Archives de catégorie : DJ Bernardo BYC

Earth Virtual Milonga

Durant la pandémie et le confinement, j’ai commencé à animer une milonga hebdomadaire, de mars à septembre 2020.
J’ai aussi animé des milongas virtuelles pour d’autres organisateurs, comme la Zoom Milonga de Saint-Petersbourg, la Milonga Internacional de Buenos Aires, celle de Mexico ainsi que des milongas alternatives. Vous trouverez des extraits vidéo de ces 6 mois de milongas sur ma page Facebook, malheureusement souvent amputés de la musique pour des questions de droits d’auteur…
La prochaine milonga virtuelle de ce type sera le 17 octobre 2020.

During the pandemic and the confinement, I started to host a weekly milonga, from March to September 2020.
I have also animated virtual milongas for other organizers, such as the Zoom Milonga in Saint-Petersburg, the Internacional milonga in Buenos Aires, the one of Mexico City as well as alternative milongas. You will find video extracts of these 6 months of milongas on my Facebook page, unfortunately often cut off from music for copyright issues …
The next virtual milonga of this type will take place on October 17, 2020.

Durante la pandemia y el encierro, comencé a albergar una milonga semanal, de marzo a septiembre de 2020.
También he animado milongas virtuales para otros organizadores, como la Zoom Milonga en San Petersburgo, la Milonga Internacional en Buenos Aires, la de la Ciudad de México así como milongas alternativas. Encontrarás extractos de video de estos 6 meses de milongas en mi página de Facebook, desafortunadamente a menudo cortados de la música por cuestiones de derechos de autor …
La próxima milonga virtual de este tipo será el 17 de octubre de 2020.

Scratch vs bits, un faux débat ?

Les techniques d’enregistrement et de restitution ont progressé, jusqu’à arriver à nos jours à une qualité très proche de celle d’un orchestre en vivo. Cependant, certains font preuve d’une nostalgie certaine en indiquant que les procédés anciens étaient meilleurs. Que peut-on en penser ?

Disque Shellac, vinyle, bande magnétique, CD, enregistrement numérique, mp3, flac…

Nous avons vu dans le premier article sur les enregistrements, l’historique et les technologies employées, des origines à l’âge d’or. La fin de l’âge d’or, coïncide, plus ou moins avec l’arrivée du microsillon et de la stéréophonie.La plus grande durée par face du microsillon en vinyle par rapport au Shellac (gomme-laque), sa plus grande résistance, son meilleur rapport signal/bruit, font que les maisons de disques se doivent d’adopter ce procédé inventé en 1946 par la Columbia Records.

La taille plus réduite du sillon et la finesse de la gravure permirent d’ajouter la sensation de volume pour la musique. C’est l’effet stéréoscopique qui permet de localiser l’origine de la source sonore. Pour bien faire valoir la nouveauté, les éditeurs ont un peu abusé du procédé et certains disques ont un espace sonore artificiel, très exagéré.

Plus grave pour les amateurs de tango, les principaux enregistrements datent d’avant cette technologie. Les éditeurs, ne reculant devant aucun sacrifice, décidèrent de rénover le vieux stock de disques de pâte (Shellac) en leur adjoignant un effet « stéréo » artificiel. Il s’agit de la réverbération, qui pour des oreilles alors peu habituées au stéréo pouvait donner un effet d’espace.

Bien sûr, la réverbération n’est pas mauvaise en soi. La plupart des enregistrements actuels et même les artistes en live l’utilisent. C’est son abus qui est véritablement dérangeant.

En ce qui concerne le débat sur la supériorité du vinyle par rapport aux formats numériques, en dehors du phénomène de mode (et les disques de 90 cm de diamètre…), il est, à mon avis clos. Un enregistrement numérique HD a un potentiel supérieur pour la dynamique (100 dB ou plus contre 50 à 60 dB), la plage sonore est bien plus vaste (potentiellement, de l’infrason à 20000 Hz, voire plus) et cela quelque soit la position du morceau sur le disque. Dans un disque 33 tours, les fichiers du centre ont moins d’aigus que ceux de l’extérieur car la vitesse radiale y est inférieure.
Un CD bien entretenu conserve ses qualités sonores plusieurs décennies. un vinyle régulièrement joué, même sur une platine avec une cellule de haute qualité verra progressivement, par abrasion mécanique, ses deux sillons (un par face) s’émousser, ce qui sera fatal aux hautes fréquences.

La cassette Philips et ses consoeurs

L’enregistrement magnétique, sur fil ou sur ruban s’est démocratisé grâce à Philips qui proposa un nouveau support, la cassette audio. Contrairement aux bandes de magnétophones, la manipulation en était très simplifiée, puisqu’il n’était plus besoin d’accrocher la bande à la bobine réceptrice, tout en lui faisant parcourir le chemin adéquat en face des différentes têtes (polarisation, enregistrement, lecture…) et galets.

La cartouche sur bande plus large et en théorie meilleure, n’a pas rencontré le même succès et dans l’univers du tango, la cassette a eu et a encore, ses lettres de noblesse.

