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Scratch vs bits, un faux débat ?

Les techniques d’enregistrement et de restitution ont progressé, jusqu’à arriver à nos jours à une qualité très proche de celle d’un orchestre en vivo. Cependant, certains font preuve d’une nostalgie certaine en indiquant que les procédés anciens étaient meilleurs. Que peut-on en penser ?

Disque Shellac, vinyle, bande magnétique, CD, enregistrement numérique, mp3, flac…

Nous avons vu dans le premier article sur les enregistrements, l’historique et les technologies employées, des origines à l’âge d’or. La fin de l’âge d’or, coïncide, plus ou moins avec l’arrivée du microsillon et de la stéréophonie.La plus grande durée par face du microsillon en vinyle par rapport au Shellac (gomme-laque), sa plus grande résistance, son meilleur rapport signal/bruit, font que les maisons de disques se doivent d’adopter ce procédé inventé en 1946 par la Columbia Records.

La taille plus réduite du sillon et la finesse de la gravure permirent d’ajouter la sensation de volume pour la musique. C’est l’effet stéréoscopique qui permet de localiser l’origine de la source sonore. Pour bien faire valoir la nouveauté, les éditeurs ont un peu abusé du procédé et certains disques ont un espace sonore artificiel, très exagéré.

Plus grave pour les amateurs de tango, les principaux enregistrements datent d’avant cette technologie. Les éditeurs, ne reculant devant aucun sacrifice, décidèrent de rénover le vieux stock de disques de pâte (Shellac) en leur adjoignant un effet « stéréo » artificiel. Il s’agit de la réverbération, qui pour des oreilles alors peu habituées au stéréo pouvait donner un effet d’espace.

Bien sûr, la réverbération n’est pas mauvaise en soi. La plupart des enregistrements actuels et même les artistes en live l’utilisent. C’est son abus qui est véritablement dérangeant.

En ce qui concerne le débat sur la supériorité du vinyle par rapport aux formats numériques, en dehors du phénomène de mode (et les disques de 90 cm de diamètre…), il est, à mon avis clos. Un enregistrement numérique HD a un potentiel supérieur pour la dynamique (100 dB ou plus contre 50 à 60 dB), la plage sonore est bien plus vaste (potentiellement, de l’infrason à 20000 Hz, voire plus) et cela quelque soit la position du morceau sur le disque. Dans un disque 33 tours, les fichiers du centre ont moins d’aigus que ceux de l’extérieur car la vitesse radiale y est inférieure.
Un CD bien entretenu conserve ses qualités sonores plusieurs décennies. un vinyle régulièrement joué, même sur une platine avec une cellule de haute qualité verra progressivement, par abrasion mécanique, ses deux sillons (un par face) s’émousser, ce qui sera fatal aux hautes fréquences.

La cassette Philips et ses consoeurs

L’enregistrement magnétique, sur fil ou sur ruban s’est démocratisé grâce à Philips qui proposa un nouveau support, la cassette audio. Contrairement aux bandes de magnétophones, la manipulation en était très simplifiée, puisqu’il n’était plus besoin d’accrocher la bande à la bobine réceptrice, tout en lui faisant parcourir le chemin adéquat en face des différentes têtes (polarisation, enregistrement, lecture…) et galets.

La cartouche sur bande plus large et en théorie meilleure, n’a pas rencontré le même succès et dans l’univers du tango, la cassette a eu et a encore, ses lettres de noblesse.

À ce sujet, une anecdote intéressante est la croyance qu’un DJ d’origine argentine vivant en Italie, Felix Picherna bobinait ses cassettes avec un crayon pour les placer juste au point de départ du morceau…

L’explication est beaucoup plus simple et comme nous l’avons vu dans tandas de 5-4-3-2 ou 1, les DJs qui n’avaient qu’un seul lecteur rembobinaient la cassette de cortina au début et bobinaient jusqu’à la fin la cassette utilisée pour la tanda précédente pour qu’elle soit prête à être utilisée sur son autre face.

De nos jours, réapparaît le snobisme de la cassette qui serait supérieure en qualité audiophile aux enregistrements numériques. C’est bien sûr ridicule et même avec les meilleurs systèmes Dolby B ou C, le rapport signal bruit et la gamme de fréquence utilisable n’a rien à voir avec celle d’un bon CD.

Pour moi, un bon DJ doit être capable d’adapter la tanda en cours en fonction de l’actualité de la salle, la cassette est comme une playlist. Elle oblige à passer les morceaux dans l’ordre où ils sont enregistrés… Exit la cassette.

Et le CD fit son apparition…

  • « Le plus grand changement dans l’histoire de l’enregistrement sonore est le passage de l’analogique au numérique. » DJ BYC Bernardo 😉

L’enregistrement numérique permet d’enregistrer le signal sonore en le découpant en tranches. 44000 fois par seconde, le signal est étudié et transformé en signal binaire. Cet échantillonnage à 44000 Hertz a été adopté car il permettait de reproduire des sons jusqu’à 20000 hertz, c’est à dire à la limite supérieure des capacités des meilleures oreilles humaines. Pour en savoir plus sur le théorème de Nyquist-Shannon, base théorique des choix de la musique numérique

{\displaystyle e'_{n}=\cos \left({\frac {2\pi n(kf_{e}+f_{0})}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left(2\pi {\frac {nkf_{e}}{f_{e}}}+2\pi {\frac {nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left(2nk\pi +2\pi {\frac {nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left({\frac {2\pi nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)\,}

Comme avec l’apparition du microsillon, au début, les maisons de disques ont souvent poussé un peu trop loin le rendu des CD en exagérant les contrastes, la dynamique de la musique. Cela a fait la renommé de chefs d’orchestres énergiques dans la musique classique, mais il faut bien convenir que la qualité musicale de ces premiers CDs étaient souvent bien moindre que celle des 33 tours LP (microsillon). Aujourd’hui, ce serait plutôt le contraire, on va plutôt vers un abus de la compression (je parle de la compression du son, pas de celle du fichier). Les passages pianissimo sont renforcés, de façon à ce que le volume sonore soit toujours au-dessus d’un certain seuil. Ce n’est pas forcément un problème pour les milongas, un signal un peu plus présent peut permettre aux danseurs de mieux entendre les passages pianissimos , même si c’est au détriment de l’interprétation de l’orchestre.

On peut se retrancher derrière des arguments techniques, philosophiques ou ésotériques, mais aujourd’hui, un CD de qualité est toujours de meilleur qualité musicale que les meilleurs pressages en microsillon.

Cependant, dans le domaine du tango, on est parfois (souvent) soumis au régime de la double peine. Les CDs « remastérisent » des vinyles qui eux-mêmes étaient tirés de disques Shellac. Pour peu que l’ingénieur du son des années vinyles ait eu la main lourde sur la réverbération et que celui des années CD abuse des possibilités apportées par l’ordinateur, le résultat peut avoir bien peu à voir avec la sonorité des orchestres de l’âge d’or.

La quête de tout bon DJ est donc de trouver de la musique de qualité. Certains sites se sont spécialisés dans la vente de CD et/ou de musique en ligne et dans le meilleur des cas, ils repartent des disques originaux en 78 tours et pas des copies de copies. L’idéal serait de repartir des masters d’enregistrement, mais ils n’ont généralement pas été conservés, ce qui est bien dommage car l’on pourrait sinon avoir le son le plus fidèle possible des orchestres de l’époque.

