Category Archives: Milongas

Los DJs, los reyes de la milonga

Photo Victoria Huang, Milonguero Milonguero, Calpe 2015

Un article à verser au dossier du tango et de l’activité de DJ. Pour un article grand public, c’est assez bien vu.

Adaptation en Français par Marina Gambier:

 


Tandas de 5, 4, 3, 2 ou 1?

DJ BYC en Toulouse (Francia) al frente del lugar de nacimiento de Carlos Gardel

DJ BYC en Toulouse (Francia) al frente del lugar de nacimiento de Carlos Gardel

Pourquoi ce compte à rebours ?

Aujourd’hui se pose la question du nombre de titres dans une tanda.

Pour ma part, naturellement, je propose 4 tangos, 4 valses et 3 milongas. Je sépare les tandas par une cortina et de temps à autre, je propose un intermède de Folklore, Tropical ou Rock, voire autre chose en fonction du lieu.

Dans certaines régions, on milite pour la tanda de trois tangos, dans le but espéré de faire plus souvent tourner et ainsi limiter le temps d’attente, généralement des femmes, pour ceux qui ne dansent pas, faute d’un équilibre du nombre de partenaires.

La notion de tanda est cependant une notion assez récente. 

Le temps des orchestres, tandas de 2 et de 1

À l’âge d’or du tango, celui où on pouvait danser tous les soirs sur un orchestre, les choses étaient bien différentes. En fait, elles étaient absolument identiques à ce que l’on trouve dans nos actuels bals musette en France. L’orchestre jouait deux tangos, puis le même orchestre ou un second orchestre jouait un autre air, du jazz, ou un foxtrot, par exemple.

Ensuite, ils jouaient une valse, suivie d’un nouveau morceau Jazz, puis à nouveau deux tangas, du jazz, et enfin une milonga et on recommençait.

Mais alors, me direz-vous, les danseurs se séparaient à chaque morceau, par exemple après la valse s’ils ne souhaitaient par faire le jazz ?

Ben oui, mais la différence est que les sièges n’étaient pas encore la règle dans les lieux de danse. Les danseurs rejoignaient le milieu de la piste et se dirigaient ensuite vers les femmes situées au bord de la piste.

Cette stratégie pourrait être intéressante pour les événements double-rôle. Les guideurs au milieu, les suiveurs autour…

L’apparition des tables et des enregistrements sur cassettes, tandas de 5 et cortina

Philips, en inventant la cassette musicale a modifié les comportements dans les bals. Chaque face de cassette, à l’époque de 60 minutes pouvait comporter 10 titres. Donc, entre la face A et la face B, une cassette comportait 20 titres.

L’animateur découpait donc sa programmation en 5 morceaux de la première face, une cortina sur une autre cassette. Ah, je vous vois venir, pourquoi la cortina ?

C’est que sont apparues aussi les tables. Il fallait donc prévoir le temps nécessaire pour que les couples se défassent, se reposent (après 5 tangos) et se recomposent.

Pourquoi une deuxième cassette ?  Ben, le temps pour effectuer toutes ces opérations pouvant être très variables d’un jour à l’autre ou d’une salle à l’autre, il est plus simple d’avoir une cassette avec la cortina et de la rembobiner pour repositionner la cortina à son début. Certains le faisaient avec un crayon car c’était plus précis qu’avec le lecteur de cassette car il suffisait de trouver le repère, généralement l’amorce. À mes débuts, je coupais les amorces pour que le rembobinage soit plus simple… Il me suffisait de rembobiner et j’étais au début. Mais j’avais un double-cassettes. Sans cela, j’aurais procédé comme Felix Picherna, au crayon…

De cette période reste aussi la mode de la cortina unique pour toute la soirée. C’est la même cassette qui servait et était rembobinée.

Les tables et le service à icelles a aussi favorisé le développement des cortinas pour permettre aux serveurs de rejoindre les tables avec moins de risque d’accident…

L’apparition du CD, Tandas de 4 et cortinas

Je n’ai pas évoqué l’utilisation du disque noir, car elle n’a pas apporté de grandes innovations sur ce point. En permettant l’accès direct à chaque titre, elle permettait en principe de créer les tandas en direct, mais cela n’a pas d’influence sur le nombre de titres. On retrouve cette facilité sans la difficulté d’accéder à une plage précise avec les CD (il fallait bien viser pour positionner la tête de lecture pile au bon endroit du sillon et ne pas se tromper de plage, non plus…).

De cette époque, on retrouve la normalisation des tandas comme aujourd’hui dans les milongas traditionnelles avec 4T, 4T, 4V, 4T, 4T et 3M (T=Tango, V=Valse, M=Milonga).

Je n’ai pas encore d’explication pour ce passage de cinq à quatre, si ce n’est, peut-être déjà l’idée de réduire l’attente en cas de déséquilibre entre partenaires. Il y avait aussi, sans doute le fait que beaucoup de danseurs n’invitaient que sur le second titre…

La démocratisation du graveur de CD a fait apparaître un nouveau phénomène, la « Playlist ». Le CD est alors tout bonnement lu en continu.

L’apparition de l’ordinateur portable

Dans les années 90, l’ordinateur et l’apparition des disques durs ont favorisé son utilisation en musique.

Pour ma part, je suis passé par le stade intermédiaire du Minidisk qui permettait de conserver une qualité CD, sans se ruiner. C’est l’époque où j’ai numérisé beaucoup de disques de pâte (Shellac et Vinyles) grâce à ma regrettée platine Thorens TD 124…

L’ordinateur a offert une grande facilité pour proposer des tandas construites à la volée. En fait, c’est l’ordinateur portable qui permettait cela, difficile de se trimbaler avec les tours et surtout les écrans cathodiques de l’époque.