À ce sujet, une anecdote intéressante est la croyance qu’un DJ d’origine argentine vivant en Italie, Felix Picherna bobinait ses cassettes avec un crayon pour les placer juste au point de départ du morceau…

L’explication est beaucoup plus simple et comme nous l’avons vu dans tandas de 5-4-3-2 ou 1, les DJs qui n’avaient qu’un seul lecteur rembobinaient la cassette de cortina au début et bobinaient jusqu’à la fin la cassette utilisée pour la tanda précédente pour qu’elle soit prête à être utilisée sur son autre face.

De nos jours, réapparaît le snobisme de la cassette qui serait supérieure en qualité audiophile aux enregistrements numériques. C’est bien sûr ridicule et même avec les meilleurs systèmes Dolby B ou C, le rapport signal bruit et la gamme de fréquence utilisable n’a rien à voir avec celle d’un bon CD.

Pour moi, un bon DJ doit être capable d’adapter la tanda en cours en fonction de l’actualité de la salle, la cassette est comme une playlist. Elle oblige à passer les morceaux dans l’ordre où ils sont enregistrés… Exit la cassette.

Et le CD fit son apparition…

  • « Le plus grand changement dans l’histoire de l’enregistrement sonore est le passage de l’analogique au numérique. » DJ BYC Bernardo 😉

L’enregistrement numérique permet d’enregistrer le signal sonore en le découpant en tranches. 44000 fois par seconde, le signal est étudié et transformé en signal binaire. Cet échantillonnage à 44000 Hertz a été adopté car il permettait de reproduire des sons jusqu’à 20000 hertz, c’est à dire à la limite supérieure des capacités des meilleures oreilles humaines. Pour en savoir plus sur le théorème de Nyquist-Shannon, base théorique des choix de la musique numérique

{\displaystyle e'_{n}=\cos \left({\frac {2\pi n(kf_{e}+f_{0})}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left(2\pi {\frac {nkf_{e}}{f_{e}}}+2\pi {\frac {nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left(2nk\pi +2\pi {\frac {nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left({\frac {2\pi nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)\,}

Comme avec l’apparition du microsillon, au début, les maisons de disques ont souvent poussé un peu trop loin le rendu des CD en exagérant les contrastes, la dynamique de la musique. Cela a fait la renommé de chefs d’orchestres énergiques dans la musique classique, mais il faut bien convenir que la qualité musicale de ces premiers CDs étaient souvent bien moindre que celle des 33 tours LP (microsillon). Aujourd’hui, ce serait plutôt le contraire, on va plutôt vers un abus de la compression (je parle de la compression du son, pas de celle du fichier). Les passages pianissimo sont renforcés, de façon à ce que le volume sonore soit toujours au-dessus d’un certain seuil. Ce n’est pas forcément un problème pour les milongas, un signal un peu plus présent peut permettre aux danseurs de mieux entendre les passages pianissimos , même si c’est au détriment de l’interprétation de l’orchestre.

On peut se retrancher derrière des arguments techniques, philosophiques ou ésotériques, mais aujourd’hui, un CD de qualité est toujours de meilleur qualité musicale que les meilleurs pressages en microsillon.

Cependant, dans le domaine du tango, on est parfois (souvent) soumis au régime de la double peine. Les CDs « remastérisent » des vinyles qui eux-mêmes étaient tirés de disques Shellac. Pour peu que l’ingénieur du son des années vinyles ait eu la main lourde sur la réverbération et que celui des années CD abuse des possibilités apportées par l’ordinateur, le résultat peut avoir bien peu à voir avec la sonorité des orchestres de l’âge d’or.

La quête de tout bon DJ est donc de trouver de la musique de qualité. Certains sites se sont spécialisés dans la vente de CD et/ou de musique en ligne et dans le meilleur des cas, ils repartent des disques originaux en 78 tours et pas des copies de copies. L’idéal serait de repartir des masters d’enregistrement, mais ils n’ont généralement pas été conservés, ce qui est bien dommage car l’on pourrait sinon avoir le son le plus fidèle possible des orchestres de l’époque.

La naissance du DJ de tango

L’arrivée du CD et du graveur de CD a permis l’avènement d’une nouvelle façon de gérer la musique. Contrairement à la cassette, le CD permet un accès direct à telle ou telle plage. Un peu comme le permettait le disque vinyle où l’on pouvait repérer l’intervalle entre les morceaux en examinant le sillon. Des lecteurs de CD furent conçus pour faciliter le travail, en permettant la programmation des titres à diffuser.

Quelques DJs, continuent d’employer cette technique. Pour moi, ces DJs qui ne préparent pas une playlist à l’avance et qui programment à l’instant les titres qu’ils vont diffuser méritent le respect.

Minidisc
  • À noter que le Minidisc a permis au premiers DJs perfectionnistes de numériser leurs disques noirs en qualité CD, tout en conservant l’accès aléatoire et souvent la programmation. Cependant, cet outil a été peu utilisé. Pour ma part, il m’a principalement servi à la numérisation.

Back to the past

Dans cette progressive histoire des techniques d’enregistrements et de restitution de la musique, il faut signaler un étrange retour en arrière, c’est à dire une baisse de la qualité possible.

Le CD et le Minidisc permettaient une qualité sonore excellente et un accès aléatoire. Cependant, un nouvel outil a fait son apparition, l’ordinateur et plus précisément, l’ordinateur portable.

Les données, étaient alors stockées sur des disques durs. Le problème, est que les premiers disques durs étaient bien maigres. En qualité CD, un disque dur aurait pu stocker seulement un ou deux titres.