La naissance du DJ de tango

L’arrivée du CD et du graveur de CD a permis l’avènement d’une nouvelle façon de gérer la musique. Contrairement à la cassette, le CD permet un accès direct à telle ou telle plage. Un peu comme le permettait le disque vinyle où l’on pouvait repérer l’intervalle entre les morceaux en examinant le sillon. Des lecteurs de CD furent conçus pour faciliter le travail, en permettant la programmation des titres à diffuser.

Quelques DJs, continuent d’employer cette technique. Pour moi, ces DJs qui ne préparent pas une playlist à l’avance et qui programment à l’instant les titres qu’ils vont diffuser méritent le respect.

Minidisc
  • À noter que le Minidisc a permis au premiers DJs perfectionnistes de numériser leurs disques noirs en qualité CD, tout en conservant l’accès aléatoire et souvent la programmation. Cependant, cet outil a été peu utilisé. Pour ma part, il m’a principalement servi à la numérisation.

Back to the past

Dans cette progressive histoire des techniques d’enregistrements et de restitution de la musique, il faut signaler un étrange retour en arrière, c’est à dire une baisse de la qualité possible.

Le CD et le Minidisc permettaient une qualité sonore excellente et un accès aléatoire. Cependant, un nouvel outil a fait son apparition, l’ordinateur et plus précisément, l’ordinateur portable.

Les données, étaient alors stockées sur des disques durs. Le problème, est que les premiers disques durs étaient bien maigres. En qualité CD, un disque dur aurait pu stocker seulement un ou deux titres.

L’arrivée de la compression avec perte des fichiers sonores a permis de diviser par 20 ou 30 la taille des fichiers. Le disque dur prenant en parallèle de l’embonpoint, ce dernier devenait un support utilisable pour un répertoire restreint de musique, ce qui convenait à de nombreux musicalisateurs.

De nos jours, rien n’est plus facile que de trouver de la musique de tango. On trouve des playlists complètes, des collections entières. Cette profusion a cependant un revers. La plupart de cette musique est dans un format très dégradé, type mp3.

Cette évolution a eu une influence très néfaste sur la qualité de la musique dans les milongas.

  1. N’importe qui disposant d’une playlist achetée ou fabriquée à l’avance peut se dire « DJ » alors que le terme devrait être réservé à ceux qui « jonglent » avec les titres / disques. Cette évolution a donné de nombreuses milongas insipides, la musique ne s’adaptant pas, et pour cause, à ce qui se passe dans la salle.
  2. La qualité sonore de la musique dans des formats de fichiers compressés est sensiblement moins bonne que celle des bons CDs. Les systèmes sonores de diffusion étant souvent eux aussi des maillons faibles, la différence n’est pas toujours sensible, mais pourtant, la différence de qualité est très perceptible lorsque les conditions de diffusion sont de haute qualité.
  3. Les techniques de traitement du signal se sont démocratisées et sous prétexte « d’améliorer » le son, de nombreux fichiers sont massacrés.
  4. Une évolution récente consiste à réaliser / récupérer, des playlists sur des systèmes de diffusion en streaming, type Spotify. La grande difficulté de cet exercice est que la musique de ce type de services n’est pas indexée pour un usage « DJ de tango ». Les tangos sont parfois indiqués sous le nom du chanteur, de l’orchestre et il y a de nombreuses erreurs et à moins de connaitre à fond le répertoire, il est facile de mélanger un Canaro des années 30 avec un de ceux des années 50, ce qui va beaucoup surprendre les danseurs.
  5. La différence de qualité des différents enregistrements fait que les danseurs sont soumis à des variations souvent désagréables, ne serait-ce que par les différences de niveau sonore. Ce problème est encore agravé lorsque le manipulateur a commis une erreur de goût en mélangeant des titres « incompatibles ».
Analogie entre la compression destructive d'un fichier .jpg (équivalent à mp3) à la compression non destructive du png (équivalent à Flac ou ALAC)
Analogie entre la compression destructive d’un fichier .jpg (équivalent à mp3) à la compression non destructive du png (équivalent à FLAC ou ALAC). Tous les éléments « extrapolés » par la réouverture du fichier compressé donnent cet aspect d’image fantôme. À l’écoute, un fichier mp3, surtout en basse « résolution » (128 mb/s) perdra ses détails et rajoutera des artefacts qui ne sont pas dans l’enregistrement d’origine. Un disque vinyle rajoute lui-aussi ses propres artefacts (scratchs, rumble de la platine, distorsion et courbe de réponse du préampli, « couleur » de la cellule, usure du diamant et du sillon…).

La voie de la rédemption

Attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’ordinateur, bien utilisé est un fantastique outil permettant une prestation de DJ sans aucune mesure avec ce qui se faisait avant. Pour cela, plusieurs pistes sont à explorer et dans l’idéal, à creuser très sérieusement:

  1. Récupérer de la musique de bonne qualité : Avec les tailles des disques durs actuels, notamment les SSD, il n’y a plus aucune justification à utiliser le mp3, fut-il en 320 kb/s. La musique doit être dans un format non dégradé. le FLAC sur PC ou l’ALAC sur Mac sont de bons candidats.
  2. Indexer sa musique de façon tatillonne : Un bon DJ doit pouvoir trouver un titre rapidement et assembler une tanda sans faute de goût. Il est donc indispensable d’avoir a minima le nom de l’orchestre et du/des chanteur(s), la date d’enregistrement (pas celle de pressage du CD…) et de bien vérifier que le style est bien indiqué. Rien de plus déstabilisant pour un danseur que de se voir confronté à une milonga ou une ranchera en pleine tanda de valse.
  3. Compléter l’indexation de base par des données de qualité : Avoir le nom des auteurs permet de remplir des listes de déclaration SACEM cohérentes, mais aussi de rester dans l’univers d’un compositeur ou d’un parolier. Avoir les paroles, noter une anecdote, le nom des principaux instrumentistes permet au DJ de donner une information au micro avant de lancer la tanda et a minima, de construire une tanda plus cohérente.
  4. Le DJ travaillant parfois dans l’urgence, il est bon d’avoir quelques tandas sous le coude, c’est à dire des titres qui sont déjà organisés de façon harmonieuse. J’ai pour ma part, une dizaine de tandas de ce type que j’utilise parfois pour les débuts et les fins de milongas. Cela permet de commencer de diffuser rapidement, par exemple, lorsque la salle n’était pas accessible avant (cours, absence de l’organisateur…). Les tandas de fin permettent de terminer rapidement la milonga quand un agent de sécurité vient vous voir pour vous indiquer qu’il coupera la lumière dans 10 minutes… Comme je commence et termine par une Cumparsita, ces tandas sont un peu plus complexes à assembler que les autres, car, curieusement, beaucoup d’orchestres ne gravèrent pas de Cumparsita compatibles avec le reste de leur production. Lorsque j’ai du temps, je n’utilise bien sûr pas ces « entrées et sorties en matière ».
  5. Ne pas hésiter à (se) surprendre : Si les danseurs doivent être en sécurité en ayant à disposition une musique leur permettant d’improviser en confiance, il est souvent ennuyeux d’entendre toujours la même tanda, dans le même ordre. Un brin de fantaisie, l’ajout d’un titre plus rare, mais très dansable, la diffusion du titre par un orchestre moins courant permet de réveiller l’intérêt et la créativité des danseurs. Quel doit être l’ennui de ces musicalisateurs qui disposent d’une playlist et qui n’ont d’autre choix que de la regarder défiler en espérant ne pas avoir à en changer l’ordonnancement sur la demande de l’organisateur qui demande à brûle-pourpoint tel ou tel orchestre ou pire, une animation de folklore… Certains utilisent la playlist pour être les premiers sur la piste et danser sur les titres qui les font vibrer, d’autres se divertissent des capacités multitâche des ordinateurs pour se livrer à des activités sans lien avec ce qui se passe dans la salle. Pour moi, le DJ est un animateur qui saura proposer le bon titre au bon moment, relançant ou modérant l’énergie de la piste, veillant à ce que tous prennent plaisir à danser en ne squattant pas un siège tout au long de la milonga.

