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Choisir son équipement pour le mate

Ça y est. Vous êtes fan de mate pour l’avoir goûté chez des amis Argentins ou Uruguayens, dans une milonga ou autre.
Chaque buveur de mate a ses propres habitudes, ses manies, ses goûts. Pour vous permettre de faire vos premiers pas, voici quelques conseils pour le choix de l’équipement…
Si vous n’avez pas pris la peine de vous équiper en Amérique du sud, vous devrez pouvoir trouver votre bonheur par correspondance, par exemple sur ce site (que j’avoue ne pas avoir testé).
L’équipement se compose des éléments suivants :
Un mate (pot pour y mettre la yerba et la bombilla).
La bombilla (chalumeau, paille), pouvant être en métal ou en canne.
La Yerba mate (la plante préparée pour la boisson).
Il vous faudra aussi une bouteille thermo, idéalement avec un bec ou un système verseur et une bouilloire (la dinde, comme on la surnomme en Argentine).

Choix du mate

Traditionnellement, le mate se boit dans une calebasse. C’est à mon avis la meilleure solution car c’est à la fois léger et relativement solide.
Il y a aussi des mates en bois. Je déteste car cela donne un goût au mate différent de celui donné par la calebasse. Je n’aime pas non plus les mates en métal ou en céramique, qui ne donnent pas de goût et qui sont plus lourds, voire fragile pour les seconds.

La question à voir est aussi la taille du mate. Plus il est grand et plus il pourra contenir de yerba. C’est donc intéressant pour les gros consommateurs (vous pourrez garder votre mate prêt toute une journée et le partager avec vos amis). Pour les petits consommateurs, un petit pot présentera l’avantage de consommer moins de yerba et donc d’être mieux adapté à cet usage.

Ces deux calebasses sont les plus simples. Elles sont très légères et solides. Après quelques temps d’usage, elles peuvent devenir poreuses mais resteront un bel objet de décoration.

Les calebasses utilisées présentent une partie plate, ce qui leur assure une relative stabilité. On prendra garde de les utiliser avec des bombillas courtes et légères a peine de les voir se renverser…

Elles sont agréables à tenir en main. Elles seront donc bienvenues pour un usage détendu avec un petit groupe d’ami.

Ces calebasses sont dotées d’un pied, soit fixe (à gauche), soit amovible (à droite). L’avantage premier de ce dispositif est de leur assurer une meilleure stabilité ce qui permet de les utiliser avec des bombillas plus lourdes et plus longues. Le pied de celle de droite étant amovible, on pourra aussi la tenir facilement en main si elle n’est pas trop grosse.

Pour terminer ce point sur les calebasses, en voici une que l’on m’a offerte en Uruguay. Elle est recouverte de cuir. Je l’adore. Elle est à la fois stable et légère. Peut-être tenue agréablement en main et est de grande capacité. C’est donc un de mes mate habituels.

À noter qu’il est fréquent de recevoir un mate en cadeau dans ces pays. C’est un plaisir encore plus important car chaque utilisation rappelle cette amitié, la cérémonie du mate étant en soit un hymne à l’amitié.

ATTENTION : Il est très important de préparer son mate en calebasse avant la première utilisation. Pour cela, remplir de yerba mate et verser de l’eau chaude. Laisser infuser quelques heures (la nuit, par exemple), vider le mate et curer-le de façon à éliminer les irrégularités, les petites peaux et autres. Renouveler plusieurs fois l’opération sur environ deux jours. Bien le sécher lorsqu’il a été bien raclé. Au terme de ces opérations, vous pourrez enfin utiliser le mate pour boire.

Attention en grattant de ne pas perforer la calebasse, ce qui provoquerait une fuite et la rendrait inutilisable.

Mate en bois sur /www.yerba-mate.fr

Pot à maté en verre

Mate en verre sur /www.yerba-mate.fr

Choix de la bombilla

Différents styles de bombillas, en métal ou en cane, courbes ou droites, à choisir selon son goût, comme un fumeur de pipe peut préférer une pipe droite ou courbe 😉 Pour ma part, je préfère les modèles un peu plus longs et courbes. J’adore les modèles en cane, même s’ils ont tendance à se boucher… Ma préférée est celle de gauche; utilisée dans un pot de dimension respectable.
Bombilla vient d’ampoule car le chalumeau le plus fréquent a une base bombée, comme une ampoule.

Ce modèle ordinaire en métal argenté peut se démonter. L’ampoule se sépare en deux quand on dévisse la collerette, ce qui permet un bon nettoyage et un débouchage éventuel.

Voici d’autres modèles :

Bombilla uruguayenne en argent massif. Ces modèles sont assez coûteux, mais d’un confort parfait. À recommander pour un usage quotidien.