L’arrivée de la compression avec perte des fichiers sonores a permis de diviser par 20 ou 30 la taille des fichiers. Le disque dur prenant en parallèle de l’embonpoint, ce dernier devenait un support utilisable pour un répertoire restreint de musique, ce qui convenait à de nombreux musicalisateurs.

De nos jours, rien n’est plus facile que de trouver de la musique de tango. On trouve des playlists complètes, des collections entières. Cette profusion a cependant un revers. La plupart de cette musique est dans un format très dégradé, type mp3.

Cette évolution a eu une influence très néfaste sur la qualité de la musique dans les milongas.

  1. N’importe qui disposant d’une playlist achetée ou fabriquée à l’avance peut se dire « DJ » alors que le terme devrait être réservé à ceux qui « jonglent » avec les titres / disques. Cette évolution a donné de nombreuses milongas insipides, la musique ne s’adaptant pas, et pour cause, à ce qui se passe dans la salle.
  2. La qualité sonore de la musique dans des formats de fichiers compressés est sensiblement moins bonne que celle des bons CDs. Les systèmes sonores de diffusion étant souvent eux aussi des maillons faibles, la différence n’est pas toujours sensible, mais pourtant, la différence de qualité est très perceptible lorsque les conditions de diffusion sont de haute qualité.
  3. Les techniques de traitement du signal se sont démocratisées et sous prétexte « d’améliorer » le son, de nombreux fichiers sont massacrés.
  4. Une évolution récente consiste à réaliser / récupérer, des playlists sur des systèmes de diffusion en streaming, type Spotify. La grande difficulté de cet exercice est que la musique de ce type de services n’est pas indexée pour un usage « DJ de tango ». Les tangos sont parfois indiqués sous le nom du chanteur, de l’orchestre et il y a de nombreuses erreurs et à moins de connaitre à fond le répertoire, il est facile de mélanger un Canaro des années 30 avec un de ceux des années 50, ce qui va beaucoup surprendre les danseurs.
  5. La différence de qualité des différents enregistrements fait que les danseurs sont soumis à des variations souvent désagréables, ne serait-ce que par les différences de niveau sonore. Ce problème est encore agravé lorsque le manipulateur a commis une erreur de goût en mélangeant des titres « incompatibles ».
Analogie entre la compression destructive d'un fichier .jpg (équivalent à mp3) à la compression non destructive du png (équivalent à Flac ou ALAC)
Analogie entre la compression destructive d’un fichier .jpg (équivalent à mp3) à la compression non destructive du png (équivalent à FLAC ou ALAC). Tous les éléments « extrapolés » par la réouverture du fichier compressé donnent cet aspect d’image fantôme. À l’écoute, un fichier mp3, surtout en basse « résolution » (128 mb/s) perdra ses détails et rajoutera des artefacts qui ne sont pas dans l’enregistrement d’origine. Un disque vinyle rajoute lui-aussi ses propres artefacts (scratchs, rumble de la platine, distorsion et courbe de réponse du préampli, « couleur » de la cellule, usure du diamant et du sillon…).

La voie de la rédemption

Attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’ordinateur, bien utilisé est un fantastique outil permettant une prestation de DJ sans aucune mesure avec ce qui se faisait avant. Pour cela, plusieurs pistes sont à explorer et dans l’idéal, à creuser très sérieusement:

  1. Récupérer de la musique de bonne qualité : Avec les tailles des disques durs actuels, notamment les SSD, il n’y a plus aucune justification à utiliser le mp3, fut-il en 320 kb/s. La musique doit être dans un format non dégradé. le FLAC sur PC ou l’ALAC sur Mac sont de bons candidats.
  2. Indexer sa musique de façon tatillonne : Un bon DJ doit pouvoir trouver un titre rapidement et assembler une tanda sans faute de goût. Il est donc indispensable d’avoir a minima le nom de l’orchestre et du/des chanteur(s), la date d’enregistrement (pas celle de pressage du CD…) et de bien vérifier que le style est bien indiqué. Rien de plus déstabilisant pour un danseur que de se voir confronté à une milonga ou une ranchera en pleine tanda de valse.
  3. Compléter l’indexation de base par des données de qualité : Avoir le nom des auteurs permet de remplir des listes de déclaration SACEM cohérentes, mais aussi de rester dans l’univers d’un compositeur ou d’un parolier. Avoir les paroles, noter une anecdote, le nom des principaux instrumentistes permet au DJ de donner une information au micro avant de lancer la tanda et a minima, de construire une tanda plus cohérente.
  4. Le DJ travaillant parfois dans l’urgence, il est bon d’avoir quelques tandas sous le coude, c’est à dire des titres qui sont déjà organisés de façon harmonieuse. J’ai pour ma part, une dizaine de tandas de ce type que j’utilise parfois pour les débuts et les fins de milongas. Cela permet de commencer de diffuser rapidement, par exemple, lorsque la salle n’était pas accessible avant (cours, absence de l’organisateur…). Les tandas de fin permettent de terminer rapidement la milonga quand un agent de sécurité vient vous voir pour vous indiquer qu’il coupera la lumière dans 10 minutes… Comme je commence et termine par une Cumparsita, ces tandas sont un peu plus complexes à assembler que les autres, car, curieusement, beaucoup d’orchestres ne gravèrent pas de Cumparsita compatibles avec le reste de leur production. Lorsque j’ai du temps, je n’utilise bien sûr pas ces « entrées et sorties en matière ».
  5. Ne pas hésiter à (se) surprendre : Si les danseurs doivent être en sécurité en ayant à disposition une musique leur permettant d’improviser en confiance, il est souvent ennuyeux d’entendre toujours la même tanda, dans le même ordre. Un brin de fantaisie, l’ajout d’un titre plus rare, mais très dansable, la diffusion du titre par un orchestre moins courant permet de réveiller l’intérêt et la créativité des danseurs. Quel doit être l’ennui de ces musicalisateurs qui disposent d’une playlist et qui n’ont d’autre choix que de la regarder défiler en espérant ne pas avoir à en changer l’ordonnancement sur la demande de l’organisateur qui demande à brûle-pourpoint tel ou tel orchestre ou pire, une animation de folklore… Certains utilisent la playlist pour être les premiers sur la piste et danser sur les titres qui les font vibrer, d’autres se divertissent des capacités multitâche des ordinateurs pour se livrer à des activités sans lien avec ce qui se passe dans la salle. Pour moi, le DJ est un animateur qui saura proposer le bon titre au bon moment, relançant ou modérant l’énergie de la piste, veillant à ce que tous prennent plaisir à danser en ne squattant pas un siège tout au long de la milonga.