Cet outil est donc merveilleux pour le DJ et dès que j’ai pu avoir un ordinateur portable, je l’ai adopté.

J’utilisais Winamp à l’époque, ce que de très nombreux DJs continuent à faire, mais c’est une autre histoire.

L’ère de l’ordinateur, encore plus que celle du graveur de CD a fait la part belle aux Playlists. Et je ne parle pas des mp3… Tiens, à ce sujet, j’ai eu aussi un épisode mp3, avec deux petits iPods nano et classic (avec affichage) qui me permettaient de choisir une tanda pendant que l’autre défilait. C’était pour ma milonga en plein air.

Donc, aujourd’hui, l’ordinateur domine le domaine. C’est très bien, car c’est l’outil qui permet la plus grande souplesse pour l’organisation en direct de la musique. Il sert aussi beaucoup pour les « DJs » à Playlists, qui font leur courrier, échangent sur Facebook ou tout autre activité pour ne pas s’ennuyer (et pour que les danseurs les croient absorbés dans la création…). C’est une raison supplémentaire pour ne pas encourager ce type de DJs (je ne parle pas des bénévoles qui officient dans les associations et qui ont le mérite de se dévouer pour le plaisir des autres). Ces playlisteurs n’ont aucune raison d’être attentifs au bal, puisque de toute façon, ils ne pourront pas changer son déroulement. Un véritable DJ, à mon sens est l’animateur de la soirée, rebondissant sur l’actualité de la salle, pour offrir le plus souvent possible le bon titre au bon moment.

Et mes tandas dans tout cela ?

Ah, oui. Les tandas. Ben, avec l’ordinateur, on peut faire ce que l’on veut. Passer la musique en mode aléatoire. C’est l’ordinateur qui « choisit » la musique à suivre. Diffuser une playlist, ou, s’en servir pour rechercher rapidement le bon titre à diffuser.

J’espère que vous aurez deviné quelle stratégie est la mienne.

Je construis donc à la volée, des tandas de quatre, ou trois selon les circonstances.

Je ne sais pas ce que deviendront les tandas dans le futur. Ici, à Buenos Aires, les tandas sont de quatre, y compris pour les valses (trois pour les milongas) dans les milongas traditionnelles. C’est le modèle auquel je m’accroche et que j’essaye de faire partager, car je le trouve bien adapté au fonctionnement actuel avec tables, chaises et mirada. Le voyage sur quatre titres est aussi idéal avec la danseuse. Trois donne un impression de frustration (et parfois, avouons-le de soulagement, mais dans ce cas, il fallait mieux inviter…).

Peut-être qu’ailleurs, la réduction du nombre de titres va se généraliser (dans certaines milongas à Buenos Aires, il existe des tandas de trois valses). D’ailleurs, je vais respecter cela lors de ma prochaine musicalisation à Gricel…

En descendant le nombre de titres par tanda, on risque de retrouver le fonctionnement des milongas de l’âge d’or, à la limite pourquoi pas. C’est peut-être à essayer dans les milongas où il n’y a pas de sièges…

Par contre, les hommes au milieu qui vont chercher les femmes, pas sûr que ce soit apprécié.

À suivre…

Merci à Dany Borelli, DJ à Los Consagrados, Nueveo Chique, Milonga de Buenos Aires et autres, d’avoir échangé sur ce sujet, ce qui me permet de confirmer certaines idées qui peuvent paraître surprenantes aux néophytes.


Tangopostale 2017

DJ BYC à la despedida de Tangopostale 2017. Photo Lionel Ruhier

DJ BYC à la despedida de Tangopostale 2017. Photo Lionel Ruhier

Un gentil article de Claudio sur le festival Tangopostale 2017.
J’ai eu la chance d’y animer la milonga d’ouverture au milieu des avions d’Aéroscopia.
La première Eterna (milonga en plein air) de l’édition.
Et la despedida avec mon complice Cyberchris, en alternance.

À lire sur http://danslesol.fr/comment/reply/349


A C M T H = T A N G O

Aoniken Quiroga

Aoniken Quiroga

Il ne s’agit pas d’un message chiffré, mais de la présentation par Éric S et Marie-Pierre G d’un écrit de Aoniken Quiroga qui, à la manière de Tete et autres, s’étonne des dérives du tango et essaye de redonner la bonne direction. Voir traduction ci-dessous…

 Este no es un mensaje cifrado, es la presentación realisada por Éric S y Marie-Pierre G de un escrito de Aoniken Quiroga, como Tete y otros es sorprendió por las derivas del tango y trata de dar dirección justa.

This is not an encrypted message, but the presentation (realised by Éric S and Marie-Pierre G) of a writing by Aoniken Quiroga, like Tete and others he is surprised by the drifts of tango and tries to give fair direction. Translation…

En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es vá…

Publié par Aoniken Quiroga sur samedi 22 juillet 2017


A C M T H :

A como Abrazo,
C como Conexión,
M como Música
T como Tierra, y
H como Historia

« En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es válido, desde elegir otras músicas para bailarlas como tango hasta tocar despacito con un bandoneón para promocionar el festival y mundial de Buenos Aires, donde se sigue vendiendo capacidad acrobática y trucos aéreos como tango Argentino, donde la confusión marchita hasta las mas internas fibras del tango social, donde con la excusa del « arte » algunos bailarines destrozan mas de 100 años de historia, yo me pregunto, por qué?

Por qué si no les gusta el TANGO lo bailan? Por qué si no les gusta bailar a tierra y no disfrutan de la década de oro del tango, lo manipulan lo contaminan y lo destruyen?