Un petit mot sur la (ma) technique

Chaque DJ a sa manière particulière de travailler, ses outils, ses logiciels, son organisation. Il peut donc être intéressant de partager sa pratique pour enrichir la communauté. Je vous propose donc ici, quelques éléments que j’ai progressivement mis en oeuvre :

  • Un ordinateur : J’utilise depuis des années des MacBook. Les deux plus récents comportent des « disques durs » SSD de 2 To. Cela permet de gérer les fichiers lourds des formats sans perte. Petite astuce, éviter le modèle avec « Touch Bar » (et oui, j’ai succombé à la mode…), il est très rapide de faire une fausse manœuvre en laissant traîner un doigt sur la surface tactile. Pour la même raison, je désactive la pavé tactile et utilise une souris. On peut tout aussi bien utiliser un PC, le budget sera bien moins conséquent à performances égales. D’ailleurs j’utilise un PC pour le VJing (vidéo en direct).
  • Des fichiers « Lossless » (sans perte) : Une grande partie de ma discothèque est au format Apple ALAC. Ce format permet d’avoir une excellente qualité, tout en permettant l’indexation. Ses caractéristiques de compression non-destructives permettent de gagner de la place par rapport à un fichier au format WAV ou AIF, par exemple. Sur PC, le format FLAC présente les mêmes avantages. Abandonnez le format mp3, mais en partant de fichiers qualité CD. Rien ne sert de « gonfler » des mp3 pour les transformer en fichiers haute définition. La musique ne sera en rien améliorée. En revanche, si vous modifiez un fichier, mieux vaut alors l’enregistrer dans un format Lossless pour ne pas cumuler la dégradation de deux compressions destructives.
  • Normaliser sa musique : Il est désagréable d’avoir des intervalles entre morceaux trop grands ou trop courts. Pour ma part, j’ai 7/10 de seconde en début de morceau et 3 secondes en fin. Cela me permet d’avoir un intervalle constant de 3 secondes et 7 dixièmes. Si je juge que cet intervalle est trop long, je peux décider de lancer plus tôt le fichier suivant et a contrario, je peux mettre en pause pour augmenter la latence entre les morceaux. Les logiciels que j’utilise (Traktor, MIXXX, Ultramixer) permettent en outre de fondre deux morceaux, ce qui permet d’enchaîner des titres, par exemple lors des intermèdes de rock ou tropical (salsa / cumbia / cuarteto…).
  • De la musique au mieux de sa forme : Il ne sert à rien d’essayer d’améliorer un original complètement pourri. Il est toujours préférable de partir d’un original de haute qualité. Cependant, même dans ce cas, je retouche, j’harmonise les fichiers de façon à ce qu’ils soient le plus proches possibles de l’expérience d’un orchestre en live. J’utilise principalement le logiciel Adobe Audition pour ces traitements. Audacity est gratuit, mais les résultats sont médiocres, mieux vaut l’utiliser uniquement dans ses fonctions basiques, pour ajuster les amorces et le volume et sauvegarder dans un format lossless. La retouche sonore risque de donner un résultat pire que l’original…
  • Une carte son de qualité (DAC) : À un moment ou un autre, le signal numérique de l’ordinateur doit être transformé en signal analogique pour les haut-parleurs qui ne peuvent fonctionner que de façon analogique, en faisant vibrer l’air. Bien souvent, le DJ est tributaire de l’équipement mis à disposition. Cependant, dans tous les cas, il peut se raccorder via un DAC (convertisseur numérique vers analogique). J’ai toujours sur moi un adaptateur femelle mini-jack vers Jack 6,35 ou XLR pour me permettre de raccorder la carte son lorsque seul un mini-jack est accessible (ampli dans une armoire fermée à clef…). L’idéal reste cependant d’utiliser ses propres câbles permettant de raccorder le DAC à la console ou à l’ampli avec la meilleure qualité possible (les câbles en place sont souvent défectueux ou de qualité médiocre). Avoir une carte son externe permet la pré-écoute. Il est en effet impossible sur un ordinateur disposant d’un seul canal d’avoir un son différent dans le casque et dans la salle.
  • Privilégier le numérique : Lorsque cela est possible, il est intéressant de retarder le moment de la transition vers l’analogique, en profitant d’une console de mixage numérique. Il en existe de très compactes pour un budget de 500 à 2000 €. Elles présentent aussi l’avantage de pouvoir être pilotées à distance via un iPad, ce qui permet au DJ de faire ses réglages depuis la piste, y compris en temps réel. En effet, la balance initiale est effectuée généralement dans une salle vide et au fur et à mesure qu’elle se remplit de danseurs, sa sonorité change et il convient d’ajuster l’égalisation et le volume.
  • Une organisation sans faille : J’utilise iTunes pour classer la musique et la rechercher rapidement. C’est un des meilleurs logiciels pour le faire, même s’il ne manque pas de critiques à lui faire. J’utilise particulièrement le navigateur de colonne et les champs Genre / Auteurs / Artiste et pour affiner la recherche, la date, le bpm et l’énergie (valeur perso) et enfin, la durée du fichier. J’utilise le classement avec les étoiles pour définir la dansabilité. 5* pour les fichiers les plus dansables.
  • Être ou ne pas être sur le retour : Si on peut disposer d’un retour de qualité, il est moins nécessaire de vérifier la qualité depuis la piste, mais les retours sont rarement proposés aux DJs, même si on a pris le soin de l’indiquer sur la fiche technique… Attention à ne pas envoyer la voie de son micro dans le retour pour éviter des larsens
  • Faire équipe avec le régisseur / ingénieur du son : Il est important d’instaurer une relation de confiance avec le régisseur et les employés de la salle. Pour protéger leur équipement, ils mettent des limitateurs / compresseurs qui agissent parfois de façon violente et dénaturent le signal sonore. En leur montrant que l’on sait de quoi on parle et que l’on connait les bonnes procédures, on peut obtenir d’avoir plus de contrôle sur la restitution sonore, ce qui est bénéfique pour tout le monde et en tout premier lieu pour les danseurs qui bénéficieront d’une expérience auditive la meilleure possible.
Quelques exemples de DAC (RME – Babyface, Denon DA 300, Audient ID4). ceux qui ont un tout petit budget pourront se tourner vers un DAC d’entrée de gamme. Je conseille un modèle avec un petit bout de câble USB, moins fragiles que ceux qui se présentent sous forme de clef USB.

Pour aller plus loin :

La restauration de musiques de tango

Ce bref article a juste pour but de montrer ce que peut apporter ou détruire, la restauration d’une musique. Ici « Avant de mourir » par l’Orchestre de tango de Paris. 

