Category Archives: Musique

Les progrès de l’enregistrement

Sur la qualité des enregistrements anciens…

Dans les milongas, on ne diffuse que des enregistrements postérieurs à 1926. Savez-vous pourquoi ?

  1. La vieja guardia n’est pas toujours intéressante à danser.
  2. Les orchestres ne jouaient pas vraiment du tango avant 1926.
  3. La qualité des enregistrements antérieurs n’est pas assez bonne.

La première raison n’est pas exacte. Si à Buenos Aires la Vieja guardia est très peu diffusée, c’est loin d’être le cas en Europe. Disons que ces enregistrements sont souvent un peu pauvres et moyens à danser, mais ils sont diffusables quand ils ont été enregistrés après 1926…

La seconde n’est pas exacte non plus. La combinaison entre les différents rythmes originaux, Candombe, chansons de payador, Habanera, canyengue et autres avait déjà donné naissance à de véritables tango (2X4 notamment). Certains morceaux assez lents ont été ensuite accélérés et sont devenus des milongas, d’autres ont gardé le caractère du tango. Donc, ce n’est pas la seconde raison.

L’enregistrement acoustique

Et oui, c’est la troisième solution la bonne. Les premiers enregistrements étaient effectué en émettant du son dans un pavillon collecteur, afin de concentrer les vibrations sonores vers une aiguille qui gravait un sillon dans un matériau ductile (comme la cire).

Phonographe Edison 1877

Phonographe Edison 1877. Il enregistrait sur un cylindre d’étain. Il servait aussi à la reproduction.

Enregistreur acoustique sur cylindre

Phonographe Girard permettant la restitution des cylindres moulés. Il se remontait à l’aide d’une clef (visible sur la gauche de l’image).

Enregistrement d'un chef indien sur un Gramophone en 1916

Enregistrement d’un chef indien sur un Gramophone en 1916

Orchestre enregistrant en acoustique

Orchestre enregistrant en acoustique. Remarquez le grand pavillon pointant vers l’enregistreur et comment les musiciens sont « empilés » pour être en face du pavillon. Le violoniste au premier plan à un violon à pavillon qui permet de donner un son plus fort et plus directionnel.

Violon à pavillon (Orchestre de Julio de Caro)

Violon à pavillon (Orchestre de Julio de Caro)

Orchestre enregistrant en acoustique

Orchestre enregistrant en acoustique. Dans la cabine, l’enregistreur sur disque de cire.

En 1925, l’enregistrement électrique va rapidement mettre au rebut ce type d’équipement… En Argentine, il faudra attendre 1926 pour trouver les premiers enregistrements électriques, les éditeurs cherchant à écouler leur vieux stock…

L’enregistrement électrique

En 1906, l’invention du microphone a un peu amélioré le dispositif, mais ce n’est qu’en 1925 que l’enregistrement électrique a vu le jour de façon industrielle.

Le microphone est associé à un amplificateur qui permet de graver avec une grande précision les masters (disques qui serviront après moulage au pressage des disques diffusés).

Orchestre Odeon jouant devant un microphone à charbon

Orchestre Victor jouant devant un microphone à charbon

En coulisse, l'ingénieur du son surveille la gravure du master...

En coulisse, l’ingénieur du son surveille la gravure du master…

Microphone à charbon

Microphone à charbon

Microphone Western Electric

Microphone Western Electric

Écoutons la différence entre acoustique et électrique

L’orchestre de Francisco Canaro a enregistré à deux reprises le tango Caricias. Une fois en 1924, avec un système d’enregistrement acoustique et une fois en 1927, avec un système électronique.

Il est très intéressant de voir comment la qualité a été améliorée en l’espace de quelques mois…


Et pourtant, elle dansait ! Par Marina Carranza

Résultats de recherche d'images pour « marina carranza »Et pourtant elle dansait avec « les orchestres » de son temps, pendant l’époque d’or du tango. Un tango où les corps ne se touchaient pas, un tango plus proche du tango musette français que de ce que les gens dansent aujourd’hui dans les milongas ¬- mêmes dans celles qui se désignent comme « encuentros milongueros ».

Ainsi, ma grand-mère ne dansait pas du tout en étant collée à son partenaire, ni même très proche. Aucun pas de base n’existant à cette époque (1933/1938), elle n’avait pas à connaître la salida ni les huit, ni le croisé, ni de système parallèle ou croisé… Rien de tout cela.

Avec une expression de parfait dégoût, ma grand-mère disait toujours que Piazzolla ce n’était pas du tango. Jusqu’au jour où elle m’a vu danser sur du Piazzolla.

Piazzolla n’était pas « son » tango.

Le jour où elle a connu le plaisir de voir sa petite-fille danser sur du Piazzola, elle a compris qu’il y avait un tango pour elle, et aussi un autre pour d’autres dont moi…

Peut-être faut-il l’amour d’une grand-mère pour sa petite fille pour devenir plus tolérant-e.

Par ailleurs, si les danseurs n’entendent plus que des tangos des années 40, n’est-ce pas un appauvrissement ? Que dirait ma grand-mère si elle nous voyait préférer danser sur des CD, plutôt que d’accueillir et de partager les réalisations des artistes actuels et contemporains qui continuent à faire évoluer et grandir l’histoire du tango?

Au-delà de l’histoire familiale, il ne faut pas oublier d’où est venu le tango. Ce tango que tous nous aimons. En nos jours d’intolérance où sont exclues beaucoup de personnes qui n’ont pas de terre où aller, peut-être faut-il se rappeler que c’était des déracinés, des immigrants, des personnes marginalisées, qui ont sublimé dans le tango le rêve d’une vie meilleure. Relégués dans des quartiers misérables, ils ont d’abord dansé entre eux le tango sur toutes sortes de musiques : habaneras, polkas, mazurkas, rythmes africains… Le tango naît d’abord comme danse… la musique « tango » n’arrive qu’ensuite.

Alors, comment dire aujourd’hui de quelle façon  » le vrai tango doit se danser »…. ? Qué derecho tenemos para dictaminar cual es el « verdadero tango »??

Car, plus que tout, le tango est synonyme de liberté.

On ne peut, bien sûr, qu’être sensible au désir de danser pour revenir à ce<e histoire qui a donné au tango son caractère essentiel de rencontre et d’intimité. Mais, tout en en ressentant, pour cela, la nécessité de garder assez de distance avec les intérêts commerciaux que le tango a pu susciter, évitons de demeurer fermés à d’autres styles, et à d’autres manières d’appréhender un mouvement culturel.

Et puis, que se passe-t-il dans  toutes ces milongas qui  donnent exclusivement des tangos des  années 40 ? Alors que personne ne danse plus comme alors ? Alors que tant de musiciens luttent  pour réaliser un CD que personne ne programmera ? Comment ne pas réagir ? Veut-on figer et appauvrir ce tango qui poursuit malgré tout son histoire et ne peut se concevoir qu’avec liberté et dans la liberté ?

Qui peut s’arroger le droit d’être culpabilisant ou méprisant, dicter « ce qu’est le tango et ce qui ne l’est pas », s’il donne un prix à la liberté ?

Ce serait choisir l’indifférence et l’intolérance à l’encontre d’artistes qui créent le futur tango, sans être pour cela les agents d’un tango uniquement « for export ».

Effectivement, dans le tango, comme dans d’autres domaines artistiques, les meilleurs profits reviennent à qui saura au mieux programmer un événement ou proposer à la vente l’illusion d’un apprentissage restreint du tango, et non à ceux qui créent, portés par toute la culture qui leur a permis de s’exprimer. Par ailleurs, en France, à cause des différents régimes de subventions allouées à la culture, nombre de musiciens, danseurs et chorégraphes ( mais aussi, chanteurs, poètes, peintres…) qui ne sont pas « célèbres », ou qui n’appartiennent pas aux grandes structures subventionnées, se voient souvent réduits à pratiquer la mendicité « au chapeau »!