Un petit mot sur la (ma) technique

Chaque DJ a sa manière particulière de travailler, ses outils, ses logiciels, son organisation. Il peut donc être intéressant de partager sa pratique pour enrichir la communauté. Je vous propose donc ici, quelques éléments que j’ai progressivement mis en oeuvre :

  • Un ordinateur : J’utilise depuis des années des MacBook. Les deux plus récents comportent des « disques durs » SSD de 2 To. Cela permet de gérer les fichiers lourds des formats sans perte. Petite astuce, éviter le modèle avec « Touch Bar » (et oui, j’ai succombé à la mode…), il est très rapide de faire une fausse manœuvre en laissant traîner un doigt sur la surface tactile. Pour la même raison, je désactive la pavé tactile et utilise une souris. On peut tout aussi bien utiliser un PC, le budget sera bien moins conséquent à performances égales. D’ailleurs j’utilise un PC pour le VJing (vidéo en direct).
  • Des fichiers « Lossless » (sans perte) : Une grande partie de ma discothèque est au format Apple ALAC. Ce format permet d’avoir une excellente qualité, tout en permettant l’indexation. Ses caractéristiques de compression non-destructives permettent de gagner de la place par rapport à un fichier au format WAV ou AIF, par exemple. Sur PC, le format FLAC présente les mêmes avantages. Abandonnez le format mp3, mais en partant de fichiers qualité CD. Rien ne sert de « gonfler » des mp3 pour les transformer en fichiers haute définition. La musique ne sera en rien améliorée. En revanche, si vous modifiez un fichier, mieux vaut alors l’enregistrer dans un format Lossless pour ne pas cumuler la dégradation de deux compressions destructives.
  • Normaliser sa musique : Il est désagréable d’avoir des intervalles entre morceaux trop grands ou trop courts. Pour ma part, j’ai 7/10 de seconde en début de morceau et 3 secondes en fin. Cela me permet d’avoir un intervalle constant de 3 secondes et 7 dixièmes. Si je juge que cet intervalle est trop long, je peux décider de lancer plus tôt le fichier suivant et a contrario, je peux mettre en pause pour augmenter la latence entre les morceaux. Les logiciels que j’utilise (Traktor, MIXXX, Ultramixer) permettent en outre de fondre deux morceaux, ce qui permet d’enchaîner des titres, par exemple lors des intermèdes de rock ou tropical (salsa / cumbia / cuarteto…).
  • De la musique au mieux de sa forme : Il ne sert à rien d’essayer d’améliorer un original complètement pourri. Il est toujours préférable de partir d’un original de haute qualité. Cependant, même dans ce cas, je retouche, j’harmonise les fichiers de façon à ce qu’ils soient le plus proches possibles de l’expérience d’un orchestre en live. J’utilise principalement le logiciel Adobe Audition pour ces traitements. Audacity est gratuit, mais les résultats sont médiocres, mieux vaut l’utiliser uniquement dans ses fonctions basiques, pour ajuster les amorces et le volume et sauvegarder dans un format lossless. La retouche sonore risque de donner un résultat pire que l’original…
  • Une carte son de qualité (DAC) : À un moment ou un autre, le signal numérique de l’ordinateur doit être transformé en signal analogique pour les haut-parleurs qui ne peuvent fonctionner que de façon analogique, en faisant vibrer l’air. Bien souvent, le DJ est tributaire de l’équipement mis à disposition. Cependant, dans tous les cas, il peut se raccorder via un DAC (convertisseur numérique vers analogique). J’ai toujours sur moi un adaptateur femelle mini-jack vers Jack 6,35 ou XLR pour me permettre de raccorder la carte son lorsque seul un mini-jack est accessible (ampli dans une armoire fermée à clef…). L’idéal reste cependant d’utiliser ses propres câbles permettant de raccorder le DAC à la console ou à l’ampli avec la meilleure qualité possible (les câbles en place sont souvent défectueux ou de qualité médiocre). Avoir une carte son externe permet la pré-écoute. Il est en effet impossible sur un ordinateur disposant d’un seul canal d’avoir un son différent dans le casque et dans la salle.
  • Privilégier le numérique : Lorsque cela est possible, il est intéressant de retarder le moment de la transition vers l’analogique, en profitant d’une console de mixage numérique. Il en existe de très compactes pour un budget de 500 à 2000 €. Elles présentent aussi l’avantage de pouvoir être pilotées à distance via un iPad, ce qui permet au DJ de faire ses réglages depuis la piste, y compris en temps réel. En effet, la balance initiale est effectuée généralement dans une salle vide et au fur et à mesure qu’elle se remplit de danseurs, sa sonorité change et il convient d’ajuster l’égalisation et le volume.
  • Une organisation sans faille : J’utilise iTunes pour classer la musique et la rechercher rapidement. C’est un des meilleurs logiciels pour le faire, même s’il ne manque pas de critiques à lui faire. J’utilise particulièrement le navigateur de colonne et les champs Genre / Auteurs / Artiste et pour affiner la recherche, la date, le bpm et l’énergie (valeur perso) et enfin, la durée du fichier. J’utilise le classement avec les étoiles pour définir la dansabilité. 5* pour les fichiers les plus dansables.
  • Être ou ne pas être sur le retour : Si on peut disposer d’un retour de qualité, il est moins nécessaire de vérifier la qualité depuis la piste, mais les retours sont rarement proposés aux DJs, même si on a pris le soin de l’indiquer sur la fiche technique… Attention à ne pas envoyer la voie de son micro dans le retour pour éviter des larsens
  • Faire équipe avec le régisseur / ingénieur du son : Il est important d’instaurer une relation de confiance avec le régisseur et les employés de la salle. Pour protéger leur équipement, ils mettent des limitateurs / compresseurs qui agissent parfois de façon violente et dénaturent le signal sonore. En leur montrant que l’on sait de quoi on parle et que l’on connait les bonnes procédures, on peut obtenir d’avoir plus de contrôle sur la restitution sonore, ce qui est bénéfique pour tout le monde et en tout premier lieu pour les danseurs qui bénéficieront d’une expérience auditive la meilleure possible.
Quelques exemples de DAC (RME – Babyface, Denon DA 300, Audient ID4). ceux qui ont un tout petit budget pourront se tourner vers un DAC d’entrée de gamme. Je conseille un modèle avec un petit bout de câble USB, moins fragiles que ceux qui se présentent sous forme de clef USB.

