intimidad. La esencia del tango son el abrazo y el otro.

M: ¿Qué más puedo decir? ¡Gracias!

Improvisación y música

M: Sos un gran improvisador y me fascina verte crear. ¿Se pueden transmitir pautas para mejorar la creatividad en la exhibición improvisada?
CH: Quizás sea un ‘kamikaze’. Lo que me provoca sensación o emoción, me hace mover. Cada tango es un momento diferente y fuerte. He diseñado coreografías, no muchas, porque después de repetirlas algunas veces no encuentro riesgo y, cuando no lo tengo, todo parece demasiado fácil. Lo que me moviliza es estar en el borde, a punto de caer, y zafar. Y la improvisación tiene eso. Cada vez que voy a bailar, elijo la música y la cantidad de temas en el momento. Trato de conectarme con Juana Sepúlveda, mi compañera, y de crear un momento artístico, de transmisión o expresión, ahí mismo, en ese momento. No lo preparo ni lo pienso. A veces me sale y otras no.

M: ¿No hay un prediseño o plan establecido?
CH: No, nunca lo hice. Por ahí hago algún paso que experimenté en la milonga, que es mi lugar de práctica. Si no me sale sigo, no insisto, porque puedo perder la conexión que tengo conmigo, con mi compañera y con la gente. He bailado con orquestas de gran prestigio, en teatros de todo el mundo, sin armar coreografía. Dependiendo del caso quizás preparo la entrada y la salida, pero el baile en sí, no.

M: A veces, cuando te veo bailar pareciera que la estructura de tu danza estuviera pensada por su armonía y musicalidad.
CH: Tiene que ver con que fui músico muchos años, por eso entiendo su estructura, ya sea Osvaldo Pugliese, Aníbal Troilo, Piazzolla o tango electrónico. Lo único que preveo es la elección de tangos que conozco bien, para poder jugar con momentos precisos. Intento dar siempre lo que siento debería ir.

M: ¿¡Pero todo eso sucede en el momento!? A veces hacés una secuencia que tiene cierta duración, que está hecha de una manera tan justa con un determinado fraseo, donde además de estar creando, estás llevando a tu compañera…
CH: Conozco ese fraseo y sé cuánto dura, sé cuándo tiene que terminar, y voy preparando el movimiento sobre la marcha, para que quede justo con la música.

M: Entonces el valor de conocer la estructura musical es importante.
CH: Es básico. Muchos de los bailarines profesionales conocen los tangos pero no en profundidad. Tendría que haber una investigación más fuerte de lo musical. No me refiero a los ritmos, los fraseos o la duración, sino a la estructura, los matices y los colores. Hay un montón de riqueza para aprender en relación a la música. ¡Es infinita!

M: Además, lo interesante es que la interpretación musical no sea literal. Vos tenés una impronta y mucha gente sigue tu forma de manejar la música, pero veo cierta falta de comprensión. ¡No se trata de marcar todos los acentitos! (risas) Lo maravilloso del baile del tango es la posibilidad de usar la música de forma aleatoria y personal ¿En qué situación ves a la nueva corriente en relación al baile de exhibición?
CH: Hay un montón de profesionales que han captado esta nueva información y quieren ponerla en sus coreografías. Pero es un material que todavía no está afinado, necesita un tiempo de maduración hasta que se afiance y se pueda usar como elemento de expresión.

M: Se ven aún los pasos más que una expresión fluida.
CH: Creo que es cuestión de darle tiempo. •

El Tangauta Nº 182 (DIC 2009) • © El Tangauta 2009 


Mariano ‘Chicho’ Frumboli
Essence and teaching

Milena Plebs: I would like to talk to you about the contribution that dancers and teachers can make from our experience to those who are learning.
Chicho: Each day that we go to a milonga, do an exhibition or a show, we are writing tango history, and this is a contribution. Many young people have gotten involved with tango; we are living the beginning of a powerful era. The genre is here to stay, there is no way that it will become hidden or marginalized again. It is constantly evolving.

M: But sometimes those who are starting lose themselves in all the multiple options.
CH: They are completely lost! I learnt with the last great milongueros, I took the information directly from them. Those who are starting to dance don’t have this experience, they learn instead from an intermediate generation that I am a part of; we are a nexus between these old dancers and those who are younger. The problem is that we missed something in the teaching, I take total responsibility, and other colleagues should do so as well. I can’t pass on what I have learned. I was crazy about creating, because I saw a new vein in the evolution of the movement. I threw myself into that, and I lost the way to be able to pass on the tango essence that I have very much inside. Because of this I feel that lately there are a lot of people who don’t understand or know what the real essence of this dance is.

