Category Archives: Tango argentino

Les progrès de l’enregistrement

Sur la qualité des enregistrements anciens…

Dans les milongas, on ne diffuse que des enregistrements postérieurs à 1926. Savez-vous pourquoi ?

  1. La vieja guardia n’est pas toujours intéressante à danser.
  2. Les orchestres ne jouaient pas vraiment du tango avant 1926.
  3. La qualité des enregistrements antérieurs n’est pas assez bonne.

La première raison n’est pas exacte. Si à Buenos Aires la Vieja guardia est très peu diffusée, c’est loin d’être le cas en Europe. Disons que ces enregistrements sont souvent un peu pauvres et moyens à danser, mais ils sont diffusables quand ils ont été enregistrés après 1926…

La seconde n’est pas exacte non plus. La combinaison entre les différents rythmes originaux, Candombe, chansons de payador, Habanera, canyengue et autres avait déjà donné naissance à de véritables tango (2X4 notamment). Certains morceaux assez lents ont été ensuite accélérés et sont devenus des milongas, d’autres ont gardé le caractère du tango. Donc, ce n’est pas la seconde raison.

L’enregistrement acoustique

Et oui, c’est la troisième solution la bonne. Les premiers enregistrements étaient effectué en émettant du son dans un pavillon collecteur, afin de concentrer les vibrations sonores vers une aiguille qui gravait un sillon dans un matériau ductile (comme la cire).

Phonographe Edison 1877

Phonographe Edison 1877. Il enregistrait sur un cylindre d’étain. Il servait aussi à la reproduction.

Enregistreur acoustique sur cylindre

Phonographe Girard permettant la restitution des cylindres moulés. Il se remontait à l’aide d’une clef (visible sur la gauche de l’image).

Enregistrement d'un chef indien sur un Gramophone en 1916

Enregistrement d’un chef indien sur un Gramophone en 1916

Orchestre enregistrant en acoustique

Orchestre enregistrant en acoustique. Remarquez le grand pavillon pointant vers l’enregistreur et comment les musiciens sont « empilés » pour être en face du pavillon. Le violoniste au premier plan à un violon à pavillon qui permet de donner un son plus fort et plus directionnel.

Violon à pavillon (Orchestre de Julio de Caro)

Violon à pavillon (Orchestre de Julio de Caro)

Orchestre enregistrant en acoustique

Orchestre enregistrant en acoustique. Dans la cabine, l’enregistreur sur disque de cire.

En 1925, l’enregistrement électrique va rapidement mettre au rebut ce type d’équipement… En Argentine, il faudra attendre 1926 pour trouver les premiers enregistrements électriques, les éditeurs cherchant à écouler leur vieux stock…

L’enregistrement électrique

En 1906, l’invention du microphone a un peu amélioré le dispositif, mais ce n’est qu’en 1925 que l’enregistrement électrique a vu le jour de façon industrielle.

Le microphone est associé à un amplificateur qui permet de graver avec une grande précision les masters (disques qui serviront après moulage au pressage des disques diffusés).

Orchestre Odeon jouant devant un microphone à charbon

Orchestre Victor jouant devant un microphone à charbon

En coulisse, l'ingénieur du son surveille la gravure du master...

En coulisse, l’ingénieur du son surveille la gravure du master…

Microphone à charbon

Microphone à charbon

Microphone Western Electric

Microphone Western Electric

Écoutons la différence entre acoustique et électrique

L’orchestre de Francisco Canaro a enregistré à deux reprises le tango Caricias. Une fois en 1924, avec un système d’enregistrement acoustique et une fois en 1927, avec un système électronique.

Il est très intéressant de voir comment la qualité a été améliorée en l’espace de quelques mois…


Los DJs, los reyes de la milonga

Photo Victoria Huang, Milonguero Milonguero, Calpe 2015

Un article à verser au dossier du tango et de l’activité de DJ. Pour un article grand public, c’est assez bien vu.

Adaptation en Français par Marina Gambier:

 


Tandas de 5, 4, 3, 2 ou 1?

DJ BYC en Toulouse (Francia) al frente del lugar de nacimiento de Carlos Gardel

DJ BYC en Toulouse (Francia) al frente del lugar de nacimiento de Carlos Gardel

Pourquoi ce compte à rebours ?

Aujourd’hui se pose la question du nombre de titres dans une tanda.

Pour ma part, naturellement, je propose 4 tangos, 4 valses et 3 milongas. Je sépare les tandas par une cortina et de temps à autre, je propose un intermède de Folklore, Tropical ou Rock, voire autre chose en fonction du lieu.

Dans certaines régions, on milite pour la tanda de trois tangos, dans le but espéré de faire plus souvent tourner et ainsi limiter le temps d’attente, généralement des femmes, pour ceux qui ne dansent pas, faute d’un équilibre du nombre de partenaires.

La notion de tanda est cependant une notion assez récente. 

Le temps des orchestres, tandas de 2 et de 1

À l’âge d’or du tango, celui où on pouvait danser tous les soirs sur un orchestre, les choses étaient bien différentes. En fait, elles étaient absolument identiques à ce que l’on trouve dans nos actuels bals musette en France. L’orchestre jouait deux tangos, puis le même orchestre ou un second orchestre jouait un autre air, du jazz, ou un foxtrot, par exemple.

Ensuite, ils jouaient une valse, suivie d’un nouveau morceau Jazz, puis à nouveau deux tangas, du jazz, et enfin une milonga et on recommençait.

Mais alors, me direz-vous, les danseurs se séparaient à chaque morceau, par exemple après la valse s’ils ne souhaitaient par faire le jazz ?

Ben oui, mais la différence est que les sièges n’étaient pas encore la règle dans les lieux de danse. Les danseurs rejoignaient le milieu de la piste et se dirigaient ensuite vers les femmes situées au bord de la piste.

Cette stratégie pourrait être intéressante pour les événements double-rôle. Les guideurs au milieu, les suiveurs autour…

L’apparition des tables et des enregistrements sur cassettes, tandas de 5 et cortina

Philips, en inventant la cassette musicale a modifié les comportements dans les bals. Chaque face de cassette, à l’époque de 60 minutes pouvait comporter 10 titres. Donc, entre la face A et la face B, une cassette comportait 20 titres.

L’animateur découpait donc sa programmation en 5 morceaux de la première face, une cortina sur une autre cassette. Ah, je vous vois venir, pourquoi la cortina ?

C’est que sont apparues aussi les tables. Il fallait donc prévoir le temps nécessaire pour que les couples se défassent, se reposent (après 5 tangos) et se recomposent.

Pourquoi une deuxième cassette ?  Ben, le temps pour effectuer toutes ces opérations pouvant être très variables d’un jour à l’autre ou d’une salle à l’autre, il est plus simple d’avoir une cassette avec la cortina et de la rembobiner pour repositionner la cortina à son début. Certains le faisaient avec un crayon car c’était plus précis qu’avec le lecteur de cassette car il suffisait de trouver le repère, généralement l’amorce. À mes débuts, je coupais les amorces pour que le rembobinage soit plus simple… Il me suffisait de rembobiner et j’étais au début. Mais j’avais un double-cassettes. Sans cela, j’aurais procédé comme Felix Picherna, au crayon…

De cette période reste aussi la mode de la cortina unique pour toute la soirée. C’est la même cassette qui servait et était rembobinée.

Les tables et le service à icelles a aussi favorisé le développement des cortinas pour permettre aux serveurs de rejoindre les tables avec moins de risque d’accident…

L’apparition du CD, Tandas de 4 et cortinas

Je n’ai pas évoqué l’utilisation du disque noir, car elle n’a pas apporté de grandes innovations sur ce point. En permettant l’accès direct à chaque titre, elle permettait en principe de créer les tandas en direct, mais cela n’a pas d’influence sur le nombre de titres. On retrouve cette facilité sans la difficulté d’accéder à une plage précise avec les CD (il fallait bien viser pour positionner la tête de lecture pile au bon endroit du sillon et ne pas se tromper de plage, non plus…).

De cette époque, on retrouve la normalisation des tandas comme aujourd’hui dans les milongas traditionnelles avec 4T, 4T, 4V, 4T, 4T et 3M (T=Tango, V=Valse, M=Milonga).

Je n’ai pas encore d’explication pour ce passage de cinq à quatre, si ce n’est, peut-être déjà l’idée de réduire l’attente en cas de déséquilibre entre partenaires. Il y avait aussi, sans doute le fait que beaucoup de danseurs n’invitaient que sur le second titre…

La démocratisation du graveur de CD a fait apparaître un nouveau phénomène, la « Playlist ». Le CD est alors tout bonnement lu en continu.

L’apparition de l’ordinateur portable

Dans les années 90, l’ordinateur et l’apparition des disques durs ont favorisé son utilisation en musique.

Pour ma part, je suis passé par le stade intermédiaire du Minidisk qui permettait de conserver une qualité CD, sans se ruiner. C’est l’époque où j’ai numérisé beaucoup de disques de pâte (Shellac et Vinyles) grâce à ma regrettée platine Thorens TD 124…

L’ordinateur a offert une grande facilité pour proposer des tandas construites à la volée. En fait, c’est l’ordinateur portable qui permettait cela, difficile de se trimbaler avec les tours et surtout les écrans cathodiques de l’époque.

Cet outil est donc merveilleux pour le DJ et dès que j’ai pu avoir un ordinateur portable, je l’ai adopté.