Le début de « Avant de mourir » selon différentes étapes de la restauration du fichier 
1) Fichier brut
2) Fichier nettoyé des craquements du disque
3) Fichier avec traitement du bruit de surface du disque. Les silences sont purs.
4) Fichier avec traitement du bruit de fond abusif. Effet tunnel désagréable
5) Fichier entièrement remastérisé avec correction de la vitesse de rotation afin de le faire correspondre à la partition.

Los DJs, los reyes de la milonga

Photo Victoria Huang, Milonguero Milonguero, Calpe 2015

Un article à verser au dossier du tango et de l’activité de DJ. Pour un article grand public, c’est assez bien vu.

Adaptation en Français par Marina Gambier:

 

Tandas de 5, 4, 3, 2 ou 1?

DJ BYC en Toulouse (Francia) al frente del lugar de nacimiento de Carlos Gardel
DJ BYC en Toulouse (Francia) al frente del lugar de nacimiento de Carlos Gardel

Pourquoi ce compte à rebours ?

Aujourd’hui se pose la question du nombre de titres dans une tanda.

Pour ma part, naturellement, je propose 4 tangos, 4 valses et 3 milongas. Je sépare les tandas par une cortina et de temps à autre, je propose un intermède de Folklore, Tropical ou Rock, voire autre chose en fonction du lieu.

Dans certaines régions, on milite pour la tanda de trois tangos, dans le but espéré de faire plus souvent tourner et ainsi limiter le temps d’attente, généralement des femmes, pour ceux qui ne dansent pas, faute d’un équilibre du nombre de partenaires.

La notion de tanda est cependant une notion assez récente. 

Le temps des orchestres, tandas de 2 et de 1

À l’âge d’or du tango, celui où on pouvait danser tous les soirs sur un orchestre, les choses étaient bien différentes. En fait, elles étaient absolument identiques à ce que l’on trouve dans nos actuels bals musette en France. L’orchestre jouait deux tangos, puis le même orchestre ou un second orchestre jouait un autre air, du jazz, ou un foxtrot, par exemple.

Ensuite, ils jouaient une valse, suivie d’un nouveau morceau Jazz, puis à nouveau deux tangas, du jazz, et enfin une milonga et on recommençait.

Mais alors, me direz-vous, les danseurs se séparaient à chaque morceau, par exemple après la valse s’ils ne souhaitaient par faire le jazz ?

Ben oui, mais la différence est que les sièges n’étaient pas encore la règle dans les lieux de danse. Les danseurs rejoignaient le milieu de la piste et se dirigaient ensuite vers les femmes situées au bord de la piste.

Cette stratégie pourrait être intéressante pour les événements double-rôle. Les guideurs au milieu, les suiveurs autour…

L’apparition des tables et des enregistrements sur cassettes, tandas de 5 et cortina

Philips, en inventant la cassette musicale a modifié les comportements dans les bals. Chaque face de cassette, à l’époque de 60 minutes pouvait comporter 10 titres. Donc, entre la face A et la face B, une cassette comportait 20 titres.

L’animateur découpait donc sa programmation en 5 morceaux de la première face, une cortina sur une autre cassette. Ah, je vous vois venir, pourquoi la cortina ?

C’est que sont apparues aussi les tables. Il fallait donc prévoir le temps nécessaire pour que les couples se défassent, se reposent (après 5 tangos) et se recomposent.

Pourquoi une deuxième cassette ?  Ben, le temps pour effectuer toutes ces opérations pouvant être très variables d’un jour à l’autre ou d’une salle à l’autre, il est plus simple d’avoir une cassette avec la cortina et de la rembobiner pour repositionner la cortina à son début. Certains le faisaient avec un crayon car c’était plus précis qu’avec le lecteur de cassette car il suffisait de trouver le repère, généralement l’amorce. À mes débuts, je coupais les amorces pour que le rembobinage soit plus simple… Il me suffisait de rembobiner et j’étais au début. Mais j’avais un double-cassettes. Sans cela, j’aurais procédé comme Felix Picherna, au crayon…

De cette période reste aussi la mode de la cortina unique pour toute la soirée. C’est la même cassette qui servait et était rembobinée.

Les tables et le service à icelles a aussi favorisé le développement des cortinas pour permettre aux serveurs de rejoindre les tables avec moins de risque d’accident…

L’apparition du CD, Tandas de 4 et cortinas

Je n’ai pas évoqué l’utilisation du disque noir, car elle n’a pas apporté de grandes innovations sur ce point. En permettant l’accès direct à chaque titre, elle permettait en principe de créer les tandas en direct, mais cela n’a pas d’influence sur le nombre de titres. On retrouve cette facilité sans la difficulté d’accéder à une plage précise avec les CD (il fallait bien viser pour positionner la tête de lecture pile au bon endroit du sillon et ne pas se tromper de plage, non plus…).

De cette époque, on retrouve la normalisation des tandas comme aujourd’hui dans les milongas traditionnelles avec 4T, 4T, 4V, 4T, 4T et 3M (T=Tango, V=Valse, M=Milonga).

Je n’ai pas encore d’explication pour ce passage de cinq à quatre, si ce n’est, peut-être déjà l’idée de réduire l’attente en cas de déséquilibre entre partenaires. Il y avait aussi, sans doute le fait que beaucoup de danseurs n’invitaient que sur le second titre…

La démocratisation du graveur de CD a fait apparaître un nouveau phénomène, la « Playlist ». Le CD est alors tout bonnement lu en continu.

L’apparition de l’ordinateur portable

Dans les années 90, l’ordinateur et l’apparition des disques durs ont favorisé son utilisation en musique.

Pour ma part, je suis passé par le stade intermédiaire du Minidisk qui permettait de conserver une qualité CD, sans se ruiner. C’est l’époque où j’ai numérisé beaucoup de disques de pâte (Shellac et Vinyles) grâce à ma regrettée platine Thorens TD 124…

L’ordinateur a offert une grande facilité pour proposer des tandas construites à la volée. En fait, c’est l’ordinateur portable qui permettait cela, difficile de se trimbaler avec les tours et surtout les écrans cathodiques de l’époque.

Cet outil est donc merveilleux pour le DJ et dès que j’ai pu avoir un ordinateur portable, je l’ai adopté.

J’utilisais Winamp à l’époque, ce que de très nombreux DJs continuent à faire, mais c’est une autre histoire.

L’ère de l’ordinateur, encore plus que celle du graveur de CD a fait la part belle aux Playlists. Et je ne parle pas des mp3… Tiens, à ce sujet, j’ai eu aussi un épisode mp3, avec deux petits iPods nano et classic (avec affichage) qui me permettaient de choisir une tanda pendant que l’autre défilait. C’était pour ma milonga en plein air.

Donc, aujourd’hui, l’ordinateur domine le domaine. C’est très bien, car c’est l’outil qui permet la plus grande souplesse pour l’organisation en direct de la musique. Il sert aussi beaucoup pour les « DJs » à Playlists, qui font leur courrier, échangent sur Facebook ou tout autre activité pour ne pas s’ennuyer (et pour que les danseurs les croient absorbés dans la création…). C’est une raison supplémentaire pour ne pas encourager ce type de DJs (je ne parle pas des bénévoles qui officient dans les associations et qui ont le mérite de se dévouer pour le plaisir des autres). Ces playlisteurs n’ont aucune raison d’être attentifs au bal, puisque de toute façon, ils ne pourront pas changer son déroulement. Un véritable DJ, à mon sens est l’animateur de la soirée, rebondissant sur l’actualité de la salle, pour offrir le plus souvent possible le bon titre au bon moment.