Très important, l’embout de cette bombilla en argent est plaqué or. C’est à mon avis ce qu’il y a de mieux pour être au contact des lèvres. La décoration ciselée mêle or et argent. C’est un bel objet qui se range dans sa housse en cuir dès qu’elle est bien sèche…

La décoration spectaculaire de cette bombilla est en fait du toc. On trouve ce genre d’article dans n’importe quel supermarché argentin, pour quelques pesos et bien plus cher dans les boutiques de souvenirs… C’est un ustensile de décoration pour ceux qui ne sont pas trop regardant. On peut aussi l’utiliser pour boire le mate si le métal est de bonne qualité, ce qui est rarement le cas dans les magasins de souvenir, ces articles n’étant pas destinés à la boisson.

Ce chalumeau est tout droit. Il est percé de fentes à sa base. C’est un modèle moderne et assez design. Il est en acier inox, ce qui me semble plus sain que les modèles ordinaires en maillechort ou autre.

J’adore aussi les bombillas de cana. Elles ont tendance à se boucher facilement. Elle conviennent donc plutôt à de petits mates que l’on renouvellera plus fréquemment. En effet, il ne faut surtout pas bouger la bombilla une fois que l’eau a été versée sous peine de faire de la boue et de boucher à coup sûr les orifices.

Une bombilla à ressort. L’avantage est qu’elle est très facile à nettoyer. Il suffit de déclipser le ressort pour libérer le tube du chalumeau. http://www.yerba-mate.fr.

Et puis quoi encore ?

Il faut une thermo. Vous trouverez un vaste choix dans n’importe quelle boutique. Une contenance d’un litre est un bon compromis pour avoir de l’eau chaude en quantité suffisante sans être trop encombrant. En Argentine et en Uruguay,il est assez facile de se réapprovisionner. Par exemple, les distributeurs d’eau proposent de l’eau froide, de l’eau à température ambiante et de l’eau chaude, ce qui n’existe pas chez nous bien que cela pourrait rendre de grands services aux amateurs d’infusions.
Il y a aussi les traditionnels porteurs d’eau qui vous permettront de remplir votre thermo lorsque vous aurez épuisé votre réserve.
Il vous faut aussi une dinde, une pava. C’est une bouilloire à col long et fin, ce qui permet de remplir facilement le mate.
Le point le plus important est sans doute maintenant le choix de la yerba mate, mais là, c’est difficile à faire via Internet. Il faut goûter. Il existe des centaines de modèles, avec des résidus de branche ou sans (palo), aromatisé ou pas. Certains sont plus forts, plus amers. Pour un premier choix, prenez peut-être des paquets de petite taille de différents modèles pour vous permettre de tester.
Pour ma part, je bois principalement du Cachamate (avec le petit âne), étiquette dorée.
Le mate est séché naturellement plusieurs mois et est additionné d’herbes aromatiques. Je ne l’ai jamais trouvé en France et ce mate n’est pas si courant à Buenos Aires. J’en rapporte plusieurs paquets à chaque fois pour tenir le coup…
Les herbes additionnelles peuvent aussi se trouver à part, mais là, c’est à mon avis seulement en Amérique du sud et même plus certainement en province (Cordoba, Jujuy…).
Il est assez pratique d’utiliser une boîte avec bec verseur pour préparer le mate. Il en existe en métal, mais j’imagine aussi en divers plastiques.
Il se vend aussi des écouvillons à bombillas et des cuillères pour curer le mate. En effet, le mate doit être soigneusement nettoyé et séché entre chaque utilisation s’il est en calebasse ou en bois car sinon, il risque de pourrir.
Pour ma part, j’utilise une bête cuillère à entremet ; parfois la bombilla si c’est un modèle résistant, mais je ne recommande pas cette pratique…

Un conseil pour terminer. Le yerba a tendance à tacher. Faîtes donc attention, en vidant votre mate. Rincez bien aussi votre évier sinon, il risque de prendre la coloration.

Pour terminer, cette magnifique photo montrant la terre en mate. Quel plus joli symbole d’amitié pourrait exister ?


Mate, la boisson d’Uruguay et Argentine

Conseils pour la fabrication du mate

Le mate est la boisson nationale Uruguayenne (et Argentine).
C’est à la fois une boisson de consommation (très) courante, mais aussi l’occasion d’une cérémonie entre amis.

