Scratch vs bits, un faux débat ?

Les techniques d’enregistrement et de restitution ont progressé, jusqu’à arriver à nos jours à une qualité très proche de celle d’un orchestre en vivo. Cependant, certains font preuve d’une nostalgie certaine en indiquant que les procédés anciens étaient meilleurs. Que peut-on en penser ?

Disque Shellac, vinyle, bande magnétique, CD, enregistrement numérique, mp3, flac…

Nous avons vu dans le premier article sur les enregistrements, l’historique et les technologies employées, des origines à l’âge d’or. La fin de l’âge d’or, coïncide, plus ou moins avec l’arrivée du microsillon et de la stéréophonie.La plus grande durée par face du microsillon en vinyle par rapport au Shellac (gomme-laque), sa plus grande résistance, son meilleur rapport signal/bruit, font que les maisons de disques se doivent d’adopter ce procédé inventé en 1946 par la Columbia Records.

La taille plus réduite du sillon et la finesse de la gravure permirent d’ajouter la sensation de volume pour la musique. C’est l’effet stéréoscopique qui permet de localiser l’origine de la source sonore. Pour bien faire valoir la nouveauté, les éditeurs ont un peu abusé du procédé et certains disques ont un espace sonore artificiel, très exagéré.

Plus grave pour les amateurs de tango, les principaux enregistrements datent d’avant cette technologie. Les éditeurs, ne reculant devant aucun sacrifice, décidèrent de rénover le vieux stock de disques de pâte (Shellac) en leur adjoignant un effet « stéréo » artificiel. Il s’agit de la réverbération, qui pour des oreilles alors peu habituées au stéréo pouvait donner un effet d’espace.

Bien sûr, la réverbération n’est pas mauvaise en soi. La plupart des enregistrements actuels et même les artistes en live l’utilisent. C’est son abus qui est véritablement dérangeant.

En ce qui concerne le débat sur la supériorité du vinyle par rapport aux formats numériques, en dehors du phénomène de mode (et les disques de 90 cm de diamètre…), il est, à mon avis clos. Un enregistrement numérique HD a un potentiel supérieur pour la dynamique (100 dB ou plus contre 50 à 60 dB), la plage sonore est bien plus vaste (potentiellement, de l’infrason à 20000 Hz, voire plus) et cela quelque soit la position du morceau sur le disque. Dans un disque 33 tours, les fichiers du centre ont moins d’aigus que ceux de l’extérieur car la vitesse radiale y est inférieure.
Un CD bien entretenu conserve ses qualités sonores plusieurs décennies. un vinyle régulièrement joué, même sur une platine avec une cellule de haute qualité verra progressivement, par abrasion mécanique, ses deux sillons (un par face) s’émousser, ce qui sera fatal aux hautes fréquences.

La cassette Philips et ses consoeurs

L’enregistrement magnétique, sur fil ou sur ruban s’est démocratisé grâce à Philips qui proposa un nouveau support, la cassette audio. Contrairement aux bandes de magnétophones, la manipulation en était très simplifiée, puisqu’il n’était plus besoin d’accrocher la bande à la bobine réceptrice, tout en lui faisant parcourir le chemin adéquat en face des différentes têtes (polarisation, enregistrement, lecture…) et galets.

La cartouche sur bande plus large et en théorie meilleure, n’a pas rencontré le même succès et dans l’univers du tango, la cassette a eu et a encore, ses lettres de noblesse.

À ce sujet, une anecdote intéressante est la croyance qu’un DJ d’origine argentine vivant en Italie, Felix Picherna bobinait ses cassettes avec un crayon pour les placer juste au point de départ du morceau…

L’explication est beaucoup plus simple et comme nous l’avons vu dans tandas de 5-4-3-2 ou 1, les DJs qui n’avaient qu’un seul lecteur rembobinaient la cassette de cortina au début et bobinaient jusqu’à la fin la cassette utilisée pour la tanda précédente pour qu’elle soit prête à être utilisée sur son autre face.

De nos jours, réapparaît le snobisme de la cassette qui serait supérieure en qualité audiophile aux enregistrements numériques. C’est bien sûr ridicule et même avec les meilleurs systèmes Dolby B ou C, le rapport signal bruit et la gamme de fréquence utilisable n’a rien à voir avec celle d’un bon CD.

Pour moi, un bon DJ doit être capable d’adapter la tanda en cours en fonction de l’actualité de la salle, la cassette est comme une playlist. Elle oblige à passer les morceaux dans l’ordre où ils sont enregistrés… Exit la cassette.