Et mes tandas dans tout cela ?

Ah, oui. Les tandas. Ben, avec l’ordinateur, on peut faire ce que l’on veut. Passer la musique en mode aléatoire. C’est l’ordinateur qui « choisit » la musique à suivre. Diffuser une playlist, ou, s’en servir pour rechercher rapidement le bon titre à diffuser.

J’espère que vous aurez deviné quelle stratégie est la mienne.

Je construis donc à la volée, des tandas de quatre, ou trois selon les circonstances.

Je ne sais pas ce que deviendront les tandas dans le futur. Ici, à Buenos Aires, les tandas sont de quatre, y compris pour les valses (trois pour les milongas) dans les milongas traditionnelles. C’est le modèle auquel je m’accroche et que j’essaye de faire partager, car je le trouve bien adapté au fonctionnement actuel avec tables, chaises et mirada. Le voyage sur quatre titres est aussi idéal avec la danseuse. Trois donne un impression de frustration (et parfois, avouons-le de soulagement, mais dans ce cas, il fallait mieux inviter…).

Peut-être qu’ailleurs, la réduction du nombre de titres va se généraliser (dans certaines milongas à Buenos Aires, il existe des tandas de trois valses). D’ailleurs, je vais respecter cela lors de ma prochaine musicalisation à Gricel…

En descendant le nombre de titres par tanda, on risque de retrouver le fonctionnement des milongas de l’âge d’or, à la limite pourquoi pas. C’est peut-être à essayer dans les milongas où il n’y a pas de sièges…

Par contre, les hommes au milieu qui vont chercher les femmes, pas sûr que ce soit apprécié.

À suivre…

Merci à Dany Borelli, DJ à Los Consagrados, Nueveo Chique, Milonga de Buenos Aires et autres, d’avoir échangé sur ce sujet, ce qui me permet de confirmer certaines idées qui peuvent paraître surprenantes aux néophytes.

DJ BYC a les honneurs de Aires de Milonga, le site de vidéo de tango de Buenos Aires

 Très fier d’avoir eu les honneurs de ce site de référence sur les milongas du Monde.
Pour info, la première musique a été ajoutée par Carlos Neumann. Ce n’est pas celle du bal. Par contre, Fresedo est bien la musique réelle de la milonga.

  La vidéo sur le site…

 

Top 20 tangos chantés

Les 20 tangos chantés les plus appréciés en milonga

DJ Bernardo par Marie Tango Pavadita Béziers Texte v2Une amie, historienne du tango, m’a posé ce matin cette question « quels sont les 20 tangos les plus appréciés en milonga » alors que j’étais justement en train de préparer la question…

Tout d’abord, il y a tango chanté et chanson de tango. Ce dernier type, utilisé en milonga a donné une très mauvaise réputation au tango chanté. En effet, les cantantes (chanteurs généralistes adeptes du bel canto), par opposition au cantores (chanteurs de tango plus dans l’émotion et l’interprétation que la recherche de la belle voix) emploient dans leurs performances des éléments d’interprétation que les danseurs peuvent difficilement anticiper, ce qui nuit gravement à l’improvisation, ou plus modestement, à la reproduction des chorégraphies habituelles chez les plus mauvais danseurs. Il m’arrive que des organisateurs me demandent de ne pas passer de tangos chantés, car les danseurs de cette milonga n’aiment pas. J’ai à chaque fois fait l’inverse et les organisateurs et les danseurs ont toujours été enchantés du résultat.

Pour moi, il est donc clairement établi que les tangos chantés ont bonne cote.

Un sondage aux résultats surprenants

pie-chart (chanté)
Seul 14 % des danseurs préfèrent les tangos instrumentaux.

J’ai réalisé ces derniers jours un petit sondage dont les résultats m’ont assez surpris. « Préférez-vous les tangos instrumentaux ou chantés pour danser ? Do you prefer instrumental tangos or sung to dance? ¿Prefieres tangos instrumentales o tangos cantados para bailar? », la réponse est : « Les deux — Either — Los dos » à 50 %, « Tangos chantés (cantados) (sung) » pour 36,1 % et seulement 13,9 % pour « Tangos instrumentaux (instrumental) ». Pour aller plus loin, les femmes mettent à égalité les deux genres et seulement 13,3 % des hommes indiquent préférer les tangos instrumentaux.

 Cela correspond à mes observations. Autrefois, j’essayais de passer presque autant de tangos instrumentaux que chantés, mais mon style actuel est surtout basés sur les tangos chantés, mon intuition semblait bonne.

Je pense donc que faire la distinction entre des tangos chantés et des chansons tango est très important, car ceux qui n’aiment pas les chansons tango râlent vite, ce qui donne très souvent l’impression que ce sont tous les tangos chantés qui sont à rejeter… C’est par ailleurs une des notions que j’ai le plus de mal à faire comprendre dans mes stages DJ, la différence entre dansable et donnant irrésistiblement envie de danser. 😉

Les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes goûts

pie-chart Femmes
Les orchestres enregistrés, préférés par les femmes

pie-chart Hommes
Les orchestres enregistrés, préférés par les hommes

Chez les femmes, le classement de tête des orchestres enregistré est Canaro ; Di Sarli ; Pugliese alors que chez les hommes, Fresedo arrive en tête, suivi de D’Arienzo, Pugliese, Di Sarli et Troilo. Quand on mélange tout (hommes et femmes), on obtient le palmarès suivant, Pugliese, bien devant, avec dans un mouchoir de poche, D’Arienzo, Di Sarli, Troilo, Canaro et Fresedo. En dessous de 30 %, mais encore au-dessus de 20 %, on trouve Rodriguez, Donato, la Tipica Victor, Calo et De Angelis, d’Agostino n’obtenant un score que de 19,4 %.

À noter le score assez bas de Biagi avec seulement 16,1 % (en bas du classement pour les femmes, comme pour les hommes). Je partage un peu cet avis, si j’adore les valses de Biagi, je trouve surprenant cet engouement apparent des DJ d’encuentros pour cet orchestre. Je note que ceux qui aiment Biagi, aiment à égalité D’Arienzo et ont la Juan d’Arienzo comme orchestre live préféré, il y a donc une certaine logique.

Les tangos chantés préférés

Je reviens à la question de mon amie. Les deux tangos préférés en Europe sont Poema et Invernio, par Francisco Canaro et Roberto Maida. Ces deux tangos de 1935 remportent haut la main le palmarès en France et en Espagne, sans doute pas à Buenos Aires, Canaro étant Uruguayen, seules ses valses sont régulièrement diffusées…

Les résultats seraient donc sensiblement différents en France et à Buenos Aires, je vais donc faire un subtil mix pour donner ce qui me semble être le TOP 20 des tangos chantés :