Dans toute cette actualité terrible, je ne vois d’espoir que dans un tango « LIBRE »… dans le respect et la tolérance, dans l’ouverture par la valorisation du passé et du présent.

Marina Carranza et Helios Casa (collaboration et correction), août 2017


Marina Carranza est née à Buenos Aires. Elle est danseuse et comédienne et vie actuellement à Toulouse (France). Son témoignage est donc très intéressant par sa double culture.
Pour en savoir plus sur elle…


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A C M T H = T A N G O

Aoniken Quiroga

Aoniken Quiroga

Il ne s’agit pas d’un message chiffré, mais de la présentation par Éric S et Marie-Pierre G d’un écrit de Aoniken Quiroga qui, à la manière de Tete et autres, s’étonne des dérives du tango et essaye de redonner la bonne direction. Voir traduction ci-dessous…

 Este no es un mensaje cifrado, es la presentación realisada por Éric S y Marie-Pierre G de un escrito de Aoniken Quiroga, como Tete y otros es sorprendió por las derivas del tango y trata de dar dirección justa.

This is not an encrypted message, but the presentation (realised by Éric S and Marie-Pierre G) of a writing by Aoniken Quiroga, like Tete and others he is surprised by the drifts of tango and tries to give fair direction. Translation…

En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es vá…

Publié par Aoniken Quiroga sur samedi 22 juillet 2017


A C M T H :

A como Abrazo,
C como Conexión,
M como Música
T como Tierra, y
H como Historia

« En esta época de gran confusión tanguera, donde los límites del tango parecen sufrir de astigmatismo, donde todo es válido, desde elegir otras músicas para bailarlas como tango hasta tocar despacito con un bandoneón para promocionar el festival y mundial de Buenos Aires, donde se sigue vendiendo capacidad acrobática y trucos aéreos como tango Argentino, donde la confusión marchita hasta las mas internas fibras del tango social, donde con la excusa del « arte » algunos bailarines destrozan mas de 100 años de historia, yo me pregunto, por qué?

Por qué si no les gusta el TANGO lo bailan? Por qué si no les gusta bailar a tierra y no disfrutan de la década de oro del tango, lo manipulan lo contaminan y lo destruyen?

Quizás la respuesta es que dentro del mundo del tango pueden hacer eso y ganar plata, mucha plata pero fuera de éste mundo son solo un gran NADIE, proyectos de bailarines de otras danzas frustrados y que encuentran en el tango la posibilidad negada en otros mundos artísticos.

Si no existe el abrazo, ni la conexión, ni la música, ni la tierra, ni la historia del TANGO ENTONCES NO ES TANGO.

En ésta época de confusión y comercio YO sigo ELIGIENDO AL TANGO, ése improvisado, que habla de la historia cultural de Buenos Aires, ése Tango de abrazo y complicidad, ése que se CAMINA, ése ése mismo que Mame desde chiquito, ése que me hizo hombre.

GRACIAS TANGO YO NO TE CAMBIO »


A C M T H :

A comme Abrazo (câlin),
C comme Connexion,
M comme Musique
T comme Terre, et
H comme Histoire

« En cette période de grande confusion Tanguera, où les limites du tango semblent souffrir d’astigmatisme, où tout est valide, où se choisissent d’autres musiques pour représenter le tango en jouant Despacito (un reggaetón, ndt) au bandonéon pour la promotion du festival mondial de Buenos Aires, où se vendent aussi des compétences acrobatiques et des figures aériennes comme étant du tango argentin, où la confusion se fond dans les fibres les plus intimes du tango social, où, sous le couvert de “l’art”, des danseurs détruisent plus de 100 ans d’histoire, je me demande pourquoi ?

Si vous n’aimez pas la danse du tango, pourquoi la dansez-vous ? Pourquoi si vous n’aimez pas danser dans le sol et n’appréciez pas la décennie d’or du tango, le polluez-vous et le manipulez-vous à le détruire ?

Peut-être que la réponse est que dans le tango mondial on peut faire cela et faire de l’argent, beaucoup d’argent avec, mais hors de ce monde, c’est juste un grand RIEN, des danseurs d’autres horizons frustrés et qui dansent le tango car ils y trouvent des possibilités refusées dans leur domaine artistiques.

S’il n’y a pas d’Abrazo, pas de connexion, pas de musique, pas de terre, ni d’histoire du tango, ce n’est pas du tango.

En cette période de confusion et de commerce, JE CONTINUE DE CHOISIR LE TANGO, celui qui s’improvise, celui qui parle de l’histoire culturelle de Buenos Aires, ce Tango fait d’étreintes et complicités, Celui qui MARCHE qui est celui que j’ai tété depuis l’enfance, celui qui m’a fait homme.

MERCI TANGO, JE NE TE CHANGE PAS »


A C M T H :

A like Abrazo (hug),
C like Conexion,
M like Music
T like earTh (ground), and
H like History

“In this time of great tango confusion, where the limits of tango seem to suffer from astigmatism, where everything is valid, from choosing other music to tango dance to playing Despacito (a reggaetón, translator’s note) with a bandoneon to promote the festival Mundial de Buenos Aires, where continues to sell acrobatic ability and aerial tricks as Argentinean tango, where confusion fades to the innermost fibers of social tango, where with the excuse of ‘art’ some dancers destroy more than 100 years of history, I wonder, why?

What if they do not like TANGO they dance it? Why if they do not like to dance to earth and they do not enjoy the golden decade of the tango, they manipulate it they contaminate it and until they destroy it?

Perhaps the answer is that within the global tango they can make. That and to win money, a lot of money but out of this world are just a big NOTHING, projects of dancers of other dances frustrated and who find in the tango the possibility denied in other worlds.

If there is no embrace, no connection, no music, no ground, no history of TANGO THEN IT IS NOT TANGO.

In this time of confusion and trade I continue to CHOOSE THE TANGO, that improvised one that speaks of the cultural history of Buenos Aires, that Tango of embrace and complicity, that one WALKS, the one I’ve been sucking since I was a little one, that made me man.

THANK YOU TANGO I DO NOT CHANGE YOU”


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Remerciements : 

  • Aoniken Quiroga, pour l’autorisation de reproduire et traduire cet article.
  • Éric S et Marie-Pierre G, pour avoir validé la traduction et pour le génial résumé : A C M T H
  • Marie S, pour m’avoir appris que Despacito était en fait un morceau de zouk et plus précisément un reggaetón. J’avais initialement traduit Despacito par « lentement », ce qui était logique quand on ne connait pas le morceau. Pour ceux qui étaient ignorant comme moi, voici « Despacito » par son auteur, Luis Fonsi.

 


El Tangón – una danza original, de figuras caprichosas

Connaissez-vous le Tangón ? / ¿Sabe usted el Tangón? / Do you know Tangón?
El Porteño, Tangón – Francisco Canaro – Roberto Maida – 01-09-1936

Cette danse a été créée pour faire de nouvelles figures si on en croit le « Tangón » chanté par Ada Falcón et Roberto Maida.
Voici le texte de la chanson qui décrit les raisons de la danse : El Tangón.

Este baile fue creado para las nuevas figuras, si uno cree el « Tangón » cantado por Ada Falcón y Roberto Maida.
He aquí el texto de la canción que describe las razones de esta danza: El Tangón.

This dance was created for having new figures, if one believes the « Tangón » sung by Ada Falcón and Roberto Maida.
Here is the text of the song that describes the reasons for this dance: El Tangón.

Tangón

Música: Francisco Canaro – Letra: Ivo Pelay

Me pidieron los muchachos una danza original,
me pidieron los muchachos una danza novedosa,
Se han cansado, con el mundo, de los bailes siempre iguales.
Nuevos tiempos, nuevos ritmos; gente nueva, nuevas cosas.

Me pidieron los muchachos una danza original,
de figuras caprichosas y cadencia nacional.
Y un danzón amilongado con un tango fue anudado,
para dar a los muchachos una danza original.