J’utilisais Winamp à l’époque, ce que de très nombreux DJs continuent à faire, mais c’est une autre histoire.

L’ère de l’ordinateur, encore plus que celle du graveur de CD a fait la part belle aux Playlists. Et je ne parle pas des mp3… Tiens, à ce sujet, j’ai eu aussi un épisode mp3, avec deux petits iPods nano et classic (avec affichage) qui me permettaient de choisir une tanda pendant que l’autre défilait. C’était pour ma milonga en plein air.

Donc, aujourd’hui, l’ordinateur domine le domaine. C’est très bien, car c’est l’outil qui permet la plus grande souplesse pour l’organisation en direct de la musique. Il sert aussi beaucoup pour les « DJs » à Playlists, qui font leur courrier, échangent sur Facebook ou tout autre activité pour ne pas s’ennuyer (et pour que les danseurs les croient absorbés dans la création…). C’est une raison supplémentaire pour ne pas encourager ce type de DJs (je ne parle pas des bénévoles qui officient dans les associations et qui ont le mérite de se dévouer pour le plaisir des autres). Ces playlisteurs n’ont aucune raison d’être attentifs au bal, puisque de toute façon, ils ne pourront pas changer son déroulement. Un véritable DJ, à mon sens est l’animateur de la soirée, rebondissant sur l’actualité de la salle, pour offrir le plus souvent possible le bon titre au bon moment.

Et mes tandas dans tout cela ?

Ah, oui. Les tandas. Ben, avec l’ordinateur, on peut faire ce que l’on veut. Passer la musique en mode aléatoire. C’est l’ordinateur qui « choisit » la musique à suivre. Diffuser une playlist, ou, s’en servir pour rechercher rapidement le bon titre à diffuser.

J’espère que vous aurez deviné quelle stratégie est la mienne.

Je construis donc à la volée, des tandas de quatre, ou trois selon les circonstances.

Je ne sais pas ce que deviendront les tandas dans le futur. Ici, à Buenos Aires, les tandas sont de quatre, y compris pour les valses (trois pour les milongas) dans les milongas traditionnelles. C’est le modèle auquel je m’accroche et que j’essaye de faire partager, car je le trouve bien adapté au fonctionnement actuel avec tables, chaises et mirada. Le voyage sur quatre titres est aussi idéal avec la danseuse. Trois donne un impression de frustration (et parfois, avouons-le de soulagement, mais dans ce cas, il fallait mieux inviter…).

Peut-être qu’ailleurs, la réduction du nombre de titres va se généraliser (dans certaines milongas à Buenos Aires, il existe des tandas de trois valses). D’ailleurs, je vais respecter cela lors de ma prochaine musicalisation à Gricel…

En descendant le nombre de titres par tanda, on risque de retrouver le fonctionnement des milongas de l’âge d’or, à la limite pourquoi pas. C’est peut-être à essayer dans les milongas où il n’y a pas de sièges…

Par contre, les hommes au milieu qui vont chercher les femmes, pas sûr que ce soit apprécié.

À suivre…

Merci à Dany Borelli, DJ à Los Consagrados, Nueveo Chique, Milonga de Buenos Aires et autres, d’avoir échangé sur ce sujet, ce qui me permet de confirmer certaines idées qui peuvent paraître surprenantes aux néophytes.


Et pourtant, elle dansait ! Par Marina Carranza

Résultats de recherche d'images pour « marina carranza »Et pourtant elle dansait avec « les orchestres » de son temps, pendant l’époque d’or du tango. Un tango où les corps ne se touchaient pas, un tango plus proche du tango musette français que de ce que les gens dansent aujourd’hui dans les milongas ¬- mêmes dans celles qui se désignent comme « encuentros milongueros ».

Ainsi, ma grand-mère ne dansait pas du tout en étant collée à son partenaire, ni même très proche. Aucun pas de base n’existant à cette époque (1933/1938), elle n’avait pas à connaître la salida ni les huit, ni le croisé, ni de système parallèle ou croisé… Rien de tout cela.

Avec une expression de parfait dégoût, ma grand-mère disait toujours que Piazzolla ce n’était pas du tango. Jusqu’au jour où elle m’a vu danser sur du Piazzolla.

Piazzolla n’était pas « son » tango.

Le jour où elle a connu le plaisir de voir sa petite-fille danser sur du Piazzola, elle a compris qu’il y avait un tango pour elle, et aussi un autre pour d’autres dont moi…

Peut-être faut-il l’amour d’une grand-mère pour sa petite fille pour devenir plus tolérant-e.

Par ailleurs, si les danseurs n’entendent plus que des tangos des années 40, n’est-ce pas un appauvrissement ? Que dirait ma grand-mère si elle nous voyait préférer danser sur des CD, plutôt que d’accueillir et de partager les réalisations des artistes actuels et contemporains qui continuent à faire évoluer et grandir l’histoire du tango?

Au-delà de l’histoire familiale, il ne faut pas oublier d’où est venu le tango. Ce tango que tous nous aimons. En nos jours d’intolérance où sont exclues beaucoup de personnes qui n’ont pas de terre où aller, peut-être faut-il se rappeler que c’était des déracinés, des immigrants, des personnes marginalisées, qui ont sublimé dans le tango le rêve d’une vie meilleure. Relégués dans des quartiers misérables, ils ont d’abord dansé entre eux le tango sur toutes sortes de musiques : habaneras, polkas, mazurkas, rythmes africains… Le tango naît d’abord comme danse… la musique « tango » n’arrive qu’ensuite.

Alors, comment dire aujourd’hui de quelle façon  » le vrai tango doit se danser »…. ? Qué derecho tenemos para dictaminar cual es el « verdadero tango »??

Car, plus que tout, le tango est synonyme de liberté.

On ne peut, bien sûr, qu’être sensible au désir de danser pour revenir à ce<e histoire qui a donné au tango son caractère essentiel de rencontre et d’intimité. Mais, tout en en ressentant, pour cela, la nécessité de garder assez de distance avec les intérêts commerciaux que le tango a pu susciter, évitons de demeurer fermés à d’autres styles, et à d’autres manières d’appréhender un mouvement culturel.

Et puis, que se passe-t-il dans  toutes ces milongas qui  donnent exclusivement des tangos des  années 40 ? Alors que personne ne danse plus comme alors ? Alors que tant de musiciens luttent  pour réaliser un CD que personne ne programmera ? Comment ne pas réagir ? Veut-on figer et appauvrir ce tango qui poursuit malgré tout son histoire et ne peut se concevoir qu’avec liberté et dans la liberté ?

Qui peut s’arroger le droit d’être culpabilisant ou méprisant, dicter « ce qu’est le tango et ce qui ne l’est pas », s’il donne un prix à la liberté ?

Ce serait choisir l’indifférence et l’intolérance à l’encontre d’artistes qui créent le futur tango, sans être pour cela les agents d’un tango uniquement « for export ».

Effectivement, dans le tango, comme dans d’autres domaines artistiques, les meilleurs profits reviennent à qui saura au mieux programmer un événement ou proposer à la vente l’illusion d’un apprentissage restreint du tango, et non à ceux qui créent, portés par toute la culture qui leur a permis de s’exprimer. Par ailleurs, en France, à cause des différents régimes de subventions allouées à la culture, nombre de musiciens, danseurs et chorégraphes ( mais aussi, chanteurs, poètes, peintres…) qui ne sont pas « célèbres », ou qui n’appartiennent pas aux grandes structures subventionnées, se voient souvent réduits à pratiquer la mendicité « au chapeau »!

Dans toute cette actualité terrible, je ne vois d’espoir que dans un tango « LIBRE »… dans le respect et la tolérance, dans l’ouverture par la valorisation du passé et du présent.

Marina Carranza et Helios Casa (collaboration et correction), août 2017


Marina Carranza est née à Buenos Aires. Elle est danseuse et comédienne et vie actuellement à Toulouse (France). Son témoignage est donc très intéressant par sa double culture.
Pour en savoir plus sur elle…


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Tangopostale 2017

DJ BYC à la despedida de Tangopostale 2017. Photo Lionel Ruhier

DJ BYC à la despedida de Tangopostale 2017. Photo Lionel Ruhier

Un gentil article de Claudio sur le festival Tangopostale 2017.
J’ai eu la chance d’y animer la milonga d’ouverture au milieu des avions d’Aéroscopia.
La première Eterna (milonga en plein air) de l’édition.
Et la despedida avec mon complice Cyberchris, en alternance.

À lire sur http://danslesol.fr/comment/reply/349


A C M T H = T A N G O

Aoniken Quiroga

Aoniken Quiroga

Il ne s’agit pas d’un message chiffré, mais de la présentation par Éric S et Marie-Pierre G d’un écrit de Aoniken Quiroga qui, à la manière de Tete et autres, s’étonne des dérives du tango et essaye de redonner la bonne direction. Voir traduction ci-dessous…

 Este no es un mensaje cifrado, es la presentación realisada por Éric S y Marie-Pierre G de un escrito de Aoniken Quiroga, como Tete y otros es sorprendió por las derivas del tango y trata de dar dirección justa.

This is not an encrypted message, but the presentation (realised by Éric S and Marie-Pierre G) of a writing by Aoniken Quiroga, like Tete and others he is surprised by the drifts of tango and tries to give fair direction. Translation…

En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es vá…

Publié par Aoniken Quiroga sur samedi 22 juillet 2017


A C M T H :

A como Abrazo,
C como Conexión,
M como Música
T como Tierra, y
H como Historia

« En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es válido, desde elegir otras músicas para bailarlas como tango hasta tocar despacito con un bandoneón para promocionar el festival y mundial de Buenos Aires, donde se sigue vendiendo capacidad acrobática y trucos aéreos como tango Argentino, donde la confusión marchita hasta las mas internas fibras del tango social, donde con la excusa del « arte » algunos bailarines destrozan mas de 100 años de historia, yo me pregunto, por qué?