  1. Poema (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  2. Invierno (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  3. Paciencia (Francisco Canaro, Roberto Maida 1938 ou encore plus Juan d’Arienzo,Alberto Echagüe 1951)
  4. Remembranzas (Osváldo Pugliese, Jorge Maciel 1956 ou Juan d’Arienzo,Jorge Valdéz 1964)
  5. Nada (Carlos Di Sarli, Alberto Podestá 1944 et un peu moins Miguel Caló, Raúl Iriarte 1944)
  6. Al Compas del Corazon (Miguel Caló, Raúl Berón 1942)
  7. Buscandote (Osváldo Fresedo, Ricardo Ruiz 1941)
  8. Vida Querida (Osváldo Fresedo, Ricardo Ruiz 1940)
  9. Vida mia (Osváldo Fresedo, Roberto Ray 1933)
  10. Cuatro compases (Miguel Caló, Raúl Berón 1942)
  11. No Mientas (Juan d’Arienzo,Alberto Echagüe 1938)
  12. En tus brazos (Alfredo De Angelis, Oscar Larroca 1958, immortalisé par le film d’animation)
  13. Malena (Aníbal Troilo, Francisco Fiorentino 1942 ou Aníbal Troilo, Raúl Beron 1952)
  14. Tú… el cielo y tú… (Carlos Di Sarli, Alberto Podestá 1944 ou un peu moins Enrique Rodriguez, Armando Moreno 1944)
  15. Tres esquinas (Ángel d’Agostino, Ángel Vargas 1941 ou Sexteto Milonguero, Javier Di Ciriaco 2010)
  16. Llorar por una mujer (Sexteto Milonguero, Javier Di Ciriaco 2010). Pour ces dames…
  17. Todo te nombra (Rodolfo Biagi, Jorge Ortiz 1940)
  18. Ventarrón (Típica Victor, Alberto Gómez 1933)
  19. El adiós (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938, Francisco Canaro, Roberto Maida 1938 ou le très à la mode Osváldo Pugliese avec Jorge Maciel 1963)
  20. Esta noche me emborracho (Juan d’Arienzo, Alberto Echagüe 1954). Sans doute plus portègne.

Je me rends compte qu’il serait sans doute plus facile de faire le Top 50… Pour ne pas être trop frustré, voici le top cinq des vals.

  1. Soñar y nada más (Vals) (Alfredo De Angelis, Carlos Dante y Julio Martel 1944 ou un peu moins, Francisco Canaro, Eduardo Adrían et Carlos Roldán 1943 et encore un cran en dessous Aníbal Troilo, Alberto Marino et Francisco Fiorentino 1943)
  2. Viejo Portón (Vals) (Rodolfo Biagi, Teófilo Ibáñez 1938)
  3. Loca de amor (Vals) (Rodolfo Biagi, Teófilo Ibáñez 1938)
  4. Los cien barrios porteños (Vals) (Ricardo Tanturi, Alberto Castillo 1943)
  5. Con tus besos (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938)

Et pour terminer, le top six des milongas…

  1. Larga la penas (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  2. Milonga Brava (Yo fui la milonga brava) (Francisco Canaro, Roberto Maida 1938)
  3. El porteñito (Ángel d’Agostino, Ángel Vargas 1943)
  4. La milonga que faltaba (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938)
  5. Milonga sentimental (Francisco Canaro, Ernesto Famá et Ángel Ramos1933). Limite canyengue.
  6. Estampa de varón (Juan d’Arienzo, Alberto Echagüe 1938)

Pour entendre un certain nombre de ces titres, on pourra se rendre sur ma playlist Deezer : http://www.deezer.com/playlist/2083260964

 

DJ de tango, la grande incompréhension…

DJ de tango, la grande incompréhension…

Article rédigé en 2014 mais qui me semble toujours d’actualité…

DJ Bernardo par Marie Tango Pavadita Béziers Texte v2

L’arrivée de l’ordinateur dans le DJing et la diffusion de tangos via Internet ont très clairement démocratisé le métier de DJ de tango. Il suffit désormais de télécharger des playlists pour se dire DJ. C’est un peu facile, mais est-ce souhaitable pour les danseurs ?

Bien sûr, ce phénomène existait auparavant avec les compilations organisées en tandas, vendues par certaines milongas et DJ portègnes, ou par divers autres canaux. Ce qui est nouveau maintenant, c’est que la facilité d’utilisation de l’ordinateur permet de mélanger ces morceaux, sans avoir à maîtriser les outils en temps réel.

Et c’est là que le bât blesse. En effet, une compilation, qu’elle soit en provenance d’une milonga de Buenos Aires, ou qu’elle ait été réalisée à la maison par l’apprenti DJ, NE PEUT CONVENIR À COUP SÛR À LA MILONGA en cours de musicalisation.

Sentir la milonga

Le rôle du DJ est de diffuser le bon morceau au bon moment. Si c’est pour diffuser une playlist, il suffit d’un CD gravé, d’un lecteur mp3 ou d’un ordinateur. Je me demande quel peut être l’intérêt pour le DJ qui reste 5 heures ou plus derrière son ordi à faire semblant de bricoler une playlist qui est de toute façon immuable…

Je comprends mieux les motivations de ce DJ qui se contente de couper la fin de la cortina sur son lecteur mp3 pour être le premier sur la piste. Lui, il veut danser sur les musiques qu’il aime et peu importe le vécu des danseurs (ou non-danseurs qui voient le DJ, s’agiter sur la piste alors qu’eux attendent un titre à peu près à leur goût).

Pour moi, le DJ doit sentir la milonga, regarder ceux qui ne dansent pas, repérer ce qui fait lever certains et pas d’autres, afin que chaque sensibilité puisse trouver de quoi avoir envie de danser. Il pourra faire des tests, par exemple en variant les cortinas, ou en observant les réactions devant un morceau un peu plus surprenant.

Mais dans tous les cas, c’est l’adéquation entre les envies des danseurs et la programmation qui fera le succès de la soirée.

Le choix du DJ

J’ai été très interpelé il y a quelque temps en discutant avec un organisateur qui me disait qu’il sélectionnait ses DJ par rapport à leur style. Je crois qu’il pensait que mettre un DJ « catalogué » d’un style proche de sa milonga était un gage de qualité. De fait, s’il lui arrive de faire venir de bons DJ, il recrute finalement, surtout des maniaques de la playlist.

Vous avez tous en tête certains DJ capables de musicaliser un festival, une milonga de Buenos Aires ou un encuentro milonguero avec le même bonheur, mais pas avec la même musique. C’est que ce DJ sait jouer des paramètres offerts par la musique et des moyens techniques à sa disposition pour s’adapter réellement à son public.

Paramètres à la disposition du DJ pour adapter sa musicalisation

Les orchestres sont la première variable. Il est possible de varier les orchestres pour éviter la monotonie.

Les styles des orchestres est un facteur important. Notons aussi qu’un même orchestre, suivant les périodes peut avoir des ambiances différentes.

Les formes de tangos (chantés, instrumentaux, canyengue ou autres) sont très directement ressenties par les danseurs. Cependant, globalement, les titres chantés sont majoritaires car ils sont plus plaisants à danser à condition de choisir des tangos chantés et pas des chansons de tango, ce qui est une erreur beaucoup trop fréquente chez les apprentis DJ et qui plombent assurément la tanda…

L’énergie des morceaux est sans doute le paramètre essentiel et souvent mal géré. Il ne faut en effet pas confondre énergie et vitesse. Des morceaux d’apparence calmes comme certains titres de Calo peuvent être très énergiques et inversement, des tangos bruyants et rapides peuvent être complètement plats à danser. Certains DJ confondent ces paramètres et vont diffuser des orchestres de style ou sonorité différents, mais qui ont tous la même énergie. Cela créé l’ennui à coup sûr…

L’organisation des tandas est très importante selon moi. En effet, si le premier morceau est destiné à faire se lever le plus de danseurs que possible, il ne faut pas que les autres déçoivent. Ils doivent être donc d’une énergie semblable et de préférence ascendante. Les danseurs ne doivent pas non plus subir de choc causés par des titres mal assemblés.