Así nació el tangón.
Tangón porteño,
con pretensiones
de ser señor y dueño.
Es roncador, cimbreador,
rezongón y en su cadencia
hay un aliento de
sensualidad.
De festín, de dolor.
De placer y de amor.

Con figuras caprichosas he buscado componer
un bailable que llegara a imponerse en los salones
Y el tangón nació a la vida como nacen las personas
sobre todo en este siglo de locuras y ambiciones.

Con figuras caprichosas he buscado componer
un bailable que pudieran los muchachos aprender.
Y enlazando melodías con cadencias y armonías,
un bailable caprichoso he buscado componer.

El Tangón, Tangón – Francisco Canaro – Roberto Maida – 08-20-1935

Il y a aussi d’autres versions de Tangón chantées par Ada Falcón (1935) ou Guillermo Coral (1956) et une autre version de El Porteño par le Quinteto Pirincho (1952).

También hay versiónes de Tangón cantadas por Ada Falcón (1935) o Guillermo Coral (1956)  y otra versión de El Porteño por el Quinteto Pirincho (1952).

There is also versions of Tangón sung by Ada Falcón (1935) or Guillermo Coral (1956) and another version of El Porteño by the Pirincho Quintet (1952).

El Porteño, Tangón – Francisco Canaro – Quinteto Pirincho – 08-10-1952

El Porteño – Tangón
Francisco Canaro (Pirincho) 08-10-1952

Le tangón dans le bal tango ? / ¿El tangón en la milonga? / The tangón in the milonga:

A priori NON / NO
Certains DJs passent des tangóns, souvent associés avec des candombes. Je n’encourage pas. Je fais connaître, justement pour sensibiliser à la différence…

Algunos DJs pasan tangóns, a menudo asociados con candombes. No me gusta. Hablo de tangón sólo para dar a conocer la diferencia…

Some DJs pass tangóns, often associated with candombes. I do not like. I’m talking about a tangóns just to make the difference…


DJ BYC a les honneurs de Aires de Milonga, le site de vidéo de tango de Buenos Aires

 Très fier d’avoir eu les honneurs de ce site de référence sur les milongas du Monde.
Pour info, la première musique a été ajoutée par Carlos Neumann. Ce n’est pas celle du bal. Par contre, Fresedo est bien la musique réelle de la milonga.

  La vidéo sur le site…

 


Carlos Gardel, enfant de France

Même si la polémique semble éteinte, il reste quelques foyers de résistance refusant encore d’attribuer la naissance de Carlos Gardel à Toulouse.
Plusieurs documents irréfutables existent cependant. Ils sont plus solides que les documents Uruguayens qui sont des déclarations très largement postérieures à la naissance de Gardel et qui avaient probablement des buts du genre, se faire oublier pendant la première guerre mondiale où il était considéré comme déserteur car né français et pour éviter (en 1920) certaines poursuites en se rendant blanc comme… plâtre (escayola) en s’inventant une filiation comme  » Carlos Escayola » fils de Carlos Escayola et María Gardel, ce Carlos Escayola étant rapproché d’un fils d’un second mariage d’un Colonel Carlos Escayola né en 1876 (soir 14 ans plus vieux que l’âge français de Gardel). À noter que les deux « parents » sont morts à la date de l’établissement de ces documents, ce qui semble pratique et peut convaincre qu’ils n’avaient pas connaissance de ce rejeton encombrant…

« En 1920 la compañía de Rosas lo convocó para viajar a España por una temporada teatral. Él estaba indocumentado, porque el hecho de no concurrir a la embajada para registrarse como ciudadano francés le impidió recibir la cartilla militar y el registro en gendarmería. Entonces, él decidió en 1920 inscribirse en el consulado uruguayo amparándose en una legislación muy particular para súbditos uruguayos residentes en otros países. Se registró como uruguayo nacido en Tacuarembó tres años antes de su verdadero nacimiento: se anotó como nacido el 11 de diciembre pero de 1887. En vez de poner Gardes, se inscribió como Gardel, su nombre artístico.«  En 1920, la compagnie de Rosas l’invite à voyager en Espagne pour une tournée théâtrale. Il était sans papier car il n’était pas allé se faire enregistrer à l’ambassade comme citoyen français et n’a donc pas reçu ses papiers (sinon, il aurait du partir faire la guerre en 1918 et aurait été arrêté comme déserteur s’il l’avait fait par la suite). Ainsi, décida-t-il de s’inscrire au consulat uruguayen en vertu d’une législation spéciale pour les sujets uruguayens résidant dans d’autres pays. Il a été inscrit comme étant né à Tacuarembó, trois ans avant sa date de naissance réelle, le 11 décembre de 1887. Au lieu de choisir Gardes, il pris son nom d’artiste, Gardel.

On attribue souvent à ce manquement à ses obligations militaires en France, la composition de silencio
« Dice la « leyenda », que Carlos Gardel y Alfredo Le Pera visitaron en Francia la tumba de 5 hermanos y su madre, que habrían muerto durante la Gran Guerra de 1914-18. Y que quedaron tan impresionados por lo visto, que esa misma noche compusieron la canción.«  La légende prétend que Carlos Gardel et Alfredo La Pera visitèrent en France la tombe de cinq frères et leur mère, tués pendant la grande guerre 14-18 et qu’ils ont été tellement impressionnés par cette visite qu’ils écrivirent la chanson la nuit même.

Vous trouverez en bas de page, des liens vers divers documents, comme des cartes postales écrites à sa famille française, cartes difficiles à expliquer s’il était effectivement uruguayen…

Revenons donc aux documents originaux, établis au noms de Charles Gardes :

L’acte de naissance de Carlos Gardel

Acte de naissance de Charles Romuald Gardes à l'hôpital de la Grave à Toulouse

Acte de naissance de Charles Romuald Gardes à l’hôpital de la Grave à Toulouse

Cet acte indique que le 11 décembre 1890, Charles Romuald est né à deux heures du matin à l’hôpital de la Grave.

Acte de Baptême de Carlos Gardel

Acte de baptême de Carlos Gardel, le 11 décembre, lendemain de sa naissance.

Acte de baptême de Carlos Gardel, le 11 décembre, lendemain de sa naissance.

Le document témoignant de son entrée en Argentine

Ce titre est émis par la Direction Générale de l’immigration de la République Argentine sous le numéro 122 (sa mère est sous le numéro 121).

Récipissé d'inscription dans les registres de l'immigration argentine en date du 11 mars 1893 établi au nom de Charles Gardes, âgé de 2 ans, en provenance de Bordeaux sur le vapeur Don Pedro.

Récipissé d’inscription dans les registres de l’immigration argentine en date du 11 mars 1893 établi au nom de Charles Gardes, âgé de 2 ans, en provenance de Bordeaux sur le vapeur Don Pedro.

Dans ce document Gardel, s’appelle encore Gardes et son prénom est Charles.
Le 11 mars 1893, Gardel est mentionné dans ce document comme ayant 2 ans, ce qui correspond, à trois mois près à son âge exact.
La bateau est le Don Pedro, un vapeur qui devait partir du Havre le 8 février 1893 (à destination de La Plata).
On trouve trace de ce voyage, le 10 février, départ effectif du Havre avec comme capitaine Vincent Marie Crecquer.
Le 14, ce bateau partait de Pauillac (où auraient embarqué Berthe et Charles) à destination de Santa Cruz de Tenerife où il arrive et repart le 20 février pour se lancer dans la traversée de l’Atlantique jusqu’en Uruguay.
Il arrive le 9 mars à Montevideo et en repart le 10 pour Buenos Aires où il arrive probablement le 11 mars si on tient compte de la durée de la traversée du Rio de la Plata et des dates des certificats d’immigration de Berthe et Charles.
Il y a un petit doute sur la date d’arrivée, les documents maritimes évoquant le 12 mars pour le débarquement. On peut très bien imaginer que les autorités d’immigration sont montés à bord le 11, à l’arrivée, mais que le désembarquement ne s’est effectué que le lendemain pour tenir compte des délais de quarantaine de 48 heures.
Le bateau est ensuite reparti pour le Havre, chargé de viande congelée…
Reste que certains documents manquent, comme les registres de l’immigration confiés au CEMLA et évaporés pour les années 1882-1925… Pour cette raison, on ne peut pas retrouver l’écriture correspondant au certificat 122 de l’immigration. Certains en profitent pour diminuer la force de l’origine française, s’appuyant aussi sur l’absence du registre de création des passeports français pour les années entourant le départ supposés des Gardes.