Et le CD fit son apparition…

  • « Le plus grand changement dans l’histoire de l’enregistrement sonore est le passage de l’analogique au numérique. » DJ BYC Bernardo 😉

L’enregistrement numérique permet d’enregistrer le signal sonore en le découpant en tranches. 44000 fois par seconde, le signal est étudié et transformé en signal binaire. Cet échantillonnage à 44000 Hertz a été adopté car il permettait de reproduire des sons jusqu’à 20000 hertz, c’est à dire à la limite supérieure des capacités des meilleures oreilles humaines. Pour en savoir plus sur le théorème de Nyquist-Shannon, base théorique des choix de la musique numérique

{\displaystyle e'_{n}=\cos \left({\frac {2\pi n(kf_{e}+f_{0})}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left(2\pi {\frac {nkf_{e}}{f_{e}}}+2\pi {\frac {nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left(2nk\pi +2\pi {\frac {nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)=\cos \left({\frac {2\pi nf_{0}}{f_{e}}}+\varphi _{0}\right)\,}

Comme avec l’apparition du microsillon, au début, les maisons de disques ont souvent poussé un peu trop loin le rendu des CD en exagérant les contrastes, la dynamique de la musique. Cela a fait la renommé de chefs d’orchestres énergiques dans la musique classique, mais il faut bien convenir que la qualité musicale de ces premiers CDs étaient souvent bien moindre que celle des 33 tours LP (microsillon). Aujourd’hui, ce serait plutôt le contraire, on va plutôt vers un abus de la compression (je parle de la compression du son, pas de celle du fichier). Les passages pianissimo sont renforcés, de façon à ce que le volume sonore soit toujours au-dessus d’un certain seuil. Ce n’est pas forcément un problème pour les milongas, un signal un peu plus présent peut permettre aux danseurs de mieux entendre les passages pianissimos , même si c’est au détriment de l’interprétation de l’orchestre.

On peut se retrancher derrière des arguments techniques, philosophiques ou ésotériques, mais aujourd’hui, un CD de qualité est toujours de meilleur qualité musicale que les meilleurs pressages en microsillon.

Cependant, dans le domaine du tango, on est parfois (souvent) soumis au régime de la double peine. Les CDs « remastérisent » des vinyles qui eux-mêmes étaient tirés de disques Shellac. Pour peu que l’ingénieur du son des années vinyles ait eu la main lourde sur la réverbération et que celui des années CD abuse des possibilités apportées par l’ordinateur, le résultat peut avoir bien peu à voir avec la sonorité des orchestres de l’âge d’or.

La quête de tout bon DJ est donc de trouver de la musique de qualité. Certains sites se sont spécialisés dans la vente de CD et/ou de musique en ligne et dans le meilleur des cas, ils repartent des disques originaux en 78 tours et pas des copies de copies. L’idéal serait de repartir des masters d’enregistrement, mais ils n’ont généralement pas été conservés, ce qui est bien dommage car l’on pourrait sinon avoir le son le plus fidèle possible des orchestres de l’époque.

La naissance du DJ de tango

L’arrivée du CD et du graveur de CD a permis l’avènement d’une nouvelle façon de gérer la musique. Contrairement à la cassette, le CD permet un accès direct à telle ou telle plage. Un peu comme le permettait le disque vinyle où l’on pouvait repérer l’intervalle entre les morceaux en examinant le sillon. Des lecteurs de CD furent conçus pour faciliter le travail, en permettant la programmation des titres à diffuser.

Quelques DJs, continuent d’employer cette technique. Pour moi, ces DJs qui ne préparent pas une playlist à l’avance et qui programment à l’instant les titres qu’ils vont diffuser méritent le respect.

Minidisc
  • À noter que le Minidisc a permis au premiers DJs perfectionnistes de numériser leurs disques noirs en qualité CD, tout en conservant l’accès aléatoire et souvent la programmation. Cependant, cet outil a été peu utilisé. Pour ma part, il m’a principalement servi à la numérisation.

Back to the past

Dans cette progressive histoire des techniques d’enregistrements et de restitution de la musique, il faut signaler un étrange retour en arrière, c’est à dire une baisse de la qualité possible.

Le CD et le Minidisc permettaient une qualité sonore excellente et un accès aléatoire. Cependant, un nouvel outil a fait son apparition, l’ordinateur et plus précisément, l’ordinateur portable.