Mate- « Tomar el mate » est une tradition qui vaut à elle seule que l’on s’intéresse un peu à la fabrication de cette boisson…

Vous aurez besoin de :

  • Une bouilloire (et une source de chaleur ou une bouilloire électrique)
  • Une bouteille thermo (le mate se déguste a petite gorgées et il faut tout le temps renouveler l’eau). Jusqu’à il y a peu les Urugayens se déplaçaient tout le temps avec une bouteille thermo sous le bras. Ils ont adopté maintenant un sac en bandoulière, plus pratique pour porter le nécessaire à mate.
  • Un mate, récipient pour la yerba (calebasse, tasse, verre…).
  • Une bombilla (il en existe de nombreuses sortes, de la tige de roseau perforée aux modèles en argent et or les plus travaillés.
  • Et surtout la Yerba, sorte d’herbe coupée, broyée et séchée (idéalement de façon naturelle, mais c’est moins facile à se procurer).
Bombillas

A gauche des bombillas (nommées ainsi car les traditionnelles ont une forme d’ampoule en métal (acier ou argent et or), à droite, en canne. On aspire d’un côté et l’autre « trempe » dans la yerba mouillée, ce qui permet d’aspirer l’eau sans les petits morceaux d’herbe, retenus par les trous, ou autres astuces des différents modèles de bombillas.

Exemples de récipients (mate). S’il en existe en métal, en bois ou en porcelaine, voire en verre, je préfère la calebasse. Ma préférée est celle de droite, revêtue de cuir., mais j’aime bien aussi la petite à sa gauche, idéale avec une bombilla de canne.

Ma yerba préférée : Cachamate (étiquette dorée), mais il en existe des dizaines d’autres marques. Dans les supermarchés d’Uruguay et d’Argentine, c’est équivalent à nos rayons « café ».

matesachet

On peut aussi trouver de la yerba en sachet… Plus pratique, mais peu intéressante car le goût n’est pas exactement le même et il manque la sensation et surtout la convivialité.

La recette…

Mate001d-

1) Verser de l’eau du robinet chaude dans la bouteille thermo. C’est pour préparer l’ampoule à mieux maintenir la chaleur lorsque l’on versera l’eau à conserver…

Mate002d-

2) Verser de l’eau dans la bouilloire et la faire chauffer jusqu’à ce qu’elle siffle ou se déconnecte si c’est une bouilloire électrique

Mate003d-

3) Pendant ce temps, verser la yerba dans le mate

Mate005d-4a) Au besoin, tapoter le mate renversé contre votre main…
Mate006d-

4b) cela enlèvera la fine poussière qui peut sinon entrer dans les trous de la bombilla

Mate007d-5) Planter la bombilla en biais dans la yerba qui ne doit pas occuper tout l’espace disponible mais entre la moitié et les 2/3
 

6a) Lorsque l’eau est à température, jeter l’eau chaude de la bouteille thermo…

Mate011d-6b) pour la remplacer par l’eau bien chaude de la bouilloire
Mate013d-7) Fermer la thermo
 

Mate014d-8) Verser le restant de la bouilloire dans le mate… À noter que certains démarrent le mate en versant d’abord de l’eau froide.

Mate015d-8b) ATTENTION, l’eau ne doit pas monter au-delà de la surface de la yerba. Vous devez donc verser peu d’eau à la fois. A partir du moment où vous avez versé l’eau, vous ne devez plus bouger la bombilla.
 

mate9) Déguster votre mate en aspirant toute l’eau contenue (jusqu’au SLURP !!!)

10) verser ensuite de l’eau à fleur de yerba et prenez une autre aspiration. Il est d’usage de faire circuler de main en main le mate, chaque utilisateur épuisant l’eau disponible.

Conseils :

Lors de la première prise, on peut trouver le mate amer « (mate amargo » comme disent plusieurs chansons et quelques tangos).

Pour limiter cela, trois possibilités

  1. Ne pas laisser infuser
  2. Rajouter du sucre ou d’autres ingrédients allant du jus d’orange au lait (berk pour moi, mais tous les goûts sont dans la nature).
  3. Boire régulièrement du mate. Je trouve que l’effet le plus surprenant de cette boisson, c’est l’impression de frais qu’elle laisse.

Je ne connais pas les vertus médicinales du mate. Je le bois pour le goût, mais il me semble qu’il donne un peu d’énergie et qu’il défatigue.

On peut cependant le boire le soir sans d’autre inconvénient que la quantité d’eau ingurgitée 😉

Un dernier point, orthographique :
On prononce « maté », mais cela s’écrit « mate ». En effet, maté signifie « je tuai » en espagnol…

© Bernard-Yves Cochain 2008

Le Soleil de mai

De nombreux pays ont dans leur drapeau une ou des étoiles. C’est bien sûr le cas des États-Unis d’Amérique, mais nous allons nous intéresser à une étoile particulière, le soleil, et plus précisément au soleil qui orne le drapeau de deux pays d’Amérique du Sud, l’Argentine et l’Uruguay.