Quizás la respuesta es que dentro del mundo del tango pueden hacer eso y ganar plata, mucha plata pero fuera de éste mundo son solo un gran NADIE, proyectos de bailarines de otras danzas frustrados y que encuentran en el tango la posibilidad negada en otros mundos artísticos.

Si no existe el abrazo, ni la conexión, ni la música, ni la tierra, ni la historia del TANGO ENTONCES NO ES TANGO.

En ésta época de confusión y comercio YO sigo ELIGIENDO AL TANGO, ése improvisado, que habla de la historia cultural de Buenos Aires, ése Tango de abrazo y complicidad, ése que se CAMINA, ése ése mismo que Mame desde chiquito, ése que me hizo hombre.

GRACIAS TANGO YO NO TE CAMBIO »


A C M T H :

A comme Abrazo (câlin),
C comme Connexion,
M comme Musique
T comme Terre, et
H comme Histoire

« En cette période de grande confusion Tanguera, où les limites du tango semblent souffrir d’astigmatisme, où tout est valide, où se choisissent d’autres musiques pour représenter le tango en jouant Despacito (un reggaetón, ndt) au bandonéon pour la promotion du festival mondial de Buenos Aires, où se vendent aussi des compétences acrobatiques et des figures aériennes comme étant du tango argentin, où la confusion se fond dans les fibres les plus intimes du tango social, où, sous le couvert de “l’art”, des danseurs détruisent plus de 100 ans d’histoire, je me demande pourquoi ?

Si vous n’aimez pas la danse du tango, pourquoi la dansez-vous ? Pourquoi si vous n’aimez pas danser dans le sol et n’appréciez pas la décennie d’or du tango, le polluez-vous et le manipulez-vous à le détruire ?

Peut-être que la réponse est que dans le tango mondial on peut faire cela et faire de l’argent, beaucoup d’argent avec, mais hors de ce monde, c’est juste un grand RIEN, des danseurs d’autres horizons frustrés et qui dansent le tango car ils y trouvent des possibilités refusées dans leur domaine artistiques.

S’il n’y a pas d’Abrazo, pas de connexion, pas de musique, pas de terre, ni d’histoire du tango, ce n’est pas du tango.

En cette période de confusion et de commerce, JE CONTINUE DE CHOISIR LE TANGO, celui qui s’improvise, celui qui parle de l’histoire culturelle de Buenos Aires, ce Tango fait d’étreintes et complicités, Celui qui MARCHE qui est celui que j’ai tété depuis l’enfance, celui qui m’a fait homme.

MERCI TANGO, JE NE TE CHANGE PAS »


A C M T H :

A like Abrazo (hug),
C like Conexion,
M like Music
T like earTh (ground), and
H like History

“In this time of great tango confusion, where the limits of tango seem to suffer from astigmatism, where everything is valid, from choosing other music to tango dance to playing Despacito (a reggaetón, translator’s note) with a bandoneon to promote the festival Mundial de Buenos Aires, where continues to sell acrobatic ability and aerial tricks as Argentinean tango, where confusion fades to the innermost fibers of social tango, where with the excuse of ‘art’ some dancers destroy more than 100 years of history, I wonder, why?

What if they do not like TANGO they dance it? Why if they do not like to dance to earth and they do not enjoy the golden decade of the tango, they manipulate it they contaminate it and until they destroy it?

Perhaps the answer is that within the global tango they can make. That and to win money, a lot of money but out of this world are just a big NOTHING, projects of dancers of other dances frustrated and who find in the tango the possibility denied in other worlds.

If there is no embrace, no connection, no music, no ground, no history of TANGO THEN IT IS NOT TANGO.

In this time of confusion and trade I continue to CHOOSE THE TANGO, that improvised one that speaks of the cultural history of Buenos Aires, that Tango of embrace and complicity, that one WALKS, the one I’ve been sucking since I was a little one, that made me man.

THANK YOU TANGO I DO NOT CHANGE YOU”


Autre écrits pouvant vous intéresser : 


Remerciements : 

  • Aoniken Quiroga, pour l’autorisation de reproduire et traduire cet article.
  • Éric S et Marie-Pierre G, pour avoir validé la traduction et pour le génial résumé : A C M T H
  • Marie S, pour m’avoir appris que Despacito était en fait un morceau de zouk et plus précisément un reggaetón. J’avais initialement traduit Despacito par « lentement », ce qui était logique quand on ne connait pas le morceau. Pour ceux qui étaient ignorant comme moi, voici « Despacito » par son auteur, Luis Fonsi.

 


DJ BYC a les honneurs de Aires de Milonga, le site de vidéo de tango de Buenos Aires

 Très fier d’avoir eu les honneurs de ce site de référence sur les milongas du Monde.
Pour info, la première musique a été ajoutée par Carlos Neumann. Ce n’est pas celle du bal. Par contre, Fresedo est bien la musique réelle de la milonga.

  La vidéo sur le site…

 


VJ BYC

VJ BYC à la Nueva GuardiafrancaisJe réalise aussi des animations VJ en direct lorsque c’est possible dans les milongas, traditionnelles ou Néo Milongas.
En savoir plus…

EspagnolTambién hecho animaciones VJ en vivo siempre que sea posible en las milongas, tradicionales o Neo Milongas.
Mas…

AnglaisAlso I make live VJ animations whenever possible in milongas, traditional or Neo Milongas.
More…

   

DJ + VJ Tango Trad 

VJ Neo

Tango

 
 

di-sarli

 

 

 


Photographies de milongas

Vous pouvez retrouver les photos des milongas que j’anime sur Facebook, mais certains d’entre-vous m’ont demandé des photos en haute définition ou des tirages.

milonguero-milonguero-noche-de-gala-172

Milonguero Milonguero 2016 - DJ Bernardo BYC

Milonguero Milonguero 2016 – DJ Bernardo BYC

Le service de flickr.com étant assez moyen en qualité, j’ai choisi de passer par un service professionnel, avec des tirages réalisés par un labo professionnel.