Por qué si no les gusta el TANGO lo bailan? Por qué si no les gusta bailar a tierra y no disfrutan de la década de oro del tango, lo manipulan lo contaminan y lo destruyen?

Quizás la respuesta es que dentro del mundo del tango pueden hacer eso y ganar plata, mucha plata pero fuera de éste mundo son solo un gran NADIE, proyectos de bailarines de otras danzas frustrados y que encuentran en el tango la posibilidad negada en otros mundos artísticos.

Si no existe el abrazo, ni la conexión, ni la música, ni la tierra, ni la historia del TANGO ENTONCES NO ES TANGO.

En ésta época de confusión y comercio YO sigo ELIGIENDO AL TANGO, ése improvisado, que habla de la historia cultural de Buenos Aires, ése Tango de abrazo y complicidad, ése que se CAMINA, ése ése mismo que Mame desde chiquito, ése que me hizo hombre.

GRACIAS TANGO YO NO TE CAMBIO »


A C M T H :

A comme Abrazo (câlin),
C comme Connexion,
M comme Musique
T comme Terre, et
H comme Histoire

« En cette période de grande confusion Tanguera, où les limites du tango semblent souffrir d’astigmatisme, où tout est valide, où se choisissent d’autres musiques pour représenter le tango en jouant Despacito (un reggaetón, ndt) au bandonéon pour la promotion du festival mondial de Buenos Aires, où se vendent aussi des compétences acrobatiques et des figures aériennes comme étant du tango argentin, où la confusion se fond dans les fibres les plus intimes du tango social, où, sous le couvert de “l’art”, des danseurs détruisent plus de 100 ans d’histoire, je me demande pourquoi ?

Si vous n’aimez pas la danse du tango, pourquoi la dansez-vous ? Pourquoi si vous n’aimez pas danser dans le sol et n’appréciez pas la décennie d’or du tango, le polluez-vous et le manipulez-vous à le détruire ?

Peut-être que la réponse est que dans le tango mondial on peut faire cela et faire de l’argent, beaucoup d’argent avec, mais hors de ce monde, c’est juste un grand RIEN, des danseurs d’autres horizons frustrés et qui dansent le tango car ils y trouvent des possibilités refusées dans leur domaine artistiques.

S’il n’y a pas d’Abrazo, pas de connexion, pas de musique, pas de terre, ni d’histoire du tango, ce n’est pas du tango.

En cette période de confusion et de commerce, JE CONTINUE DE CHOISIR LE TANGO, celui qui s’improvise, celui qui parle de l’histoire culturelle de Buenos Aires, ce Tango fait d’étreintes et complicités, Celui qui MARCHE qui est celui que j’ai tété depuis l’enfance, celui qui m’a fait homme.

MERCI TANGO, JE NE TE CHANGE PAS »


A C M T H :

A like Abrazo (hug),
C like Conexion,
M like Music
T like earTh (ground), and
H like History

“In this time of great tango confusion, where the limits of tango seem to suffer from astigmatism, where everything is valid, from choosing other music to tango dance to playing Despacito (a reggaetón, translator’s note) with a bandoneon to promote the festival Mundial de Buenos Aires, where continues to sell acrobatic ability and aerial tricks as Argentinean tango, where confusion fades to the innermost fibers of social tango, where with the excuse of ‘art’ some dancers destroy more than 100 years of history, I wonder, why?

What if they do not like TANGO they dance it? Why if they do not like to dance to earth and they do not enjoy the golden decade of the tango, they manipulate it they contaminate it and until they destroy it?

Perhaps the answer is that within the global tango they can make. That and to win money, a lot of money but out of this world are just a big NOTHING, projects of dancers of other dances frustrated and who find in the tango the possibility denied in other worlds.

If there is no embrace, no connection, no music, no ground, no history of TANGO THEN IT IS NOT TANGO.

In this time of confusion and trade I continue to CHOOSE THE TANGO, that improvised one that speaks of the cultural history of Buenos Aires, that Tango of embrace and complicity, that one WALKS, the one I’ve been sucking since I was a little one, that made me man.

THANK YOU TANGO I DO NOT CHANGE YOU”


Autre écrits pouvant vous intéresser : 


Remerciements : 

  • Aoniken Quiroga, pour l’autorisation de reproduire et traduire cet article.
  • Éric S et Marie-Pierre G, pour avoir validé la traduction et pour le génial résumé : A C M T H
  • Marie S, pour m’avoir appris que Despacito était en fait un morceau de zouk et plus précisément un reggaetón. J’avais initialement traduit Despacito par « lentement », ce qui était logique quand on ne connait pas le morceau. Pour ceux qui étaient ignorant comme moi, voici « Despacito » par son auteur, Luis Fonsi.

 


El Tangón – una danza original, de figuras caprichosas

Connaissez-vous le Tangón ? / ¿Sabe usted el Tangón? / Do you know Tangón?
El Porteño, Tangón – Francisco Canaro – Roberto Maida – 01-09-1936

Cette danse a été créée pour faire de nouvelles figures si on en croit le « Tangón » chanté par Ada Falcón et Roberto Maida.
Voici le texte de la chanson qui décrit les raisons de la danse : El Tangón.

Este baile fue creado para las nuevas figuras, si uno cree el « Tangón » cantado por Ada Falcón y Roberto Maida.
He aquí el texto de la canción que describe las razones de esta danza: El Tangón.

This dance was created for having new figures, if one believes the « Tangón » sung by Ada Falcón and Roberto Maida.
Here is the text of the song that describes the reasons for this dance: El Tangón.

Tangón

Música: Francisco Canaro – Letra: Ivo Pelay

Me pidieron los muchachos una danza original,
me pidieron los muchachos una danza novedosa,
Se han cansado, con el mundo, de los bailes siempre iguales.
Nuevos tiempos, nuevos ritmos; gente nueva, nuevas cosas.

Me pidieron los muchachos una danza original,
de figuras caprichosas y cadencia nacional.
Y un danzón amilongado con un tango fue anudado,
para dar a los muchachos una danza original.

Así nació el tangón.
Tangón porteño,
con pretensiones
de ser señor y dueño.
Es roncador, cimbreador,
rezongón y en su cadencia
hay un aliento de
sensualidad.
De festín, de dolor.
De placer y de amor.

Con figuras caprichosas he buscado componer
un bailable que llegara a imponerse en los salones
Y el tangón nació a la vida como nacen las personas
sobre todo en este siglo de locuras y ambiciones.

Con figuras caprichosas he buscado componer
un bailable que pudieran los muchachos aprender.
Y enlazando melodías con cadencias y armonías,
un bailable caprichoso he buscado componer.

El Tangón, Tangón – Francisco Canaro – Roberto Maida – 08-20-1935

Il y a aussi d’autres versions de Tangón chantées par Ada Falcón (1935) ou Guillermo Coral (1956) et une autre version de El Porteño par le Quinteto Pirincho (1952).

También hay versiónes de Tangón cantadas por Ada Falcón (1935) o Guillermo Coral (1956)  y otra versión de El Porteño por el Quinteto Pirincho (1952).

There is also versions of Tangón sung by Ada Falcón (1935) or Guillermo Coral (1956) and another version of El Porteño by the Pirincho Quintet (1952).

El Porteño, Tangón – Francisco Canaro – Quinteto Pirincho – 08-10-1952

El Porteño – Tangón
Francisco Canaro (Pirincho) 08-10-1952

Le tangón dans le bal tango ? / ¿El tangón en la milonga? / The tangón in the milonga:

A priori NON / NO
Certains DJs passent des tangóns, souvent associés avec des candombes. Je n’encourage pas. Je fais connaître, justement pour sensibiliser à la différence…

Algunos DJs pasan tangóns, a menudo asociados con candombes. No me gusta. Hablo de tangón sólo para dar a conocer la diferencia…

Some DJs pass tangóns, often associated with candombes. I do not like. I’m talking about a tangóns just to make the difference…


Superbe soirée des Jeudis de Nîmes animée par DJ BYC avec Adrian et Amanda Costa (organisation Abrazo Tango Social Club)

Cadre enchanteur, météo parfaite, organisation sans faille, tout était réuni pour que je puisse faire danser les 200 danseurs de la place du Chapitre à Nîmes (France).

La saison 2017 des Jeudis de Nîmes a fait couler beaucoup d’encre. La musique adoucissant les mœurs, j’ai été ravi d’animer la milonga du 13 juillet. Voici ce que je crois savoir de l’histoire de cette superbe milonga dans une des villes les plus TANGO de France.


Depuis un quart de siècle, les jeudis estivaux sont l’occasion pour les danseurs de toute l’Europe de se retrouver sur une place de la ville de Nîmes.

« Read More »

DJ BYC a les honneurs de Aires de Milonga, le site de vidéo de tango de Buenos Aires

 Très fier d’avoir eu les honneurs de ce site de référence sur les milongas du Monde.
Pour info, la première musique a été ajoutée par Carlos Neumann. Ce n’est pas celle du bal. Par contre, Fresedo est bien la musique réelle de la milonga.