M: You have been dancing for fifteen years. What changes have you noticed in the dance?
CH: Before, people worked with precision and a particular aesthetic, in a functional and mechanical way that gave it a form, and a style. Making a movement or taking a step implied an expression of the entire body. Currently, not only has the essence been lost but the weight of the dance as well, its density and importance. To me, this new tango lost a bit of the respect for what tango is.

M: The knowledge that the milongueros passed on to us intuitively, the indescribable flavor in the way they moved is lost …
CH: Yes, it took me five months to get on the dance floor of the milonga of Almagro, I didn’t dare to, and I went every Sunday only to watch. One breathed an air of respect that cannot be found now. Maybe I still feel it in some milongas like Glorias Argentinas, La Baldosa or in places that are further from the circuit of younger tango. I also took that essence from you and the dancers of your generation. I feel that the people of today are not motivated, they don’t want to work or research.
They don’t want to go to the bottom of the situation; they stay on the surface. This also has to do with the new movements and dynamics that are used, if they are not performed with some power they turn out cold.

M: The internal discourse of the movement is as important as the external form.
CH: Ten years ago, when I went to milongas, I could stay watching a couple go once around the entire dance floor because there was something that attracted me, made me keep my eyes on them. Today I don’t watch for more than twenty seconds because they are all the same. You see a couple circling and the next one behind them is doing the same thing, and the rest as well. There isn’t anything that attracts me, which excites me. Except if I go to the few traditional places that are left.

M: Do you think that the people who dance automatically or repeating formulas could do it in a more internal way?
CH: This demands a lot of things! You know it, because you are a teacher as well, that currently, the available tango pedagogy is much more decoded than ten years ago and so it is easier to learn. Today you do a volcada and acolgada and it is the same because they are there, commercially speaking, in the same package. Then, between doing a sandwichito or a volcada… people do a volcada! Because it’s more eye-catching. In tango people are self-centered, there is much individuality. They are not going to make asandwichito to enjoy that moment, but whatever shows them more and better. In the musical field Astor Piazzolla broke with everything but you listen to it and it is tango. And today in the dance many think that they are Piazzolla and they aren’t. I see men and women that only worry about how they are seen from the outside. It is a pretty complicated situation because it has to do with a very porteño personality and identity.

M: But the milongueros from other times were also porteños!
CH: Yes, but those milongueros had respect, delicacy and sensibility, it was totally different. I know my role is contradictory, because I also collaborated in generating this young movement. In its moment I got tired of the strict milonguero codes that didn’t correspond with my time and to rebel I tried to make my way. Today I’m a milonguero again (laughter); I’m against the people who do not cabecear (nod), who don’t have codes or respect. The value of tango has been diluted. That is why I say that many dancers are lost, they barely hold on to each other to dance and for two hours like zombies, it is very sad.

M: Sometimes I notice a competition between new currents that allow more ample movements, where the dancers use more space, and those who defend traditional tango with a closed embrace.
CH: There’s something surprising about that. There are the traditionalists who defend roots to the death and then there are those modern or alternative dancers, in other words, new tango. But if you think about it there is nothing in the middle. The traditionalists complain about the modern ones contending that they don’t dance tango, instead they do gymnastics, and the modern dancers complain that the others got stuck in time. There is no fusion, it is one group against the other, and it makes me sad because in reality we are all together.

M: Do you have any wish in relation to tango? Any pending undertaking?
CH: I’m going to tell you a story. I was into rock-and-roll; I had long hair and played the drums. I hated tango, I didn’t like it one bit, I couldn’t even listen to it. But when I went to take a class with Ricardo Barrios and Victoria Vieyra, I embraced my dance partner for the first time and I got goose bumps. I said, “there’s something going on here…” and I never stopped. That magical moment was my beginning. On the other hand, a few years ago I went to the “La Trastienda” milonga organized by Horacio Godoy. I walked in and I saw you. I wanted to dance with you but second-guessed myself. I went back and forth until I asked you. I remember we were talking, then we embraced each other and in that moment I felt 40 years of tango. In the embrace, do you understand? We hadn’t taken a single step! It was simply from the way in which you held me. For me that was the most powerful moment of the tanda. Then we danced for a long time. It was great, we did all sort of things, I enjoyed myself. But the moment of that embrace, like the one of my first class and some others, have marked me in regards to my relationship with the dance. I’m talking about the intimacy of the embrace. With very few people have I been able to feel the same way, much has been lost. My wish for the dance of tango, then, is that the shared intensity returns, in the soul. Not to stay in the surface, but to feel it inside. That the genre evolves from that intimacy. The essence of tango is in the embrace and the person you are dancing with.