Réactivité et adaptation sont très importantes. Il m’arrive fréquemment de changer une tanda en cours de diffusion en fonction de ce qui se passe sur et autour de la piste. Si le premier titre n’a pas fait lever assez de monde, je place un second titre plus efficace, voire, je change l’ambiance de la tanda en la faisant évoluer. Je pense par exemple à une tanda de canyengue qui peut selon les publics passer parfaitement ou bien fatiguer. Je fais alors évoluer la tanda vers des canyengues plus rapides, voire plus du tout canyengue si cela n’a pas du tout de succès.

L’organisation des tandas en ronda est aussi un élément sur lequel le DJ peut jouer. Pour ma part, je diffuse quasiment toujours des tandas de quatre, y compris pour les valses et sauf pour les milongas ou des titres nuevos parfois plus longs. J’adopte cependant parfois les tandas de trois, sur une partie de la milonga, par exemple lorsque la durée est très courte et s’il y a un gros déséquilibre des partenaires. C’est cependant quelque chose que je répugne un peu à faire car cela entre dans la mode du « zapping » et l’on s’éloigne du tango. Il me semble préférable de faire des milongas qui durent plus longtemps afin d’offrir à tout le monde une chance de bien danser (c’est d’ailleurs le choix effectué par les portègnes…). La ronda comporte traditionnellement des successions de styles du type T T V T T M ou T = Tango, V = Vals et M = Milonga). Pour les milongas courtes où quand je veux donner beaucoup d’énergie, il m’arrive de faire T V T M, ou T V T T M. Il n’est pas possible d’utiliser cette ronda toute une milonga, car elle est très fatigante pour les danseurs… D’autres DJ vont multiplier au contraire les tandas de tango pour diminuer le nombre de Vals et Milongas.

Le volume sonore est aussi très important à considérer. Il arrive souvent que les cortinas soient plus fortes que les morceaux dansés. Je trouve cela illogique. C’est à mon avis les tandas qui doivent donner l’ambiance. Les cortinas sont là pour échanger quelques mots et se préparer à la prochaine tanda. Je pense aussi que la musique doit être jouée suffisamment forte pour que l’on puisse enter dedans sans être obligé de tendre l’oreille. Une cortina moins forte permettra de se reposer l’oreille et évitera d’avoir à pousser exagérément le volume de la tanda suivante pour couvrir les conversations qui auront été poussées pour couvrir le bruit de la cortina.

Je reste bref sur le choix des morceaux pour chaque compositeur et orchestre. C’est un des rôles majeur du DJ, mais ce n’est pas souvent là qu’est le plus gros problème (si on excepte la question des chansons diffusées comme tangos chantés). Le sérieux point noir vient de ce que ces morceaux sont diffusés dans un ordre hasardeux ou à mauvais escient. Deux excellentes tandas peuvent se tuer si elles se succèdent car elles peuvent être d’une énergie trop proche (ou trop différente).

L’utilisation de l’ordinateur conduit aussi à ne pas exploiter un des facteurs qui est l’intervalle entre les morceaux. Par défaut, j’ai un intervalle de 3,7 secondes entre les titres, mais il m’arrive de raccourcir ou prolonger cette durée en fonction du lieu, des danseurs et de l’énergie à diffuser. Par exemple, dans une tanda où il y a une dynamique mécanique très entraînante comme dans certains vals de d’Arienzo, il peut être intéressant de ne pas laisser de trop grands blancs pour que l’énergie reste en progression constante.

La longueur des cortinas est aussi à prendre en considération. Trop courtes, elles empêchent d’avoir le temps de retourner s’asseoir, ce qui pénalise le renouvellement des couples. Il faut avoir le temps de raccompagner sa danseuse et de préparer la suite… Il ne faut pas qu’elle soit trop longue non plus. Une fois que les plus rapides ont fait leur choix, il est intéressant de lancer la tanda suivante…

Dans la pratique, il y a des dizaines d’autres paramètres que doit pouvoir estimer et maîtriser le DJ. Je prendrai juste pour exemple la diffusion d’une tanda de milonga dans la dernière heure d’une soirée. Certains DJ se l’interdisent par principe. En fait, c’est assez idiot dans la mesure où, où la milonga est appréciée, cette dernière tanda sera hyper bien vécue, dans le style éclate finale. Il m’arrive dans d’autres endroits, de remplacer une tanda de milonga par des vals, ou plus rarement l’inverse.

Aux organisateurs

J’espère que ces petits éléments vous permettront de voir plus clair sur comment choisir un DJ. Lorsque je suis danseur, j’ai envie de passer une bonne soirée et si je peux faire des kilomètres pour un DJ et même si tous les danseurs ne sont pas aussi exigeants, ils sont globalement tous sensibles à la musique et ils passeront, ou pas, une excellente soirée, avec fatigue, ou sans. Le DJ doit donc pouvoir veiller sur eux, en les ménageant ou en les tonifiant en fonction de l’ambiance du moment.

Un bon DJ a effectué un énorme travail en amont pour connaître et organiser sa musique, de façon à pouvoir programmer avec efficacité en direct. Ce travail mérite salaire et il me semble que l’on devrait payer le DJ en fonction de sa réussite. J’ai proposé à certains organisateurs un paiement à l’entrée. Curieusement, cela en gène beaucoup. Pourtant, quand le DJ fait venir deux fois plus de monde que le public habituel, il semblerait logique qu’il soit mieux payé.

 


Aux DJ débutants

Bienvenue dans cette merveilleuse activité qui consiste à faire danser le tango en choisissant des musiques. Je vous conseille très vite d’abandonner les playlists pour vous concentrer sur ce qui se passe dans la salle (y compris autour de la piste).

Vous pouvez en revanche organiser des tandas toutes faites, que vous diffuserez dans l’ordre qui convient à l’ambiance du moment. C’est un premier pas vers l’adaptation. Ainsi, si vous avez besoin d’une tanda plus calme ou plus tonique, vous en aurez quelques-unes toutes prêtes que vous pourrez diffuser en confiance, sachant que vous en ferez pas de grave faute de goût.

Lorsque vous aurez acquis de l’assurance, vous pourrez vous détacher de ces tandas préfabriquées pour en créer de nouvelles en direct. Pour acquérir cette liberté, il vous faut deux choses :

  1. Bien connaître votre musique
  2. Avoir bien organisé sa musique (rien de plus bête que de passer une milonga ou une ranchera au milieu d’une tanda de vals car on a mal étiqueté sa musique…).

Cela ne vous dispensera pas de la pré-écoute, mais pour ma part, j’essaye d’en faire le moins possible durant la milonga car cela nous isole de la salle.

Vous trouverez d’autres textes qui pourront vous être utile sur mon site :

Bandeau1-

Musicaliser une milonga…

Musicaliser une milonga, c’est être au service des danseurs.

Cela demande de la générosité et de l’empathie, mais aussi, des compétences et beaucoup de temps.
Ces conseils sont destinés à vous aider en vous faisant partager mon expérience et mon exigence.
N’hésitez pas à donner votre avis, ou à partager votre expérience.
A bientôt dans une milonga d’Europe ou d’Argentine.