  La vidéo sur le site…

 


VJ BYC

VJ BYC à la Nueva GuardiafrancaisJe réalise aussi des animations VJ en direct lorsque c’est possible dans les milongas, traditionnelles ou Néo Milongas.
En savoir plus…

EspagnolTambién hecho animaciones VJ en vivo siempre que sea posible en las milongas, tradicionales o Neo Milongas.
Mas…

AnglaisAlso I make live VJ animations whenever possible in milongas, traditional or Neo Milongas.
More…

   

DJ + VJ Tango Trad 

VJ Neo

Tango

 
 

di-sarli

 

 

 


Photographies de milongas

Vous pouvez retrouver les photos des milongas que j’anime sur Facebook, mais certains d’entre-vous m’ont demandé des photos en haute définition ou des tirages.

milonguero-milonguero-noche-de-gala-172

Milonguero Milonguero 2016 - DJ Bernardo BYC

Milonguero Milonguero 2016 – DJ Bernardo BYC

Le service de flickr.com étant assez moyen en qualité, j’ai choisi de passer par un service professionnel, avec des tirages réalisés par un labo professionnel.

Cela augmente un peu pour vous le coût, mais cela vous permettra d’avoir des tirages de la meilleure qualité possible à un prix raisonnable.

En cas de besoin, des tirages peuvent réalisés manuellement en très haute qualité, pour cela, indiquez-moi les images qui vous intéressent dans les albums, et je les placerai dans un album personnalités qui vous permettra d’avoir le top de la qualité, chaque tirage étant assuré par un tireur filtreur professionnel, de façon manuelle.

Vous pouvez accéder aux reportages avec ce lien :

https://www.jingoo.com/client/key/2580eb/be22e850/

Si vous passez directement par le site de jingoo.com, il vous faudra un identifiant et un mot de passe car c’est un accès privé :

  • Type d’accès : Privé
  • Identifiant : BC85-tango
  • Mot de passe : tango2016

Un boxeur donne une leçon de danse…

On connaît bien les liens entre certaines pratiques de danse ou d’art martial et le tango, mais c’est un peu moins évident avec la boxe.

Savoir se faire lourd, évident en danse africaine, être dans le sol, évident en salsa cubaine, un peu moins facile à expliquer pour le tango, mais en lisant cet article autour de la boxe, tout va s’éclairer.

Je recommande !

Les secrets d’Equilibre selon un Danseur


Carlos Gardel, enfant de France

Même si la polémique semble éteinte, il reste quelques foyers de résistance refusant encore d’attribuer la naissance de Carlos Gardel à Toulouse.
Plusieurs documents irréfutables existent cependant. Ils sont plus solides que les documents Uruguayens qui sont des déclarations très largement postérieures à la naissance de Gardel et qui avaient probablement des buts du genre, se faire oublier pendant la première guerre mondiale où il était considéré comme déserteur car né français et pour éviter (en 1920) certaines poursuites en se rendant blanc comme… plâtre (escayola) en s’inventant une filiation comme  » Carlos Escayola » fils de Carlos Escayola et María Gardel, ce Carlos Escayola étant rapproché d’un fils d’un second mariage d’un Colonel Carlos Escayola né en 1876 (soir 14 ans plus vieux que l’âge français de Gardel). À noter que les deux « parents » sont morts à la date de l’établissement de ces documents, ce qui semble pratique et peut convaincre qu’ils n’avaient pas connaissance de ce rejeton encombrant…

« En 1920 la compañía de Rosas lo convocó para viajar a España por una temporada teatral. Él estaba indocumentado, porque el hecho de no concurrir a la embajada para registrarse como ciudadano francés le impidió recibir la cartilla militar y el registro en gendarmería. Entonces, él decidió en 1920 inscribirse en el consulado uruguayo amparándose en una legislación muy particular para súbditos uruguayos residentes en otros países. Se registró como uruguayo nacido en Tacuarembó tres años antes de su verdadero nacimiento: se anotó como nacido el 11 de diciembre pero de 1887. En vez de poner Gardes, se inscribió como Gardel, su nombre artístico.«  En 1920, la compagnie de Rosas l’invite à voyager en Espagne pour une tournée théâtrale. Il était sans papier car il n’était pas allé se faire enregistrer à l’ambassade comme citoyen français et n’a donc pas reçu ses papiers (sinon, il aurait du partir faire la guerre en 1918 et aurait été arrêté comme déserteur s’il l’avait fait par la suite). Ainsi, décida-t-il de s’inscrire au consulat uruguayen en vertu d’une législation spéciale pour les sujets uruguayens résidant dans d’autres pays. Il a été inscrit comme étant né à Tacuarembó, trois ans avant sa date de naissance réelle, le 11 décembre de 1887. Au lieu de choisir Gardes, il pris son nom d’artiste, Gardel.

On attribue souvent à ce manquement à ses obligations militaires en France, la composition de silencio
« Dice la « leyenda », que Carlos Gardel y Alfredo Le Pera visitaron en Francia la tumba de 5 hermanos y su madre, que habrían muerto durante la Gran Guerra de 1914-18. Y que quedaron tan impresionados por lo visto, que esa misma noche compusieron la canción.«  La légende prétend que Carlos Gardel et Alfredo La Pera visitèrent en France la tombe de cinq frères et leur mère, tués pendant la grande guerre 14-18 et qu’ils ont été tellement impressionnés par cette visite qu’ils écrivirent la chanson la nuit même.

Vous trouverez en bas de page, des liens vers divers documents, comme des cartes postales écrites à sa famille française, cartes difficiles à expliquer s’il était effectivement uruguayen…

Revenons donc aux documents originaux, établis au noms de Charles Gardes :

L’acte de naissance de Carlos Gardel

Acte de naissance de Charles Romuald Gardes à l'hôpital de la Grave à Toulouse

Acte de naissance de Charles Romuald Gardes à l’hôpital de la Grave à Toulouse

Cet acte indique que le 11 décembre 1890, Charles Romuald est né à deux heures du matin à l’hôpital de la Grave.

Acte de Baptême de Carlos Gardel

Acte de baptême de Carlos Gardel, le 11 décembre, lendemain de sa naissance.

Acte de baptême de Carlos Gardel, le 11 décembre, lendemain de sa naissance.

Le document témoignant de son entrée en Argentine

Ce titre est émis par la Direction Générale de l’immigration de la République Argentine sous le numéro 122 (sa mère est sous le numéro 121).

Récipissé d'inscription dans les registres de l'immigration argentine en date du 11 mars 1893 établi au nom de Charles Gardes, âgé de 2 ans, en provenance de Bordeaux sur le vapeur Don Pedro.

Récipissé d’inscription dans les registres de l’immigration argentine en date du 11 mars 1893 établi au nom de Charles Gardes, âgé de 2 ans, en provenance de Bordeaux sur le vapeur Don Pedro.

Dans ce document Gardel, s’appelle encore Gardes et son prénom est Charles.
Le 11 mars 1893, Gardel est mentionné dans ce document comme ayant 2 ans, ce qui correspond, à trois mois près à son âge exact.
La bateau est le Don Pedro, un vapeur qui devait partir du Havre le 8 février 1893 (à destination de La Plata).
On trouve trace de ce voyage, le 10 février, départ effectif du Havre avec comme capitaine Vincent Marie Crecquer.
Le 14, ce bateau partait de Pauillac (où auraient embarqué Berthe et Charles) à destination de Santa Cruz de Tenerife où il arrive et repart le 20 février pour se lancer dans la traversée de l’Atlantique jusqu’en Uruguay.
Il arrive le 9 mars à Montevideo et en repart le 10 pour Buenos Aires où il arrive probablement le 11 mars si on tient compte de la durée de la traversée du Rio de la Plata et des dates des certificats d’immigration de Berthe et Charles.
Il y a un petit doute sur la date d’arrivée, les documents maritimes évoquant le 12 mars pour le débarquement. On peut très bien imaginer que les autorités d’immigration sont montés à bord le 11, à l’arrivée, mais que le désembarquement ne s’est effectué que le lendemain pour tenir compte des délais de quarantaine de 48 heures.
Le bateau est ensuite reparti pour le Havre, chargé de viande congelée…
Reste que certains documents manquent, comme les registres de l’immigration confiés au CEMLA et évaporés pour les années 1882-1925… Pour cette raison, on ne peut pas retrouver l’écriture correspondant au certificat 122 de l’immigration. Certains en profitent pour diminuer la force de l’origine française, s’appuyant aussi sur l’absence du registre de création des passeports français pour les années entourant le départ supposés des Gardes.

Courriers et interactions avec sa famille française

Carte postale de Carlos Gardel à ses grands-parents en France

Carte postale de Carlos Gardel à ses grands-parents en France

Famille française de Gardel à Albi en 1934

Famille française de Gardel à Albi en 1934

Une des photos prises à Albi en 1934 avec à la gauche de Gardel (à droite sur la photo), son oncle Jean Marie Gardes et sa tante Charlotte Laurence, seconde femme de Jean et belle-sœur de Berthe.

Arbre généalogique de Carlos Gardel réalisé par Georges Galopa en 2013 d'après celui d'Henri Brune.

Arbre généalogique de Carlos Gardel réalisé par Georges Galopa en 2013 d’après celui d’Henri Brune.

Pourquoi Gardel changea d’identités à plusieurs reprises…

Raúl Torre et Juan José Fenoglio  réalisèrent une enquête judiciaire, relevant notamment les empreintes de Carlos Gardel dans les documents judiciaires de l’époque, ce qui permet de confirmer que le Carlos Gardel chanteur du tango et le Carlos Gardez(s) né en France en 1890, sont bien le même.