M: What else can I say? Thank you!

Improvisation and Music

M: You are a great improviser and it fascinates me to see you create. Can guidelines be transmitted to improve creativity in improvised exhibition?
CH: Maybe I am a ‘kamikaze’. What provokes in me sensation or emotion makes me move. Every tango is a different and powerful moment. I have designed choreographies, not many, because after repeating them a couple times I can’t find any more risk and, when I don’t have it, everything seems too easy. What motivates me is being on the edge, on the verge of falling, and getting away with it. Improvisation has that. Every time I’m going to dance, I choose the music and the number of songs at that moment. I try to connect with Juana Sepulveda, my partner, to create and artistic moment, of transmission or expression, right there, in that moment. I do not prepare it nor do I think about it. Sometimes it works and sometimes it doesn’t.

M: There is no design or pre-established plan?
CH: No, I never did that. Maybe I do some steps that I experimented with in the milonga, which is my place of practice. If something doesn’t work, I don’t insist, because I might loose the connection I have with myself, with my partner and with the people. I have danced with orchestras of great prestige, in theatres all over the world, without doing choreography. Depending on the case maybe I prepare the entrance and the exit, but not the dance in itself.

M: Sometimes, when I see you dance it looks as if the structure of your dance was thought of for its harmony and musicality.
CH:: It has to do with the fact that I was a musician for many years, which is why I understand its structure, whether it is Osvaldo Pugliese, Anibal Troilo, Piazzolla or Electronic tango. The only thing I plan is a selection of tangos that I know well, to be able to play at precise moments. I try to always give what I think belongs there.

M: All of this happens on the spot? There are times when you do a sequence that has a certain duration, that has been made a certain way with a determined phrasing, where in addition to creating you are leading your partner…
CH: I know that phrase and how long it lasts, I know when it has to end and I prepare the movement along the way so that it fits perfectly with the music

M: So the value of knowing the structure of the music is important.
CH: It is crucial. Many of the professional dancers know the tangos but not in depth. There should be a stronger research of the music. I’m not talking about the rhythms, the phrasing or the duration, but the structure, the nuances and the colors. There is richness to be learned in relation to the music. It is infinite!

M: Also, what’s interesting is for the musical interpretation not to be literal. You have a style and many people follow your way to managing the music, but I see a certain lack of comprehension. It’s not about marking every little accent! (laughter) What’s marvelous about tango is the possibility of using the music in a random and personal way. How do you see the new current in relation to exhibition dancing?
CH: There are many professionals who have captured this new information and want to put it in their choreographies. But this material is not refined yet, it needs time to mature until it consolidates itself and can be used as an element of expression.

M: What one still sees are the steps instead of a fluid expression
CH: I think it is a question of giving it time. •

El Tangauta Nº 182 (DIC 2009) • © El Tangauta 2009 


Interview de Mariano Chicho Frumboli


L’éruption du volcan Puyehue entraine la fermeture des aéroports de Buenos Aires.

Il devient de plus en plus difficile de rentrer d’Argentine.
Cette fois, ce n’est pas à cause de l’addiction aux milongas Portègnes, mais d’un nuage d’origine volcanique, made in Mercosur.
Il s’agit du majestueux Puyehue, qui, vous en conviendrez grâce aux images du blog « la mesa de luz », n’a rien à envier aux cracheurs islandais aux noms imprononçables.
Ce noble individu a entraîné la fermeture des deux aéroports portègnes, bonne excuse pour quelques tangos de plus.

© Bernard-Yves Cochain 2008 – http://tango-mi-amor.blogspot.com/

Clip Tango City Tour

 Tango City Tour, un podcast passionnant pour réviser son espagnol d’Argentine

Buenos Aires

Buenos Aires est la capitale mondiale incontestée et incontestable du tangoBaires

Ce site se propose de vous en faire découvrir certains aspects,
 ceux qui me plaisent et que l'on ne trouve pas vraiment ailleurs.

Remarque liminaire

Tout d’abord, il s’agit de donner ici mes impressions, d’indiquer ce qui me plait. Je ne souhaite pas heurter ceux qui ont des sensibilités différentes et qui se plaisent dans leur tango.

L’Argentine et l’Uruguay ont donné le tango au monde, chaque danseur, chaque pays a développé son propre tango. Je pense cependant qu’un retour aux sources est intéressant.