Courriers et interactions avec sa famille française

Carte postale de Carlos Gardel à ses grands-parents en France

Carte postale de Carlos Gardel à ses grands-parents en France

Famille française de Gardel à Albi en 1934

Famille française de Gardel à Albi en 1934

Une des photos prises à Albi en 1934 avec à la gauche de Gardel (à droite sur la photo), son oncle Jean Marie Gardes et sa tante Charlotte Laurence, seconde femme de Jean et belle-sœur de Berthe.

Arbre généalogique de Carlos Gardel réalisé par Georges Galopa en 2013 d'après celui d'Henri Brune.

Arbre généalogique de Carlos Gardel réalisé par Georges Galopa en 2013 d’après celui d’Henri Brune.

Pour vous faire votre propre idée :

La thèse uruguayenne :

La thèse française :

Documents divers


Top 20 tangos chantés

Les 20 tangos chantés les plus appréciés en milonga

DJ Bernardo par Marie Tango Pavadita Béziers Texte v2Une amie, historienne du tango, m’a posé ce matin cette question « quels sont les 20 tangos les plus appréciés en milonga » alors que j’étais justement en train de préparer la question…

Tout d’abord, il y a tango chanté et chanson de tango. Ce dernier type, utilisé en milonga a donné une très mauvaise réputation au tango chanté. En effet, les cantantes (chanteurs généralistes adeptes du bel canto), par opposition au cantores (chanteurs de tango plus dans l’émotion et l’interprétation que la recherche de la belle voix) emploient dans leurs performances des éléments d’interprétation que les danseurs peuvent difficilement anticiper, ce qui nuit gravement à l’improvisation, ou plus modestement, à la reproduction des chorégraphies habituelles chez les plus mauvais danseurs. Il m’arrive que des organisateurs me demandent de ne pas passer de tangos chantés, car les danseurs de cette milonga n’aiment pas. J’ai à chaque fois fait l’inverse et les organisateurs et les danseurs ont toujours été enchantés du résultat.

Pour moi, il est donc clairement établi que les tangos chantés ont bonne cote.

Un sondage aux résultats surprenants

pie-chart (chanté)

Seul 14 % des danseurs préfèrent les tangos instrumentaux.

J’ai réalisé ces derniers jours un petit sondage dont les résultats m’ont assez surpris. « Préférez-vous les tangos instrumentaux ou chantés pour danser ? Do you prefer instrumental tangos or sung to dance? ¿Prefieres tangos instrumentales o tangos cantados para bailar? », la réponse est : « Les deux — Either — Los dos » à 50 %, « Tangos chantés (cantados) (sung) » pour 36,1 % et seulement 13,9 % pour « Tangos instrumentaux (instrumental) ». Pour aller plus loin, les femmes mettent à égalité les deux genres et seulement 13,3 % des hommes indiquent préférer les tangos instrumentaux.

 Cela correspond à mes observations. Autrefois, j’essayais de passer presque autant de tangos instrumentaux que chantés, mais mon style actuel est surtout basés sur les tangos chantés, mon intuition semblait bonne.

Je pense donc que faire la distinction entre des tangos chantés et des chansons tango est très important, car ceux qui n’aiment pas les chansons tango râlent vite, ce qui donne très souvent l’impression que ce sont tous les tangos chantés qui sont à rejeter… C’est par ailleurs une des notions que j’ai le plus de mal à faire comprendre dans mes stages DJ, la différence entre dansable et donnant irrésistiblement envie de danser. 😉

Les femmes et les hommes n’ont pas les mêmes goûts

pie-chart Femmes

Les orchestres enregistrés, préférés par les femmes

pie-chart Hommes

Les orchestres enregistrés, préférés par les hommes

Chez les femmes, le classement de tête des orchestres enregistré est Canaro ; Di Sarli ; Pugliese alors que chez les hommes, Fresedo arrive en tête, suivi de D’Arienzo, Pugliese, Di Sarli et Troilo. Quand on mélange tout (hommes et femmes), on obtient le palmarès suivant, Pugliese, bien devant, avec dans un mouchoir de poche, D’Arienzo, Di Sarli, Troilo, Canaro et Fresedo. En dessous de 30 %, mais encore au-dessus de 20 %, on trouve Rodriguez, Donato, la Tipica Victor, Calo et De Angelis, d’Agostino n’obtenant un score que de 19,4 %.

À noter le score assez bas de Biagi avec seulement 16,1 % (en bas du classement pour les femmes, comme pour les hommes). Je partage un peu cet avis, si j’adore les valses de Biagi, je trouve surprenant cet engouement apparent des DJ d’encuentros pour cet orchestre. Je note que ceux qui aiment Biagi, aiment à égalité D’Arienzo et ont la Juan d’Arienzo comme orchestre live préféré, il y a donc une certaine logique.

Les tangos chantés préférés

Je reviens à la question de mon amie. Les deux tangos préférés en Europe sont Poema et Invernio, par Francisco Canaro et Roberto Maida. Ces deux tangos de 1935 remportent haut la main le palmarès en France et en Espagne, sans doute pas à Buenos Aires, Canaro étant Uruguayen, seules ses valses sont régulièrement diffusées…

Les résultats seraient donc sensiblement différents en France et à Buenos Aires, je vais donc faire un subtil mix pour donner ce qui me semble être le TOP 20 des tangos chantés :

  1. Poema (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  2. Invierno (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  3. Paciencia (Francisco Canaro, Roberto Maida 1938 ou encore plus Juan d’Arienzo,Alberto Echagüe 1951)
  4. Remembranzas (Osváldo Pugliese, Jorge Maciel 1956 ou Juan d’Arienzo,Jorge Valdéz 1964)
  5. Nada (Carlos Di Sarli, Alberto Podestá 1944 et un peu moins Miguel Caló, Raúl Iriarte 1944)
  6. Al Compas del Corazon (Miguel Caló, Raúl Berón 1942)
  7. Buscandote (Osváldo Fresedo, Ricardo Ruiz 1941)
  8. Vida Querida (Osváldo Fresedo, Ricardo Ruiz 1940)
  9. Vida mia (Osváldo Fresedo, Roberto Ray 1933)
  10. Cuatro compases (Miguel Caló, Raúl Berón 1942)
  11. No Mientas (Juan d’Arienzo,Alberto Echagüe 1938)
  12. En tus brazos (Alfredo De Angelis, Oscar Larroca 1958, immortalisé par le film d’animation)
  13. Malena (Aníbal Troilo, Francisco Fiorentino 1942 ou Aníbal Troilo, Raúl Beron 1952)
  14. Tú… el cielo y tú… (Carlos Di Sarli, Alberto Podestá 1944 ou un peu moins Enrique Rodriguez, Armando Moreno 1944)
  15. Tres esquinas (Ángel d’Agostino, Ángel Vargas 1941 ou Sexteto Milonguero, Javier Di Ciriaco 2010)
  16. Llorar por una mujer (Sexteto Milonguero, Javier Di Ciriaco 2010). Pour ces dames…
  17. Todo te nombra (Rodolfo Biagi, Jorge Ortiz 1940)
  18. Ventarrón (Típica Victor, Alberto Gómez 1933)
  19. El adiós (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938, Francisco Canaro, Roberto Maida 1938 ou le très à la mode Osváldo Pugliese avec Jorge Maciel 1963)
  20. Esta noche me emborracho (Juan d’Arienzo, Alberto Echagüe 1954). Sans doute plus portègne.