Différentes empreintes de Carlos Gardel permettant de confirmer que l’on parle toujours du même.

Dans un article paru dans Pagina 12 en 2012, on retrouve les principales raisons qui ont fait que Gardel, escroc, se devait de changer régulièrement d’identité, y compris avec l’aide d’un président argentin (Marcelo T. de Alvear)…

L’article paru dans Pagina 12 se trouve ici : 
https://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-207654-2012-11-12.html 
Copie de cet article au cas où ce lien se verrait à disparaître…
Un article de 2010 de la Dépêche évoque aussi cette étude.
Copie de cet article au cas où le lien se verrait à disparaître.

Empreintes de Carlos Gardel âgé de 13 ans et 6 mois, lors de sa fugue.

Empreintes de Carlos Gardel âgé de 13 ans et 6 mois, lors de sa fugue.

La thèse uruguayenne :

La thèse française :

Documents divers


Top 20 tangos chantés

Les 20 tangos chantés les plus appréciés en milonga

DJ Bernardo par Marie Tango Pavadita Béziers Texte v2Une amie, historienne du tango, m’a posé ce matin cette question « quels sont les 20 tangos les plus appréciés en milonga » alors que j’étais justement en train de préparer la question…

Tout d’abord, il y a tango chanté et chanson de tango. Ce dernier type, utilisé en milonga a donné une très mauvaise réputation au tango chanté. En effet, les cantantes (chanteurs généralistes adeptes du bel canto), par opposition au cantores (chanteurs de tango plus dans l’émotion et l’interprétation que la recherche de la belle voix) emploient dans leurs performances des éléments d’interprétation que les danseurs peuvent difficilement anticiper, ce qui nuit gravement à l’improvisation, ou plus modestement, à la reproduction des chorégraphies habituelles chez les plus mauvais danseurs. Il m’arrive que des organisateurs me demandent de ne pas passer de tangos chantés, car les danseurs de cette milonga n’aiment pas. J’ai à chaque fois fait l’inverse et les organisateurs et les danseurs ont toujours été enchantés du résultat.

Pour moi, il est donc clairement établi que les tangos chantés ont bonne cote.

Un sondage aux résultats surprenants

pie-chart (chanté)

Seul 14 % des danseurs préfèrent les tangos instrumentaux.

J’ai réalisé ces derniers jours un petit sondage dont les résultats m’ont assez surpris. « Préférez-vous les tangos instrumentaux ou chantés pour danser ? Do you prefer instrumental tangos or sung to dance? ¿Prefieres tangos instrumentales o tangos cantados para bailar? », la réponse est : « Les deux — Either — Los dos » à 50 %, « Tangos chantés (cantados) (sung) » pour 36,1 % et seulement 13,9 % pour « Tangos instrumentaux (instrumental) ». Pour aller plus loin, les femmes mettent à égalité les deux genres et seulement 13,3 % des hommes indiquent préférer les tangos instrumentaux.

 Cela correspond à mes observations. Autrefois, j’essayais de passer presque autant de tangos instrumentaux que chantés, mais mon style actuel est surtout basés sur les tangos chantés, mon intuition semblait bonne.

Je pense donc que faire la distinction entre des tangos chantés et des chansons tango est très important, car ceux qui n’aiment pas les chansons tango râlent vite, ce qui donne très souvent l’impression que ce sont tous les tangos chantés qui sont à rejeter… C’est par ailleurs une des notions que j’ai le plus de mal à faire comprendre dans mes stages DJ, la différence entre dansable et donnant irrésistiblement envie de danser. 😉

Les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes goûts

pie-chart Femmes

Les orchestres enregistrés, préférés par les femmes

pie-chart Hommes

Les orchestres enregistrés, préférés par les hommes

Chez les femmes, le classement de tête des orchestres enregistré est Canaro ; Di Sarli ; Pugliese alors que chez les hommes, Fresedo arrive en tête, suivi de D’Arienzo, Pugliese, Di Sarli et Troilo. Quand on mélange tout (hommes et femmes), on obtient le palmarès suivant, Pugliese, bien devant, avec dans un mouchoir de poche, D’Arienzo, Di Sarli, Troilo, Canaro et Fresedo. En dessous de 30 %, mais encore au-dessus de 20 %, on trouve Rodriguez, Donato, la Tipica Victor, Calo et De Angelis, d’Agostino n’obtenant un score que de 19,4 %.

À noter le score assez bas de Biagi avec seulement 16,1 % (en bas du classement pour les femmes, comme pour les hommes). Je partage un peu cet avis, si j’adore les valses de Biagi, je trouve surprenant cet engouement apparent des DJ d’encuentros pour cet orchestre. Je note que ceux qui aiment Biagi, aiment à égalité D’Arienzo et ont la Juan d’Arienzo comme orchestre live préféré, il y a donc une certaine logique.

Les tangos chantés préférés

Je reviens à la question de mon amie. Les deux tangos préférés en Europe sont Poema et Invernio, par Francisco Canaro et Roberto Maida. Ces deux tangos de 1935 remportent haut la main le palmarès en France et en Espagne, sans doute pas à Buenos Aires, Canaro étant Uruguayen, seules ses valses sont régulièrement diffusées…

Les résultats seraient donc sensiblement différents en France et à Buenos Aires, je vais donc faire un subtil mix pour donner ce qui me semble être le TOP 20 des tangos chantés :

  1. Poema (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  2. Invierno (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  3. Paciencia (Francisco Canaro, Roberto Maida 1938 ou encore plus Juan d’Arienzo,Alberto Echagüe 1951)
  4. Remembranzas (Osváldo Pugliese, Jorge Maciel 1956 ou Juan d’Arienzo,Jorge Valdéz 1964)
  5. Nada (Carlos Di Sarli, Alberto Podestá 1944 et un peu moins Miguel Caló, Raúl Iriarte 1944)
  6. Al Compas del Corazon (Miguel Caló, Raúl Berón 1942)
  7. Buscandote (Osváldo Fresedo, Ricardo Ruiz 1941)
  8. Vida Querida (Osváldo Fresedo, Ricardo Ruiz 1940)
  9. Vida mia (Osváldo Fresedo, Roberto Ray 1933)
  10. Cuatro compases (Miguel Caló, Raúl Berón 1942)
  11. No Mientas (Juan d’Arienzo,Alberto Echagüe 1938)
  12. En tus brazos (Alfredo De Angelis, Oscar Larroca 1958, immortalisé par le film d’animation)
  13. Malena (Aníbal Troilo, Francisco Fiorentino 1942 ou Aníbal Troilo, Raúl Beron 1952)
  14. Tú… el cielo y tú… (Carlos Di Sarli, Alberto Podestá 1944 ou un peu moins Enrique Rodriguez, Armando Moreno 1944)
  15. Tres esquinas (Ángel d’Agostino, Ángel Vargas 1941 ou Sexteto Milonguero, Javier Di Ciriaco 2010)
  16. Llorar por una mujer (Sexteto Milonguero, Javier Di Ciriaco 2010). Pour ces dames…
  17. Todo te nombra (Rodolfo Biagi, Jorge Ortiz 1940)
  18. Ventarrón (Típica Victor, Alberto Gómez 1933)
  19. El adiós (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938, Francisco Canaro, Roberto Maida 1938 ou le très à la mode Osváldo Pugliese avec Jorge Maciel 1963)
  20. Esta noche me emborracho (Juan d’Arienzo, Alberto Echagüe 1954). Sans doute plus portègne.

Je me rends compte qu’il serait sans doute plus facile de faire le Top 50… Pour ne pas être trop frustré, voici le top cinq des vals.

  1. Soñar y nada más (Vals) (Alfredo De Angelis, Carlos Dante y Julio Martel 1944 ou un peu moins, Francisco Canaro, Eduardo Adrían et Carlos Roldán 1943 et encore un cran en dessous Aníbal Troilo, Alberto Marino et Francisco Fiorentino 1943)
  2. Viejo Portón (Vals) (Rodolfo Biagi, Teófilo Ibáñez 1938)
  3. Loca de amor (Vals) (Rodolfo Biagi, Teófilo Ibáñez 1938)
  4. Los cien barrios porteños (Vals) (Ricardo Tanturi, Alberto Castillo 1943)
  5. Con tus besos (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938)

Et pour terminer, le top six des milongas…

  1. Larga la penas (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  2. Milonga Brava (Yo fui la milonga brava) (Francisco Canaro, Roberto Maida 1938)
  3. El porteñito (Ángel d’Agostino, Ángel Vargas 1943)
  4. La milonga que faltaba (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938)
  5. Milonga sentimental (Francisco Canaro, Ernesto Famá et Ángel Ramos1933). Limite canyengue.
  6. Estampa de varón (Juan d’Arienzo, Alberto Echagüe 1938)

Pour entendre un certain nombre de ces titres, on pourra se rendre sur ma playlist Deezer : http://www.deezer.com/playlist/2083260964

 


Premiers films de tango

Premiers films de tango

Le tango et le cinéma se sont développés de façon relativement contemporaines.
Dans cet article, je vous présente quelques images illustrant les premières captations de tangos.

Le tango sera-t-il de retour ? (1925)

The Real Argentine Tango (1924)

Un tango « fantasia » spectaculaire se déclarant comme étant le vrai tango argentin. Remarquez à la fin du film, l’échange de la rose de bouche à bouche (à la Ultrabrite) qui deviendra un des poncifs du tango de show.