Cela augmente un peu pour vous le coût, mais cela vous permettra d’avoir des tirages de la meilleure qualité possible à un prix raisonnable.

En cas de besoin, des tirages peuvent réalisés manuellement en très haute qualité, pour cela, indiquez-moi les images qui vous intéressent dans les albums, et je les placerai dans un album personnalités qui vous permettra d’avoir le top de la qualité, chaque tirage étant assuré par un tireur filtreur professionnel, de façon manuelle.

Vous pouvez accéder aux reportages avec ce lien :

https://www.jingoo.com/client/key/2580eb/be22e850/

Si vous passez directement par le site de jingoo.com, il vous faudra un identifiant et un mot de passe car c’est un accès privé :

  • Type d’accès : Privé
  • Identifiant : BC85-tango
  • Mot de passe : tango2016

Souvenirs du festival des Gorges du Tarn (septembre 2016)

Milonga de la tarde du samedi 10 septembre 2016


Préparation de la piste de danse après le repas…


La valse d’anniversaire de Caroline…


Lo de Ribera (Juan Carlos Camardella)

« Una noche sobre la ribera del tango de Buenos Aires del 1900 »

Court Métrage d’animation réalisé par Juan Carlos Camardella avec le programme d’animation libre Blender. Musique originale de Julián Graciano y voces de Liliana Torres Calívar y Oscar del Priore. Inspiré du livre ¨A mí se me hace cuento¨ de Oscar del Priore et Irene Amuchástegui.

Cortometraje de animación realizado por Juan Carlos Camardella con el programa de acceso libre Blender. Música original de Julián Graciano y voces de Liliana Torres Calívar y Oscar del Priore. Inspirado en los mitos y leyendas tangueros del libro ¨A mí se me hace cuento¨ de Oscar del Priore e Irene Amuchástegui.


Licencia Creative Commons
« Lo de Ribera » por Juan Carlos Camardella se encuentra bajo una Licencia Creative Commons Atribución-NoComercial.

CC-BY-NC Creative Commons Attribution icon Creative Commons Noncommercial icon

Musicaliser une milonga (6) – Construire ses tandas

Category : DJ , Milongas , Musicalisation , Musique , Tango

Construire ses tandas

Il est impératif de réaliser des tandas homogènes. En effet, il est désagréable d’inviter une danseuse sur une musique et de devoir continuer sur une musique tout à fait différente et sur laquelle nous n’aurions pas invité.
L’homogénéité ne peut se juger qu’à l’écoute. En effet, sur le même disque, le même musicien peut avoir gravé des titres qui ne vont pas ensemble.
L’écoute se fait au casque, mais aussi en situation réelle afin de voir comment « danse » tel ou tel morceau.
Le rythme d’enchaînement des tandas est généralement
4 Tangos + 4 tangos + 4 valses + 4 tangos + 4 tangos + 3 milongas (seulement trois car bien dansée, la milonga est fatigante) et le cycle reprend, jusqu’à la Cumparsita finale…
Il est possible de faire des tandas de trois, par exemple lorsqu’il est important de renouveler les couples (déséquilibres homme-femme), par exemple, ou dans le cadre d’un festival pour se faire rencontrer plus de personne.
Entre chaque tanda, il est impératif de mettre une cortina (rideau musical constitué d’une musique non-dansante).
La cortina doit être suffisamment longue pour permettre aux danseurs de regagner leur place. C’est très important car cela augmente les chances d’invitation. Si les danseurs restent sur la piste, la mirada (invitation du regard, de rigueur dans les bals tangos) n’est pas possible.
La cortina ne doit surtout pas être dansable pour éviter que les couples restent sur la piste.
© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (5) Diffuser la musique

Category : DJ , Milongas , Musique , Tango

Diffuser la musique

Votre musique est prête, organisée pour pouvoir facilement construire des tandas.
Si vous êtes débutant, vous avez préparé des tandas, des disques, éventuellement une liste de lecture que vous pourrez éditer en cours de milonga en fonction des réactions de vos danseurs. Il vous faut donc maintenant la rendre audible par vos danseurs.
Il existe de nombreux articles et sites sur l’installation d’une sono. Je vous laisse y référer pour tout ce qui touche à la technique (repérage de phase, puissance…).
En revanche, quelques conseils :
  • Pensez à sonoriser toute la piste. Si celle-ci est grande, il faudra peut-être plus qu’une paire d’enceintes.
  • Pensez à utiliser des caissons de basse. Même sur des vieux tangos, une fois rajeunis comme décrit précédemment, cela rend le son beaucoup plus vivant et libère les enceintes principales de la restitution des basses, cause de distorsions.
  • Si vous le pouvez, mettez les haut-parleurs en hauteur, légèrement plongeants vers la piste et surtout pas à hauteur d’oreille de danseurs. Les caissons de basses peuvent être placés où il y a de la place car ils ne sont pas directifs.
  • Limitez le nombre de dispositifs entre la source sonore et les enceintes. Si vous avez un son propre sur votre source, une bonne table de mixage, voire un simple boîtier USB sera suffisant.
  • Ne jouez pas avec le pitch (vitesse) pendant la lecture. Rien de plus désagréable que ces morceaux qui changent en cours de lecture suite à une manipulation maladroite.
    Cependant, j’utilise dans mes logiciels de DJ le changement de vitesse, mais avec blocage de la tonalité (la hauteur de la musique ne change pas lors de la modification, seul le rythme change). Cela me permet d’ajuster la vitesse en fonction du niveau des danseurs, voire de jouer avec eux en exagérant certaines accélérations, par exemple…
© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (2) Classer sa musique

Classer sa musique

Pour ma part, je classe la musique en fonction de sa « dansabilité » :

***** Excellent à danser et bonne qualité technique de l’enregistrement

**** Excellent à danser et qualité technique un peu moins bonne, mais diffusable.

*** Utilisable pour danser, mais moins agréable ou qualité technique un peu faible. Je ne les diffuse que sur demande.

** indansable ou qualité technique trop pauvre pour être utilisé, mais morceau intéressant.

* Musique conservée pour son intérêt historique, sa rareté ou autre, mais inexploitable en milonga.