Si, à travers ces quelques lignes je vous donne quelques pistes pour trouver le vrai tango portègne (celui des habitants de Buenos Aires), j’aurai atteint mon but. Il est en effet tout à fait possible d’aller en Buenos Aires en passant totalement à côté de son tango, tant les courants et l’industrie du tango y sont actif et variés..

Je crains cependant que ce tango disparaisse avec les générations âgées qui le pratiquent, allez donc le voir et le vivre tel qu’il est, dans l’espoir que cela retardera le phénomène d’internationalisation.

Trouver une milonga

Ce ne sont pas les milongas qui manquent à Buenos Aires. Il est même assez difficile de s’y retrouver. En effet, dans le même lieux, il peut y avoir le même jour deux milongas qui se succèdent (une à la tarde et une à la noche) et qui peuvent être d’un genre tout à fait différent.

Les mêmes organisateurs peuvent s’activer selon les jours en des lieux différents. Les DJ sont aussi un des éléments à prendre en considération. Il faut donc non seulement connaître l’adresse, mais aussi le nom de la milonga et les jours et horaires. Négliger un de ces éléments risque de vous conduire à quelques déconvenues…

Un site sur les milongas de Buenos Aires, certains soirs, il y en a une quarantaine !

Les styles de tango à Buenos Aires

Le tango international

Dans certaines milongas, on peut se croire à Paris. C’est par exemple le cas de la Confiteria idéal.  On y trouve surtout des danseurs étrangers. La mirada marche assez mal et le bal est peu harmonieux.

Si on souhaite voir du beau tango nuevo, il est sans doute plus prudent d’aller à la noche à la Viruta. Par contre, le terrain est dangereux pour les danseurs ordinaires. Comme dans la plupart des milongas portègnes, où il y a du monde, seul le tour de piste est fréquentable en sécurité. Si les meilleurs danseurs arrivent à y faire des évolutions spectaculaires, ceux qui bougent mal se trouvent vite rejetés au centre de la piste, lieu de tous les dangers. Il s’y passe en effet des choses aussi agitées que dans certaines milongas française, mais avec beaucoup plus de monde… Ambiance panier de crabe garantie.

Ne rêvez pas. Si vous n’êtes pas excellent et pas particulièrement attirant, vous danserez plutôt avec des étrangers qu’avec ces jeunes argentins merveilleusement doués. Si vous êtes cavaliers et que vous n’avez pas la maîtrise de vos ambitions, vous resterez sur votre siège…

De façon plus abordable, vous pourrez pratiquer ce type de tango dans la plupart des milongas fréquentées par les touristes, par exemple, Porteno y Ballarin ou Parakultural ou la Ideal. Là, vous rencontrerez beaucoup de touristes, quelques argentins, mais surtout des dizaines de « professeurs » prêts  vous en donner pour votre argent et qui, pour certains cherchent plus à avoir un client de plus qu’à vous mettre sur la piste du vrai tango, beaucoup moins lucratif pour eux…

N’aimant pas trop le tango international, je ne fréquente pas ces lieux. Je préfère le tango que j’appelle Portègne, mais que les Portègnes nomment simplement « Tango »:

Le tango Portègne

Ce que je préfère à Buenos Aires, c’est ce tango dansé dans les milongas de quartier. Il se caractérise par un abrazo milonguero et une très grande harmonie entre les partenaires du couple et en général de toute la piste.

On trouve ce tango, par exemple à Canning le mercredi à la tarde (a Puro Tango), à la Leonesa (Milonga de Los Consagrados en particulier), au nouveau Chiqué ou à el Arrenque. La moyenne d’âge est souvent très élevé, mais c’est si beau à voir et à pratiquer !

La danse est musique.

A noter que l’on trouve aussi un tango milonguero, très accentué. Il est en général pratiqué dans certaines milongas pour femmes touristes et hommes Argentins. Des clubs comme El Beso s’en sont fait une spécialité. On y trouve quelques Argentines, mais beaucoup d’Argentins et d’étrangères…

Vivre une milonga à Buenos Aires

Ce qui frappe le plus, c’est le sentiment d’amitié, de communauté qui se dégage de ces milongas. Assis avec les hommes, on discute, on se fait des amis, on fait partie d’une communauté.

 juan-byc- HoracioYbycBIG
Juan,
organisateur de belles milongas
Horacio,
qui en plus d’être un ami précieux, saura aussi vous faire découvrir le véritable tango

Pour arriver à cette fusion, il suffit de suivre quelques recommandations.