The Argentine Tango (1927)

Avec Ramon Cortez et Flora Harte.
Ce style « fantasia », très démonstratif est ici mis en valeur avec la musique « Tango Apasionado » par le Network Music Ensemble, librement inspirée de « Por una Cabeza de Gardel ».

The French Tango (1927)

De la même année que le film précédent, celui-ci montre des pas basiques du style français.

Le Tango Nuevo (1931)

Sans vouloir raviver la querelle sur le tango traditionnel et nuevo, il est tout de même amusant de signaler qu’en 1931, un tango dit « nuevo » était cité, ce dernier aurait été inspiré lancé par le séjour du Prince de Galles en Argentine.

Et le tango joué, Adios muchachos

La qualité sonore est médiocre, mais on remarque l’accentuation de la marcación qui permet aux danseurs de pratiquer plus facilement le tango. Cela est particulièrement sensible si on compare cet enregistrement à une version contemporaine chantée par Carlos Gardel.

Tete Rusconi, cartas abiertas

Tete Rusconi, cartas abiertas

Lettre de Tete distribuée en 2006 à Buenos Aires.

Lettre de Tete distribuée en 2006 à Buenos Aires. Merci à RC qui l’a rapportée de Baires !

Il y a bien longtemps, j’avais traduit une lettre ouverte de Tete aux danseurs et aux professeurs et un autre de ses textes « Dits de Tete » à l’occasion de sa mort en 2010.

J’ai retrouvé la trace de cette lettre sur le site de Tangolab (qui n’existe plus) et plus récemment sur l’excellent site Tango Sacha (Milonga Ophelia). Ces documents étant toujours d’actualité, il me semble précieux de les retranscrire ici, dix ans après. Il faut savoir que Tete déposait sur les tables des milongas, ces petits libelles exposant sa vision du tango, vision que je partage avec vous.

La première lettre date du 9 janvier 2006, la seconde, je ne m’en souviens plus. Tete les déposait sur les tables des milongas (voir ci-dessus la photo d’une de ces lettres confiée par mon amie RC). Elle avait aussi été publiée dans la revue Tango y Cultura popular n·68 de mars 2006.

Apprenons à danser le tango

Aujourd’hui, 9 janvier 2006, avec toute l’affection et le respect que j’ai pour vous, j’aimerais vous demander quelque chose. Ce n’est pas un reproche, pour qui que ce soit. Ce que j’aimerais, c’est que les jeunes et tous ceux qui dansent le tango comprennent mon point de vue : Il n’est point besoin de travestir le tango, en aucune manière, car cette musique, si passionnée, nous donne vie, énergie, plaisir et ainsi nous nous sentons meilleurs.

Depuis le temps que je vois des danseurs et des professeurs, je pense qu’il ne faut pas qu’il persiste avec autant d’erreurs dans l’enseignement et les démonstrations. Mon sentiment est que la musique est la base principale du Tango. Il faut ensuite apprendre à marcher avec elle, en conservant l’équilibre et le rythme (cadencia / cadence).

Je ne peux pas affirmer que la technique n’existe pas quand on danse, mais je crois qu’il serait profitable que l’on enseigne à danser plus librement, pour soi-même… Là est le plaisir. Personne ne nous méjuge en nous regardant danser pour nous.
En cela, je dis que beaucoup travestissent le tango en ce qu’il n’est pas réellement. Il est avant tout musicalité et ne se préoccupe pas initialement des pas. Nous ne devons pas commettre l’erreur d’oublier d’enseigner comment marcher sur différents rythmes en harmonie avec chaque orchestre. Trop de personnes qui enseignent le tango devraient d’abord apprendre à le danser pour ensuite pouvoir enseigner en donnant tout de soi. Ainsi, ils ne tromperaient pas leurs élèves, ni ne nuiraient à leur réputation de professeur.
Le tango n’est pas un commerce, contrairement à ce qu’en font beaucoup. Le tango fait partie de notre vie, partie de nos ancêtres, pères, mères, frères et amis. Il est notre vie. Nous ne devons pas persister dans l’erreur. Il faut le reconquérir, lui que nous perdons, faute de le respecter.

Chers amis, danseuses, danseurs, l’enseignement du tango est un travail supplémentaire dans votre vie. Par respect pour vous-même, vous feriez mieux dans vos démonstrations de danser plus de tango et faire moins d’acrobaties, de ballet et de ces choses qui ne sont pas du tango.

Je ne puis croire qu’avec les démonstrations vous entriez en compétition en sachant que chaque couple devrait créer son style. De plus, on ne devrait pas danser sur de la musique qui n’est pas du tango. Ainsi, on ne trompe personne, pas même soi.

Voici un conseil pour la communauté tango d’Europe et du reste du Monde : Il me plairait que vous ouvriez les yeux sur la pédagogie de la danse, en particulier les organisateurs de stages et les professeurs. De tout mon coeur , j’aimerais qu’ils sachent que quand ils organisent quelque chose, ils se doivent d’inviter les meilleurs danseuses et professeurs pour pouvoir enseigner comme il se doit. Sans la musique, le rythme, la posture et l’équilibre, les pas ne servent à rien. Pour cela, il faut des danseurs et professeurs authentiques. Alors, enfin, du fond de mon cœur, avec un soupçon de tristesse, je voudrais que vous y pensiez. Si vous avez quelque chose à me dire, j’aimerais que vous le fassiez, à travers une revue ou ailleurs, où que ce soit. Si vous souhaitez vous plaindre, parlez-moi, je vais au bal, voyez-moi, parlez-moi, interrogez-moi. Je répondrai à tous, n’ayez crainte. Je ne laisserai personne sans réponse, mais s’il vous plait, changez de pratique, mettons en place un système où nous serions tous heureux, où nous pourrions danser le tango, où nous serions heureux en étant beaucoup plus nombreux, sans plus vendre de mensonge à qui que ce soit. Maintenant, j’envoie un baiser et un abrazo à vous tous en espérant que cette année qui commence sera la plus heureuse pour tous. Merci,
Tete

Traduction libre en 2006
(révisée en 2016)
par DJ Bernardo BYC,
avec un grand Merci à Françoise S.

Aprendamos a bailar el Tango

“Hoy 9 de enero del 2006 quisiera pasar a pedirles algo con el cariño y respeto que siento por todos ustedes. Esto no es un reproche para nadie, yo lo que quiero es que toda la juventud y todo aquel que baila tango entienda mi motivo: No hay que disfrazar al tango bajo ningún punto de vista, porque esta música tan apasionante nos da vida, energía, placer y así nos sentimos mejor.

Después de muchos años de ver bailarines y maestros, pienso que no puede haber tantos errores en la enseñanza ni en las exhibiciones. Paso a contarles cuál es mi idea. Siempre supe que la música es la base principal del tango. También es aprender a caminar con ella, teniendo equilibrio y cadencia.

No podría decirles que no hay una técnica cuando se baila, pero sí que sería mejor que se enseñara a bailar más libremente, para uno mismo… ahí esta la diversión. Nadie nos compromete mirándonos, porque bailamos para nosotros.

En esto que digo pienso que muchos están disfrazando al tango de algo que no es verdad, porque el tango es música y no se empieza por los pasos, ni tenemos que cometer el error de no enseñar cómo caminar diferentes compases musicales para reconocer cada orquesta. Mucha gente que esta enseñando tendría que aprender primero a bailar tango, para poder enseñar dando todo de sí mismo, para no defraudar a sus alumnos ni dañar su imagen como profesor.

El tango no es un negocio, aunque muchos lo vean así. El tango es parte de nuestra vida, parte de nuestros abuelos, padres, madres, hermanos y amigos. Es nuestra vida. No deberíamos equivocarnos tanto y tendríamos que volver a conquistarlo, ya que lo estamos perdiendo por no respetarlo.

Queridos amigos, bailarinas y bailarines, como esto que hacen es un trabajo más en la vida de uno, por respeto a ustedes mismos, en sus exhibiciones seria bueno que bailaran más tango y menos acrobacia, ballet o cualquier cosa que no sea tango.

No quiero creer que también con las exhibiciones compiten; sabemos que cada pareja debería crear su estilo, y además no se debería bailar música que no es tango. En eso no se mientan a ustedes mismos ni a la gente.

Y para la comunidad tanguera de Europa y del resto del mundo les doy un consejo: me gustaría que abrieran los ojos acerca de cómo aprender a bailar, principalmente a los organizadores de stages y a los profesores, de todo corazón, quiero que sepan que, cuando se organiza algo, se trata de llevar los mejores bailarines y maestros, para poder enseñar como es debido. Sin la música, la cadencia, la postura, el equilibrio, de nada sirven los pasos y para eso necesitamos maestros y profesores auténticos. Así que bueno desde el fondo de mi corazón, con un poco de tristeza, me gustaría que ustedes lo piensen y, si hay algo para decirme, me gustaría que lo hicieran ya sea por medio de revista o por donde sea, si quieren quejarse háblenme, yo voy al baile; me ven, me dicen, me preguntan y yo contesto… les voy a contestar a todos, no tengan miedo, que no voy a dejar a nadie sin contestar, pero por favor cambien el sistema, pongan un sistema donde todos seamos alegres, donde podamos bailar el tango, donde seamos felices y donde podamos tener mucha mas gente, sin venderle ninguna mentira más, yo desde ya les mando un beso y un abrazo a todos ustedes y espero que este año que ha empezado sea el más feliz para todos. Gracias,
Tete.