J’indique le style dans le genre de la façon suivante :

  • Tango
  • Tango cantado (je mets à part ceux qui ne sont pas dansables et les classe « canción »)
  • Tango milonga
  • Tango milonga cantada
  • Tango vals
  • Tango vals cantado

Pour les morceaux plus récents, j’ai des catégories (elles mêmes divisées en milonga et vals, cantado ou pas) :

  • Tango nuevo : instruments traditionnels, mais sonorités ou musicalité particulières. La plupart des compositions de Piazzolla entrent dans cette catégorie.
  • Tango electrónico : instrumentation électronique, sonorités très différentes du tango traditionnel. Electrocutango, Malevo ou Debayres alimentent cette catégorie.
  • Tango alternativo : musiques qui ne sont pas conçues pour danser le tango mais qu’il peut être sympa de danser en tango (tango to Evora par exemple).

Une tanda doit être homogène, c’est-à-dire qu’elle doit comporter des morceaux qui vont ensemble. Il faut donc être capable d’identifier l’orchestre, le chanteur, le style de danse, l’année d’enregistrement et de nombreux autres critères, parfois plus difficiles à saisir.

Une des méthodes peut consister à utiliser les commentaires (cette musique va bien avec telle autre), mais on peut utiliser aussi les groupes. Ainsi, on peut classer ensemble des musiques du même orchestre qui vont bien ensemble. Ainsi, le DJ, à la volée, pourra composer une tanda cohérente car il aura auparavant pris le temps de vérifier que cela fonctionnait.

Plus la musique sera organisée et plus cela sera facile pour le DJ de constituer ses tandas à la volée en fonction de l’ambiance recherchée.

© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (1) La musique sert à faire danser

Category : DJ , Milongas , Musique , Tango , Vals

La musique sert à faire danser

Bien sûr, cela peut sembler une évidence, mais pour tourner un peu partout dans le monde, je peux témoigner que c’est loin d’être toujours pris en compte par les DJ.

Le tango est une danse d’improvisation et donc, il est plus sécurisant de bien connaître le morceau pour adapter ses évolutions. C’est une des raisons qui explique le choix relativement restreint de musiques jouées à Buenos Aires.

Un danseur musicien, sera capable de «deviner» un morceau inconnu, ou une interprétation live, car, connaissant la structure de la musique, il identifiera des signes, des indices, insensibles pour d’autres qui n’ont pas été formés.

Le DJ, s’il n’est pas musicien, devra a minima conserver un répertoire étroit pour éviter de placer dans l’embarras ses danseurs. Malheureusement, en général, moins les DJ connaissent la musique et plus ils se lancent dans des programmations «originales».

Pour moi, la meilleure musique pour le bal est celle qui est jouée dans les milongas de Buenos Aires. Au début, c’est surprenant d’entendre dans toutes les milongas les mêmes morceaux, mais à l’usage, cela permet de rentrer encore mieux dans la musique.

Cela n’empêche pas de trouver des titres originaux, des versions plus rares mais qui doivent être au moins de la même dansabilité que les versions plus communes.

Lorsque les danseurs sont «chauds», les DJ peut faire des propositions plus étonnantes…

© Bernard-Yves Cochain 2008

Codes de la Milonga

Category : codes , Milongas , Tango

Il est probablement très difficile de deviner les codes de la milongas quand on assiste aux déprimants spectacles de nombre d’entre-elles.

Ces codes sont pourtant peu contraignants et la récompense est une milonga où l’on se sent bien, en harmonie et en sécurité.

Alors, un petit coup d’œil à cette liste de conseils pour que nous puissions tous mieux danser.

Une version réduite, pleine d’humour, est disponible sur le site de Milongueando, n’hésitez pas à la consulter et à l’afficher dans vos milongas 😉

© Bernard-Yves Cochain 2008 – http://tango-mi-amor.blogspot.com/

Buenos Aires

Buenos Aires est la capitale mondiale incontestée et incontestable du tangoBaires

Ce site se propose de vous en faire découvrir certains aspects,
 ceux qui me plaisent et que l'on ne trouve pas vraiment ailleurs.

Remarque liminaire

Tout d’abord, il s’agit de donner ici mes impressions, d’indiquer ce qui me plait. Je ne souhaite pas heurter ceux qui ont des sensibilités différentes et qui se plaisent dans leur tango.

L’Argentine et l’Uruguay ont donné le tango au monde, chaque danseur, chaque pays a développé son propre tango. Je pense cependant qu’un retour aux sources est intéressant.

Si, à travers ces quelques lignes je vous donne quelques pistes pour trouver le vrai tango portègne (celui des habitants de Buenos Aires), j’aurai atteint mon but. Il est en effet tout à fait possible d’aller en Buenos Aires en passant totalement à côté de son tango, tant les courants et l’industrie du tango y sont actif et variés..