  •  Danser sur la musique et pour sa cavalière.
  •  Rester à sa place, ne pas troubler l’harmonie du bal.
  •  Ne pas avoir peur de danser sans figure, c’est à dire exclure toute barrida, gancho et même sandwich et bien sûr toutes les autres figures encombrantes qui sont très peu pratiquées ici.
    Si vous dansez bien en musique, avec un guidage doux et clair, vous aurez de nombreuses cavalières qui vous inviteront à chaque début de tanda.

Vous devez faire vos preuves. Au début, vous danserez avec des danseuses un peu moins bonnes, celles qui ne sont pas invitées au début de tanda. Même si c’est pour la dernière danse d’une tanda, ne refusez pas une invitation. La cavalière vous offre votre chance, ne la gâchez pas. Si vous faîtes l’affaire, vous pourrez danser une tanda complète après.

Si vous êtes cavalière, il est important de vous montrer. Vous pourrez demander à un cavalier de vous présenter. Essayez d’en trouver un calme parmi vos amis.
¿Te me varea? Si yo te vareo…

Sinon, certains clubs ont des danseurs qui s’occupent de faire danser les nouvelles. De toute façon, les Argentins sont assez curieux et vous trouverez certainement quelqu’un pour vous inviter.

Pour la cavalière, c’est beaucoup plus facile que pour le cavalier. Pas besoin d’être jeune et belle pour danser, il suffit d’être attentive et de bien suivre pour danser toute la soirée.

Ce qui frappe à Bs. As. c’est comme les danseurs sont observés. On vous décortique. si ça plait, vous croiserez quelques regards de femmes assises, ou d’hommes qui vous feront des signes d’encouragement (sourire ou pouce en l’air par exemple). En revenant à votre place, il n’est pas rare de recevoir une tape amicale dans le dos ou de se faire presser l’avant bras de façon très chaleureuse.

Lorsque vous dansez toute une tanda, vous remarquerez que vous aurez les mêmes couples devant et derrière pendant les 4 morceaux. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous avez enfreint l’une des règles de ces milongas en faisant du gymkhana. C’est redouté par les cavalières (risques de coups au centre) et vous aurez aussi diminué l’harmonie du bal, ce que ne vous pardonnerons pas trop les autres danseurs.


Remarquez comme les danseurs continuent de parler sur le début de la musique et comme la piste se vide à la fin de la tanda pendant la cortina.
Pas question de rester sur la piste ou de danser les premières dizaines de secondes des danses…

Il est très rare de recevoir un coup dans ces milongas. Peut-être un ou deux frôlements dans toute une soirée. Les dangers viennent plutôt de ceux qui dansent au milieu et qui en sortent, ou de ceux qui rentrent sans regarder (c’est hyper fréquent, mais en général, ce sont de moins bons danseurs qui vont très rapidement au centre de la piste).


Tanda de valse complète à « Lo de Celia ». Remarquez l’harmonie de la piste. Cette vidéo est de fin de soirée, il ne reste plus grand monde sur la piste, mais on sent bien l’harmonie sans pareil qui règne ici.

Si vous respectez ces recommandations, vous danserez progressivement avec des cavalières de plus en plus compétentes. Il vous reste à voir comment inviter et être invité(e).

L’art de la mirada et du cabeceo

StellaCe n’est pas tout de bien danser, encore faut-il repérer les danseurs et danseuses que vous intéressez.

Le système est en fait très pratique. Pour un cavalier, il suffit de regarder les cavalières qui vous regardent et de leur faire un petit signe de tête. Ne soyez pas trop gourmand au début. En général, les cavalières sont d’un côté et les hommes de l’autre. Les meilleures cavalières n’accepteront généralement pas de danser avec un inconnu. Vous devrez donc inviter les voisines qui feront à leur retour un compte-rendu (les bonnes cavalières vous auront aussi observé…).

Dans un endroit où vous êtes inconnus, il vous faudra environ une ou deux heures pour pouvoir danser avec les meilleurs danseuses. Mais une fois que vous avez dansé avec l’une d’elle, vous aurez droit à toutes les attentions et il vous suffira de choisir votre partenaire pour la prochaine tanda.

Une cavalière peut progresser plus vite. Lorsqu’elle est présentée par un bon cavalier, elle sera immédiatement invitée par les meilleurs danseurs. Contrairement à ce qui se passe en France, pas besoin d’avoir moins de 30 ans et une silhouette de rêve pour bien danser à Bs. As. Des cavalières un peu rondes, âgées et pas magnifiques peuvent danser toute la soirée si elles dansent bien.