Pour aller plus loin :

La restauration de musiques de tango

Ce bref article a juste pour but de montrer ce que peut apporter ou détruire, la restauration d’une musique. Ici « Avant de mourir » par l’Orchestre de tango de Paris. 

Le début de « Avant de mourir » selon différentes étapes de la restauration du fichier 
1) Fichier brut
2) Fichier nettoyé des craquements du disque
3) Fichier avec traitement du bruit de surface du disque. Les silences sont purs.
4) Fichier avec traitement du bruit de fond abusif. Effet tunnel désagréable
5) Fichier entièrement remastérisé avec correction de la vitesse de rotation afin de le faire correspondre à la partition.

Tangopostale 2017

DJ BYC à la despedida de Tangopostale 2017. Photo Lionel Ruhier
DJ BYC à la despedida de Tangopostale 2017. Photo Lionel Ruhier

Un gentil article de Claudio sur le festival Tangopostale 2017.
J’ai eu la chance d’y animer la milonga d’ouverture au milieu des avions d’Aéroscopia.
La première Eterna (milonga en plein air) de l’édition.
Et la despedida avec mon complice Cyberchris, en alternance.

À lire sur http://danslesol.fr/comment/reply/349

El Tangón – una danza original, de figuras caprichosas

Connaissez-vous le Tangón ? / ¿Sabe usted el Tangón? / Do you know Tangón?
El Porteño, Tangón – Francisco Canaro – Roberto Maida – 01-09-1936

Cette danse a été créée pour faire de nouvelles figures si on en croit le « Tangón » chanté par Ada Falcón et Roberto Maida.
Voici le texte de la chanson qui décrit les raisons de la danse : El Tangón.

Este baile fue creado para las nuevas figuras, si uno cree el « Tangón » cantado por Ada Falcón y Roberto Maida.
He aquí el texto de la canción que describe las razones de esta danza: El Tangón.

This dance was created for having new figures, if one believes the « Tangón » sung by Ada Falcón and Roberto Maida.
Here is the text of the song that describes the reasons for this dance: El Tangón.

Tangón

Música: Francisco Canaro – Letra: Ivo Pelay

Me pidieron los muchachos una danza original,
me pidieron los muchachos una danza novedosa,
Se han cansado, con el mundo, de los bailes siempre iguales.
Nuevos tiempos, nuevos ritmos; gente nueva, nuevas cosas.

Me pidieron los muchachos una danza original,
de figuras caprichosas y cadencia nacional.
Y un danzón amilongado con un tango fue anudado,
para dar a los muchachos una danza original.

Así nació el tangón.
Tangón porteño,
con pretensiones
de ser señor y dueño.
Es roncador, cimbreador,
rezongón y en su cadencia
hay un aliento de
sensualidad.
De festín, de dolor.
De placer y de amor.