À gauche, le drapeau argentin, à droite, celui de l’Uruguay

Les soleils de ces deux drapeaux ont une particularité commune, qui ne se retrouve pas dans les autres soleils ornant des drapeaux. Saurez-vous identifier laquelle ?

Vous pensez avoir trouvé ?
 
 
Pour vérifier, sélectionnez le texte de la ligne ci-dessous, entre les deux petits soleils.
* Les soleils présentent une alternance de rayons droits et de rayons tordus *
 

Histoire du soleil des drapeaux argentin et uruguayen

 Les similitudes entre les deux drapeaux ne sont pas fruit du hasard. Il convient de considérer l’histoire commune de ces deux pays, l’Uruguay étant appelé la province de l’Est (Provincia Oriental, faisant partie de la Banda Oriental).
Mais revenons à l’origine, en 1812, lorsque le Général Belgrano a décidé (dessiné) le drapeau argentin.
Pesos de 1813

Pesos de 1813

Dans la première phase, Manuel Belgrano, alors général engagé dans la guerre de libération contre la domination espagnole adopte les trois bandes, ciel et blanc. C’était à Rosario, le 12 février 1812. Un monument impressionnant y rappelle cette origine.
Le 9 juillet 1816, avec l’indépendance, le drapeau tri-bande est devenu le drapeau officielle de l’Argentine.
Ce n’est cependant qu’en 1818, le 25 février que le soleil est rajouté au drapeau.
Ce soleil rappelle celui du premier pesos argentin de 1813. Celui-ci comportait déjà l’alternance des rayons courbes et droits.
On l’appelle soleil de mai, en souvenir du 25 mai 1810, début de la guerre d’indépendance.
Lorsqu’en 1828 l’Uruguay obtint à son tour l’indépendance, il choisit de placer un soleil dans son drapeau. Celui-ci comporte également une alternance de rayons courbes et droits. Cependant, deux ans plus tard, le 12 juillet 1830, le modèle du soleil changea (ainsi que le nombres de bandes blanches et bleues) pour adopter le modèle actuel.

Symbolique du soleil de mai

Le soleil de mai symbolise le début du processus d’indépendance de l’Argentine (25 mai 1810). Il ne sera ajouté au drapeau que deux ans après l’obtention de l’indépendance, mais sa signification n’a pas de doute.
L’alternance originale des rayons courbes et droits serait une volonté de rappeler l’importance des Incas.
À l’appui de cette origine, voici deux éléments. Le dieu inca Inti, était souvent représenté avec des rayons « tordus », comme en témoigne ce masque. Par ailleurs, une des formes de gouvernement proposée par Belgrano était une monarchie ayant à sa tête un descendant d’Inca, ce qui témoigne que malgré la distance, l’admiration / souvenir de l’empire Inca était encore présent.

En guise de conclusion

En fat, il n’est pas si aisé de s’y retrouver, la bandera (le drapeau) ayant une importance extrême pour les Argentins. J’ai volontairement laissé de côté pas mal de légendes colportées par les habitants des rives du Rio de la Plata et du Paraná. Ce sera peut-être pour un autre article 😉

Ciel ou outremer ?

En 2017, les scientifiques du CONICET  affirment que le drapeau original était bleu et blanc et non pas ciel et blanc.
En analysant les pigments d’une bannière de 1814, ils ont remarqué que les pigments utilisés donnaient à l’origine une couleur bleu outremer.

Je pense que cette analyse est sans doute exacte, mais je préfère avancer l’hypothèse suivante : 

  1. La bannière étudiée date de 1814, elle n’est pas celle d’origine. Il se peut que pour la fabriquer on ait utilisé un coupon de tissus d’une couleur différente de la couleur « officielle ». Les documents en couleur étant rares à l’époque, il se peut que le commanditaire n’ait retenu que bleu et blanc, sans préciser la valeur précise du bleu.
  2. Belgrano lui-même décrit son drapeau comme Celeste y blanco (en 1812, il n’était constitué que de trois bandes). Il indique que les couleurs sont les mêmes que celles de l’escarapela.
    Escarapela argentina

    Escarapela argentina

    Je propose donc de considérer que la couleur officielle est bien le bleu céleste et qu’elle l’a toujours été, pour la bandera comme pour l’escarapela et que le drapeau étudié n’était tout simplement pas de la couleur réglementaire.
    Dans tous les cas, la couleur actuelle est bien le céleste, même si parfois on parle d’azul, le céleste étant de toute façon une valeur de bleu, ce n’est pas faux. 

 


 

 

 

 

© Bernard-Yves Cochain 2008 (Mise à jour 1917 pour la question de la couleur)

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