Je me rends compte qu’il serait sans doute plus facile de faire le Top 50… Pour ne pas être trop frustré, voici le top cinq des vals.

  1. Soñar y nada más (Vals) (Alfredo De Angelis, Carlos Dante y Julio Martel 1944 ou un peu moins, Francisco Canaro, Eduardo Adrían et Carlos Roldán 1943 et encore un cran en dessous Aníbal Troilo, Alberto Marino et Francisco Fiorentino 1943)
  2. Viejo Portón (Vals) (Rodolfo Biagi, Teófilo Ibáñez 1938)
  3. Loca de amor (Vals) (Rodolfo Biagi, Teófilo Ibáñez 1938)
  4. Los cien barrios porteños (Vals) (Ricardo Tanturi, Alberto Castillo 1943)
  5. Con tus besos (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938)

Et pour terminer, le top six des milongas…

  1. Larga la penas (Francisco Canaro, Roberto Maida 1935)
  2. Milonga Brava (Yo fui la milonga brava) (Francisco Canaro, Roberto Maida 1938)
  3. El porteñito (Ángel d’Agostino, Ángel Vargas 1943)
  4. La milonga que faltaba (Edgardo Donato, Horacio Lagos 1938)
  5. Milonga sentimental (Francisco Canaro, Ernesto Famá et Ángel Ramos1933). Limite canyengue.
  6. Estampa de varón (Juan d’Arienzo, Alberto Echagüe 1938)

Pour entendre un certain nombre de ces titres, on pourra se rendre sur ma playlist Deezer : http://www.deezer.com/playlist/2083260964

 


DJ de tango, la grande incompréhension…

DJ de tango, la grande incompréhension…

Article rédigé en 2014 mais qui me semble toujours d’actualité…

DJ Bernardo par Marie Tango Pavadita Béziers Texte v2

L’arrivée de l’ordinateur dans le DJing et la diffusion de tangos via Internet ont très clairement démocratisé le métier de DJ de tango. Il suffit désormais de télécharger des playlists pour se dire DJ. C’est un peu facile, mais est-ce souhaitable pour les danseurs ?

Bien sûr, ce phénomène existait auparavant avec les compilations organisées en tandas, vendues par certaines milongas et DJ portègnes, ou par divers autres canaux. Ce qui est nouveau maintenant, c’est que la facilité d’utilisation de l’ordinateur permet de mélanger ces morceaux, sans avoir à maîtriser les outils en temps réel.

Et c’est là que le bât blesse. En effet, une compilation, qu’elle soit en provenance d’une milonga de Buenos Aires, ou qu’elle ait été réalisée à la maison par l’apprenti DJ, NE PEUT CONVENIR À COUP SÛR À LA MILONGA en cours de musicalisation.

Sentir la milonga

Le rôle du DJ est de diffuser le bon morceau au bon moment. Si c’est pour diffuser une playlist, il suffit d’un CD gravé, d’un lecteur mp3 ou d’un ordinateur. Je me demande quel peut être l’intérêt pour le DJ qui reste 5 heures ou plus derrière son ordi à faire semblant de bricoler une playlist qui est de toute façon immuable…

Je comprends mieux les motivations de ce DJ qui se contente de couper la fin de la cortina sur son lecteur mp3 pour être le premier sur la piste. Lui, il veut danser sur les musiques qu’il aime et peu importe le vécu des danseurs (ou non-danseurs qui voient le DJ, s’agiter sur la piste alors qu’eux attendent un titre à peu près à leur goût).

Pour moi, le DJ doit sentir la milonga, regarder ceux qui ne dansent pas, repérer ce qui fait lever certains et pas d’autres, afin que chaque sensibilité puisse trouver de quoi avoir envie de danser. Il pourra faire des tests, par exemple en variant les cortinas, ou en observant les réactions devant un morceau un peu plus surprenant.

Mais dans tous les cas, c’est l’adéquation entre les envies des danseurs et la programmation qui fera le succès de la soirée.

Le choix du DJ

J’ai été très interpelé il y a quelque temps en discutant avec un organisateur qui me disait qu’il sélectionnait ses DJ par rapport à leur style. Je crois qu’il pensait que mettre un DJ « catalogué » d’un style proche de sa milonga était un gage de qualité. De fait, s’il lui arrive de faire venir de bons DJ, il recrute finalement, surtout des maniaques de la playlist.

Vous avez tous en tête certains DJ capables de musicaliser un festival, une milonga de Buenos Aires ou un encuentro milonguero avec le même bonheur, mais pas avec la même musique. C’est que ce DJ sait jouer des paramètres offerts par la musique et des moyens techniques à sa disposition pour s’adapter réellement à son public.

Paramètres à la disposition du DJ pour adapter sa musicalisation

Les orchestres sont la première variable. Il est possible de varier les orchestres pour éviter la monotonie.

Les styles des orchestres est un facteur important. Notons aussi qu’un même orchestre, suivant les périodes peut avoir des ambiances différentes.

Les formes de tangos (chantés, instrumentaux, canyengue ou autres) sont très directement ressenties par les danseurs. Cependant, globalement, les titres chantés sont majoritaires car ils sont plus plaisants à danser à condition de choisir des tangos chantés et pas des chansons de tango, ce qui est une erreur beaucoup trop fréquente chez les apprentis DJ et qui plombent assurément la tanda…

L’énergie des morceaux est sans doute le paramètre essentiel et souvent mal géré. Il ne faut en effet pas confondre énergie et vitesse. Des morceaux d’apparence calmes comme certains titres de Calo peuvent être très énergiques et inversement, des tangos bruyants et rapides peuvent être complètement plats à danser. Certains DJ confondent ces paramètres et vont diffuser des orchestres de style ou sonorité différents, mais qui ont tous la même énergie. Cela créé l’ennui à coup sûr…

L’organisation des tandas est très importante selon moi. En effet, si le premier morceau est destiné à faire se lever le plus de danseurs que possible, il ne faut pas que les autres déçoivent. Ils doivent être donc d’une énergie semblable et de préférence ascendante. Les danseurs ne doivent pas non plus subir de choc causés par des titres mal assemblés.

Réactivité et adaptation sont très importantes. Il m’arrive fréquemment de changer une tanda en cours de diffusion en fonction de ce qui se passe sur et autour de la piste. Si le premier titre n’a pas fait lever assez de monde, je place un second titre plus efficace, voire, je change l’ambiance de la tanda en la faisant évoluer. Je pense par exemple à une tanda de canyengue qui peut selon les publics passer parfaitement ou bien fatiguer. Je fais alors évoluer la tanda vers des canyengues plus rapides, voire plus du tout canyengue si cela n’a pas du tout de succès.

L’organisation des tandas en ronda est aussi un élément sur lequel le DJ peut jouer. Pour ma part, je diffuse quasiment toujours des tandas de quatre, y compris pour les valses et sauf pour les milongas ou des titres nuevos parfois plus longs. J’adopte cependant parfois les tandas de trois, sur une partie de la milonga, par exemple lorsque la durée est très courte et s’il y a un gros déséquilibre des partenaires. C’est cependant quelque chose que je répugne un peu à faire car cela entre dans la mode du « zapping » et l’on s’éloigne du tango. Il me semble préférable de faire des milongas qui durent plus longtemps afin d’offrir à tout le monde une chance de bien danser (c’est d’ailleurs le choix effectué par les portègnes…). La ronda comporte traditionnellement des successions de styles du type T T V T T M ou T = Tango, V = Vals et M = Milonga). Pour les milongas courtes où quand je veux donner beaucoup d’énergie, il m’arrive de faire T V T M, ou T V T T M. Il n’est pas possible d’utiliser cette ronda toute une milonga, car elle est très fatigante pour les danseurs… D’autres DJ vont multiplier au contraire les tandas de tango pour diminuer le nombre de Vals et Milongas.