Toutes les cavalières ont leur chance à Buenos Aires car toutes peuvent procurer un grand plaisir à leur cavalier en tango portègne.

On remarquera sur les tables un nombre impressionnant de paires de lunettes, accessoire indispensable lorsque l’on a pas une vue parfaite de loin. En effet, il faut parfois inviter à plusieurs dizaines de mètres de distance et il faut mettre tous les atouts de son côté.

Lorsque la piste se remplit il est plus difficile d’inviter car les danseurs masquent les partenaires potentiels. Il est donc important d’inviter très vite. Lorsque l’on est toujours dans les premiers à traverser la piste pour aller chercher sa cavalière, cela permet aussi de se faire repérer.

La cavalière attend qu’on vienne la chercher. Si elle est en bord de piste, elle ne se lèvera qu’à l’arrivée du cavalier. Si elle est plus en arrière, elle rejoindra le cavalier au bord de la piste.

Les cavaliers qui font le tour des tables n’invitent que des étrangères. Les argentines n’acceptent généralement pas, sauf dans les boîtes à touristes. Les argentins n’invitent jamais des femmes en couple (s’ils pensent que vous êtes Argentins, ils enverront un ami demander l’autorisation au mari d’inviter la femme). Vous devrez donc vous séparer (c’est obligatoire dans certaines milongas comme Lo de Celia).

Si vous êtes un groupe, mixte, homme et femme, vous serez généralement en bout de piste, et ça peut-être un peu moins facile d’inviter car les regards iront plutôt dans les directions où il y a plus de partenaires potentiels. Cependant, si vous êtes repérés, l’endroit n’a pas trop d’importance.

A ce sujet , dans des salles où il y a peu de tables sur les côtés et un maximum en bout de piste (comme el Arrenque, par exemple), les meilleurs places sont celles où on est au milieu des gens. En effet, être près des danseurs n’a pas trop d’intérêt, sauf pour le spectacle. Ce qui compte, c’est de pouvoir être invité…

N’hésitez pas à accepter des invitations d’une milonga sur l’autre. en effet, cela vous fera gagner beaucoup de temps dans la hiérarchie. Ainsi, lorsque vous arriverez dans une nouvelle milonga, vous aurez un(e) complice qui vous invitera. Vous pourrez alors faire votre présentation dès le début de la tanda, ce qui vous donnera l’occasion d’être vite repéré. Vous pourrez ainsi danser, dès le début de la milonga avec les meilleurs danseurs et danseuses.

D’ailleurs, même les argentins font de même. D’excellentes cavalières m’ont demandé de les présenter (elles viennent s’asseoir quelques instants à votre table en arrivant sous prétexte de vous faire un petit bonjour), et vous les invitez donc en priorité, ainsi, elles peuvent annoncer aux autres danseurs qu’elles sont arrivées. Vous, cavaliers en tirez aussi profit, comme ce sont de bonnes cavalières, les autres danseuses qui ne vous connaissent pas vous repèrent ainsi encore pus vite.

Bon, tous ces conseils font un peu stratégie. En fait, c’est beaucoup plus sympa et naturel que ça.  Les Argentins s’amusent dans les milongas, même si ce sont toujours les mêmes musiques (ceux qui dansent nuevo dansent sur les mêmes orchestres que leurs grand parents l’après-midi). Les tango nuevos, voire alternatifs si fréquents en France servent ici de cortinas et personne ne les danse (on entend les tangos nuevos que dans les boîtes à touristes).


Petite démo au nouveau chiqué. Tout en finesse. Ici, les démos n’ont pas d’exubérances

Pour en savoir plus sur le tango à Buenos Aires

Contrairement à la province et la plupart des autres pays du Monde, ici, la mirada est de rigueur. Les codes sont beaucoup plus stricts que partout ailleurs. On peut le regretter, mais on ne discute pas avec une tradition. Ne pas la respecter, c’est risquer de passer à côté de ce qui fait la spécificité du tango d’ici.

Quand on arrive en couple dans une milonga, la première chose à indiquer est si l’on souhaite être « juntos » ou « separados ». Cela déterminera votre placement dans la salle et les personnes avec qui vous pourrez danser. Dans une milonga traditionnelle, on n’invite pas les couples. Cela limitera donc votre champ d’activité à votre partenaire, aux touristes qui ne connaissent pas cette loi et à quelques opportunistes, pas toujours bons danseurs, qui écument les allées.
En général, les couples sont placés plus près des murs et ont une moins bonne visibilité de la salle. C’est logique car ils n’ont pas à se livrer à la mirada pour choisir leur partenaire de danse.