Con figuras caprichosas he buscado componer
un bailable que llegara a imponerse en los salones
Y el tangón nació a la vida como nacen las personas
sobre todo en este siglo de locuras y ambiciones.

Con figuras caprichosas he buscado componer
un bailable que pudieran los muchachos aprender.
Y enlazando melodías con cadencias y armonías,
un bailable caprichoso he buscado componer.

El Tangón, Tangón – Francisco Canaro – Roberto Maida – 08-20-1935

Il y a aussi d’autres versions de Tangón chantées par Ada Falcón (1935) ou Guillermo Coral (1956) et une autre version de El Porteño par le Quinteto Pirincho (1952).

También hay versiónes de Tangón cantadas por Ada Falcón (1935) o Guillermo Coral (1956)  y otra versión de El Porteño por el Quinteto Pirincho (1952).

There is also versions of Tangón sung by Ada Falcón (1935) or Guillermo Coral (1956) and another version of El Porteño by the Pirincho Quintet (1952).

El Porteño, Tangón – Francisco Canaro – Quinteto Pirincho – 08-10-1952

El Porteño – Tangón
Francisco Canaro (Pirincho) 08-10-1952

Le tangón dans le bal tango ? / ¿El tangón en la milonga? / The tangón in the milonga:

A priori NON / NO
Certains DJs passent des tangóns, souvent associés avec des candombes. Je n’encourage pas. Je fais connaître, justement pour sensibiliser à la différence…

Algunos DJs pasan tangóns, a menudo asociados con candombes. No me gusta. Hablo de tangón sólo para dar a conocer la diferencia…

Some DJs pass tangóns, often associated with candombes. I do not like. I’m talking about a tangóns just to make the difference…

Superbe soirée des Jeudis de Nîmes animée par DJ BYC avec Adrian et Amanda Costa (organisation Abrazo Tango Social Club)

Cadre enchanteur, météo parfaite, organisation sans faille, tout était réuni pour que je puisse faire danser les 200 danseurs de la place du Chapitre à Nîmes (France).

La saison 2017 des Jeudis de Nîmes a fait couler beaucoup d’encre. La musique adoucissant les mœurs, j’ai été ravi d’animer la milonga du 13 juillet. Voici ce que je crois savoir de l’histoire de cette superbe milonga dans une des villes les plus TANGO de France.


Depuis un quart de siècle, les jeudis estivaux sont l’occasion pour les danseurs de toute l’Europe de se retrouver sur une place de la ville de Nîmes. Continuer la lecture de Superbe soirée des Jeudis de Nîmes animée par DJ BYC avec Adrian et Amanda Costa (organisation Abrazo Tango Social Club)

DJ BYC a les honneurs de Aires de Milonga, le site de vidéo de tango de Buenos Aires

 Très fier d’avoir eu les honneurs de ce site de référence sur les milongas du Monde.
Pour info, la première musique a été ajoutée par Carlos Neumann. Ce n’est pas celle du bal. Par contre, Fresedo est bien la musique réelle de la milonga.

  La vidéo sur le site…

 

Souvenirs du festival des Gorges du Tarn (septembre 2016)

Milonga de la tarde du samedi 10 septembre 2016


Préparation de la piste de danse après le repas…


La valse d’anniversaire de Caroline…

Premiers films de tango

Premiers films de tango

Le tango et le cinéma se sont développés de façon relativement contemporaines.
Dans cet article, je vous présente quelques images illustrant les premières captations de tangos.

Le tango sera-t-il de retour ? (1925)

The Real Argentine Tango (1924)

Un tango « fantasia » spectaculaire se déclarant comme étant le vrai tango argentin. Remarquez à la fin du film, l’échange de la rose de bouche à bouche (à la Ultrabrite) qui deviendra un des poncifs du tango de show.

The Argentine Tango (1927)

Avec Ramon Cortez et Flora Harte.
Ce style « fantasia », très démonstratif est ici mis en valeur avec la musique « Tango Apasionado » par le Network Music Ensemble, librement inspirée de « Por una Cabeza de Gardel ».

The French Tango (1927)

De la même année que le film précédent, celui-ci montre des pas basiques du style français.

Le Tango Nuevo (1931)

Sans vouloir raviver la querelle sur le tango traditionnel et nuevo, il est tout de même amusant de signaler qu’en 1931, un tango dit « nuevo » était cité, ce dernier aurait été inspiré lancé par le séjour du Prince de Galles en Argentine.

Et le tango joué, Adios muchachos

La qualité sonore est médiocre, mais on remarque l’accentuation de la marcación qui permet aux danseurs de pratiquer plus facilement le tango. Cela est particulièrement sensible si on compare cet enregistrement à une version contemporaine chantée par Carlos Gardel.

DJ de tango, la grande incompréhension…

DJ de tango, la grande incompréhension…

Article rédigé en 2014 mais qui me semble toujours d’actualité…

DJ Bernardo par Marie Tango Pavadita Béziers Texte v2

L’arrivée de l’ordinateur dans le DJing et la diffusion de tangos via Internet ont très clairement démocratisé le métier de DJ de tango. Il suffit désormais de télécharger des playlists pour se dire DJ. C’est un peu facile, mais est-ce souhaitable pour les danseurs ?