Le volume sonore est aussi très important à considérer. Il arrive souvent que les cortinas soient plus fortes que les morceaux dansés. Je trouve cela illogique. C’est à mon avis les tandas qui doivent donner l’ambiance. Les cortinas sont là pour échanger quelques mots et se préparer à la prochaine tanda. Je pense aussi que la musique doit être jouée suffisamment forte pour que l’on puisse enter dedans sans être obligé de tendre l’oreille. Une cortina moins forte permettra de se reposer l’oreille et évitera d’avoir à pousser exagérément le volume de la tanda suivante pour couvrir les conversations qui auront été poussées pour couvrir le bruit de la cortina.

Je reste bref sur le choix des morceaux pour chaque compositeur et orchestre. C’est un des rôles majeur du DJ, mais ce n’est pas souvent là qu’est le plus gros problème (si on excepte la question des chansons diffusées comme tangos chantés). Le sérieux point noir vient de ce que ces morceaux sont diffusés dans un ordre hasardeux ou à mauvais escient. Deux excellentes tandas peuvent se tuer si elles se succèdent car elles peuvent être d’une énergie trop proche (ou trop différente).

L’utilisation de l’ordinateur conduit aussi à ne pas exploiter un des facteurs qui est l’intervalle entre les morceaux. Par défaut, j’ai un intervalle de 3,7 secondes entre les titres, mais il m’arrive de raccourcir ou prolonger cette durée en fonction du lieu, des danseurs et de l’énergie à diffuser. Par exemple, dans une tanda où il y a une dynamique mécanique très entraînante comme dans certains vals de d’Arienzo, il peut être intéressant de ne pas laisser de trop grands blancs pour que l’énergie reste en progression constante.

La longueur des cortinas est aussi à prendre en considération. Trop courtes, elles empêchent d’avoir le temps de retourner s’asseoir, ce qui pénalise le renouvellement des couples. Il faut avoir le temps de raccompagner sa danseuse et de préparer la suite… Il ne faut pas qu’elle soit trop longue non plus. Une fois que les plus rapides ont fait leur choix, il est intéressant de lancer la tanda suivante…

Dans la pratique, il y a des dizaines d’autres paramètres que doit pouvoir estimer et maîtriser le DJ. Je prendrai juste pour exemple la diffusion d’une tanda de milonga dans la dernière heure d’une soirée. Certains DJ se l’interdisent par principe. En fait, c’est assez idiot dans la mesure où, où la milonga est appréciée, cette dernière tanda sera hyper bien vécue, dans le style éclate finale. Il m’arrive dans d’autres endroits, de remplacer une tanda de milonga par des vals, ou plus rarement l’inverse.

Aux organisateurs

J’espère que ces petits éléments vous permettront de voir plus clair sur comment choisir un DJ. Lorsque je suis danseur, j’ai envie de passer une bonne soirée et si je peux faire des kilomètres pour un DJ et même si tous les danseurs ne sont pas aussi exigeants, ils sont globalement tous sensibles à la musique et ils passeront, ou pas, une excellente soirée, avec fatigue, ou sans. Le DJ doit donc pouvoir veiller sur eux, en les ménageant ou en les tonifiant en fonction de l’ambiance du moment.

Un bon DJ a effectué un énorme travail en amont pour connaître et organiser sa musique, de façon à pouvoir programmer avec efficacité en direct. Ce travail mérite salaire et il me semble que l’on devrait payer le DJ en fonction de sa réussite. J’ai proposé à certains organisateurs un paiement à l’entrée. Curieusement, cela en gène beaucoup. Pourtant, quand le DJ fait venir deux fois plus de monde que le public habituel, il semblerait logique qu’il soit mieux payé.

 


Aux DJ débutants

Bienvenue dans cette merveilleuse activité qui consiste à faire danser le tango en choisissant des musiques. Je vous conseille très vite d’abandonner les playlists pour vous concentrer sur ce qui se passe dans la salle (y compris autour de la piste).

Vous pouvez en revanche organiser des tandas toutes faites, que vous diffuserez dans l’ordre qui convient à l’ambiance du moment. C’est un premier pas vers l’adaptation. Ainsi, si vous avez besoin d’une tanda plus calme ou plus tonique, vous en aurez quelques-unes toutes prêtes que vous pourrez diffuser en confiance, sachant que vous en ferez pas de grave faute de goût.

Lorsque vous aurez acquis de l’assurance, vous pourrez vous détacher de ces tandas préfabriquées pour en créer de nouvelles en direct. Pour acquérir cette liberté, il vous faut deux choses :

  1. Bien connaître votre musique
  2. Avoir bien organisé sa musique (rien de plus bête que de passer une milonga ou une ranchera au milieu d’une tanda de vals car on a mal étiqueté sa musique…).

Cela ne vous dispensera pas de la pré-écoute, mais pour ma part, j’essaye d’en faire le moins possible durant la milonga car cela nous isole de la salle.

Vous trouverez d’autres textes qui pourront vous être utile sur mon site :

Bandeau1-


Buenos Aires / Paris – Différences culturelles

Parfois, on me demande la différence entre l’Argentine et la France
La comparaison de ces deux vidéos pourrait apporter une réponse…

© Bernard-Yves Cochain 2014

Savoir reconnaître le styles des orchestres de tango

Savoir reconnaitre un orchestre de tango diffusé lors d’une milonga, c’est aller plus loin dans son expérience de la danse.
Voici quelques indices pour vous aider à faire vos premiers pas.

Si vous vous prenez au jeu, vous trouverez d’autres conseils sur la musicalité et la façon de musicaliser une soirée (pour les DJ) sur http://tangomiamor.fr/dj/

© Bernard-Yves Cochain 2008

Un noël en musique

Feliz Navidad

— Plusieurs titres de tango rappellent Noël. Voici un petit florilège : 
— Varias pistas de tango son una reminiscencia de la Navidad. Aquí hay una pequeña antología:
— Several tango tracks are reminiscent of Christmas. Here is a small anthology:

  • Feliz Navidad 1958-12-03 — Tango Vals cantado (muy bailable)
    Juan d’Arienzo C Jorge Valdéz
  • Navidad 1931-05-13 — Tango  (bailable, poco canyengue)
    Francisco Canaro
  • Candombe de navidad 1948 — Milonga Candombe cantada (muy bailable)
    Romeo Gavioli 
  • Lonjas en la Navidad 1975 — Milonga Candombe cantada (bailable)
    Julio Arregui y Su Orquesta Típica Espectáculo C Julio Arregui
  • Navidad de la Morenos 1949 — Milonga Candombe cantada (bailable)
    Espiritus del Ritmo C Ernesto Restano — Sondor ‎– 5251 – Shellac 78.
  • Navidad de los Morenos 1955 — Canción Milonga Candombe (poco bailable)
    Héctor María Artola C Jorge Vidal
  • Navidad 1966 — Canción Vals  (poco bailable)
    Osvaldo Pugliese C Jorge Maciel y Héctor Gagliardi
  • Canción de Navidad 1941-12-05 — Canción (no bailable)
    Mario Maurano C Libertad Lamarque
  • Brindis para navidad 1960-10-14 — Canción (no bailable)
    Osmar Maderna (Símbolo) dir. Aquiles Roggero C Aldolfo Rivas
  • Navidad en tango — Canción (no bailable)
    Carmelo Napoli
  • Missa criolla ; El nacimiento 1964 — Vidala catamarqueña
    Ariel Ramirez C Mercedes Sosa / Félix Luna

Musicaliser une milonga…

Musicaliser une milonga, c’est être au service des danseurs.

Cela demande de la générosité et de l’empathie, mais aussi, des compétences et beaucoup de temps.
Ces conseils sont destinés à vous aider en vous faisant partager mon expérience et mon exigence.
N’hésitez pas à donner votre avis, ou à partager votre expérience.
A bientôt dans une milonga d’Europe ou d’Argentine.