Les données, étaient alors stockées sur des disques durs. Le problème, est que les premiers disques durs étaient bien maigres. En qualité CD, un disque dur aurait pu stocker seulement un ou deux titres.

L’arrivée de la compression avec perte des fichiers sonores a permis de diviser par 20 ou 30 la taille des fichiers. Le disque dur prenant en parallèle de l’embonpoint, ce dernier devenait un support utilisable pour un répertoire restreint de musique, ce qui convenait à de nombreux musicalisateurs.

De nos jours, rien n’est plus facile que de trouver de la musique de tango. On trouve des playlists complètes, des collections entières. Cette profusion a cependant un revers. La plupart de cette musique est dans un format très dégradé, type mp3.

Cette évolution a eu une influence très néfaste sur la qualité de la musique dans les milongas.

  1. N’importe qui disposant d’une playlist achetée ou fabriquée à l’avance peut se dire « DJ » alors que le terme devrait être réservé à ceux qui « jonglent » avec les titres / disques. Cette évolution a donné de nombreuses milongas insipides, la musique ne s’adaptant pas, et pour cause, à ce qui se passe dans la salle.
  2. La qualité sonore de la musique dans des formats de fichiers compressés est sensiblement moins bonne que celle des bons CDs. Les systèmes sonores de diffusion étant souvent eux aussi des maillons faibles, la différence n’est pas toujours sensible, mais pourtant, la différence de qualité est très perceptible lorsque les conditions de diffusion sont de haute qualité.
  3. Les techniques de traitement du signal se sont démocratisées et sous prétexte « d’améliorer » le son, de nombreux fichiers sont massacrés.
  4. Une évolution récente consiste à réaliser / récupérer, des playlists sur des systèmes de diffusion en streaming, type Spotify. La grande difficulté de cet exercice est que la musique de ce type de services n’est pas indexée pour un usage « DJ de tango ». Les tangos sont parfois indiqués sous le nom du chanteur, de l’orchestre et il y a de nombreuses erreurs et à moins de connaitre à fond le répertoire, il est facile de mélanger un Canaro des années 30 avec un de ceux des années 50, ce qui va beaucoup surprendre les danseurs.
  5. La différence de qualité des différents enregistrements fait que les danseurs sont soumis à des variations souvent désagréables, ne serait-ce que par les différences de niveau sonore. Ce problème est encore agravé lorsque le manipulateur a commis une erreur de goût en mélangeant des titres « incompatibles ».
Analogie entre la compression destructive d'un fichier .jpg (équivalent à mp3) à la compression non destructive du png (équivalent à Flac ou ALAC)
Analogie entre la compression destructive d’un fichier .jpg (équivalent à mp3) à la compression non destructive du png (équivalent à FLAC ou ALAC). Tous les éléments « extrapolés » par la réouverture du fichier compressé donnent cet aspect d’image fantôme. À l’écoute, un fichier mp3, surtout en basse « résolution » (128 mb/s) perdra ses détails et rajoutera des artefacts qui ne sont pas dans l’enregistrement d’origine. Un disque vinyle rajoute lui-aussi ses propres artefacts (scratchs, rumble de la platine, distorsion et courbe de réponse du préampli, « couleur » de la cellule, usure du diamant et du sillon…).

La voie de la rédemption

Attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’ordinateur, bien utilisé est un fantastique outil permettant une prestation de DJ sans aucune mesure avec ce qui se faisait avant. Pour cela, plusieurs pistes sont à explorer et dans l’idéal, à creuser très sérieusement:

  1. Récupérer de la musique de bonne qualité : Avec les tailles des disques durs actuels, notamment les SSD, il n’y a plus aucune justification à utiliser le mp3, fut-il en 320 kb/s. La musique doit être dans un format non dégradé. le FLAC sur PC ou l’ALAC sur Mac sont de bons candidats.
  2. Indexer sa musique de façon tatillonne : Un bon DJ doit pouvoir trouver un titre rapidement et assembler une tanda sans faute de goût. Il est donc indispensable d’avoir a minima le nom de l’orchestre et du/des chanteur(s), la date d’enregistrement (pas celle de pressage du CD…) et de bien vérifier que le style est bien indiqué. Rien de plus déstabilisant pour un danseur que de se voir confronté à une milonga ou une ranchera en pleine tanda de valse.
  3. Compléter l’indexation de base par des données de qualité : Avoir le nom des auteurs permet de remplir des listes de déclaration SACEM cohérentes, mais aussi de rester dans l’univers d’un compositeur ou d’un parolier. Avoir les paroles, noter une anecdote, le nom des principaux instrumentistes permet au DJ de donner une information au micro avant de lancer la tanda et a minima, de construire une tanda plus cohérente.
  4. Le DJ travaillant parfois dans l’urgence, il est bon d’avoir quelques tandas sous le coude, c’est à dire des titres qui sont déjà organisés de façon harmonieuse. J’ai pour ma part, une dizaine de tandas de ce type que j’utilise parfois pour les débuts et les fins de milongas. Cela permet de commencer de diffuser rapidement, par exemple, lorsque la salle n’était pas accessible avant (cours, absence de l’organisateur…). Les tandas de fin permettent de terminer rapidement la milonga quand un agent de sécurité vient vous voir pour vous indiquer qu’il coupera la lumière dans 10 minutes… Comme je commence et termine par une Cumparsita, ces tandas sont un peu plus complexes à assembler que les autres, car, curieusement, beaucoup d’orchestres ne gravèrent pas de Cumparsita compatibles avec le reste de leur production. Lorsque j’ai du temps, je n’utilise bien sûr pas ces « entrées et sorties en matière ».
  5. Ne pas hésiter à (se) surprendre : Si les danseurs doivent être en sécurité en ayant à disposition une musique leur permettant d’improviser en confiance, il est souvent ennuyeux d’entendre toujours la même tanda, dans le même ordre. Un brin de fantaisie, l’ajout d’un titre plus rare, mais très dansable, la diffusion du titre par un orchestre moins courant permet de réveiller l’intérêt et la créativité des danseurs. Quel doit être l’ennui de ces musicalisateurs qui disposent d’une playlist et qui n’ont d’autre choix que de la regarder défiler en espérant ne pas avoir à en changer l’ordonnancement sur la demande de l’organisateur qui demande à brûle-pourpoint tel ou tel orchestre ou pire, une animation de folklore… Certains utilisent la playlist pour être les premiers sur la piste et danser sur les titres qui les font vibrer, d’autres se divertissent des capacités multitâche des ordinateurs pour se livrer à des activités sans lien avec ce qui se passe dans la salle. Pour moi, le DJ est un animateur qui saura proposer le bon titre au bon moment, relançant ou modérant l’énergie de la piste, veillant à ce que tous prennent plaisir à danser en ne squattant pas un siège tout au long de la milonga.

Un petit mot sur la (ma) technique

Chaque DJ a sa manière particulière de travailler, ses outils, ses logiciels, son organisation. Il peut donc être intéressant de partager sa pratique pour enrichir la communauté. Je vous propose donc ici, quelques éléments que j’ai progressivement mis en oeuvre :