Entre chaque danse, il est de bon ton de discuter quelques dizaines de secondes. C’est un bon moyen pour apprendre le castellano argentino et ses subtilités de prononciation, si savoureuses. En tout cas, ne démarrez pas bille en tête, en essayant de slalomer entre les couples bavards, vous vous feriez une vilaine réputation. Vous pouvez commencer à danser un peu avant, mais alors, faîtes-le sur place, dans l’espace disponible, attendez que le train se mette en marche. À noter aussi que certains danseurs (surtout des danseuses) portègnes préfèrent s’imprégner de l’ambiance plutôt que de parler entre les morceaux. Sachez respecter ces moments, vous avez un(e) partenaire qui est plus intéressé(e) par la danse que de tirer un avantage de vous 😉

Même dans les milongas où l’on danse un tango plus ouvert, on respecte le sens du bal et les pistes. Pas question de bousculer, en tout cas sur les rangs extérieurs. Si un frôlement se produit, un petit sourire arrange tout (cela paraît évident, mais ce n’est pas un réflexe établi partout…).

En Argentine, on danse… sur la musique. Cela peut sembler assez étonnant à certains, mais c’est ce qui fait de si jolies milongas où l’on éprouve un sentiment d’ensemble.

On danse plusieurs tangos à Buenos Aires, mais ils ont tous des points communs.

Milonguero. Le danseur enveloppe sa danseuse, crée une bulle autour d’elle. Les Portègnes qui se sont spécialisé dans ce style sont en général âgés et remporte un grand succès auprès des femmes étrangères. Certains clubs comme El Beso s’en sont fait une spécialité.

Salon. Pas forcément beaucoup plus ouvert, ce style est assez recherché par les Argentines. Attention, ce n’est pas le style salon dont on parle en France où l’on parlerait plutôt de milonguero.

Nuevo. Ce terme ne veut pas dire grand chose. Ce serait en France considéré comme du « Salon ». L’abrazo est souvent à géométrie variable et les mouvements beaucoup plus fluides. Il est possible de danser nuevo et milonguero côte à côte sans la moindre perturbation. La clef de ce tango est la dissociation et l’élévation. La place qui n’existe pas en largeur est créée dans la hauteur.

Selon les milongas, le style majoritaire est différent. Il convient donc d’adopter une façon de danser compatible avec l’environnement. Dans la pratique, je conseillerai d’adopter un style salon (milonguero français). Le nuevo d’ici est très difficiles à pratiquer si on veut avoir une chance de danser avec les meilleures danseuses locales.

À la fin d’une tanda, on raccompagne la danseuse à sa place. Cela présente plusieurs avantages (pour ceux pour qui la simple civilité ne serait pas un argument convaincant).

  • Cela permet de prolonger la magie de la danse de quelques précieuses secondes.
  • Cela donne une chance aux autres de remarquer que vous avez dansé et que cela s’est bien passé. Vous devenez donc un partenaire potentiel si vous avez le sourire…
  • En raccompagnant une femme, vous avez de fortes chances de croiser le regard d’une de ses voisines qui vous fera ainsi savoir que vous pourrez tenter votre chance lors de la prochaine tanda.

Remarquez, une fois revenu à votre place comme la danseuse (ou le danseur si vous êtes une femme) que vous venez de raccompagner parle (de vous) à ses voisines. Elle fait votre pub.  Si ensuite, les regards des voisines sont tournés vers vous, vous avez dansé honorablement. Si elles détournent le regard, changez vite de milonga et interrogez votre tango avant d’être grillé, voire carbonisé…

Danser avec une danseuse, c’est aussi la présenter aux autres danseurs. Si vous la torturez, vous diminuez ses chances d’être invitée (et annihilerez les vôtres…). Soyez très attentif à ce qu’elle ne soit pas mise en difficulté devant les tables des messieurs…


Le Soleil de mai

De nombreux pays ont dans leur drapeau une ou des étoiles. C’est bien sûr le cas des États-Unis d’Amérique, mais nous allons nous intéresser à une étoile particulière, le soleil, et plus précisément au soleil qui orne le drapeau de deux pays d’Amérique du Sud, l’Argentine et l’Uruguay.

À gauche, le drapeau argentin, à droite, celui de l’Uruguay

Les soleils de ces deux drapeaux ont une particularité commune, qui ne se retrouve pas dans les autres soleils ornant des drapeaux. Saurez-vous identifier laquelle ?

Vous pensez avoir trouvé ?
 