 

 

Dits de Tete

Pedro « Tete » Rusconi

Je dis la vérité. Ne travestissons pas le tango car sinon nous l’envoyons à sa ruine. Sans vouloir offenser qui que ce soit, j’aime le tango. Je ne critique personne mais ne déguisez pas le tango.

Le tango se danse de mille façons, mais avant tout, on prend appui dans le sol, parce que dans le sol se trouve l’énergie et que c’est sur lui que l’on danse la musique. Ne perdons pas le plaisir et l’amour pour la danse s’encrant au sol.

Les jeunes d’aujourd’hui dansent dans les airs : vous pouvez faire des choses très jolies, mais faîtes-les au sol, tout comme les grands maîtres. Le compas et la mélodie du tango sont très particuliers, c’est une souffrance de les perdre.

Que ce soit sur ou au pied de la scène, toujours le danseur doit vivre la musique. S’il vous plaît réveillez-vous et comprenez ce qu’ils font avec la musique ou il viendra un temps où les Européens vont nous vendre le tango. Je parle du cœur, je suis un mec qui danse.

J’ai donné des ateliers pour les enseignants à l’étranger, je pensais qu’ils n’allaient jamais surpasser nos danseurs… Là-bas, il y a des gens qui peuvent danser furieusement bien. Restons sur notre axe et n’allons pas en regardant le sol. Ne dansons pas pour le public, seulement pour nous. Quand on danse sur scène, il faut danser d’abord pour soi pour que ce soit plus lumineux. Ce n’est pas car je m’exhibe que je dois oublier qui je suis ou la musique.

Le tango est une affaire à deux. Sans la femme, il n’y a pas de cavalier qui puisse danser. La femme, de son côté, peut mettre en valeur son partenaire quand elle le comprend vraiment.

Même si l’enseignement du tango devient un travail, on ne peut pas enseigner un pas sans musique, On n’apprend pas un pas pour un pas.

Sans musique, il y a ni danseur, ni tango, ni enseignant, ni élève.

Le véritable maestro ne peut transmettre que ce que la musique lui a enseigné.

Traduction DJ Bernardo BYC 2010

Habla Tete

Pedro « Tete » Rusconi

Yo digo la verdad. No disfracemos el tango porque lo vamos a arruinar. Sin querer ofender a nadie, yo amo el tango. No castigo a nadie pero no disfracemos el tango.

El tango tiene mil formas de bailarse pero primero pisemos el suelo porque en el piso está la energía y es donde bailamos la música. No perdamos el placer y el amor por bailar pisando el suelo.

Los chicos de hoy andan por el aire: todos ustedes son capaces de hacer cosas muy lindas, háganlas en el piso, como los grandes Maestros lo hicieron. Los compases y la melodía del tango son muy especiales, es una lástima perderlos.

Sea arriba o abajo del escenario siempre que el bailarín baile debe vivir esa música. Por favor despiértense y comprendan qué hacen con la música porque si no va a llegar un momento en que los europeos nos van a vender el tango a nosotros. Yo hablo de corazón, soy un tipo más que baila.

Yo he dado talleres para maestros en el extranjero, pensé que no iban a superar a nuestros bailarines…Acá hay gente que puede bailar ferozmente. Parémonos en nuestro eje y no vayamos mirando el piso. No bailemos para el público sino para nosotros. Cuando se baila en el escenario hay que bailar primero para uno porque también luce mucho más. No por mostrarme me olvido de quién soy ni de la música.

El tango es de a dos. Sin la mujer no hay bailarín que pueda bailar. La mujer también luce al bailarín cuando lo comprende.

Aunque la enseñanza del tango sea un trabajo, no se enseña el paso sin la música; no se enseña el paso por el paso.

Sin la música no hay bailarín, ni tango, ni maestro, ni alumno.

Maestro es el que tiene una enseñanza para dar, es la que le dejó la música.

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DJ de tango, la grande incompréhension…

DJ de tango, la grande incompréhension…

Article rédigé en 2014 mais qui me semble toujours d’actualité…

DJ Bernardo par Marie Tango Pavadita Béziers Texte v2

L’arrivée de l’ordinateur dans le DJing et la diffusion de tangos via Internet ont très clairement démocratisé le métier de DJ de tango. Il suffit désormais de télécharger des playlists pour se dire DJ. C’est un peu facile, mais est-ce souhaitable pour les danseurs ?

Bien sûr, ce phénomène existait auparavant avec les compilations organisées en tandas, vendues par certaines milongas et DJ portègnes, ou par divers autres canaux. Ce qui est nouveau maintenant, c’est que la facilité d’utilisation de l’ordinateur permet de mélanger ces morceaux, sans avoir à maîtriser les outils en temps réel.

Et c’est là que le bât blesse. En effet, une compilation, qu’elle soit en provenance d’une milonga de Buenos Aires, ou qu’elle ait été réalisée à la maison par l’apprenti DJ, NE PEUT CONVENIR À COUP SÛR À LA MILONGA en cours de musicalisation.

Sentir la milonga

Le rôle du DJ est de diffuser le bon morceau au bon moment. Si c’est pour diffuser une playlist, il suffit d’un CD gravé, d’un lecteur mp3 ou d’un ordinateur. Je me demande quel peut être l’intérêt pour le DJ qui reste 5 heures ou plus derrière son ordi à faire semblant de bricoler une playlist qui est de toute façon immuable…

Je comprends mieux les motivations de ce DJ qui se contente de couper la fin de la cortina sur son lecteur mp3 pour être le premier sur la piste. Lui, il veut danser sur les musiques qu’il aime et peu importe le vécu des danseurs (ou non-danseurs qui voient le DJ, s’agiter sur la piste alors qu’eux attendent un titre à peu près à leur goût).

Pour moi, le DJ doit sentir la milonga, regarder ceux qui ne dansent pas, repérer ce qui fait lever certains et pas d’autres, afin que chaque sensibilité puisse trouver de quoi avoir envie de danser. Il pourra faire des tests, par exemple en variant les cortinas, ou en observant les réactions devant un morceau un peu plus surprenant.

Mais dans tous les cas, c’est l’adéquation entre les envies des danseurs et la programmation qui fera le succès de la soirée.

Le choix du DJ

J’ai été très interpelé il y a quelque temps en discutant avec un organisateur qui me disait qu’il sélectionnait ses DJ par rapport à leur style. Je crois qu’il pensait que mettre un DJ « catalogué » d’un style proche de sa milonga était un gage de qualité. De fait, s’il lui arrive de faire venir de bons DJ, il recrute finalement, surtout des maniaques de la playlist.

Vous avez tous en tête certains DJ capables de musicaliser un festival, une milonga de Buenos Aires ou un encuentro milonguero avec le même bonheur, mais pas avec la même musique. C’est que ce DJ sait jouer des paramètres offerts par la musique et des moyens techniques à sa disposition pour s’adapter réellement à son public.

Paramètres à la disposition du DJ pour adapter sa musicalisation

Les orchestres sont la première variable. Il est possible de varier les orchestres pour éviter la monotonie.

Les styles des orchestres est un facteur important. Notons aussi qu’un même orchestre, suivant les périodes peut avoir des ambiances différentes.

Les formes de tangos (chantés, instrumentaux, canyengue ou autres) sont très directement ressenties par les danseurs. Cependant, globalement, les titres chantés sont majoritaires car ils sont plus plaisants à danser à condition de choisir des tangos chantés et pas des chansons de tango, ce qui est une erreur beaucoup trop fréquente chez les apprentis DJ et qui plombent assurément la tanda…

L’énergie des morceaux est sans doute le paramètre essentiel et souvent mal géré. Il ne faut en effet pas confondre énergie et vitesse. Des morceaux d’apparence calmes comme certains titres de Calo peuvent être très énergiques et inversement, des tangos bruyants et rapides peuvent être complètement plats à danser. Certains DJ confondent ces paramètres et vont diffuser des orchestres de style ou sonorité différents, mais qui ont tous la même énergie. Cela créé l’ennui à coup sûr…

L’organisation des tandas est très importante selon moi. En effet, si le premier morceau est destiné à faire se lever le plus de danseurs que possible, il ne faut pas que les autres déçoivent. Ils doivent être donc d’une énergie semblable et de préférence ascendante. Les danseurs ne doivent pas non plus subir de choc causés par des titres mal assemblés.

Réactivité et adaptation sont très importantes. Il m’arrive fréquemment de changer une tanda en cours de diffusion en fonction de ce qui se passe sur et autour de la piste. Si le premier titre n’a pas fait lever assez de monde, je place un second titre plus efficace, voire, je change l’ambiance de la tanda en la faisant évoluer. Je pense par exemple à une tanda de canyengue qui peut selon les publics passer parfaitement ou bien fatiguer. Je fais alors évoluer la tanda vers des canyengues plus rapides, voire plus du tout canyengue si cela n’a pas du tout de succès.