  • Un ordinateur : J’utilise depuis des années des MacBook. Les deux plus récents comportent des « disques durs » SSD de 2 To. Cela permet de gérer les fichiers lourds des formats sans perte. Petite astuce, éviter le modèle avec « Touch Bar » (et oui, j’ai succombé à la mode…), il est très rapide de faire une fausse manœuvre en laissant traîner un doigt sur la surface tactile. Pour la même raison, je désactive la pavé tactile et utilise une souris. On peut tout aussi bien utiliser un PC, le budget sera bien moins conséquent à performances égales. D’ailleurs j’utilise un PC pour le VJing (vidéo en direct).
  • Des fichiers « Lossless » (sans perte) : Une grande partie de ma discothèque est au format Apple ALAC. Ce format permet d’avoir une excellente qualité, tout en permettant l’indexation. Ses caractéristiques de compression non-destructives permettent de gagner de la place par rapport à un fichier au format WAV ou AIF, par exemple. Sur PC, le format FLAC présente les mêmes avantages. Abandonnez le format mp3, mais en partant de fichiers qualité CD. Rien ne sert de « gonfler » des mp3 pour les transformer en fichiers haute définition. La musique ne sera en rien améliorée. En revanche, si vous modifiez un fichier, mieux vaut alors l’enregistrer dans un format Lossless pour ne pas cumuler la dégradation de deux compressions destructives.
  • Normaliser sa musique : Il est désagréable d’avoir des intervalles entre morceaux trop grands ou trop courts. Pour ma part, j’ai 7/10 de seconde en début de morceau et 3 secondes en fin. Cela me permet d’avoir un intervalle constant de 3 secondes et 7 dixièmes. Si je juge que cet intervalle est trop long, je peux décider de lancer plus tôt le fichier suivant et a contrario, je peux mettre en pause pour augmenter la latence entre les morceaux. Les logiciels que j’utilise (Traktor, MIXXX, Ultramixer) permettent en outre de fondre deux morceaux, ce qui permet d’enchaîner des titres, par exemple lors des intermèdes de rock ou tropical (salsa / cumbia / cuarteto…).
  • De la musique au mieux de sa forme : Il ne sert à rien d’essayer d’améliorer un original complètement pourri. Il est toujours préférable de partir d’un original de haute qualité. Cependant, même dans ce cas, je retouche, j’harmonise les fichiers de façon à ce qu’ils soient le plus proches possibles de l’expérience d’un orchestre en live. J’utilise principalement le logiciel Adobe Audition pour ces traitements. Audacity est gratuit, mais les résultats sont médiocres, mieux vaut l’utiliser uniquement dans ses fonctions basiques, pour ajuster les amorces et le volume et sauvegarder dans un format lossless. La retouche sonore risque de donner un résultat pire que l’original…
  • Une carte son de qualité (DAC) : À un moment ou un autre, le signal numérique de l’ordinateur doit être transformé en signal analogique pour les haut-parleurs qui ne peuvent fonctionner que de façon analogique, en faisant vibrer l’air. Bien souvent, le DJ est tributaire de l’équipement mis à disposition. Cependant, dans tous les cas, il peut se raccorder via un DAC (convertisseur numérique vers analogique). J’ai toujours sur moi un adaptateur femelle mini-jack vers Jack 6,35 ou XLR pour me permettre de raccorder la carte son lorsque seul un mini-jack est accessible (ampli dans une armoire fermée à clef…). L’idéal reste cependant d’utiliser ses propres câbles permettant de raccorder le DAC à la console ou à l’ampli avec la meilleure qualité possible (les câbles en place sont souvent défectueux ou de qualité médiocre). Avoir une carte son externe permet la pré-écoute. Il est en effet impossible sur un ordinateur disposant d’un seul canal d’avoir un son différent dans le casque et dans la salle.
  • Privilégier le numérique : Lorsque cela est possible, il est intéressant de retarder le moment de la transition vers l’analogique, en profitant d’une console de mixage numérique. Il en existe de très compactes pour un budget de 500 à 2000 €. Elles présentent aussi l’avantage de pouvoir être pilotées à distance via un iPad, ce qui permet au DJ de faire ses réglages depuis la piste, y compris en temps réel. En effet, la balance initiale est effectuée généralement dans une salle vide et au fur et à mesure qu’elle se remplit de danseurs, sa sonorité change et il convient d’ajuster l’égalisation et le volume.
  • Une organisation sans faille : J’utilise iTunes pour classer la musique et la rechercher rapidement. C’est un des meilleurs logiciels pour le faire, même s’il ne manque pas de critiques à lui faire. J’utilise particulièrement le navigateur de colonne et les champs Genre / Auteurs / Artiste et pour affiner la recherche, la date, le bpm et l’énergie (valeur perso) et enfin, la durée du fichier. J’utilise le classement avec les étoiles pour définir la dansabilité. 5* pour les fichiers les plus dansables.
  • Être ou ne pas être sur le retour : Si on peut disposer d’un retour de qualité, il est moins nécessaire de vérifier la qualité depuis la piste, mais les retours sont rarement proposés aux DJs, même si on a pris le soin de l’indiquer sur la fiche technique… Attention à ne pas envoyer la voie de son micro dans le retour pour éviter des larsens
  • Faire équipe avec le régisseur / ingénieur du son : Il est important d’instaurer une relation de confiance avec le régisseur et les employés de la salle. Pour protéger leur équipement, ils mettent des limitateurs / compresseurs qui agissent parfois de façon violente et dénaturent le signal sonore. En leur montrant que l’on sait de quoi on parle et que l’on connait les bonnes procédures, on peut obtenir d’avoir plus de contrôle sur la restitution sonore, ce qui est bénéfique pour tout le monde et en tout premier lieu pour les danseurs qui bénéficieront d’une expérience auditive la meilleure possible.
Quelques exemples de DAC (RME – Babyface, Denon DA 300, Audient ID4). ceux qui ont un tout petit budget pourront se tourner vers un DAC d’entrée de gamme. Je conseille un modèle avec un petit bout de câble USB, moins fragiles que ceux qui se présentent sous forme de clef USB.

Pour aller plus loin :

DJ de tango argentino

Tagués avec : , , , , , , , , , , , , ,

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.