  1. La musique sert à faire danser
  2. Classer sa musique
  3. Améliorer l’enregistrement de la musique
  4. Améliorer la musique enregistrée prête à être diffusée
  5. Diffuser la musique
  6. Construire ses tandas
  7. Tandas et rondas
  8. Les cortinas
  9. DJ de tango, la grande incompréhension…
  10. Sites webs pour DJs et danseurs
  11. Ressources pour DJs

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© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (6) – Construire ses tandas

Construire ses tandas

Il est impératif de réaliser des tandas homogènes. En effet, il est désagréable d’inviter une danseuse sur une musique et de devoir continuer sur une musique tout à fait différente et sur laquelle nous n’aurions pas invité.
L’homogénéité ne peut se juger qu’à l’écoute. En effet, sur le même disque, le même musicien peut avoir gravé des titres qui ne vont pas ensemble.
L’écoute se fait au casque, mais aussi en situation réelle afin de voir comment « danse » tel ou tel morceau.
Le rythme d’enchaînement des tandas est généralement
4 Tangos + 4 tangos + 4 valses + 4 tangos + 4 tangos + 3 milongas (seulement trois car bien dansée, la milonga est fatigante) et le cycle reprend, jusqu’à la Cumparsita finale…
Il est possible de faire des tandas de trois, par exemple lorsqu’il est important de renouveler les couples (déséquilibres homme-femme), par exemple, ou dans le cadre d’un festival pour se faire rencontrer plus de personne.
Entre chaque tanda, il est impératif de mettre une cortina (rideau musical constitué d’une musique non-dansante).
La cortina doit être suffisamment longue pour permettre aux danseurs de regagner leur place. C’est très important car cela augmente les chances d’invitation. Si les danseurs restent sur la piste, la mirada (invitation du regard, de rigueur dans les bals tangos) n’est pas possible.
La cortina ne doit surtout pas être dansable pour éviter que les couples restent sur la piste.
© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (4) Améliorer la musique enregistrée, prête à être diffusée

Améliorer la musique enregistrée, prête à être diffusée

Vous avez respecté les préconisations ci-dessus, vous êtes donc à la tête d’une encombrante collection de CD audios, ou de fichiers sonores non-compressés. Point satisfaisant, vous avez la musique la plus proche possible de la qualité de diffusion de l’époque.
Cependant, j’ai une autre ambition, essayer de retrouver les sons originaux de l’orchestre. Une contrebasse de 1940 devait avoir un son semblable à une contrebasse d’aujourd’hui…
Cependant, les vieux vinyles coupaient les basses à environ 150 Hertz, voire 300 pour les 45 tours (je ne parle même pas des 78 tours). Malgré les compensations des préamplis RIAA, mêmes ajustées en fonction de l’éditeur du disque, on comprendra très bien que les basses et la dynamique de la musique ont été sacrifiées.
Pour corriger cela, il va falloir « bidouiller » un peu la musique.
ATTENTION, ne jamais faire la modification sur le fichier original, toujours faire une copie. En effet, il est impossible de faire des petites retouches successives car cela détruirait la qualité du fichier. Il faut arriver directement au résultat souhaité. Évidemment, même avec un peu d’expérience, cela ne fonctionne pas toujours du premier coup. Il faut donc impérativement repartir de l’original et ne pas rajouter un petit supplément d’effet s’il a été initialement insuffisant.
Les fonctions les plus utiles sont :

  • Égalisation (permet de travailler la courbe de réponse et en particulier d’activer quelques courbes RIAA si vous avez enregistré un disque à plat).
  • Limitation des clics. Repérez sur le sonogramme les clics du disque et supprimez-les un à un. Sur certains logiciels haut de gamme, une fonction automatique peut être utilisée, mais je la déconseille sur les logiciels d’entrée de gamme type Audacity.
  • Réduction du bruit (sélectionnez une partie « vierge de musique du disque où on entend le gratouillis et cliquez sur le bouton « prendre le profil du bruit ». Sélectionnez ensuite tout le morceau et appliquez la réduction. Le bruit capturé est soustrait du reste de l’enregistrement. Attention, cette manipulation peut donner un son désagréable. En fait, il vaut mieux s’en passer si l’on ne dispose pas d’un logiciel de retouche très avancé permettant d’axer la retouche sur des bandes de fréquence très précises (avec AUdacity, c’est souvent très médiocre…)
  • Amplification (pour unifier les volumes des morceaux afin qu’ils en détonnent pas dans une tanda).
  • À Buenos Aires, les DJ jouent un peu avec le pitch, généralement pour accélérer un peu le tempo. Cela a l’inconvénient de rendre le son plus aigu. Avec un traitement informatique on peut éviter cela (Changer le tempo / Changer la hauteur)…
    Certains CD ont des musiques en vitesses très différente.
    Pour ma part, j’utilise plutôt la variation de musique en direct durant la milonga (avec blocage de la tonalité).
Écoutez le résultat au casque avant de le défaire et de faire un autre essai s’il ne convient pas. S’il convient, exportez votre travail.
En effet, à ce stade, la musique peut être compressée (mini 192kbs, mais 320kbs  de préférence) car vous n’avez plus à la travailler. Cela vous permettra de prendre moins de place sur votre disque de diffusion.
En revanche, il est sans doute intéressant de conserver une version non compressée (FLAC ou Wave) sur un support externe.
© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (2) Classer sa musique

Classer sa musique

Pour ma part, je classe la musique en fonction de sa « dansabilité » :

***** Excellent à danser et bonne qualité technique de l’enregistrement

**** Excellent à danser et qualité technique un peu moins bonne, mais diffusable.

*** Utilisable pour danser, mais moins agréable ou qualité technique un peu faible. Je ne les diffuse que sur demande.

** indansable ou qualité technique trop pauvre pour être utilisé, mais morceau intéressant.

* Musique conservée pour son intérêt historique, sa rareté ou autre, mais inexploitable en milonga.

J’indique le style dans le genre de la façon suivante :

  • Tango
  • Tango cantado (je mets à part ceux qui ne sont pas dansables et les classe « canción »)
  • Tango milonga
  • Tango milonga cantada
  • Tango vals
  • Tango vals cantado

Pour les morceaux plus récents, j’ai des catégories (elles mêmes divisées en milonga et vals, cantado ou pas) :

  • Tango nuevo : instruments traditionnels, mais sonorités ou musicalité particulières. La plupart des compositions de Piazzolla entrent dans cette catégorie.
  • Tango electrónico : instrumentation électronique, sonorités très différentes du tango traditionnel. Electrocutango, Malevo ou Debayres alimentent cette catégorie.
  • Tango alternativo : musiques qui ne sont pas conçues pour danser le tango mais qu’il peut être sympa de danser en tango (tango to Evora par exemple).

Une tanda doit être homogène, c’est-à-dire qu’elle doit comporter des morceaux qui vont ensemble. Il faut donc être capable d’identifier l’orchestre, le chanteur, le style de danse, l’année d’enregistrement et de nombreux autres critères, parfois plus difficiles à saisir.

Une des méthodes peut consister à utiliser les commentaires (cette musique va bien avec telle autre), mais on peut utiliser aussi les groupes. Ainsi, on peut classer ensemble des musiques du même orchestre qui vont bien ensemble. Ainsi, le DJ, à la volée, pourra composer une tanda cohérente car il aura auparavant pris le temps de vérifier que cela fonctionnait.

Plus la musique sera organisée et plus cela sera facile pour le DJ de constituer ses tandas à la volée en fonction de l’ambiance recherchée.

© Bernard-Yves Cochain 2008