  1. La musique sert à faire danser
  2. Classer sa musique
  3. Améliorer l’enregistrement de la musique
  4. Améliorer la musique enregistrée prête à être diffusée
  5. Diffuser la musique
  6. Construire ses tandas
  7. Tandas et rondas
  8. Les cortinas
  9. DJ de tango, la grande incompréhension…
  10. Sites webs pour DJs et danseurs
  11. Ressources pour DJs

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© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (6) – Construire ses tandas

Category : DJ , Milongas , Musicalisation , Musique , Tango

Construire ses tandas

Il est impératif de réaliser des tandas homogènes. En effet, il est désagréable d’inviter une danseuse sur une musique et de devoir continuer sur une musique tout à fait différente et sur laquelle nous n’aurions pas invité.
L’homogénéité ne peut se juger qu’à l’écoute. En effet, sur le même disque, le même musicien peut avoir gravé des titres qui ne vont pas ensemble.
L’écoute se fait au casque, mais aussi en situation réelle afin de voir comment « danse » tel ou tel morceau.
Le rythme d’enchaînement des tandas est généralement
4 Tangos + 4 tangos + 4 valses + 4 tangos + 4 tangos + 3 milongas (seulement trois car bien dansée, la milonga est fatigante) et le cycle reprend, jusqu’à la Cumparsita finale…
Il est possible de faire des tandas de trois, par exemple lorsqu’il est important de renouveler les couples (déséquilibres homme-femme), par exemple, ou dans le cadre d’un festival pour se faire rencontrer plus de personne.
Entre chaque tanda, il est impératif de mettre une cortina (rideau musical constitué d’une musique non-dansante).
La cortina doit être suffisamment longue pour permettre aux danseurs de regagner leur place. C’est très important car cela augmente les chances d’invitation. Si les danseurs restent sur la piste, la mirada (invitation du regard, de rigueur dans les bals tangos) n’est pas possible.
La cortina ne doit surtout pas être dansable pour éviter que les couples restent sur la piste.
© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (5) Diffuser la musique

Category : DJ , Milongas , Musique , Tango

Diffuser la musique

Votre musique est prête, organisée pour pouvoir facilement construire des tandas.
Si vous êtes débutant, vous avez préparé des tandas, des disques, éventuellement une liste de lecture que vous pourrez éditer en cours de milonga en fonction des réactions de vos danseurs. Il vous faut donc maintenant la rendre audible par vos danseurs.
Il existe de nombreux articles et sites sur l’installation d’une sono. Je vous laisse y référer pour tout ce qui touche à la technique (repérage de phase, puissance…).
En revanche, quelques conseils :
  • Pensez à sonoriser toute la piste. Si celle-ci est grande, il faudra peut-être plus qu’une paire d’enceintes.
  • Pensez à utiliser des caissons de basse. Même sur des vieux tangos, une fois rajeunis comme décrit précédemment, cela rend le son beaucoup plus vivant et libère les enceintes principales de la restitution des basses, cause de distorsions.
  • Si vous le pouvez, mettez les haut-parleurs en hauteur, légèrement plongeants vers la piste et surtout pas à hauteur d’oreille de danseurs. Les caissons de basses peuvent être placés où il y a de la place car ils ne sont pas directifs.
  • Limitez le nombre de dispositifs entre la source sonore et les enceintes. Si vous avez un son propre sur votre source, une bonne table de mixage, voire un simple boîtier USB sera suffisant.
  • Ne jouez pas avec le pitch (vitesse) pendant la lecture. Rien de plus désagréable que ces morceaux qui changent en cours de lecture suite à une manipulation maladroite.
    Cependant, j’utilise dans mes logiciels de DJ le changement de vitesse, mais avec blocage de la tonalité (la hauteur de la musique ne change pas lors de la modification, seul le rythme change). Cela me permet d’ajuster la vitesse en fonction du niveau des danseurs, voire de jouer avec eux en exagérant certaines accélérations, par exemple…
© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (4) Améliorer la musique enregistrée, prête à être diffusée

Améliorer la musique enregistrée, prête à être diffusée

Vous avez respecté les préconisations ci-dessus, vous êtes donc à la tête d’une encombrante collection de CD audios, ou de fichiers sonores non-compressés. Point satisfaisant, vous avez la musique la plus proche possible de la qualité de diffusion de l’époque.
Cependant, j’ai une autre ambition, essayer de retrouver les sons originaux de l’orchestre. Une contrebasse de 1940 devait avoir un son semblable à une contrebasse d’aujourd’hui…
Cependant, les vieux vinyles coupaient les basses à environ 150 Hertz, voire 300 pour les 45 tours (je ne parle même pas des 78 tours). Malgré les compensations des préamplis RIAA, mêmes ajustées en fonction de l’éditeur du disque, on comprendra très bien que les basses et la dynamique de la musique ont été sacrifiées.
Pour corriger cela, il va falloir « bidouiller » un peu la musique.
ATTENTION, ne jamais faire la modification sur le fichier original, toujours faire une copie. En effet, il est impossible de faire des petites retouches successives car cela détruirait la qualité du fichier. Il faut arriver directement au résultat souhaité. Évidemment, même avec un peu d’expérience, cela ne fonctionne pas toujours du premier coup. Il faut donc impérativement repartir de l’original et ne pas rajouter un petit supplément d’effet s’il a été initialement insuffisant.
Les fonctions les plus utiles sont :

  • Égalisation (permet de travailler la courbe de réponse et en particulier d’activer quelques courbes RIAA si vous avez enregistré un disque à plat).
  • Limitation des clics. Repérez sur le sonogramme les clics du disque et supprimez-les un à un. Sur certains logiciels haut de gamme, une fonction automatique peut être utilisée, mais je la déconseille sur les logiciels d’entrée de gamme type Audacity.
  • Réduction du bruit (sélectionnez une partie « vierge de musique du disque où on entend le gratouillis et cliquez sur le bouton « prendre le profil du bruit ». Sélectionnez ensuite tout le morceau et appliquez la réduction. Le bruit capturé est soustrait du reste de l’enregistrement. Attention, cette manipulation peut donner un son désagréable. En fait, il vaut mieux s’en passer si l’on ne dispose pas d’un logiciel de retouche très avancé permettant d’axer la retouche sur des bandes de fréquence très précises (avec AUdacity, c’est souvent très médiocre…)
  • Amplification (pour unifier les volumes des morceaux afin qu’ils en détonnent pas dans une tanda).
  • À Buenos Aires, les DJ jouent un peu avec le pitch, généralement pour accélérer un peu le tempo. Cela a l’inconvénient de rendre le son plus aigu. Avec un traitement informatique on peut éviter cela (Changer le tempo / Changer la hauteur)…
    Certains CD ont des musiques en vitesses très différente.
    Pour ma part, j’utilise plutôt la variation de musique en direct durant la milonga (avec blocage de la tonalité).
Écoutez le résultat au casque avant de le défaire et de faire un autre essai s’il ne convient pas. S’il convient, exportez votre travail.
En effet, à ce stade, la musique peut être compressée (mini 192kbs, mais 320kbs  de préférence) car vous n’avez plus à la travailler. Cela vous permettra de prendre moins de place sur votre disque de diffusion.
En revanche, il est sans doute intéressant de conserver une version non compressée (FLAC ou Wave) sur un support externe.
© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (3) Améliorer l’enregistrement de la musique