L’organisation des tandas en ronda est aussi un élément sur lequel le DJ peut jouer. Pour ma part, je diffuse quasiment toujours des tandas de quatre, y compris pour les valses et sauf pour les milongas ou des titres nuevos parfois plus longs. J’adopte cependant parfois les tandas de trois, sur une partie de la milonga, par exemple lorsque la durée est très courte et s’il y a un gros déséquilibre des partenaires. C’est cependant quelque chose que je répugne un peu à faire car cela entre dans la mode du « zapping » et l’on s’éloigne du tango. Il me semble préférable de faire des milongas qui durent plus longtemps afin d’offrir à tout le monde une chance de bien danser (c’est d’ailleurs le choix effectué par les portègnes…). La ronda comporte traditionnellement des successions de styles du type T T V T T M ou T = Tango, V = Vals et M = Milonga). Pour les milongas courtes où quand je veux donner beaucoup d’énergie, il m’arrive de faire T V T M, ou T V T T M. Il n’est pas possible d’utiliser cette ronda toute une milonga, car elle est très fatigante pour les danseurs… D’autres DJ vont multiplier au contraire les tandas de tango pour diminuer le nombre de Vals et Milongas.

Le volume sonore est aussi très important à considérer. Il arrive souvent que les cortinas soient plus fortes que les morceaux dansés. Je trouve cela illogique. C’est à mon avis les tandas qui doivent donner l’ambiance. Les cortinas sont là pour échanger quelques mots et se préparer à la prochaine tanda. Je pense aussi que la musique doit être jouée suffisamment forte pour que l’on puisse enter dedans sans être obligé de tendre l’oreille. Une cortina moins forte permettra de se reposer l’oreille et évitera d’avoir à pousser exagérément le volume de la tanda suivante pour couvrir les conversations qui auront été poussées pour couvrir le bruit de la cortina.

Je reste bref sur le choix des morceaux pour chaque compositeur et orchestre. C’est un des rôles majeur du DJ, mais ce n’est pas souvent là qu’est le plus gros problème (si on excepte la question des chansons diffusées comme tangos chantés). Le sérieux point noir vient de ce que ces morceaux sont diffusés dans un ordre hasardeux ou à mauvais escient. Deux excellentes tandas peuvent se tuer si elles se succèdent car elles peuvent être d’une énergie trop proche (ou trop différente).

L’utilisation de l’ordinateur conduit aussi à ne pas exploiter un des facteurs qui est l’intervalle entre les morceaux. Par défaut, j’ai un intervalle de 3,7 secondes entre les titres, mais il m’arrive de raccourcir ou prolonger cette durée en fonction du lieu, des danseurs et de l’énergie à diffuser. Par exemple, dans une tanda où il y a une dynamique mécanique très entraînante comme dans certains vals de d’Arienzo, il peut être intéressant de ne pas laisser de trop grands blancs pour que l’énergie reste en progression constante.

La longueur des cortinas est aussi à prendre en considération. Trop courtes, elles empêchent d’avoir le temps de retourner s’asseoir, ce qui pénalise le renouvellement des couples. Il faut avoir le temps de raccompagner sa danseuse et de préparer la suite… Il ne faut pas qu’elle soit trop longue non plus. Une fois que les plus rapides ont fait leur choix, il est intéressant de lancer la tanda suivante…

Dans la pratique, il y a des dizaines d’autres paramètres que doit pouvoir estimer et maîtriser le DJ. Je prendrai juste pour exemple la diffusion d’une tanda de milonga dans la dernière heure d’une soirée. Certains DJ se l’interdisent par principe. En fait, c’est assez idiot dans la mesure où, où la milonga est appréciée, cette dernière tanda sera hyper bien vécue, dans le style éclate finale. Il m’arrive dans d’autres endroits, de remplacer une tanda de milonga par des vals, ou plus rarement l’inverse.

Aux organisateurs

J’espère que ces petits éléments vous permettront de voir plus clair sur comment choisir un DJ. Lorsque je suis danseur, j’ai envie de passer une bonne soirée et si je peux faire des kilomètres pour un DJ et même si tous les danseurs ne sont pas aussi exigeants, ils sont globalement tous sensibles à la musique et ils passeront, ou pas, une excellente soirée, avec fatigue, ou sans. Le DJ doit donc pouvoir veiller sur eux, en les ménageant ou en les tonifiant en fonction de l’ambiance du moment.

Un bon DJ a effectué un énorme travail en amont pour connaître et organiser sa musique, de façon à pouvoir programmer avec efficacité en direct. Ce travail mérite salaire et il me semble que l’on devrait payer le DJ en fonction de sa réussite. J’ai proposé à certains organisateurs un paiement à l’entrée. Curieusement, cela en gène beaucoup. Pourtant, quand le DJ fait venir deux fois plus de monde que le public habituel, il semblerait logique qu’il soit mieux payé.

 


Aux DJ débutants

Bienvenue dans cette merveilleuse activité qui consiste à faire danser le tango en choisissant des musiques. Je vous conseille très vite d’abandonner les playlists pour vous concentrer sur ce qui se passe dans la salle (y compris autour de la piste).

Vous pouvez en revanche organiser des tandas toutes faites, que vous diffuserez dans l’ordre qui convient à l’ambiance du moment. C’est un premier pas vers l’adaptation. Ainsi, si vous avez besoin d’une tanda plus calme ou plus tonique, vous en aurez quelques-unes toutes prêtes que vous pourrez diffuser en confiance, sachant que vous en ferez pas de grave faute de goût.

Lorsque vous aurez acquis de l’assurance, vous pourrez vous détacher de ces tandas préfabriquées pour en créer de nouvelles en direct. Pour acquérir cette liberté, il vous faut deux choses :

  1. Bien connaître votre musique
  2. Avoir bien organisé sa musique (rien de plus bête que de passer une milonga ou une ranchera au milieu d’une tanda de vals car on a mal étiqueté sa musique…).

Cela ne vous dispensera pas de la pré-écoute, mais pour ma part, j’essaye d’en faire le moins possible durant la milonga car cela nous isole de la salle.

Vous trouverez d’autres textes qui pourront vous être utile sur mon site :

Bandeau1-


Un noël en musique

Feliz Navidad

— Plusieurs titres de tango rappellent Noël. Voici un petit florilège : 
— Varias pistas de tango son una reminiscencia de la Navidad. Aquí hay una pequeña antología:
— Several tango tracks are reminiscent of Christmas. Here is a small anthology:

  • Feliz Navidad 1958-12-03 — Tango Vals cantado (muy bailable)
    Juan d’Arienzo C Jorge Valdéz
  • Navidad 1931-05-13 — Tango  (bailable, poco canyengue)
    Francisco Canaro
  • Candombe de navidad 1948 — Milonga Candombe cantada (muy bailable)
    Romeo Gavioli 
  • Lonjas en la Navidad 1975 — Milonga Candombe cantada (bailable)
    Julio Arregui y Su Orquesta Típica Espectáculo C Julio Arregui
  • Navidad de la Morenos 1949 — Milonga Candombe cantada (bailable)
    Espiritus del Ritmo C Ernesto Restano — Sondor ‎– 5251 – Shellac 78.
  • Navidad de los Morenos 1955 — Canción Milonga Candombe (poco bailable)
    Héctor María Artola C Jorge Vidal
  • Navidad 1966 — Canción Vals  (poco bailable)
    Osvaldo Pugliese C Jorge Maciel y Héctor Gagliardi
  • Canción de Navidad 1941-12-05 — Canción (no bailable)
    Mario Maurano C Libertad Lamarque
  • Brindis para navidad 1960-10-14 — Canción (no bailable)
    Osmar Maderna (Símbolo) dir. Aquiles Roggero C Aldolfo Rivas
  • Navidad en tango — Canción (no bailable)
    Carmelo Napoli
  • Missa criolla ; El nacimiento 1964 — Vidala catamarqueña
    Ariel Ramirez C Mercedes Sosa / Félix Luna

Musicaliser une milonga…

Musicaliser une milonga, c’est être au service des danseurs.

Cela demande de la générosité et de l’empathie, mais aussi, des compétences et beaucoup de temps.
Ces conseils sont destinés à vous aider en vous faisant partager mon expérience et mon exigence.
N’hésitez pas à donner votre avis, ou à partager votre expérience.
A bientôt dans une milonga d’Europe ou d’Argentine.

  1. La musique sert à faire danser
  2. Classer sa musique
  3. Améliorer l’enregistrement de la musique
  4. Améliorer la musique enregistrée prête à être diffusée
  5. Diffuser la musique
  6. Construire ses tandas
  7. Tandas et rondas
  8. Les cortinas
  9. DJ de tango, la grande incompréhension…
  10. Sites webs pour DJs et danseurs
  11. Ressources pour DJs

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© Bernard-Yves Cochain 2008

Quejas de Bandoneon

Vous avez été nombreux à apprécier cette musique à la dernière milonga de Recoules. Je vous rappelle que vous pouvez trouver sur http://byc.ch/tango/recoules/ toutes les musiques que je diffuse (enfin, leur nom).

Repérez ce qui vous plait et demandez-moi de vous les diffuser lors de la prochaine milonga 😉

En ce qui concerne Quejas de Bandoneon. Je vous ai passé la version d’Anibal Troilo. Je ne l’ai pas trouvée sur Internet, alors je vous passe ici une version un peu moins bien (ne regardez pas trop les danseurs…).

Anibal Troilo est un artiste majeur du tango, chouchou des argentins. Il était bandéoniste (il jouait du bandonéon). Ce morceau lui va vraiment bien car il a la réputation de savoir faire pleurer son instrument et justement, ce morceau s’appelle plainte de bandonéon (quejas de bandonéon)…

Le compositeur est Juan de Dios Filiberto.

Dans la tanda, il y avait ensuite Milongueando en el 40, puis Guapeando.

 

Pour info, la video présente Patricio Touceda y Carla Chimento…

© DJ BYC 2007


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