Je crains cependant que ce tango disparaisse avec les générations âgées qui le pratiquent, allez donc le voir et le vivre tel qu’il est, dans l’espoir que cela retardera le phénomène d’internationalisation.

Trouver une milonga

Ce ne sont pas les milongas qui manquent à Buenos Aires. Il est même assez difficile de s’y retrouver. En effet, dans le même lieux, il peut y avoir le même jour deux milongas qui se succèdent (une à la tarde et une à la noche) et qui peuvent être d’un genre tout à fait différent.

Les mêmes organisateurs peuvent s’activer selon les jours en des lieux différents. Les DJ sont aussi un des éléments à prendre en considération. Il faut donc non seulement connaître l’adresse, mais aussi le nom de la milonga et les jours et horaires. Négliger un de ces éléments risque de vous conduire à quelques déconvenues…

Un site sur les milongas de Buenos Aires, certains soirs, il y en a une quarantaine !

Les styles de tango à Buenos Aires

Le tango international

Dans certaines milongas, on peut se croire à Paris. C’est par exemple le cas de la Confiteria idéal.  On y trouve surtout des danseurs étrangers. La mirada marche assez mal et le bal est peu harmonieux.

Si on souhaite voir du beau tango nuevo, il est sans doute plus prudent d’aller à la noche à la Viruta. Par contre, le terrain est dangereux pour les danseurs ordinaires. Comme dans la plupart des milongas portègnes, où il y a du monde, seul le tour de piste est fréquentable en sécurité. Si les meilleurs danseurs arrivent à y faire des évolutions spectaculaires, ceux qui bougent mal se trouvent vite rejetés au centre de la piste, lieu de tous les dangers. Il s’y passe en effet des choses aussi agitées que dans certaines milongas française, mais avec beaucoup plus de monde… Ambiance panier de crabe garantie.

Ne rêvez pas. Si vous n’êtes pas excellent et pas particulièrement attirant, vous danserez plutôt avec des étrangers qu’avec ces jeunes argentins merveilleusement doués. Si vous êtes cavaliers et que vous n’avez pas la maîtrise de vos ambitions, vous resterez sur votre siège…

De façon plus abordable, vous pourrez pratiquer ce type de tango dans la plupart des milongas fréquentées par les touristes, par exemple, Porteno y Ballarin ou Parakultural ou la Ideal. Là, vous rencontrerez beaucoup de touristes, quelques argentins, mais surtout des dizaines de « professeurs » prêts  vous en donner pour votre argent et qui, pour certains cherchent plus à avoir un client de plus qu’à vous mettre sur la piste du vrai tango, beaucoup moins lucratif pour eux…

N’aimant pas trop le tango international, je ne fréquente pas ces lieux. Je préfère le tango que j’appelle Portègne, mais que les Portègnes nomment simplement « Tango »:

Le tango Portègne

Ce que je préfère à Buenos Aires, c’est ce tango dansé dans les milongas de quartier. Il se caractérise par un abrazo milonguero et une très grande harmonie entre les partenaires du couple et en général de toute la piste.

On trouve ce tango, par exemple à Canning le mercredi à la tarde (a Puro Tango), à la Leonesa (Milonga de Los Consagrados en particulier), au nouveau Chiqué ou à el Arrenque. La moyenne d’âge est souvent très élevé, mais c’est si beau à voir et à pratiquer !

La danse est musique.

A noter que l’on trouve aussi un tango milonguero, très accentué. Il est en général pratiqué dans certaines milongas pour femmes touristes et hommes Argentins. Des clubs comme El Beso s’en sont fait une spécialité. On y trouve quelques Argentines, mais beaucoup d’Argentins et d’étrangères…

Vivre une milonga à Buenos Aires

Ce qui frappe le plus, c’est le sentiment d’amitié, de communauté qui se dégage de ces milongas. Assis avec les hommes, on discute, on se fait des amis, on fait partie d’une communauté.

 juan-byc- HoracioYbycBIG
Juan,
organisateur de belles milongas
Horacio,
qui en plus d’être un ami précieux, saura aussi vous faire découvrir le véritable tango

Pour arriver à cette fusion, il suffit de suivre quelques recommandations.

  •  Danser sur la musique et pour sa cavalière.
  •  Rester à sa place, ne pas troubler l’harmonie du bal.
  •  Ne pas avoir peur de danser sans figure, c’est à dire exclure toute barrida, gancho et même sandwich et bien sûr toutes les autres figures encombrantes qui sont très peu pratiquées ici.
    Si vous dansez bien en musique, avec un guidage doux et clair, vous aurez de nombreuses cavalières qui vous inviteront à chaque début de tanda.

Vous devez faire vos preuves. Au début, vous danserez avec des danseuses un peu moins bonnes, celles qui ne sont pas invitées au début de tanda. Même si c’est pour la dernière danse d’une tanda, ne refusez pas une invitation. La cavalière vous offre votre chance, ne la gâchez pas. Si vous faîtes l’affaire, vous pourrez danser une tanda complète après.

Si vous êtes cavalière, il est important de vous montrer. Vous pourrez demander à un cavalier de vous présenter. Essayez d’en trouver un calme parmi vos amis.
¿Te me varea? Si yo te vareo…

Sinon, certains clubs ont des danseurs qui s’occupent de faire danser les nouvelles. De toute façon, les Argentins sont assez curieux et vous trouverez certainement quelqu’un pour vous inviter.

Pour la cavalière, c’est beaucoup plus facile que pour le cavalier. Pas besoin d’être jeune et belle pour danser, il suffit d’être attentive et de bien suivre pour danser toute la soirée.