Category : DJ , Enregistrement , Musique , Tango

Améliorer l’enregistrement de la musique

Les tangos ne sont pas tous irréprochables sur le plan de l’enregistrement. Voici quelques conseils pour améliorer les choses :
Utilisez si possible les disques vinyles originaux pour faire vos enregistrements. Attention, chaque marque de disque utilisait ses propres courbes de compensation et il faut restaurer le son original en utilisant la compensation inverse. Cela peut se faire avec un préampli comportant des courbes de réponses sélectionnables ou ajustables. J’en avais fabriqué un autrefois, mais avec l’ordinateur, on peut effectuer cette manipulation a posteriori, ce qui n’était pas le cas sur cassettes ou mini-discs.
Un site m’avait aidé, il y a une dizaine d’années à franchir le pas vers l’informatique pour la restauration de disques anciens. Il reste d’actualité sur les principes, même si les logiciels actuels sont beaucoup plus pratiques à utiliser.
La platine est importante. J’ai utilisé pendant longtemps une platine Thorens avec plateau lourd à entraînement direct et contre-plateau en alu, extraordinaire pour éviter tout rumble (associé à une cellule Shure avec pointe hyper elliptique).
La platine doit permettre d’ajuster précisément la vitesse. En effet, selon les époques et les marques de disques, les vitesses de rotation ne sont pas toujours exactes et il faut donc retrouver la hauteur et le tempo du son d’origine. Pour ma part, je cale la vitesse de façon à ce que la hauteur corresponde à la partition. Cela présente l’avantage supplémentaire de pouvoir jouer en même temps que la musique. Ces platines disposent d’un stroboscope, mais pour les raisons évoquées ci-dessus, ils ne sont pas indispensables.
Lorsque vous faites une capture de disque vinyle, pensez à incorporer avant et après chaque morceau des plages de « gratouillis » du disque. Cela vous sera utile pour traiter le signal et améliorer le rendu.
Les morceaux extérieurs des disques ont une meilleure dynamique (vitesse tangentielle supérieure), mais sont parfois endommagés par des impacts de tête de lecture.
Il est aussi possible de partir directement de CD audio. Malheureusement ceux-ci ne sont pas toujours de bonne qualité. La courbe de réponse n’est pas bonne, les vitesses sont « trafiquées », en général augmentées pour être plus dansants ou pour rendre plus virtuoses les interprètes.
Je ne parle pas des compilations au format MP3 qui sont souvent encore pires.
Si vous avez des CD de bonne qualité (c’est une loterie), voici ce que vous pouvez faire :
Ø  Enregistrez-les dans un format non-compressé (wav, FLAC ou AIFF, par exemple).
Ø  Ouvrez dans Audacity ou autre logiciel de traitement sonore et observez la :
 Son1-2
Courbe montrant une saturation du canal gauche. Courbe meilleure.
On voit clairement ici qu’il s’agit d’un enregistrement stéréo, (trop) fortement différencié.
 
Si la courbe est saturée (aplatie dans le haut) ou si à l’inverse elle ne décolle pas de l’axe médian, refaites l’enregistrement ou la numérisation.

Pour la plupart des vieux disques, le son n’est pas en stéréo. En fonction de l’état du disque, il peut être intéressant de n’utiliser qu’une seule des deux voies (en la réinjectant bien sûr sur sur les deux canaux ensuite).

© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (2) Classer sa musique

Classer sa musique

Pour ma part, je classe la musique en fonction de sa « dansabilité » :

***** Excellent à danser et bonne qualité technique de l’enregistrement

**** Excellent à danser et qualité technique un peu moins bonne, mais diffusable.

*** Utilisable pour danser, mais moins agréable ou qualité technique un peu faible. Je ne les diffuse que sur demande.

** indansable ou qualité technique trop pauvre pour être utilisé, mais morceau intéressant.

* Musique conservée pour son intérêt historique, sa rareté ou autre, mais inexploitable en milonga.

J’indique le style dans le genre de la façon suivante :

  • Tango
  • Tango cantado (je mets à part ceux qui ne sont pas dansables et les classe « canción »)
  • Tango milonga
  • Tango milonga cantada
  • Tango vals
  • Tango vals cantado

Pour les morceaux plus récents, j’ai des catégories (elles mêmes divisées en milonga et vals, cantado ou pas) :

  • Tango nuevo : instruments traditionnels, mais sonorités ou musicalité particulières. La plupart des compositions de Piazzolla entrent dans cette catégorie.
  • Tango electrónico : instrumentation électronique, sonorités très différentes du tango traditionnel. Electrocutango, Malevo ou Debayres alimentent cette catégorie.
  • Tango alternativo : musiques qui ne sont pas conçues pour danser le tango mais qu’il peut être sympa de danser en tango (tango to Evora par exemple).

Une tanda doit être homogène, c’est-à-dire qu’elle doit comporter des morceaux qui vont ensemble. Il faut donc être capable d’identifier l’orchestre, le chanteur, le style de danse, l’année d’enregistrement et de nombreux autres critères, parfois plus difficiles à saisir.

Une des méthodes peut consister à utiliser les commentaires (cette musique va bien avec telle autre), mais on peut utiliser aussi les groupes. Ainsi, on peut classer ensemble des musiques du même orchestre qui vont bien ensemble. Ainsi, le DJ, à la volée, pourra composer une tanda cohérente car il aura auparavant pris le temps de vérifier que cela fonctionnait.

Plus la musique sera organisée et plus cela sera facile pour le DJ de constituer ses tandas à la volée en fonction de l’ambiance recherchée.

© Bernard-Yves Cochain 2008

Musicaliser une milonga (1) La musique sert à faire danser

Category : DJ , Milongas , Musique , Tango , Vals

La musique sert à faire danser

Bien sûr, cela peut sembler une évidence, mais pour tourner un peu partout dans le monde, je peux témoigner que c’est loin d’être toujours pris en compte par les DJ.

Le tango est une danse d’improvisation et donc, il est plus sécurisant de bien connaître le morceau pour adapter ses évolutions. C’est une des raisons qui explique le choix relativement restreint de musiques jouées à Buenos Aires.

Un danseur musicien, sera capable de «deviner» un morceau inconnu, ou une interprétation live, car, connaissant la structure de la musique, il identifiera des signes, des indices, insensibles pour d’autres qui n’ont pas été formés.

Le DJ, s’il n’est pas musicien, devra a minima conserver un répertoire étroit pour éviter de placer dans l’embarras ses danseurs. Malheureusement, en général, moins les DJ connaissent la musique et plus ils se lancent dans des programmations «originales».

Pour moi, la meilleure musique pour le bal est celle qui est jouée dans les milongas de Buenos Aires. Au début, c’est surprenant d’entendre dans toutes les milongas les mêmes morceaux, mais à l’usage, cela permet de rentrer encore mieux dans la musique.

Cela n’empêche pas de trouver des titres originaux, des versions plus rares mais qui doivent être au moins de la même dansabilité que les versions plus communes.

Lorsque les danseurs sont «chauds», les DJ peut faire des propositions plus étonnantes…

© Bernard-Yves Cochain 2008

Clip Tango City Tour

 Tango City Tour, un podcast passionnant pour réviser son espagnol d’Argentine

Quejas de Bandoneon

Vous avez été nombreux à apprécier cette musique à la dernière milonga de Recoules. Je vous rappelle que vous pouvez trouver sur http://byc.ch/tango/recoules/ toutes les musiques que je diffuse (enfin, leur nom).

Repérez ce qui vous plait et demandez-moi de vous les diffuser lors de la prochaine milonga 😉

En ce qui concerne Quejas de Bandoneon. Je vous ai passé la version d’Anibal Troilo. Je ne l’ai pas trouvée sur Internet, alors je vous passe ici une version un peu moins bien (ne regardez pas trop les danseurs…).

Anibal Troilo est un artiste majeur du tango, chouchou des argentins. Il était bandéoniste (il jouait du bandonéon). Ce morceau lui va vraiment bien car il a la réputation de savoir faire pleurer son instrument et justement, ce morceau s’appelle plainte de bandonéon (quejas de bandonéon)…

Le compositeur est Juan de Dios Filiberto.

Dans la tanda, il y avait ensuite Milongueando en el 40, puis Guapeando.

 

Pour info, la video présente Patricio Touceda y Carla Chimento…

© DJ BYC 2007


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