 
Pour vérifier, sélectionnez le texte de la ligne ci-dessous, entre les deux petits soleils.
* Les soleils présentent une alternance de rayons droits et de rayons tordus *
 

Histoire du soleil des drapeaux argentin et uruguayen

 Les similitudes entre les deux drapeaux ne sont pas fruit du hasard. Il convient de considérer l’histoire commune de ces deux pays, l’Uruguay étant appelé la province de l’Est (Provincia Oriental, faisant partie de la Banda Oriental).
Mais revenons à l’origine, en 1812, lorsque le Général Belgrano a décidé (dessiné) le drapeau argentin.
Pesos de 1813

Pesos de 1813

Dans la première phase, Manuel Belgrano, alors général engagé dans la guerre de libération contre la domination espagnole adopte les trois bandes, ciel et blanc. C’était à Rosario, le 12 février 1812. Un monument impressionnant y rappelle cette origine.
Le 9 juillet 1816, avec l’indépendance, le drapeau tri-bande est devenu le drapeau officielle de l’Argentine.
Ce n’est cependant qu’en 1818, le 25 février que le soleil est rajouté au drapeau.
Ce soleil rappelle celui du premier pesos argentin de 1813. Celui-ci comportait déjà l’alternance des rayons courbes et droits.
On l’appelle soleil de mai, en souvenir du 25 mai 1810, début de la guerre d’indépendance.
Lorsqu’en 1828 l’Uruguay obtint à son tour l’indépendance, il choisit de placer un soleil dans son drapeau. Celui-ci comporte également une alternance de rayons courbes et droits. Cependant, deux ans plus tard, le 12 juillet 1830, le modèle du soleil changea (ainsi que le nombres de bandes blanches et bleues) pour adopter le modèle actuel.

Symbolique du soleil de mai

Le soleil de mai symbolise le début du processus d’indépendance de l’Argentine (25 mai 1810). Il ne sera ajouté au drapeau que deux ans après l’obtention de l’indépendance, mais sa signification n’a pas de doute.
L’alternance originale des rayons courbes et droits serait une volonté de rappeler l’importance des Incas.
À l’appui de cette origine, voici deux éléments. Le dieu inca Inti, était souvent représenté avec des rayons « tordus », comme en témoigne ce masque. Par ailleurs, une des formes de gouvernement proposée par Belgrano était une monarchie ayant à sa tête un descendant d’Inca, ce qui témoigne que malgré la distance, l’admiration / souvenir de l’empire Inca était encore présent.

En guise de conclusion

En fat, il n’est pas si aisé de s’y retrouver, la bandera (le drapeau) ayant une importance extrême pour les Argentins. J’ai volontairement laissé de côté pas mal de légendes colportées par les habitants des rives du Rio de la Plata et du Paraná. Ce sera peut-être pour un autre article 😉

Ciel ou outremer ?

En 2017, les scientifiques du CONICET  affirment que le drapeau original était bleu et blanc et non pas ciel et blanc.
En analysant les pigments d’une bannière de 1814, ils ont remarqué que les pigments utilisés donnaient à l’origine une couleur bleu outremer.

Je pense que cette analyse est sans doute exacte, mais je préfère avancer l’hypothèse suivante : 

  1. La bannière étudiée date de 1814, elle n’est pas celle d’origine. Il se peut que pour la fabriquer on ait utilisé un coupon de tissus d’une couleur différente de la couleur « officielle ». Les documents en couleur étant rares à l’époque, il se peut que le commanditaire n’ait retenu que bleu et blanc, sans préciser la valeur précise du bleu.
  2. Belgrano lui-même décrit son drapeau comme Celeste y blanco (en 1812, il n’était constitué que de trois bandes). Il indique que les couleurs sont les mêmes que celles de l’escarapela.
    Escarapela argentina

    Escarapela argentina

    Je propose donc de considérer que la couleur officielle est bien le bleu céleste et qu’elle l’a toujours été, pour la bandera comme pour l’escarapela et que le drapeau étudié n’était tout simplement pas de la couleur réglementaire.
    Dans tous les cas, la couleur actuelle est bien le céleste, même si parfois on parle d’azul, le céleste étant de toute façon une valeur de bleu, ce n’est pas faux. 

 


 

 

 

 

© Bernard-Yves Cochain 2008 (Mise à jour 1917 pour la question de la couleur)

Milonga

Category : Buenos Aires , Danseurs

Tango por dos
Vidéo réalisée le 24 mai 2006 à Buenos Aires en Argentine.

Argentina’s top tango company, Miguel Angel Zotto.


Tango Por Dos
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