Ce qui frappe à Bs. As. c’est comme les danseurs sont observés. On vous décortique. si ça plait, vous croiserez quelques regards de femmes assises, ou d’hommes qui vous feront des signes d’encouragement (sourire ou pouce en l’air par exemple). En revenant à votre place, il n’est pas rare de recevoir une tape amicale dans le dos ou de se faire presser l’avant bras de façon très chaleureuse.

Lorsque vous dansez toute une tanda, vous remarquerez que vous aurez les mêmes couples devant et derrière pendant les 4 morceaux. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous avez enfreint l’une des règles de ces milongas en faisant du gymkhana. C’est redouté par les cavalières (risques de coups au centre) et vous aurez aussi diminué l’harmonie du bal, ce que ne vous pardonnerons pas trop les autres danseurs.


Remarquez comme les danseurs continuent de parler sur le début de la musique et comme la piste se vide à la fin de la tanda pendant la cortina.
Pas question de rester sur la piste ou de danser les premières dizaines de secondes des danses…

Il est très rare de recevoir un coup dans ces milongas. Peut-être un ou deux frôlements dans toute une soirée. Les dangers viennent plutôt de ceux qui dansent au milieu et qui en sortent, ou de ceux qui rentrent sans regarder (c’est hyper fréquent, mais en général, ce sont de moins bons danseurs qui vont très rapidement au centre de la piste).


Tanda de valse complète à « Lo de Celia ». Remarquez l’harmonie de la piste. Cette vidéo est de fin de soirée, il ne reste plus grand monde sur la piste, mais on sent bien l’harmonie sans pareil qui règne ici.

Si vous respectez ces recommandations, vous danserez progressivement avec des cavalières de plus en plus compétentes. Il vous reste à voir comment inviter et être invité(e).

L’art de la mirada et du cabeceo

StellaCe n’est pas tout de bien danser, encore faut-il repérer les danseurs et danseuses que vous intéressez.

Le système est en fait très pratique. Pour un cavalier, il suffit de regarder les cavalières qui vous regardent et de leur faire un petit signe de tête. Ne soyez pas trop gourmand au début. En général, les cavalières sont d’un côté et les hommes de l’autre. Les meilleures cavalières n’accepteront généralement pas de danser avec un inconnu. Vous devrez donc inviter les voisines qui feront à leur retour un compte-rendu (les bonnes cavalières vous auront aussi observé…).

Dans un endroit où vous êtes inconnus, il vous faudra environ une ou deux heures pour pouvoir danser avec les meilleurs danseuses. Mais une fois que vous avez dansé avec l’une d’elle, vous aurez droit à toutes les attentions et il vous suffira de choisir votre partenaire pour la prochaine tanda.

Une cavalière peut progresser plus vite. Lorsqu’elle est présentée par un bon cavalier, elle sera immédiatement invitée par les meilleurs danseurs. Contrairement à ce qui se passe en France, pas besoin d’avoir moins de 30 ans et une silhouette de rêve pour bien danser à Bs. As. Des cavalières un peu rondes, âgées et pas magnifiques peuvent danser toute la soirée si elles dansent bien.

Toutes les cavalières ont leur chance à Buenos Aires car toutes peuvent procurer un grand plaisir à leur cavalier en tango portègne.

On remarquera sur les tables un nombre impressionnant de paires de lunettes, accessoire indispensable lorsque l’on a pas une vue parfaite de loin. En effet, il faut parfois inviter à plusieurs dizaines de mètres de distance et il faut mettre tous les atouts de son côté.

Lorsque la piste se remplit il est plus difficile d’inviter car les danseurs masquent les partenaires potentiels. Il est donc important d’inviter très vite. Lorsque l’on est toujours dans les premiers à traverser la piste pour aller chercher sa cavalière, cela permet aussi de se faire repérer.

La cavalière attend qu’on vienne la chercher. Si elle est en bord de piste, elle ne se lèvera qu’à l’arrivée du cavalier. Si elle est plus en arrière, elle rejoindra le cavalier au bord de la piste.

Les cavaliers qui font le tour des tables n’invitent que des étrangères. Les argentines n’acceptent généralement pas, sauf dans les boîtes à touristes. Les argentins n’invitent jamais des femmes en couple (s’ils pensent que vous êtes Argentins, ils enverront un ami demander l’autorisation au mari d’inviter la femme). Vous devrez donc vous séparer (c’est obligatoire dans certaines milongas comme Lo de Celia).

Si vous êtes un groupe, mixte, homme et femme, vous serez généralement en bout de piste, et ça peut-être un peu moins facile d’inviter car les regards iront plutôt dans les directions où il y a plus de partenaires potentiels. Cependant, si vous êtes repérés, l’endroit n’a pas trop d’importance.

A ce sujet , dans des salles où il y a peu de tables sur les côtés et un maximum en bout de piste (comme el Arrenque, par exemple), les meilleurs places sont celles où on est au milieu des gens. En effet, être près des danseurs n’a pas trop d’intérêt, sauf pour le spectacle. Ce qui compte, c’est de pouvoir être invité…

N’hésitez pas à accepter des invitations d’une milonga sur l’autre. en effet, cela vous fera gagner beaucoup de temps dans la hiérarchie. Ainsi, lorsque vous arriverez dans une nouvelle milonga, vous aurez un(e) complice qui vous invitera. Vous pourrez alors faire votre présentation dès le début de la tanda, ce qui vous donnera l’occasion d’être vite repéré. Vous pourrez ainsi danser, dès le début de la milonga avec les meilleurs danseurs et danseuses.