Bien sûr, ce phénomène existait auparavant avec les compilations organisées en tandas, vendues par certaines milongas et DJ portègnes, ou par divers autres canaux. Ce qui est nouveau maintenant, c’est que la facilité d’utilisation de l’ordinateur permet de mélanger ces morceaux, sans avoir à maîtriser les outils en temps réel.

Et c’est là que le bât blesse. En effet, une compilation, qu’elle soit en provenance d’une milonga de Buenos Aires, ou qu’elle ait été réalisée à la maison par l’apprenti DJ, NE PEUT CONVENIR À COUP SÛR À LA MILONGA en cours de musicalisation.

Sentir la milonga

Le rôle du DJ est de diffuser le bon morceau au bon moment. Si c’est pour diffuser une playlist, il suffit d’un CD gravé, d’un lecteur mp3 ou d’un ordinateur. Je me demande quel peut être l’intérêt pour le DJ qui reste 5 heures ou plus derrière son ordi à faire semblant de bricoler une playlist qui est de toute façon immuable…

Je comprends mieux les motivations de ce DJ qui se contente de couper la fin de la cortina sur son lecteur mp3 pour être le premier sur la piste. Lui, il veut danser sur les musiques qu’il aime et peu importe le vécu des danseurs (ou non-danseurs qui voient le DJ, s’agiter sur la piste alors qu’eux attendent un titre à peu près à leur goût).

Pour moi, le DJ doit sentir la milonga, regarder ceux qui ne dansent pas, repérer ce qui fait lever certains et pas d’autres, afin que chaque sensibilité puisse trouver de quoi avoir envie de danser. Il pourra faire des tests, par exemple en variant les cortinas, ou en observant les réactions devant un morceau un peu plus surprenant.

Mais dans tous les cas, c’est l’adéquation entre les envies des danseurs et la programmation qui fera le succès de la soirée.

Le choix du DJ

J’ai été très interpelé il y a quelque temps en discutant avec un organisateur qui me disait qu’il sélectionnait ses DJ par rapport à leur style. Je crois qu’il pensait que mettre un DJ « catalogué » d’un style proche de sa milonga était un gage de qualité. De fait, s’il lui arrive de faire venir de bons DJ, il recrute finalement, surtout des maniaques de la playlist.

Vous avez tous en tête certains DJ capables de musicaliser un festival, une milonga de Buenos Aires ou un encuentro milonguero avec le même bonheur, mais pas avec la même musique. C’est que ce DJ sait jouer des paramètres offerts par la musique et des moyens techniques à sa disposition pour s’adapter réellement à son public.

Paramètres à la disposition du DJ pour adapter sa musicalisation

Les orchestres sont la première variable. Il est possible de varier les orchestres pour éviter la monotonie.

Les styles des orchestres est un facteur important. Notons aussi qu’un même orchestre, suivant les périodes peut avoir des ambiances différentes.

Les formes de tangos (chantés, instrumentaux, canyengue ou autres) sont très directement ressenties par les danseurs. Cependant, globalement, les titres chantés sont majoritaires car ils sont plus plaisants à danser à condition de choisir des tangos chantés et pas des chansons de tango, ce qui est une erreur beaucoup trop fréquente chez les apprentis DJ et qui plombent assurément la tanda…

L’énergie des morceaux est sans doute le paramètre essentiel et souvent mal géré. Il ne faut en effet pas confondre énergie et vitesse. Des morceaux d’apparence calmes comme certains titres de Calo peuvent être très énergiques et inversement, des tangos bruyants et rapides peuvent être complètement plats à danser. Certains DJ confondent ces paramètres et vont diffuser des orchestres de style ou sonorité différents, mais qui ont tous la même énergie. Cela créé l’ennui à coup sûr…

L’organisation des tandas est très importante selon moi. En effet, si le premier morceau est destiné à faire se lever le plus de danseurs que possible, il ne faut pas que les autres déçoivent. Ils doivent être donc d’une énergie semblable et de préférence ascendante. Les danseurs ne doivent pas non plus subir de choc causés par des titres mal assemblés.

Réactivité et adaptation sont très importantes. Il m’arrive fréquemment de changer une tanda en cours de diffusion en fonction de ce qui se passe sur et autour de la piste. Si le premier titre n’a pas fait lever assez de monde, je place un second titre plus efficace, voire, je change l’ambiance de la tanda en la faisant évoluer. Je pense par exemple à une tanda de canyengue qui peut selon les publics passer parfaitement ou bien fatiguer. Je fais alors évoluer la tanda vers des canyengues plus rapides, voire plus du tout canyengue si cela n’a pas du tout de succès.

L’organisation des tandas en ronda est aussi un élément sur lequel le DJ peut jouer. Pour ma part, je diffuse quasiment toujours des tandas de quatre, y compris pour les valses et sauf pour les milongas ou des titres nuevos parfois plus longs. J’adopte cependant parfois les tandas de trois, sur une partie de la milonga, par exemple lorsque la durée est très courte et s’il y a un gros déséquilibre des partenaires. C’est cependant quelque chose que je répugne un peu à faire car cela entre dans la mode du « zapping » et l’on s’éloigne du tango. Il me semble préférable de faire des milongas qui durent plus longtemps afin d’offrir à tout le monde une chance de bien danser (c’est d’ailleurs le choix effectué par les portègnes…). La ronda comporte traditionnellement des successions de styles du type T T V T T M ou T = Tango, V = Vals et M = Milonga). Pour les milongas courtes où quand je veux donner beaucoup d’énergie, il m’arrive de faire T V T M, ou T V T T M. Il n’est pas possible d’utiliser cette ronda toute une milonga, car elle est très fatigante pour les danseurs… D’autres DJ vont multiplier au contraire les tandas de tango pour diminuer le nombre de Vals et Milongas.