D’ailleurs, même les argentins font de même. D’excellentes cavalières m’ont demandé de les présenter (elles viennent s’asseoir quelques instants à votre table en arrivant sous prétexte de vous faire un petit bonjour), et vous les invitez donc en priorité, ainsi, elles peuvent annoncer aux autres danseurs qu’elles sont arrivées. Vous, cavaliers en tirez aussi profit, comme ce sont de bonnes cavalières, les autres danseuses qui ne vous connaissent pas vous repèrent ainsi encore pus vite.

Bon, tous ces conseils font un peu stratégie. En fait, c’est beaucoup plus sympa et naturel que ça.  Les Argentins s’amusent dans les milongas, même si ce sont toujours les mêmes musiques (ceux qui dansent nuevo dansent sur les mêmes orchestres que leurs grand parents l’après-midi). Les tango nuevos, voire alternatifs si fréquents en France servent ici de cortinas et personne ne les danse (on entend les tangos nuevos que dans les boîtes à touristes).


Petite démo au nouveau chiqué. Tout en finesse. Ici, les démos n’ont pas d’exubérances

Pour en savoir plus sur le tango à Buenos Aires

Contrairement à la province et la plupart des autres pays du Monde, ici, la mirada est de rigueur. Les codes sont beaucoup plus stricts que partout ailleurs. On peut le regretter, mais on ne discute pas avec une tradition. Ne pas la respecter, c’est risquer de passer à côté de ce qui fait la spécificité du tango d’ici.

Quand on arrive en couple dans une milonga, la première chose à indiquer est si l’on souhaite être « juntos » ou « separados ». Cela déterminera votre placement dans la salle et les personnes avec qui vous pourrez danser. Dans une milonga traditionnelle, on n’invite pas les couples. Cela limitera donc votre champ d’activité à votre partenaire, aux touristes qui ne connaissent pas cette loi et à quelques opportunistes, pas toujours bons danseurs, qui écument les allées.
En général, les couples sont placés plus près des murs et ont une moins bonne visibilité de la salle. C’est logique car ils n’ont pas à se livrer à la mirada pour choisir leur partenaire de danse.

Entre chaque danse, il est de bon ton de discuter quelques dizaines de secondes. C’est un bon moyen pour apprendre le castellano argentino et ses subtilités de prononciation, si savoureuses. En tout cas, ne démarrez pas bille en tête, en essayant de slalomer entre les couples bavards, vous vous feriez une vilaine réputation. Vous pouvez commencer à danser un peu avant, mais alors, faîtes-le sur place, dans l’espace disponible, attendez que le train se mette en marche. À noter aussi que certains danseurs (surtout des danseuses) portègnes préfèrent s’imprégner de l’ambiance plutôt que de parler entre les morceaux. Sachez respecter ces moments, vous avez un(e) partenaire qui est plus intéressé(e) par la danse que de tirer un avantage de vous 😉

Même dans les milongas où l’on danse un tango plus ouvert, on respecte le sens du bal et les pistes. Pas question de bousculer, en tout cas sur les rangs extérieurs. Si un frôlement se produit, un petit sourire arrange tout (cela paraît évident, mais ce n’est pas un réflexe établi partout…).

En Argentine, on danse… sur la musique. Cela peut sembler assez étonnant à certains, mais c’est ce qui fait de si jolies milongas où l’on éprouve un sentiment d’ensemble.

On danse plusieurs tangos à Buenos Aires, mais ils ont tous des points communs.

Milonguero. Le danseur enveloppe sa danseuse, crée une bulle autour d’elle. Les Portègnes qui se sont spécialisé dans ce style sont en général âgés et remporte un grand succès auprès des femmes étrangères. Certains clubs comme El Beso s’en sont fait une spécialité.

Salon. Pas forcément beaucoup plus ouvert, ce style est assez recherché par les Argentines. Attention, ce n’est pas le style salon dont on parle en France où l’on parlerait plutôt de milonguero.

Nuevo. Ce terme ne veut pas dire grand chose. Ce serait en France considéré comme du « Salon ». L’abrazo est souvent à géométrie variable et les mouvements beaucoup plus fluides. Il est possible de danser nuevo et milonguero côte à côte sans la moindre perturbation. La clef de ce tango est la dissociation et l’élévation. La place qui n’existe pas en largeur est créée dans la hauteur.

Selon les milongas, le style majoritaire est différent. Il convient donc d’adopter une façon de danser compatible avec l’environnement. Dans la pratique, je conseillerai d’adopter un style salon (milonguero français). Le nuevo d’ici est très difficiles à pratiquer si on veut avoir une chance de danser avec les meilleures danseuses locales.

À la fin d’une tanda, on raccompagne la danseuse à sa place. Cela présente plusieurs avantages (pour ceux pour qui la simple civilité ne serait pas un argument convaincant).

  • Cela permet de prolonger la magie de la danse de quelques précieuses secondes.
  • Cela donne une chance aux autres de remarquer que vous avez dansé et que cela s’est bien passé. Vous devenez donc un partenaire potentiel si vous avez le sourire…
  • En raccompagnant une femme, vous avez de fortes chances de croiser le regard d’une de ses voisines qui vous fera ainsi savoir que vous pourrez tenter votre chance lors de la prochaine tanda.

Remarquez, une fois revenu à votre place comme la danseuse (ou le danseur si vous êtes une femme) que vous venez de raccompagner parle (de vous) à ses voisines. Elle fait votre pub.  Si ensuite, les regards des voisines sont tournés vers vous, vous avez dansé honorablement. Si elles détournent le regard, changez vite de milonga et interrogez votre tango avant d’être grillé, voire carbonisé…

Danser avec une danseuse, c’est aussi la présenter aux autres danseurs. Si vous la torturez, vous diminuez ses chances d’être invitée (et annihilerez les vôtres…). Soyez très attentif à ce qu’elle ne soit pas mise en difficulté devant les tables des messieurs…


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