Le volume sonore est aussi très important à considérer. Il arrive souvent que les cortinas soient plus fortes que les morceaux dansés. Je trouve cela illogique. C’est à mon avis les tandas qui doivent donner l’ambiance. Les cortinas sont là pour échanger quelques mots et se préparer à la prochaine tanda. Je pense aussi que la musique doit être jouée suffisamment forte pour que l’on puisse enter dedans sans être obligé de tendre l’oreille. Une cortina moins forte permettra de se reposer l’oreille et évitera d’avoir à pousser exagérément le volume de la tanda suivante pour couvrir les conversations qui auront été poussées pour couvrir le bruit de la cortina.

Je reste bref sur le choix des morceaux pour chaque compositeur et orchestre. C’est un des rôles majeur du DJ, mais ce n’est pas souvent là qu’est le plus gros problème (si on excepte la question des chansons diffusées comme tangos chantés). Le sérieux point noir vient de ce que ces morceaux sont diffusés dans un ordre hasardeux ou à mauvais escient. Deux excellentes tandas peuvent se tuer si elles se succèdent car elles peuvent être d’une énergie trop proche (ou trop différente).

L’utilisation de l’ordinateur conduit aussi à ne pas exploiter un des facteurs qui est l’intervalle entre les morceaux. Par défaut, j’ai un intervalle de 3,7 secondes entre les titres, mais il m’arrive de raccourcir ou prolonger cette durée en fonction du lieu, des danseurs et de l’énergie à diffuser. Par exemple, dans une tanda où il y a une dynamique mécanique très entraînante comme dans certains vals de d’Arienzo, il peut être intéressant de ne pas laisser de trop grands blancs pour que l’énergie reste en progression constante.

La longueur des cortinas est aussi à prendre en considération. Trop courtes, elles empêchent d’avoir le temps de retourner s’asseoir, ce qui pénalise le renouvellement des couples. Il faut avoir le temps de raccompagner sa danseuse et de préparer la suite… Il ne faut pas qu’elle soit trop longue non plus. Une fois que les plus rapides ont fait leur choix, il est intéressant de lancer la tanda suivante…

Dans la pratique, il y a des dizaines d’autres paramètres que doit pouvoir estimer et maîtriser le DJ. Je prendrai juste pour exemple la diffusion d’une tanda de milonga dans la dernière heure d’une soirée. Certains DJ se l’interdisent par principe. En fait, c’est assez idiot dans la mesure où, où la milonga est appréciée, cette dernière tanda sera hyper bien vécue, dans le style éclate finale. Il m’arrive dans d’autres endroits, de remplacer une tanda de milonga par des vals, ou plus rarement l’inverse.

Aux organisateurs

J’espère que ces petits éléments vous permettront de voir plus clair sur comment choisir un DJ. Lorsque je suis danseur, j’ai envie de passer une bonne soirée et si je peux faire des kilomètres pour un DJ et même si tous les danseurs ne sont pas aussi exigeants, ils sont globalement tous sensibles à la musique et ils passeront, ou pas, une excellente soirée, avec fatigue, ou sans. Le DJ doit donc pouvoir veiller sur eux, en les ménageant ou en les tonifiant en fonction de l’ambiance du moment.

Un bon DJ a effectué un énorme travail en amont pour connaître et organiser sa musique, de façon à pouvoir programmer avec efficacité en direct. Ce travail mérite salaire et il me semble que l’on devrait payer le DJ en fonction de sa réussite. J’ai proposé à certains organisateurs un paiement à l’entrée. Curieusement, cela en gène beaucoup. Pourtant, quand le DJ fait venir deux fois plus de monde que le public habituel, il semblerait logique qu’il soit mieux payé.

 


Aux DJ débutants

Bienvenue dans cette merveilleuse activité qui consiste à faire danser le tango en choisissant des musiques. Je vous conseille très vite d’abandonner les playlists pour vous concentrer sur ce qui se passe dans la salle (y compris autour de la piste).

Vous pouvez en revanche organiser des tandas toutes faites, que vous diffuserez dans l’ordre qui convient à l’ambiance du moment. C’est un premier pas vers l’adaptation. Ainsi, si vous avez besoin d’une tanda plus calme ou plus tonique, vous en aurez quelques-unes toutes prêtes que vous pourrez diffuser en confiance, sachant que vous en ferez pas de grave faute de goût.

Lorsque vous aurez acquis de l’assurance, vous pourrez vous détacher de ces tandas préfabriquées pour en créer de nouvelles en direct. Pour acquérir cette liberté, il vous faut deux choses :

  1. Bien connaître votre musique
  2. Avoir bien organisé sa musique (rien de plus bête que de passer une milonga ou une ranchera au milieu d’une tanda de vals car on a mal étiqueté sa musique…).

Cela ne vous dispensera pas de la pré-écoute, mais pour ma part, j’essaye d’en faire le moins possible durant la milonga car cela nous isole de la salle.

Vous trouverez d’autres textes qui pourront vous être utile sur mon site :

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